Ah, je ris, de me voir si mâle en ce miroir…
Albert Algoud, journaliste d’Inter anciennement sur Canal, invité par la "maison" dans l’émission « le fou du roi », nous confiait un terrible secret.
La cantatrice à la voix castratrice, la seule à pouvoir fendiller un verre securit, le tyran de Tintin, de son chien et du Capitaine Haddock, euh… pardon…Karpock… ah non, Bartok… zut … Kodak, quoi ! Eh bien la divine blonde amnésique, la dame au nez crochu, aux bijoux, aux humeurs, la diva-mamma qui osa renvoyer un plat de spaghetti trop cuits à ses geôliers dans l’album des Picaros… Oui, l’élément comique de la BD, j’ai nommé l’irrésistible Castafiore, ne serait pas une femme mais un homme ! Diable ! Regards de stupeur chez les tintinophiles ...Un homme ? L'unique personnage féminin de la célèbre bande-dessinée sans exclusion d'âge ? C’est du moins ce qu’après investigation, ce tintinophile audacieux nous défend.
Pris d’un soupçon en butinant entre les bulles, troublé par ce personnage hors norme, un jour le petit Albert devenu grand s’exclama : Eurêka, j’ai trouvé ! La « castrat-fiore », c'est un "trans" ! C’est en effet un castrat historique qui aurait inspiré Hergé.
Algoud a retrouvé la trace de la Castafiore à Naples. Fiorentino, véritable prénom de notre Castafiore(ntino), serait né à Naples des noces légitimes de Cesare Casta et de Bianca Spumanta. A l’âge de 12 ans, son père, « nostalgique du chant des castrats », le livre au bistouri d’un chirurgien qui se chargera d’ôter le superflu pour préserver l’unique organe qui comptât aux yeux des mélomanes, un « organe (vocal) plein de promesse ». Au prix d’une intimité sacrifiée, sa voix délicate de jeune garçon ne muera plus.
Partant du postulat tout à la fois étayé et poétique, crédible ET fantasmagorique, laissant la place au rêve tout comme à une marge d’erreurs assumée, le journaliste d’Inter nous brosse une belle biographie de ce castrat, figure historique, qui aurait inspiré Hergé.
Aujourd’hui heureusement, cette pratique barbare n’existe plus. Mais pour se faire une idée de ces voix troublantes qui primèrent sur les sopranos -car longtemps l'ensemble des rôles dans un opéra fut destiné à des hommes au besoin travestis en femmes- on peut encore écouter le chant lyrique des hauts-de-contre. La voix de Gérard Lesne, nullement « passée au bistouri », et pourtant subtile, différente, est une splendeur.
Alors, malicieux Hergé ? "Ciel, mes bijoux!", ce cri affolé, strident, drolatique, qui ponctue Les Bijoux de la Castafiore, que l'on croyait clin d'oeil redondant du dessinateur au fameux "air des bijoux" du Faust de Gounod - que la cantatrice ne cesse d'interpréter - devait donc se lire au pied de la lettre. On croyait tout savoir de Tintin, eh bien, tintin ! Gageons qu'Hergé n'a pas tout à fait fini de nous surprendre...Tintin aurait-il existé ?
Le livre d'Albert Algoud qui intéressera les tintinophiles dont je suis mais peut rassembler au-delà : La Castafiore, Une biographie non autorisée, Albert Algoud, éditions Chiflet et compagnie, 141 pages, 10 €.



une perle, cette info !
Rédigé par: marouschka | 21/04/2006 at 21:28
La "castrat-fiore"...oh, le monde des tintinophiles va effectivement connaître un grand chamboulement!!
Rédigé par: EmilieG | 22/04/2006 at 10:37