Cessez de tirer, cessez de bombarder, cessez de tuer !
Après le bombardement qui a coûté la vie à quatre observateurs de l’Onu, parfaitement neutres, parfaitement dans leur rôle, parfaitement intouchables - s'imagine-t-on - sauf que la guerre ne se soucie pas du statut diplomatique, les USA s'exprimant par la voix de Condoleeza Rice commencent eux aussi à prôner le cessez-le-feu. Mais toujours sous conditions, contrairement à la position russo-française, celle, majoritaire, des pays européens, à l’exception de la Grande Bretagne qui traditionnellement s’en remet à son grand frère américain.
Kofi Annan a vu dans ce bombardement, non un accident, mais une « attaque apparemment délibérée ». Une déclaration qui a beaucoup choqué et que réfute Israël .
Le secrétaire général de l’ONU n’est pourtant pas homme à se perdre en déclarations hâtives et provocantes. Cette accusation rend compte de l’atmosphère d’extrême tension dans laquelle s’ouvre aujourd’hui la conférence de Rome autour de Condoleeza Rice. De même qu'elle reflète le manque de moyens de l’Onu pour faire appliquer ses résolutions lorsque les USA légitiment une violation du droit international.
Israël a ouvert une enquête.
Cette grave bavure d'Israël est alarmante pour la diplomatie. Préoccupante pour la marche de la paix au Proche-Orient. Ce fait tragique atteste de la pénibilité pour la communauté internationale à agir dans la sécurité sur le terrain pour trouver une solution au conflit, permettre le cessez-le-feu, et, à tout le moins, agir plus sereinement sur le plan humanitaire. Les hommes chargés des convois de nourriture,
d’eau potable ainsi que les secours médicaux de première urgence sont exposés en effet chaque jour aux bombardements.
Kofi Annan réclame un cessez-le-feu immédiat sans conditions. Les négociations ne devant intervenir qu’ensuite, ce que refuse pour l’instant Israël. Le désarmement du Hezbollah est pour Israël un préalable.
De son côté, le Hezbollah refuse toute condition « humiliante » imposée par Israël.
Face à cette impasse. Impasse qui fait chaque jour des victimes innocentes, il est plus que jamais urgent que l’ONU ait tous pouvoirs dans sa médiation vitale. Les belligérants étant bien trop à vif ,et les victimes dans le désarroi, occupées à survivre, pour y remédier par eux-mêmes.
Le président Chirac a clairement exprimé qu’"il n’y a pas de solution militaire au conflit ». On ne saurait être plus clair. Et l’on imagine sans peine que le peuple libanais et tous ceux qui ont des proches là-bas s’y rallieront. Car eux ce sont leurs vies qui sont menacées. Israëliens et proches d’Israël devraient partager le même sentiment, le même désir que la crainte pour la vie des leurs disparaisse enfin au profit de la paix, fût-elle relative. Le cessez-le-feu n’est pas la garantie de la paix, mais il en est le préalable, l'unique condition qui soit indispensable, pour tous ceux qui veulent agir avec bon sens, raison et compassion. Après il faudra négocier, construire une perspective viable à la paix dans le contexte qui est celui de cette guerre, puis dans un contexte plus étendu.
Et comme si les morts de part et d'autre, l’exode et la destruction des infrastructures d’un pays ne suffisaient pas, autre dégât collatéral, le multiculturalisme libanais. Le dialogue interculturel a besoin lui aussi que cessent les bombardements sous peine de voir ses différentes communautés se dresser les unes contre les autres abolissant ce qui fait la richesse du Liban, et le rend encore plus précieux et vulnérable, son extraordinaire diversité. Si cela est, alors le Liban aura été rasé plus sûrement que par les belligérants qui s'affrontent et prennent en otage son peuple. Une diversité, un oecuménisme"tenté“ et ô combien périlleux dans le contexte du Proche-Orient, qui a fait de ce pays aujourd’hui et dans son histoire un bouclier, un sous-Etat à envahir du point de vue de ses voisins, un bouc-émissaire désigné par des pays moins mélangés.
Aujourd'hui, une seule rumeur doit crever le ciel : cessez le feu !
Plus nous attendons, plus des innocents meurent et plus l'engrenage conjugué de la violence et de la souffrance profite aux radicaux qui se fichent que des gens meurent, au contraire, ils le souhaitent ! Répondre par plus de violence à la violence d'un Hezbollah instrumentalisé par, ce qu'avance le Quai d'Orsay, l'Iran, (Hezbollah qui, quoiqu'il en soit, n'est en aucun cas le porte-parole du peuple libanais) est une inanité meurtrière à laquelle il faut avoir le courage de mettre fin SANS CONDITIONS.
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