Funambulesque !
Un instant je me mets à la place d’un chef de d’entreprise et surtout d’un patron de petite entreprise. Je crée une PME. En la créant, je prends des risques, et je dois les assumer non seulement pour moi mais aussi pour mes collaborateurs. Dans cette perspective, quoi de plus normal que je cherche à me dégager un salaire en relation avec les risques pris. Pour développer mon entreprise, j’ai besoin de solutions flexibles ajustées pour que mon volume de travail et ce qu’il me coûte coïncide avec mon volume d’activités et ce qu’il rapporte à l’entreprise.
Avant de créer cette entreprise, j’ai fait une étude de marché, je sais ce que je vaux par rapport à mes concurrents. A priori. Le marché bouge. Je démarre, or je sais qu’un CDI me coûtera 6 à 9 mois de salaire si je dois être amenée à licencier un de mes salariés en CDI. Comment prendre ce risque, si l’activité fléchit brutalement ? Le CNE comporte moins de risques. Je recrute donc en CNE pour l’activité de fond et fais appel à des intérimaires, utilise des CDD pour répondre ponctuellement à des pics d’activité. Oui mais voilà, en CNE mes collaborateurs ne risquent-ils pas d'être moins motivés, parce que moins confiants. Comment faire ? Ce n'est pas qu'un problème de statut (faux cdi ? cdd ad libitum, etc).
Il est difficile à trouver l’équilibre entre les risques auxquels s’expose un patron de PME et la confiance, la motivation qu’il doit réussir à susciter chez ses collaborateurs pour que ceux-ci aient envie de s’investir dans l’entreprise autant que lui. Et il est tentant dans un contexte où le chômage est à 10 de compter sur la captivité dans laquelle se trouve les demandeurs d’emploi, prêts à se brader pourvu qu’ils travaillent. Enfin, c’est boiteux. ça marche – comme un canard - un temps, mais à long terme ? Le meilleur moyen d’obtenir du rendement de ses collaborateurs, de la fidélité et de l’enthousiasme qui se traduit en idées, en créativité, en réactivité, c’est, me semble-t-il, en plus du dialogue, de l’attribution de responsabilités, de les valoriser par le salaire qu’ils vont recevoir à la fin du mois, par un intéressement au bénéfice, une participation, etc. Sans compter que s'il doit y avoir une émulation au sein de l'entreprise entre tous les salariés qui, compétiteurs, ont envie de décrocher les marchés, d'être les plus accrocheurs, les plus innovants. Etre en compétition avec les autres entreprises, ce n'est pas la même chose que faire jouer la précarité au sein de l'entreprise comme une compétition stérile où loin d'être soudés pour gagner les salariés jouent un autre jeu : un jeu où on se savonne tous la planche et où celui qui perd est celui qui tombera en premier de la planche savonnée.
François Bayrou dénonce en ce moment cette "paupérisation" de l'emploi. Il n'est pas le seul. C'est là un constat et un combat qui dépassent le clivage gauche-droite.
Donc, comment faire ? ça peut être accepter en étant chef d’entreprise de se dégager une marge moins confortable (pour ceux dont c'est le cas) en sachant que ça va se répercuter dans la marche de l’entreprise. Et pas seulement dans l’entreprise. Parce qu’un travailleur pauvre n’est pas en mesure de consommer et n’est donc pas en mesure de créer la croissance dont dépend l’entreprise.
Et pour un salarié, c’est accepter que l’emploi se flexibilise pourvu que l’emploi au départ ne soit pas chiche dans sa rémunération. Accepter de partager les risques.
Pour l’Etat, alléger encore les charges mais uniquement des entreprises qui créent de l’emploi et pas des emplois pauvres.
Et enfin, dans ce numéro d’équilibriste, continuer à trouver que la réduction du travail bien utilisée est une solution d’avenir, structurelle, parce que permettant à plus de personnes de se partager le travail. Pourvu que les salaires ne soient pas eux aussi divisés. Pour avoir des loisirs et consommer il faut en avoir les moyens.
J’écoutais Michel Onfray, un philosophe dont le discours en tant que philosophe ne provoque pas de passion chez moi. En revanche interrogé sur Inter sur la question du CPE, je trouvais sa vision juste. Lui partait du principe que notre crise de l’emploi était liée à un contrat social vicié, au fait que les entrepreneurs face à un tel vivier de chômeurs voulaient accroître leurs droits, assouplir le code du travail et oubliaient que les droits sont toujours assortis de devoirs. Leurs devoirs dont ils perdraient le sens. Ou en tout cas le gouvernement actuel oeuvrerait à leur place, se substituerait à leur voix pour les leur faire oublier, devançant leurs attentes en matière de flexibilité, introduisant deux contrats précaires sans aucune contrepartie pour le salarié. Or, on ne peut pas fixer des devoirs toujours aux mêmes personnes (les salariés) et des droits aux autres (les entreprises). Non seulement ce n’est pas sain, ce n’est pas moral, mais en plus à long terme ce n’est même pas rentable.
Et effectivement, c’est le bon sens, on ne peut demander aux seuls salariés de faire des efforts sans contrepartie. De vraies contreparties. On ne peut pas demander aux salariés non plus de ne pas savoir prendre des risques. Il faut que chacun s’y retrouve. Périlleux. Qui a des idées ?


Funambulesque, comme tu le dis...
Bonne analyse, d'accord avec toi sur de nombreux points. Quelle est la solution ? Si quelqu'un l'avait...
Plus concernée par le CPE mais concernée par le CNE...
Je viens de passer un entretien pour un poste intéressant mais c'est un CNE. Evidemment, la période d'essais de 2 ans ne me plait pas mais de façon aussi évidente, à défaut d'autre chose, je l'accepterai et je ferai tout pour faire mes preuves.
Affaire à suivre si je passe au 2ème tour.
Rédigé par: Emilie | 23/03/2006 at 12:36
Oh il y a des embryons de solutions dans l'air. Mais on sait plus ce dont on ne veut pas que ce qu'on veut. Si c'est un poste intéressant, je te souhaite vraiment de le décrocher, Emilie, même si tu aurais préféré que ce soit un CDI.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 23/03/2006 at 12:50
Très belle analyse et, pour l'avoir également écouté, je suis d'accord avec toi sur l'analyse d'Onfray.
Des solutions ?
Heuuuu..... j'ai un truc à faire là.
Rédigé par: DADIER | 23/03/2006 at 14:55
J'ai jamais travaille en France, mon experience a emmene directement aux USA, le royaume de la flexibilite salariale, oui mais voila, a diplomes et experience equivalents les salaires sont 30% plus eleves, y compris pour les jeunes diplomes.
Et oui il y a un preavis, certes il est de 2 semaines mais c'est mieux que 24 heures.
Le probleme qui va se poser pour les entreprises francaises va etre la motivation des salaries embauches en CPE et CNE. Autre chose, dans beaucoup de pays les entreprises s'impliquent dans la formation des futurs diplomes, pas en France.
Les petites ou grosses entreprises s'investissent de differentes manieres (temps, argent, tutorat ...)
mais elles s'investissent toutes car ils ont compris que les jeunes diplomes sont leur avenir et ils investissent pendant 1-2 ans alors que les eleves sont encore etudiants pour s'assurer de la qualite et de l'efficacite des futurs jeunes diplomes quand ils seront integres dans leurs entreprises.
Dans la mentalite anglo-saxonne le jeune est une ressource en France c'est un boulet. Pour beaucoup de chefs d'entreprise francais il est plus facile de pointer quelqu'un du doigt en citant l'handicap de son jeune age, son diplome, sa formation, son origine sociale ou ethnique que de se remettre en cause.
Rédigé par: fillou | 25/03/2006 at 21:16
Je pense qu'un CPE ou CNE peut fonctionner si le patron est "correct" et respectueux du travail et de l'investissement fournis par les salariés. A travers un forum sur l'emploi marketing, j'ai lu le témoignage d'une jeune femme, engagée en CNE, il y a 2 mois. Elle a été remerciée après 28 jours de bons et loyaux services (sans motif valable), après que ses supérieurs lui aient pompé toutes ses idées novatrices et éclairées. Quelle honte!!!! Comment voulez-vous que cette jeune femme puisse à nouveau faire confiance à un entrepreneur qui lui propose une embauche en CNE.
Car ce que risque de briser les CPE et CNE, c'est cette relation de confiance patron/salarié et de donnant/donnant (le salarié donne le meilleur de lui même, en ayant en contrepartie, certes un salaire, mais aussi des conditions salariales appréciables).
Et je tenais à rebondir sur les propos très justes de Philippe. En France les profils jeunes (sans expériences mais qui ont en échange un oeil neuf et frais), les parcours atypiques (plus riche que destabilisant je pense)...sont des "boulets". Je crois qu'il faut vraiment que les mentalités évoluent dans notre pays à ce niveau là, car depuis quelques années, on assiste à une "fuite des jeunes cerveaux" vers l'étrangers. Philippe en est la preuve et, dans mon entourage, les exemples sont nombreux. Quel dommage!!
Rédigé par: EmilieG | 27/03/2006 at 09:03
Très juste. Le monde de l'entreprise a à sortir de ses stéréotypes et de ses grilles de recutement pour être lui-même plus réactif, moins frileux, et cherchant toujours à mettre en cause la politique de l'Etat ou encore la motivation des postulants à l'emploi plutôt qu'à se remettre en cause lui-même.
Et CPE et CNE en permettant à l'employeur de ne pas justifier le motif du licenciement - ce qui est contraire au Code du Travail et on en examine en ce moment la constitutionnalité - brise cette relation de confiance primordiale entre employeur et employés. Primordiale pour que le meilleur des deux parties soit exprimé. Philippe mettait en avant le fait que les salaires étaient beaucoup plus élevés aux USA ce qui rendait plus acceptable la précarité des emplois proposés. Cependant, admettre un peu plus de flexibilité dans notre relation à l'emploi, ce n'est pas avoir envie d'imiter un modèle anglo-saxon libéral dénué de protection sociale qui tient en grande partie grâce à une politique incitative de crédits à la consommation. A chaque pays ses solutions. Le Danemark a la flex-sécurité et ça semble marcher dans le contexte social qui est le sien. A nous d'inventer le nôtre, idoine à notre pays sans chercher à imiter les autres. A nous aussi d'appliquer mieux ce qui existe déjà (35h) et ne pas brouiller les cartes en surmultipliant l'offre de contrats. On a ainsi suggéré à Vilepin de transformer le CPE en en changeant la cible, non plus tous les jeunes de moins de 26 ans mais uniquement des jeunes sans diplômes où ce serait un donnant-donnant : une formation en échange d'une plus grande flexibilité pour l'entreprise. oui mais : le CES existe déjà et uen entreprise est aidée par l'état pendant trois ans pour créer ces tremplins vers l'emploi à destination de jeunes sans diplômes. Par ailleurs, toute l'attitude de Villepin est une provocation et une insulte à la démocratie. Si le CPE est retiré, car le rendez-vous de mardi sera sans aucun doute suivi, le CNE, en toute logique devrait suivre.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 27/03/2006 at 10:41
Il y a une chose que je ne vois personne dire:
Pourquoi notre économie est-elle toujours aussi ringarde alors qu'ailleurs les choses marchent. Toujours plus d'impot, moins de salaires et de services.
Lorsque les entreprises feront des affaires, elles embaucheront. Des chefs d'entreprises qui vont en Europe de l'Est me disent que tout le monde se retrousse les manches et qu'en France au moindre problème tous le monde baisse les bras.
A part se plaindre, on fait quoi? De la part des employeurs, c'est la faute du gouvernement, et ceux qui ont du boulot se mettent en grève. Le monde entier se fout de notre gueule!
Rédigé par: luc | 30/03/2006 at 05:56
Bonjour,
Je suis propriétaire bailleur et multiactionnaire, voici ce que je pense des CPE, CNE et CDD :
En qualité de bailleur, je préfère voir mes appartements vides que occupés par des locataires défaillants ne maîtrisant pas leurs ressources (les CPE, CNE et CDD n'offrent pas pour un propriétaire une garantie suffisante).
En tant qu'actionnaire, je crois que nos administrateurs n'ont pas d'autre choix que de produire de meilleurs résultats afin de nous reverser toujours plus de dividendes (si d'aventure un PDG ne fait pas progresser nos profits, il sera remplacé).
Je suis certain que ces contrats limiteront voir feront baisser les charges de nos entreprises permettant ainsi plus de résultats.
Je remercie les jeunes gens qui comprennet qu'ils doivent faire des efforts, ils doivent aussi défendre les contrats précités.
Rédigé par: Bourry | 30/03/2006 at 10:50
Cher Bourry,
soyez un peu cohérent.
Vous ne pouvez pas en même temps défendre ces contrats précaires, cherchant à nous convaincre qu'ils sont nécessaires et de l'autre nous affirmer - ce que je comprends très bien - que vous ne prendriez pas le risque d'accepter en tant que bailleur aucun de ces heureux détenteurs des contrats que vous encouragez ! Vient un moment, cher Monsieur, où à force de vouloir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière, on obtient plutôt la grimace de celle-ci et plus aucun camembert AOC dans aucune crèmerie de France, les mauvais payeurs (et joueurs)finissant toujours par être connus et unanimement rejetés. Bien sûr vous pourrez toujours - pour filer la métaphore - essayer de voir ailleurs si le camembert est meilleur. Et si vous n'êtes pas trop exigeant, sans doute vous satisfera-t-il. Dans cette histoire, tout le monde et pas unilatéralement les salariés, doit jouer le jeu. Vous devrez partager l'effort et serez en tant qu'actionnaire à plus long terme récompensé car en créant de la confiance et du confort de vie, vous créerez de la croissance et une croissance pérenne. Je vous remercie, Monsieur, d'avoir réagi.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 11:39
En tant que femme, je ne peux que me poser la question du jour où je serai enceinte dans l'entreprise avec un contrat CNE...
Rédigé par: Isabelle | 30/03/2006 at 12:02
Et je pense que tu as raison de te poser cette question, Isabelle. C'est pratique un CNE, plus de congé maternité, c'est la porte qui vous est offerte. Déjà que les femmes dans l'entreprise ne sont pas à égalité de salaires, ces deux contrats CNE et CPE qui dépendent entièrement de l'éthique de l'employeur, lequel peut bien sûr être tout à fait honnête, il ne s'agit pas de diaboliser l'employeur, sont une belle régression.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 12:13
D'accord sur le fait qu'il faille ajouter des garde-fous dans ces contrats précaires en cas de grossesse, longue maladie,...
Par contre nos 60 milliards d'euros de dette (20 000 euros par tête de pipe quand même!) nous impose de relancer très vite notre économie sous peine de banqueroute. Ca passe par la flexibilité, reculer l'age de la retraite et réduire de beaucoup les charges de l'état: le canada, la belgique l'ont fait et ils vont mieux et la moitié de leur population n'est pas au chômage pour autant!
Les PME qui sont la majorité des employeurs dans ce pays vont très mal en France, je le sais car je les cotoie tous les jours: elles crêvent de leur non-compétitivité par rapport à leurs concurrents à l'international.
J'en ai marre de ces gouvernements de convenance qui n'ont jamais eu le courage, depuis 20 ans que ça dure, de dire la vérité aux français: résultat, nos compatriotes sont des assistés égocentriques qui ne pensent qu'à leur petit confort ou à leurs petits privilèges!!
J'aime mon pays et je veux qu'ensemble on y vive bien et je veux qu'il redevienne un modèle. Donc je propose qu'on arrête pour les uns de faire dans la mesurette type "CPE" (au mieux on gagnera 50 000 emplois et après??) et d'avoir le courage politique de vrais patriotes. Pour les autres, désolé les gars, mais la précarité, on n'y coupera pas de toute façon: c'est une question de génération: le papy boom est là (avec son nombre d'électeurs conséquents) et les caisses sont vides... Il faudra qu'on se remonte les manches et qu'on s'y mette plutôt que de manifester. Ce n'est pas forcément votre faute car l'éducation nationale s'y prends comme un manche à vous préparer à l'entreprise. L'entreprise, c'est plus rarement un patron voyou qui ne cherche qu'à vous entuber qu'un monde fait d'êtres humains qui cherchent ensemble à s'en sortir, à se créer leur petit bout de paradis. J'ajouterai à ça les retraités actuels: désolé les gars, mais il va falloir aussi vous y mettre et nous aider un peu: les 30 glorieuses sont du passé et on a besoin de vous...
Rédigé par: Arnaud R | 30/03/2006 at 13:20
Et commentaires des commentaires:
- Luc: ça n'est pas la France ou le gouvernement qui sont ringard, mais nous, toi et moi. Cela fait 20 ans que nous élisons les gens qui nous font les plus belles promesses alors que nous savons que les caisses sont vides donc qu'ils ne pourront pas faire ce qu'ils disent! Pour 2007, si pour une fois on réfléchissait un peu et on élisait celui qui nous propose un projet intéressant pour notre futur et pour nos enfants??
Sinon, les autres pourront continuer à se foutre de nous, ils auront raison.
- Bourry: C'est pas très solidaire d'exclure les CNE de vos locataires, j'espère que vous, vos enfants ou vos petits enfants qui n'auront peut être pas d'autre choix que d'avoir un contrat précaire ne tomberont pas sur un bailleur comme vous...
Rédigé par: Arnaud R | 30/03/2006 at 13:44
Je suis d'accord qu'il faut avoir de la flexibilité mais ce n'est pas une raison pour nous traiter comme des cartons que l'on deballe, ré-emballe à souhait et qu'on jette quand cela nous chante ! Je ne vois pas comment on peut licencier quelqu'un sans motif ! C'est faux il y a forcement un motif, que les possibilités de licencier quelqu'un soient plus souples c'est une chose mais qu'il n'y ait pas de raison ne devrait pas être legal. Sinon on va vers de l'abus de pouvoir !
Rédigé par: Isabelle | 30/03/2006 at 13:44
Arnaud, qu'est-ce que tu répondrais à l'internaute plus haut qui disait clairement qu'en tant que propriétaire il ne louerait jamais à un salarié qui ne justifierait que d'un contrat précaire ? Une intervention qui avait le mérite de dissiper les dernières illusions que certains pouvaient encore nourrir en se fiant au discours gouvernemental. Car le gouvernement a essayé de rassurer les populations qui pouvaient être concernées quant à la possibilité pour un précaire de rester crédible face à sa banque et de pouvoir se loger. Un salarié pour travailler doit pouvoir se loger, non ? ou est-ce que l'on doit s'attendre à des cohortes de travailleurs pauvres tenaillés entre le foyer social, le confort d'un pont ou loger chez Maman ? Dans l'ailleurs auquel tu réfères, Arnaud, les précaires gagnent mieux leur vie qu'en France. C'est un argument qu'on ne peut pas passer sous silence. Pour avoir envie de pallier au problème et surcoût de la location on peut avoir envie d'acheter encore faut-il en avoir les moyens ou réussir à obtenir un prêt. dans ce cas, c'est la banque qui va devoir faire un effort. Les salaires à Paris sont insuffisamment corrélés avec ce que coûte un logement, beaucoup plus cher que partout ailleurs comme chacun sait. Mais je suis entièrement d'accord avec toi, les patrons de PME ne sont évidemment pas des voyous et cherchent juste à faire vivre humainement leur entreprise tout en faisant face à des contraintes indéniables ainsi qu'aux coups de grisou de la concurrence. Cependant pour les quelques brebis galeuses qui pourraient néanmoins exister et nuire à l'image des patrons de PME, il faut en effet aligner des garanties. Tout le monde a besoin d'un minimum de garanties. Ce monsieur qui est intervenu a besoin de garanties solides pour louer son bien immobilier, les salariés aussi ont besoin de garanties, au moins celle de parvenir à se loger.
C'est pas les trente glorieuses ? Assurément ! En théorie, on ne travaille pas dès l'âge de 13 ans ... C'était encore le cas au sortir de la guerre qui initiait cette parenthèse économique (45-73) que tu évoques. Quoique les contrats d'apprentissage permettent de rapter la jeunesse maintenant des 14 ans ...
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 13:57
Isabelle, précisément, ça semble si peu légal - ça va en tout cas à l'encontre du Code du Travail qui oblige la motivation du licenciement - qu'en ce moment même le conseil constitutionnel examine la constitionnalité de ce(s) contrat(s) fumeux.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 14:12
Hum ...de l'intérêt d'actualiser son navigateur,je viens de voir que tu avais anticipé ma question, Arnaud.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 14:15
mais la fléxibilité existe déja notammant pour les grandres entreprises.
pour les artisans et les petites pme que la majorité de celles ci commencent déja par respecter les futurs candidats ensuite onpourra avancer mieux.
moi par exemple 42 années d'activité sans aucun arrêt de travail et bien mon entreprise m'a licencié en 2002 à 56 ans
.
vous trouvez cela normal.
il est grand temps de ramener la personne dans le coeur de l'activité ,l'argent ne devant être q'un moyen et non pas l'objectif essentiel pour des actionnaires qui bien souvent ne résident même pas en france.
didier
Rédigé par: houssaye | 30/03/2006 at 17:00
Vous me faites rire tous ceux qui réagisse aux propos de Bourry : je le suis à la trace sur tous les blogs parlant du CPE...
Voici ce que j'ai répondu sur un autre blog :
T'as vu Bourry moi aussi je connais le copier-coller.
Donc "où tu iras j'irai fidèle comme une ombre..."
Voici ce que j'ai répondu sur un blog précédent...
A mon humble avis Bourry se fiche de nous, le ton qu'il emploie est chargé d'ironnie.
S'il était réellement ce qu'il dit, il aurait de manière objective pris en compte autre chose:
-un chômeur coûte de l'argent à l'état et une personne qui n'est même plus chômeur comme moi ne coûte plus rien (le RMI étant calculé par rapport à l'argent cumulé sur le foyer donc si vous habitez chez quelqu'un qui travail, il y a peu de chance que vous y ayez droit)
-une personne qui travail (quelque soit le contrat) rapporte de l'argent à l'état ce qui permet de créer davantage d'emploi...
Je propose aussi une chose, que les stages de fin d'étude soit remplacée par des contrats de ce type, car de toute manière ces stages sont bien souvent des emplois déguisés.
Si on part du principe que les stages n'ont plus cours et que les sociétés nous jette à la fin au moins aurons nous les deux ans d'expériences que toutes les offres d'emplois demandent.
Enfin que des sociétés se spécialisent dans ce type d'emploi ne me pose pas de problème non plus, après tout ce sont elles qui font l'effort de nous former pour d'autres boites qui ont les moyens de payer une main d'oeuvre qualifiée.
Rédigé par: DE BOER Aurelien | 30/03/2006 at 17:03
Comment peut-on vouloir d'un CPE ou d'un CNE ? Comment peut-on envisager un avenir en sachant que l'on peut être évincé sans motif ? Quelle relation peut-on avoir avec son patron alors qu'on sait qu'il détient tout pouvoir pour vous garder ou vous virer ? Que faire lorsqu'il vous ordonnera de faire des heures supplémentaires et que celles-ci ne seront pas payées, ou alors de manière différée afin de les payer à un taux moins fort (1,25 au lieu de 1,50 par exemple) ? Pourra-t-on se permettre de demander une chaise de bureau ou une lampe ou que sais-je encore sans voir le patron se dire "bon, demain je le vire" ? Comment négocier une légère hausse de salaire après 18 mois de bons et loyaux services alors que votre employeur pourra vous renvoyer et engager n'importe qu'elle autre personne à votre place au SMIC ?
Concernant les logements, qui voudra bien vous louer un appartement alors qu'aujourd'hui il faut déjà avancer 3 mois de loyer et parfois même apporter un garant malgré un CDI ? Quelle banque voudra bien vous faire un crédit, à défaut de vous faire un plan de financement pour acquérir un logement ? Et quand bien même elle le ferait, que ferez-vous si après 10 mois vous vous retrouvez à la porte ? Comment paierez-vous le loyer ou l'échéancier courant sur encore 15 ans ? Avec de l'interim ?
Enfin je ne vois pas l'intérêt de devoir subir une formation pour toucher de l'argent après que l'on se soit fait viré de son CPE/CNE. Car ce n'est pas forcément par incompétence que l'on se fait virer ! Il y a bien d'autres motifs. Et quelle formation devront suivre ceux qui posssèdent déjà une formation supérieure type BAC+2 à BAC+5 voire plus ? Je me le demande bien...
Et contre l'argument des employeurs qui énoncent que ces contrats leur permettront de pouvoir mieux connaitre l'employé, je répondrai qu'avec les contrats actuels ils peuvent, je crois, aller jusqu'à une période d'essai de 6 mois (voire peut-être plus pour certains postes). Et en 4 à 6 mois on sait largement à qui on a à faire !
Je pense qu'il ne faut pas multiplier les types de contrat. Sinon pourquoi ne pas proposer un contrat spécifique pour les gens agés de 26 à 27 ans qui sont du signe du scorpion ascendant balance et nés en Ardèche ?
Je ne connais pas bien les modalités des licenciements économiques. Mais ne serait-il pas possible de modifier le CDI afin que les petites entreprises puissent licencier plus facilement MAIS en démontrant que sans cela elle se mettraient en grande difficulté ? On éviterai peut-être une grande partie des licenciements abusifs et l'employé se sentirait moins à la merci des humeurs de son patron.
Rédigé par: Ptitony | 30/03/2006 at 17:27
ça existe déjà ! Un licenciement économique implique uniquement de ne pas pouvoir recruter quelqu'un d'autre en CDI pour le même poste durant une période, je crois, d'un an - le temps que l'activité de l'entreprise se relance. Une condition qui évite les abus, les faux licenciements économiques justement. Entièrement d'accord avec toi sur la démultiplication vaine des contrats que tu as résumée d'uen manière très drôle et sur le fait qu'une période probatoire n'a pas à excéder grand max 6 mois, ce qui est largement suffisant pour cerner la personne recrutée. Mais cette prétendue période probatoire est une tartufferie ! On ne peut pas avoir envie d'un contrat qui n'implique aucune motivation du licenciement, en effet, mais implique en revanche un lien à l'employeur qui fait passer le pauvre employé efficace de l'usuelle serviabilité à la servilité, ce qui n'est pas la même chose !
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 30/03/2006 at 18:07
Salut ;
Il n'est pas faux de dire qu'un CNE ou CPE c'est mieux que rien du tout, cependant cela représente un risque économique important qui en fait un remède pire que le mal: Les estimations montre au mieux 70.000 postes nets grace à ces réformes, et 500.000 contrats signés pour l'année, donc pour une seule année plus de 400.000 précaires (qui aurait de toutes façons été prit en CDI) pour 70.000 à sortir du chômage .... fort à parier que ce type de contrats deviennent la norme pour les années à venir, et que nous commenceront tous par 2ans d'incertitude avant d'être sécurisé par un CDI ...
Le revers de la médaille de ces réformes, quand on est pas en sécurité dans son boulot, on consomme de manière restreinte pour anticiper des lendemains qui déchantent ... Les éventualités de relance par la consommation au niveau macro économique s'en trouveront anihilées. D'autres part un salarié ne se sentant pas totalement intégré dans sa boite, ne travaillera pas à 100% de sa motivation et par là même ne sera pas une bonne affaire pour son employeur ... voire pire se sentant sous la loupe fera par stress supplémentaire, des erreurs et sera viré, les sociétés passeront donc leur temps en recrutements coûteux.De toutes façons ils perdront leur temps et argent à former des gens, qui partiront au premier CDI qui passe, s'il y en a! Ceux qui bossent en CDI dans des petites PME, n'ayant pas de perspectives d'évolutions à proposer à leurs salariés, se risqueront moins à démissionner en vu d'évoluer ayant peur de perdre la sécurité de leur CDI actuel, on vivra donc des temps de stagnation car sans brassage des compétences les sociétés vont se scléroser avec un personnel empétré dans le ronron et l'ennui...
On va me trouver bien péssimiste, mais cette logique semble inéluctable: ces nouveaux contrats pourraient améliorer l'ordinaire à court terme, mais à la longue ce sera un lourd tribut à payer !
D'autre part, on a tendance à lire de ci de là que licencier un CDI coûte 9mois de salaire ... je dois dire que chanceux sont ceux qui ont pu obtenir cela: par 2 fois licencié économique, j'ai eu le minimum légal, 1/10 de mois par année d'ancienneté, soit moins qu'aurait représenté les 8% de fin de contrat des CNE ... Les 9 mois dont on nous gargarise existent effectivement lors de plans sociaux de grands groupes qui préfèrent payer pour ne pas faire de vague ... ces grands groupes sont justement les cibles exclues de pouvoir contracter des CNE.
Rédigé par: Frank Martin | 31/03/2006 at 04:25
Je rigole encore une fois, en ce moment il y a des gens en CDI qui gagne 1500€ et qui ne trouve pas de logement...
Perso si je suis en CPE CNE, bah je dormirai à l'hotel pour commencer pour jauger de l'ambiance dans la boite, de toute manière en étant cadre et mobile sur la france, un CDD de 6mois ne vaut guère mieux, à part de tomber sur des loueurs compréhensifs.
Pour les gens ne pouvant qui ne sont pas cadre et dont la rémunération est moindre, généralement on ne leur demande pas de bouger à travers la france donc ils peuvent trouver à proximité de l'endroit où ils travaillent actuellement.
Moi ce que je veux c'est du taf, car mon diplome plus le temps passe plus il périme...
ça me fait rire aussi d'entendre les gens qui réfléchissent avec deux neurones en disant que les boites vont abuser, mais ils abusent déjà avec leur entretien d'embauche où ils essayent de savoir si vous risquez de venir travailler à poil, où s'il y a des chances pour que votre signe astrologique présente des incompatibilités avec celui de votre futur chef, en même temps comment leur en vouloir puisqu'un président de la république française élu en 81 utilisait une voyante pour savoir à quelle date s'adresser au français...
Aujourd'hui votre plus grand risque est de mourir d'un accident de voiture, alors manifestez contre les voitures...Quoi en plus ça pue ces conneries...
Aller bonne journée ma recherche d'emploi m'attend !!!
Rédigé par: DE BOER Aurelien | 31/03/2006 at 10:41
Ce blog sur l’évolution du monde de l’emploi franco-français est très intéressant. Merci Elise de l’avoir créé. J’aimerai apporter ma contribution, un peu moins focalisée sur le CPE il est vrai.
En fait, tous ces commentaires réveillent en moi cette question lancinante : mais avons-nous le choix ? où plutôt, pourquoi en arrivons-nous aujourd’hui à un tel contrat, déséquilibré, non humaniste, rétrograde, à la charge du salarié, etc …
Sous couvert de « mondialisation », de « Mondialisation de la Pauvreté » devrais-je dire, nous sommes en fait dans une véritable guerre, économique et planétaire, depuis 30 ans déjà.
Durant cette guerre, interminable, l’argent est utilisé à la fois comme nourriture, carburant, et surtout, est l’Arme par excellence ; ceux qui possèdent l’argent possèdent le pouvoir de se développer toujours plus et dépouiller les moins forts qu’eux (ça ne vous rappelle rien ?)
Qui sont les victimes ??? Eh bien il n’y a que des blessés symboliques, les pauvres, ceux qui le deviennent, ceux qui survivent, ceux qui sont obligés de se prostituer professionnellement sans s’épanouir, ceux qui sont marginalisés car leurs valeurs existentielles ne rejoignent pas celles requises par le rouleau compresseur « mondialisation ».
Pourtant, souhaiter vivre en harmonie avec soi et les autres et contribuer positivement à une organisation sociale cohérente sans pour autant être un « guerrier économique » est un droit humain.
En définitive, je comprends donc que le moteur sous-jacent à toute cette effervescence s’appelle l’avidité. Telle une lutte fratricide planétaire, les êtres de toutes nations continuent encore et encore à vouloir toujours plus sur notre si petite Terre et dans leur courte vie !
La France tente de survivre face à cette marée de compétition économique avec le CPE.
La solution ultime, Enorme je l’avoue, passe peut-être par une thérapie … planétaire ! Ambitieux non ? Et comme toute thérapie, elle sera décidée lorsque ça fera vraiment mal ou que la planète tombera vraiment malade ! Alors quand le seuil de douleur sera-t-il dépassé ?
Quand aurons un conseil de sages, et non de politico-financiers, qui posera durablement les concepts de Paix Economique, de Nations en Equilibre, de Zéro-Croissance, véritables progrès et seule issue possible pour le futur.
« Vous devez être le changement que vous désirez voir ce monde » Gandhi
Rédigé par: Denis JOLIVET | 31/03/2006 at 12:03
Salut a tous,
licencier un cdi ca coute 10% du salaire mensuel par annee de travail. Ex : 200 euros x 6 = 1200 euros pour un salarie en poste depuis 6 ans. + 2 mois de preavis que je peux prevoir a l'avance puisque je suis un bon patron. Ca coute par contre des mois de salaire si ma convention collective me l'impose. On ferait donc mieux de revoir les conventions collectives plutot que de remettre en cause les cdi. Deuxio : quand le patron d'une grosse boite se casse avec un parachute dore, il ne faut pas s'etonner que les conventions collectives protegent autant les salaries. Heureusement, il y a aussi des chefs d'entreprise qui sont des bons manageurs. A bon entendeur, salut !
Rédigé par: Paul | 01/04/2006 at 16:04