Quand le Bourgogne renarde, il faut le boire !
A l’honneur de « Pas piqué des verres de vin » un grand cru Corton Renardes réputé du domaine Maillard Père et fils 1999.
99 est un bon millésime.
Le terroir de Corton appelé aussi la "montagne", sur le vignoble de la Côte de Beaune dans sa large partie nord, se situe à l’intérieur d’Aloxe-Corton. Corton fournit une belle quantité de grands crus en Bourgogne.
L’appellation Corton-Renardes en rouge en est la quintessence.
Tandis que le Corton-Charlemagne rivalise en blanc avec le Montrachet et le Meursault. Le Puligny-Montachet restant une somptuosité. 1300 ans plus tôt, l’empereur Charlemagne aurait possédé des vignes sur les parcelles du Corton-Charlemagne.
Parler du vin, c’est toujours un voyage.
Les appelations Corton-Renardes, Corton-Charlemagne au sommet de "la montagne" sont classées grands crus tandis que l’appelation Aloxe-Corton contrôlé ou premier cru est prodigue en bons vins mais de "moindre" excellence. Plus abordables également et à boire plus vite.
Mais revenons à nos renardes...à notre dégustation :
Une robe pourpre sombre, rubis-venaison, trouble et qui justement trouble l’amateur. Plus il vieillira, plus il s'assombrira.
En remuant le verre, on remarque les coulures qui commencent à être grasses, signe que vous pouvez déjà le boire même si ce Corton arriverait probablement à maturité de sa dégustation en 2010/2015 et plus encore dégusté selon le goût anglais.
Sachez que s’il peut commencer à se déguster à partir de sept ans, (c'est son âge quand nous le dégustons) il peut se garder … 30 ans.
Mais pour les amateurs pressés il tient bien des promesses.
Une merveille d’équilibre. Aromatique et subtil, des tanins « confortables qui tapissent le palais sans tapisser la langue. En première bouche, grillé noisetier, il est étonnamment souple pour un Bourgogne, signe peut-être de sa jeunesse (année 99 mais c’est un vin de garde).
Presque « fresco », pétillant quand on le mâche. Il rappelle, et c’est aussi surprenant qu’agréable, le Lambrusco, ce vin blanc pétillant que l’on boit en vacances sur fond de vespa et de ma Dolce Vita sur la côte ligure italienne. En deuxième bouche, il exprime son corps, le sous-bois sauvage du Corton, laisse entrevoir un peu de sa puissance musquée en libérant un arôme exquis de pruneau confit.
A déguster sur un gibier quand reviendra la saison, un salmis de bécasse si vous êtes bénis des dieux ayant une bécasse au frigo et sachant la préparer, ou plus simplement, sur une terrine de campagne au Cognac (par exemple celle d’Albert Ménès). Suggestion fromagère : une rigotte bien sèche de chèvre assez doux. Et bien sûr : seul. On reproche parfois au Bourgogne de se marier plus malaisément que le Bordeaux, on oublie que les plus grands crus se suffisent à eux-mêmes !
En attendant de le boire, pour vous mettre en bouche et le commander, faîtes un tour sur le site de cet excellent domaine encore abordable tenu par les deux fils de Daniel Maillard, Alain et Pascal.



Elise tu nous mets l'eau humm excuses le vin à la bouche. J'aime beaucoup les bourgognes (les hautes côtes de beaune ou les montrachets) sont plus accessibles. En revanche là où je te rejoins, c'est le moment pour le boire : il ne faut pas être pressé si on arrive à le conserver correctement (j'ai eu de gros déboires à ce propos)-tiens un beau jeu de mot! De plus pour moi un bourgogne c'est comme une méditation (je n'oserais pas dire prière): surtout pas de précipitation, un environnement ad hoc, des conditions thermiques fraîches etc...
ce n'était que les propos d'un amateur (moyennement éclairé)
bonnes routes (les hautes) et j'aime bien le nouveau look de ton weblog
Rédigé par: arnimaje | 09/08/2006 at 19:17
Mais "prière" ne me paraît pas trop fort, Arnimaje! De sa production à sa dégustation en passant par l'élevage et sa conservation, il existe une telle sacralité du vin. les cérémoniaux qui lui sont associés. il faut le respirer et bien souvent le laisser respirer, le découvrir étape après étape en sollicitant tous les sens pour tenter de ne laisser aucun de ses arômes, la typicité de sa texture, se dérober.
Et plus longtemps nous aurons attendu pour qu'il se révèle, plus longtemps s'inscrira en nous le plaisir éphémère de sa dégustation que nous prolongerons plus encore, méditant en effet autour de ce mystère fabuleusement humain qu'est le vin. Hélas, pour conserver longtemps il faut être sûr de sa cave. Moi, pour filer la métaphore, je bénis mon grand-père à chaque fois qu'il nous sort de sa cave au réveillon de la Noël un superbe Bourgogne qui a deux voire trois décades. Comme ce Pommard 78 éblouissant. C'est ma famille (pas viticole) qui m'a donné le goût et le respect de la vigne.:)
ps2 : je suis contente d'avoir ton avis sur le design, je crois que c'est un peu plus lisible.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 09/08/2006 at 19:48
OK pour le Pommard ....ce n'est plus une prière mais une extase. in vino veritas.
cela dit as tu des adresses ou coordonnées de récoltants manipulateurs?
Rédigé par: arnimaje | 09/08/2006 at 19:53
OK pour le Pommard ....ce n'est plus une prière mais une extase. in vino veritas.
cela dit as tu des adresses ou coordonnées de récoltants manipulateurs?
Rédigé par: arnimaje | 09/08/2006 at 19:53
Bonjour Elise
bravo pour ton blog, et félicitations pour ton article sur le bourgogne.
Etant un grand amateur de bourgognes
et ayant eu le mois dernier en comparaison
corton 1989 / aloxe-corton 1989 / corton-maréchaudes 1994
ton article m'a rappelé d'excellents souvenirs :
un vrai voyage !
Bon courage pour la suite,
je ne me fait pas de soucis pour toi :
une personne qui aprécie les grands crus bourguignons
a forcément l'esprit plus ouvert
et ne peut que réussir dans la vie !
elie
Rédigé par: elie | 30/09/2006 at 19:22
Bonjour Elie,
merci pour ce commentaire fort sympathique. :) Et que donnera le Corton 2005 ... dans dix ans ? Une très belle année semble-t-il pour les grands crus et l'ensemble du vignoble français, vins de pays inclus (certains vins de pays d'ailleurs tiennent la dragée haute aux AOC en trouvant leur liberté dans un choix plus grand dans l'assemblage - on en parle (je pense notamment à un article paru dans Le Monde) depuis que des viticulteurs aoc ont renoncé à la sécurité assortie de contraintes de l'aoc pour poursuivre sans appelation mais avec rigueur, passion, et en maintenant leurs prix). Leur choix qui ressemble à une ascèse permettra peut-être de réfléchir à une revalorisation vers plus d'exigence qualitative de l'AOC qui tend à se banaliser.
Pour revenir aux vins de Bourgogne. Un Givry intéressant de cette année attend aimablement d'être débouché. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 01/10/2006 at 15:10
Evidemment, c'est toujours APRES avoir posté un commentaire
qu'on s'aperçoit qu'il y a une faute d'orthographe dedans ...
et il n'y a pas moyen de corriger la bavure !
on va dire que c'est de la faute du clavier :
"j'étais en train de le nettoyer, le coup est parti tout seul"
Pour les vins de pays,
je suis 100 % d'accord avec toi !
Pour preuve : Les Creisses 1996 (Languedoc découvert par hasard)
à bout de souffle croyez-vous ?
Pas du tout ! 10 ans d'âge et encore toutes ses dents,
à déguster dès à présent, mais sans urgence.
Pour le Givry, on attend ton verdict.
elie
Rédigé par: elie | 13/10/2006 at 00:57
Ce n'est pas grave, fi de la forme et des doigts qui dérapent sur le clavier, la chair du raisin est belle et je suis ravie de te lire à nouveau. :)
Ah Elie, le Givry aurait vraiment mérité d'attendre un peu. :) Par contre, sans lien avec la région Bourgogne, j'ai dégusté un Saint-Joseph 99 d'un petit producteur, à coeur, splendide!
Dieu que les Saint-Joseph font rêver quand ils atteignent cette hauteur. :)
Je veux bien croire qu'une bonne bouteille d'un cru languedocien puisse vieillir.
:)))C'est l'une de mes racines familiales. Une région disparate où sommeille et où se révèle des merveilles.
Tu connais le Château de Donos ? il a une histoire ce vin, il a longtemps veillé sur la maison Corbières, Fauchon s'en était même emparé, je ne sais pas comment il se situe aujourd'hui mais j'ai pu goûter de vieux millésimes.
En Corbières "Le Délicatesse" de Fabrezan qui s'est arrêté en 98 je crois était très abouti. Il a été remplacé par Le Symphonie qui n'a pa tout à fait son étoffe.
Et sur des plats viandés, voire du gibier, le Grand Opéra de la cave de Rocbère tient remarquablement la route.
@ bientôt ! :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 13/10/2006 at 09:03