Pas de doute, le duel est lancé ! Calamity Ségolène contre le Général Custer au nouveau visage de Nicolas Sarkozy. Le Western, c'est la France, les indiens à flinguer, les français - de banlieues de préférence...
En déplacement mercredi à Bondy, en Seine-Saint-Denis, après deux nuits de violences à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, emportée par le terrain sans doute, Ségolène Royal, se mit à défendre un "encadrement militaire" pour les jeunes délinquants de plus de 16 ans. Avec comme sanction immédiate, non la suppression des allocations familiales (comme le propose l’UMP et l’extrême-droite) mais une mise sous tutelle, un suivi responsabilisant tout autant que contraignant et infantilisant, pour les familles des délinquants n’y mettant pas suffisamment de bonne volonté. Dans certains cas, peut-être, il n’y a aucune volonté de la famille d’aller contre la violence de l’enfant mais dans combien d’autres cas la démission s’explique par un quotidien suffisamment pénible à assumer pour ne plus avoir ni la force ni les moyens d’aider ses enfants.
La délinquance, même si elle l'excède, est inextricablement liée à la paupérisation des zones périurbaines et la "ghéttoïsation" toujours plus grande de notre société. Est-ce que la vraie question n’est pas : comment enrayer ce choc des cultures sociales, quel autre avenir que la ZEP proposer à des jeunes en difficultés scolaires parce que n’ayant pas eu la chance de grandir dans un milieu favorisé, mais au contraire en banlieues avec des parents souvent au chômage, qui n’ont jamais été eux-mêmes à l’aise avec l’école ! Des parents issus des couches pauvres et ouvrières. Des parents issus de l'immigration parfois illettrés ou très en difficulté avec la langue française. Des parents sans grandes ressources. Et donc des enfants qui n’ont pas eu la chance d’accéder de fait aux meilleures écoles, privées ou publiques cotées, d’être aidés à la maison par des parents cultivés qui lisent et ont une belle bibliothèque, ou, à défaut, ont les moyens de financer un soutien scolaire privé. Des parents qui ont déjà un projet pour eux et un réseau pour les aider à le réaliser plus tard. Certes, on voit des jeunes des banlieues en IEP, certes.
La déclaration de Ségolène Royal fut immédiatement accueillie par des sourires narquois et des commentaires ironiques, dans les rangs de ses adversaires comme dans ses propres rangs. Tandis que la gauche se divise, la droite se gargarise et le gouvernement jubile que "la mouche ait changé d'âne" et que l'attention ne soit plus portée sur Clearstream et l'intolérable maintien d'un gouvernement désavoué par les électeurs, désavoués par les principaux acteurs de la politique internationale qui se gaussent de nos mascarades, du manque de dignité de nos gouvernants.
Revenons au western. Nicolas Sarkozy s’adressant à Ségolène Royal par caméras interposées, l’encouragea d’un : « vous êtes dans la bonne voie ! ». Et de se féliciter de ce que cette adversaire aux élections présidentielles lui réservât à l’avenir d’autres « bonnes surprises »
Aussitôt l’intéressée réalisant sa « bourde » rectifia le tir. Elle ne cherche pas à gagner sur le terrain (et les « idées » pas franchement nouvelles) de Nicolas Sarkozy. Pour elle, « être socialiste, c’est se placer sur le terrain des gens qui souffrent » et pour elle les « deux principales souffrances », c’est avec le « chômage et la précarité », « la question de l’insécurité et des violences ». Et c’est bien là que le bât blesse.
Car l’insécurité avec ce qu’elle comporte de réalité mais aussi de fantasmes est un axe de campagne traditionnellement cher aux partis de droite et tout particulièrement, actuellement, au chef de l’UMP et ministre de l’intérieur, le « bougeottant », l’omniprésent Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal se défend d’avoir voulu mettre autre chose dans le mot « militaire » qu’un savoir-faire de gestion de crise. Et réplique plutôt intelligemment : « Qui va sur le champ des catastrophes humanitaires ? » Les militaires. Militaires aussi, les gendarmes et pompiers confrontés à un quotidien violent.
C’est vrai. Il faut s’y attaquer mais posément, sans provocation, sans fausse-bonne proposition, sans déclaration fracassante face caméra. Sans émotion.
Car que gagnera-t-on à exaspérer cette culture de l’émotion qui pipa déjà les élections de 2002 amenant Jean-marie Le Pen au deuxième tour des présidentielles ?
En 2002, le Parti socialiste et son candidat Lionel Jospin (miné également par la candidature de Jean-Pierre Chevènement qui se positionna ostensiblement sur le terrain de l'insécurité) ont perdu pour avoir voulu déjà entrer dans le mauvais jeu de la surenchère insécuritaire, et de la terreur légitime que cette surenchère, quand elle est prise sans recul, inspire. Ils ont perdu parce qu’ils ne savent pas faire peur. Et heureusement ! Qu'ils continuent à n'en rien savoir ! Parce que grimer des lézards en dragons, agiter des monstres au lieu de délinquants, ça n’a jamais été l’axe d’action politique des partis de gauche préférant miser dans le présent sur la résolution raisonnée des problèmes de violence et miser au long cours sur une politique forte de prévention. En un mot, les partis de gauche n’ont pas la culture de la répression et Ségolène Royal, si elle est choisie par les militants, fera fausse route si elle s’obstine dans un terrain politiquement miné qui fait de tous les électeurs les victimes.
Pour la première fois, en France, une femme est peut-être en passe d'être élue à la plus haute fonction de l'Etat. Alors qu'elle délaisse les treillis trempés de testostérone et se repositionne sur un terrain plus noble, plus vital, celui de la Raison.


Et oui, la Ségolène enlève le masque !
Les soirée doivent être sympas chez les Hollande en ce moment !
Je croit qu'on va bien rigoler...
Mais elle n'est pas en passe d'être élue à la plus haute fonction de l'état, elle a même beaucoup de chance de n'être pas désignée candidate du parti ! Strauss Kahn (qui est sans doute le mieux du lot), Fabius, Emmanuelli, hollande lui même et plus encore Jospin ne la laisseront pas faire car ce sont quand même, de beaux machos carriéristes !
Rédigé par: DADIER | 02/06/2006 à 14:10
Et tu oublies Jaaaaack, Dadier ! Qui ne cesse de tourner de plateau en plateau en affirmant que s'il n'était pas prêt il y a dix ans, il ne s'est jamais senti aussi prêt qu'aujourd'hui. Et de développer toutes les qualités qu'il faut avoir pour occuper une telle fonction, qualités que bien sûr il a. Il en veut, Jack. Cluedo au sein du PS ... mais qui aura la peau de Ségolène ? Elle peut-être.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 02/06/2006 à 14:15
Mais oui, je savais bien que j'oubliais notre Jack le Zébulon fou !
Alors la question est : Qui a le chandelier dans la main cachée derrière son dos ?
Rédigé par: DADIER | 02/06/2006 à 15:10
Pour le chandelier planqué dans de le dos de l'assassin qui estourbira Miss Cluedo, les paris sont en effet très ouverts...
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 02/06/2006 à 15:21
La plus grande partie des pauvres ne se sentent pas obliger de bruler des voitures. Les enfants ont compris qu'en travaillant à l'école, on a une chance de trouver un boulot. Ceux qui n'ont aucune qualification, n'ont rien fait à l'école. Il y a 700 000 postes qui ne trouvent pas preneur en France. Alors arrêttons de pleurnicher.
Rédigé par: luc | 03/06/2006 à 20:12
Et dans ces 700 000 postes, combien de postes manuels qui n'exigent pas une surqualification universitaire mais ne trouvent pas preneurs parce que la rémunération y est indécente - je pense par exemple aux métiers "verts" mais les murs de l'Anpe sont tapissés d'offres de chauffagistes, d'électriciens...des secteurs entiers de notre économie souffrent d'un manque de main d'oeuvre faute de ne pas être attractifs- ou encore dans le tertiaire, qui ne trouvent pas preneur parce que mal définies par l'employeur avec des annonces sollicitant LE candidat impossible : docteur en médecine + master en communication + expérience du journalisme scientifique, expérience 5 ans minimum, si possible ONG + 3 ou 4 langues. Et le tout avec une rémunération incohérente pour le profil ciblé. J'en ai vu passer une semblable et combien d'autres qui ne trouvent pas preneur à force de ne pas savoir cibler de façon réaliste ! ce sont du reste les profils surdiplômés qui trouvent le moins facilement un emploi, pas nécessairement les candidats sous-diplômés pour lesquels il existe de plus en plus de contrats aidés. Alors oui, Luc, arrêtons de pleurnicher...et de dire grosses bêtises caricaturales.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 04/06/2006 à 10:52
Bonsoir Elise,
Je viens de lire sur le blog de Voyageuse Provisoiremment Sédentarisée que tu rentrais d'un entretien. Alors, comment cela s'est-il passé??? Car tu n'avais pas l'air pleinement satisfaite.
Et au fait, tu as eu un retour suite à ton entretien dans une agence de communication pas comme les autres???
Rédigé par: EmilieG | 06/06/2006 à 22:22
Bonjour Emilie,
Haaaaa, Emilie, ne me parle pas de cette agence pas com' les autres incroyablement comme les autres dans son inaptitude à fournir une réponse négative alors que la réponse négative ou positive était à tout le moins promise.
Non, je ne suis pas pleinement satisfaite de ce dernier rdv qui s'est déroulé dans des conditions, certes, conviviales, mais pour le moins déconcertantes : attaché de presse et commercial dans le bureau du directeur occupés à tout autre chose, bruits de marteau piqueur, téléphone du directeur qui ne cessait de sonner, un directeur très compétent (polyglotte, profil du businessman à la tête de plusieurs entreprises), communiquant sur lui-même et son magazine (très abouti et motivant) mais laissant peu le candidat s'exprimer sur son parcours, ses choix, sur lui-même, ou alors au bout d'une heure de brief et de façon presque anecdotique, et pour finir, une rémunération à négocier sans que cela soit fermé.
L'équipe m'a pourtant paru sympathique, la déontologie de ce mag rare et le défi à relever passionnant, et je suis ressortie avec la promesse d'une réponse prompte à ce poste de journaliste salarié (rubrique société) et à tout le moins des piges quasiment assurées. Mais c'est certain que ce rdv ne fut pas orthodoxe non que je sois forcément éprise de ce qui marche toujours droit sans réfléchir à pourquoi il le fait !
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 07/06/2006 à 12:12