Les « beignets » de tomates comme à Santorin
Recette de Santorin dégustée sur place, traduite et adaptée par l’héroïne de « Mum is cooking ». Une entrée végétarienne succulente, une mignardise aux herbes qui vous fera voyager dans l’une des plus belles îles au monde, et comblera vos convives, ainsi que votre primeur !
Ø Dans le panier ! (pour un tête à tête)
- 500 g de tomates
- huile d’olive
- sel et poivre du moulin
- 1 oignon moyen finement haché
- 2 gousses d’ail émincées
- ¼ cuillère à café de piment
- 1 petite tasse de persil finement haché
- 1 petite tasse de menthe fraîche finement hachée
- 2 échalotes émincées
- 100 g (max) de farine
- 100 g (max) de chapelure grossière
Ø Préparation
Faire préchauffer le four à 180°.
Garnir la lèchefrite de papier cuisson légèrement huilé. Y placer les tomates coupées en deux, salées et arrosées d’un trait d’huile d’olive, côté peau sur le dessus. Elles cuiront ainsi jusqu’à ce que la peau se ride et qu’elles deviennent moelleuses, soit 30 à 40 minutes (surveiller).
Retirer du four et ôter la peau (elle s’enlève alors très facilement) et placer les tomates dans une passoire pour qu’elles s’égouttent ; au besoin, presser un peu, il ne faut pas de jus, que la pulpe, soit 20 minutes environ.
Pendant ce temps, faire chauffer une cuillère d’huile dans une poêle et y faire revenir l’oignon haché jusqu’à ce qu’il devienne translucide. Ajouter l’ail et le piment (ou le paprika) et laisser cuire encore pendant 1 minute. Retirer du feu et laisser refroidir.
Dans un bol, malaxer la pulpe de tomate, le persil, la menthe (ou les autres herbes), les échalotes et le mélange précédent. Ajouter de la farine et de la chapelure, petit à petit : le mélange obtenu doit être suffisamment consistant mais souple et humide ; en principe, vous n’aurez pas à utiliser toute la quantité indiquée. Saler et poivrer.
Faire chauffer l’huile (environ 2 cm) dans une poêle à frire. Avec deux cuillères former des « croquettes » que vous aplatirez. Les jeter dans la friture chaude mais non fumante et faire cuire en les retournant jusqu’à ce qu’elles deviennent bien dorées. Les égoutter sur un papier absorbant et servir sans attendre.
Ø The Mum touch
Ses petits trucs…
« On peut remplacer la menthe par un mélange de basilic et d’origan.
Pour le piment, utiliser de l’Espelette ou encore du paprika
Pour les tomates, choisir des tomates bien mûres, des Roma par exemple car elle contiennent moins d’eau. Le persil sera obligatoirement du persil plat.
La chapelure sera « maison », faite avec du pain. Celle du commerce est trop fine. »
Une belle entrée mais avec quoi ?
Son avis : « On peut les servir en entrée avec une petite salade ou d’autres petits plats (tadziki, poivronnade, …) ou encore en accompagnement d’une viande (agneau) ou d’un poisson grillés. Quoi qu’il en soit, il est impératif de les manger au sortir de la poêle, donc les invités, s’il y en a, attendent » Et elle rajoute : « non mais ! ». Elle a raison, la bonne cuisine, ça se mérite ! Non mais ! J
Quand le vin est tiré, il faut le boire !
Et pour le vin ? « Il faudrait pouvoir les déguster avec un vin blanc de Santorin, si particulier, issu de ces petites vignes à ras de terre, en forme de nid pour capter et conserver la rosée du matin et l’humidité de la brise marine (il ne pleut pas beaucoup sur l’île). Sinon avec du rosé bien sûr. » Une hédoniste !
Son témoignage. Pourquoi cette recette ?
- Une recette « retour de voyage » :
Elle aime « lorsque les recettes racontent une histoire et un pays. Celle-ci est une recette « retour de voyage ». Une belle parenthèse d’une semaine dans l’île de Santorin, au mois d’avril, lorsque l’air est encore frais et la grande évasion encore à venir. »
- Un contexte, un bien-être qu’elle nous faits partager :
Elle nous brosse l’éden : « C’est d’abord une arrivée nocturne dans un petit village semi-troglodyte, labyrinthique et piéton (là on se dit qu’on a encore pris trop de bagages), dans des petites ruelles qui nous ont conduits dans une « maison » ou plutôt une succession de maisons en cascade blanche et grise – le toit de l’une est la terrasse de l’autre- ; c’est une hôtesse qui comprend qu’on meurt de faim et qui, à 11 heures du soir, nous offre l’hospitalité de sa maison, un petit repas de tomates et de feta arrosé d’un bon vin du pays. Elle parlait couramment français et nous avons refait le monde pendant 2 heures. C’est le mystère du site qui nous entoure et la découverte émerveillée du village et de la mer, au petit jour, réveillés par les pas d’un âne marchant dans une ruelle plus haut. Là, il est 7 heures, mais on se dit qu’on est vraiment bien. »
- Et les beignets de tomates dans tout ça ?
« Les premiers, nous les avons mangés dans un petit port au pied de la caldera en dessous du village d’Ia. Ca a été le début de notre addiction à ces petites choses délicieuses et parfumées.
Il y en a donc eu beaucoup d’autres. Mais les meilleurs, nous les avons goûtés dans une taverne tenue par une famille de pêcheurs à la pointe sud de l’île, près du phare, non loin d’Akrotiri. De la terrasse surplombant la mer, on voyait l’arc formé par la caldera et au loin, la capitale Fira. L’adresse, peu courue par les touristes, nous avait été donnée par notre hôtesse, décidément providentielle. Le père, la mère, les enfants, tout le monde était sur le pont avec beaucoup d’efficacité et de gentillesse. »
- Ses recherches
Elle nous raconte : « Je n’ai pas réussi à me procurer la recette sur place (notre hôtesse, bien que providentielle, ne cuisinait pas…), alors je me suis lancée dans sa recherche de retour en France. Sur le Web, j’ai fini par en trouver deux sur des sites étrangers, en anglais. Après différents essais, j’ai adopté celle-ci en variant les herbes, mais si l’une des recettes indique origan et basilic (c’est aussi très bon), ceux que nous avons mangés sur place sentaient plutôt la menthe. »
Un merci et bravo à elle, plein de la reconnaissance des gourmands et voyageurs toujours sur le fil de l'horizon, on passe à la dégustation !
Ø Daughter is tasting !
Exceptionnellement, la fille ne se contentera pas de déguster et de donner son avis, car la fille s’est fait violence et a réalisé ce plat un peu long à préparer (pour une entrée) mais ça vaut le coup !
Contrainte et forcée par la loi du marché…je n’ai pas pu ramener des tomates Roma mais des tomates de Marmande, les Roma étant plus tardives et mon primeur n'en n'ayant pas. C’est la première entorse. Ça passe néanmoins. Elles sont savoureuses mais plus juteuses et vous devrez veiller à bien en éliminer le jus.
Deuxième entorse. Le piment : j’avais acheté des minuscules piments frais – toujours chez mon primeur - que j’ai émincés. Attention, les quantités ne sont pas les mêmes, un seul piment (ou à la rigueur 1 et demi) suffit.
Etant un peu courte sur le persil (une toute petite tasse), j’ai adjoint à la menthe fraîche (une bonne petite tasse, ne craignez pas, ce parfum de menthe est un délice) du basilic frais en presque égale quantité à la menthe. J’ai également multiplié les quantités indiquées par la recette, ayant opté pour presque le double de tomates, sachant que je devrais contenter des appétits aiguisés et que mes tomates rendraient plus d’eau que les Roma de la recette.
Quant à la panure, pas satisfaite par l’abominable baguette farinée achetée la veille (dans le but de la faire rassir) dans une boulangerie inhabituelle, j’ai fait un mix ¾ de panure de pain, ¼ de panure de biscotte (+fine). Résultat, des quantités augmentées (à l’exception de la farine et la panure), preuve en est, je remplissais avec ma préparation un petit saladier plutôt qu’un bol.
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Suivant ensuite à la lettre cette recette intelligible, (même pour une cuisinière comme moi), je suis arrivée à l’étape où l’on jette joyeusement les croquettes dans la poêle en jouant la montre – but du jeu, saisir le maximum de croquettes en les détachant bien les unes des autres. Il n’y a pas de perdants à ce jeu, il n’y a que des vainqueurs. Au pire les croquettes ratées, biscornues, fragiles, pas présentables, seront escamotées et mangées discrètement…Une fois bien dorées et ôtée l’huile superflue, je les ai servies, et ensuite… je me suis écroulée ? Exténuée, en nage ? Mais non, voyons, c’est délicieux ET réalisable !
Franchement ce fut très réussi. De « mon » Paris-fournaise, bruyant et toxique, je m’imaginais transportée sur l’île volcanique de Santorin balayée par des embruns fictifs. Et je ne fus pas la seule !
Ce qui est extraordinaire avec ce plat, c’est le double plaisir, à la fois rafraîchissant des herbes et de la tomate et le croustillant de la croquette plantureuse et goûteuse qui comble le bon vivant. Attendez-vous à une explosion de saveurs et une sérieuse envie de partir dans les Cyclades…
Me figurant cette recette plus légère qu’elle ne l’est réellement, j’avais servi ça après des blinis aux deux tarama et crème de saumon. Aucun plat principal ne succéda donc à ces « beignets », et il me reste en outre le fond d’un petit saladier à cuire ce soir. D’heureuses retrouvailles !
Mais suivez plutôt les quantités indiquées par la recette et faîtes la suivre, comme indiqué, par un agneau de pré salé bien grillé, côtelettes, baron, ou, (pour les affamés), souris, mummmm….une continuation qui ravira moins les convives végétariens, voire végétaliens ravis jusque-là, puisque « les beignets comme à Santorin » ne comportent ni viande, ni poisson, ni œufs, ni lait.
Terminons sur le vin, je n’avais hélas pas de vin blanc de Santorin. Si un Muscadet s’accommode par défaut aux blinis, je vous conseille, à l’instar de notre héroïne, de choisir un rosé (par exemple un Kurtaki, vin crétois) ou encore – à la condition de ne pas le servir avec le tarama - un Costières de Nîmes ; par exemple le Château d’Espeyran, médaille d’argent au concours agricole Paris 2004.
Pas propre à Santorin, mais bien agréable par cette canicule qui sévit précocement, servir en dessert des quartiers de pastèque coupés en gros cubes et servis dans un bol préalablement réfrigéré sans ajout et sans autre fruit, ou alors, avec une boule de crème glacée au chocolat noir de qualité.
Envie de partir ? ...




Ca, ça doit être délicieusement goûteux !
Rien qu'à te lire on a ces saveurs, ces fragrances gustatives qui viennent délicatement se déliter sur notre palais !
Rédigé par: DADIER | le 16/06/2006 à 09:43
Je cherchais justement des idées recettes pour ce dimanche...merci Elise. Et je vais suivre le "Mum touch" en remplaçant la menthe fraîche par un mélange de basilic et d'origan...ça me parle davantage!!!
Rédigé par: EmilieG | le 16/06/2006 à 09:45
Mais au fait tu viens de repeindre ton blog dans les tons bleus?!?! Ah la couleur de la créativité, du rêve et de l'évasion, ça va de mise avec cette invitation gustative à faire voyager nos papilles. :)
Rédigé par: EmilieG | le 16/06/2006 à 09:47
N'hésitez surtout pas à me faire vos commentaires après "TP" et dégustation ;-)
Un grand MERCI à la Mum sans qui cette rubrique n'existerait pas, et à vous qui la lisez.
D'autres recettes voyageuses suivront !
ps : Exactement, Emilie, la couleur de la communication et... de la menthe givrée, ça rafraîchit ! :D
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 16/06/2006 à 11:03
Aahhh Santorin... Lieu magique et magnifique. J'aimerais bcp y retourner.
En attendant, je vais faire cette savoureuse recette et rêver un peu.
Merci !
Rédigé par: Emilie | le 18/06/2006 à 20:22
Bonsoir Elise,
Petite compte-rendu de mon "TP": recette authentique et facilement réalisable, qui a connu un vif succès pour le repas de la fête des pères. :-)
Comme tu l'as signalé ce met est succulent mais copieux (donc pour nous aussi il y a eu des restes...pour le plus grand plaisir de nos papilles)!!! Surtout que j'avais également tenté un cake au saumon et ciboulette fraîche accompagné d'une crème fouettée au citron, très rafraîchissant et plus que présentable sur assiette, mais assez lourd additionné à tes "beignets-bonheur".
Rédigé par: EmilieG | le 18/06/2006 à 21:56
Merci Emilie,
et Emilie G, ça me fait vraiment très plaisir que aies réalisé cette recette, passant des mots aux goûts ! Merci !
Et puis, je crois me souvenir que tu es fille de chef, alors je n'aurais qu'une requête...au nom de tous les blogueurs... c'est quand que tu nous invites ? ;))))
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/06/2006 à 08:50
Mais tu as une bonne mémoire Elise: oui, mon père est chef cuisinier, mais plus dans un resto, il gère désormais la cuisine d'une maison de retraite.
Mais en tous cas, je trouve que tu as eu une bonne idée: il faudrait qu'on organise un repas de bloggers pour dialoguer en live...seul problème, la distance géographique qui nous sépare tous, dommage!! :-(
Rédigé par: EmilieG | le 19/06/2006 à 18:01
L'idée n'est pas forcément impossible. Je ne sais pas à l'occasion d'un... allez, Woodstock de l'emploi, par exemple, qui s'organiserait du côté de Vincennes ou Boulogne :)) On s'y rendrait tous, alliant l'utile (contacts pro) à l'agréable (contacts blogueurs). Reste à lancer le Woodstock de l'emploi ! ;-)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/06/2006 à 18:12
Et bien Elise tu débordes d'idées "bloguement" intéressantes: après la société de presse sous forme associative (j'ai bien noté sur le blog de VPS que c'était "à peine une galéjade"...alors quand est-ce qu'on se lance?? ;-)), voilà le 'Woodstock de l'emploi' (T'as raison faut voir les choses en grand!!). Bon, et bien, il ne reste plus qu'à lancer les invit'!! :D
Rédigé par: EmilieG | le 20/06/2006 à 08:53