On attend le Prodi…ge
Oui, sauf prestige du diable, on attendait tous Prodi, on attend tous le prodige qui éjectera enfin Berlusconi du pouvoir. Election « couillonnade », c’est la question qui nous taraude : les italiens sont-ils vraiment les « couillons » conspués par l’élégant Berlusconi pour se tâter in extremis de réélire qui les méprise et les insulte ?
Alors que les italiens se sont déplacés en masse pour voter (80%de présentéisme)et que Romano Prodi était annoncé vainqueur avec 5 points d’écart sur Berlusconi, toujours premier ministre à l’heure actuelle, la victoire aujourd’hui est incertaine, et de toute façon, sera pour l’un ou l’autre si étroite que gouverner sera malaisé. Les bulletins des électeurs italiens expatriés - fait pour le moins exceptionnel - vont devoir arbitrer, et encore ne suffiront-ils peut-être pas à créer un écart probant pour départager Prodi et Berlusconi. Il faut également compter sur le système compliqué, dans ce pays qui n’a rien d’un conglomérat d’états fédéral, d’une traduction indirecte du vote direct en sièges en fonction du poids des régions qui ne reflètera pas forcément les choix des électeurs italiens.
D’aucuns font un rapprochement avec la Floride, faisant allusion à un possible recomptage des bulletins de vote. Mais on peut également évoquer la Floride et ses spectres de faux électeurs, où les morts ressuscités votèrent miraculeusement pour George W. Bush qui réfrène aujourd’hui héroïquement son envie de jouer au cow-boy et à l’iranien… en Iran.
Les élections italiennes seraient-elles aussi douteuses que les conditions de la première élection du président W. Bush ? Les instituts de sondage ont-ils pu se tromper à ce point ?
Car après tout, pourquoi la 37E fortune mondiale au classement Forbes, (rappelons que la fortune personnelle de Berlusconi s’élève à 11 milliards de dollars amassés dans des chaînes de télévision, d’assurance vie, de production de films, dans la presse écrite et enfin dans le Milan AC)…comment un homme à la lice du pouvoir, l’homme le plus riche d’Italie dont on a du mal à croire qu’il ne confond pas l’intérêt de l'Etat avec ses intérêts privés, un politico-businessman qui détient toute la chaîne, ou peu s’en faut, qui va de l’information au divertissement des masses, pourrait-il ne pas truquer les élections italiennes en arrosant un peu tout le monde au passage ? Bien sûr, c’est pure hypothèse, conjecture, allégation que rien n’étaie. Enfin…C’est le suspense à l’italienne et il ne fait même pas assez beau pour frimer en vespa et Gucci en chantant "ti amo" nombril à l’air …


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