Le meilleur visage de Dominique de Villepin : un peu d’humanisme dans ce monde de chiffres.
Perle du jour accusant un retard de ponte de 24h puisqu’en date du 25 octobre dans Le Monde. On pourra encore la savourer à la coq.
C’est en effet la fin de l’entretien accordé au Monde par Dominique de Villepin sur le thème des « valeurs républicaines en banlieue » qui a retenu mon attention. Et plus précisément cette proposition visant à ancrer davantage (et surtout plus précocement qu’à partir du DESS) la formation universitaire dans la réalité du marché de l’emploi : « nous allons instituer un module obligatoire de recherche d’emploi en licence ».
Une proposition a priori pleine de bon sens.
Terminons enfin par cette phrase, peut-être plus idéaliste que réaliste, qui m’a fait rêver à un décloisonnement des cursus, à un retour à l’humanisme ! Selon Dominique de Villepin, « pourquoi entrer dans une logique de sélection ? L’essentiel est de faire de tous les diplômes universitaires un passport pour la réussite. » Et le chef d’œuvre : « Un spécialiste de Rabelais peut très bien devenir s’il le souhaite un grand spécialiste des marchés financiers. »
N’y voyez pas d’ironie, je partage ce rêve d’une société où cette phrase serait à nouveau possible. Je dis "à nouveau" car à la Renaissance c’était chose commune ; pour une minorité accédant à la connaissance, certes.
Notre premier ministre est un humaniste qui s’est fourvoyé.



Utopie quand tu nous tiens... mais pas totalement faux néanmoins. Sortons un instant la tête de notre boite hexagonale et actuelle, et voyons ce qui se passe dans un autre espace-temps où les passerelles entre les "genres" et les "savoirs" étaient ou sont encore appréciées... Expérience vécue pour ma part : engagée, en deux heures, dans une boite de conseil hi tech devenue groupe européen, en qualité de Dircom. "Si vous avez réussi à faire ça, au plan international, avec de simples colliers de chien, vous pourrez faire des miracles chez nous... !" Il faut préciser qu'à l'époque, il n'y avait pas de DRH dans cette boite et que les 4 boss assuraient eux-mêmes le recrutement, avec un certain "flair" ! Ceci expliquant cela ? :)
Rédigé par: Cath | le 26/10/2006 à 11:28
Ah je m'étonnais justement que tu n'en aies pas parlé te connaissant Elise. ;)
Je dis bravo à ce nouveau module, consacré à la recherche d'emploi, en espérant qu'il soit rondement mené par tous les intervenants. Car pour avoir eu la chance (oui, je le reprécise la chance!!) d'avoir vécu ces journées conseils à la faculté (avec spécialiste du recrutement et graphologue), je n'en ai pas forcément gardé de mémorables souvenirs. Trop théoriques, trop "bateau" dans les explications sur la rédaction d'un bon Cv ou d'une lettre sachant nous mettre en valeur. Par contre, j'ai subi des entretiens filmés et multilingues et je dois reconnaître que c'est un exercice perilleux, mais vraiment utile pour décrypter tous les défauts: hésitations, regards, poignées de main, positions des jambes.... En tous cas, il est grand temps d'enfin se préoccuper des cursus universitaires, excellents sur le fond, mais délicats à "vendre" dans la forme, face à certaines écoles, une fois sur le marché du travail. Toujours la même bataille et les mêmes stéréotypes à combattre, et ce n'est pas toujours facile, foi d'une fille de fac de lettres!!! ;)
Rédigé par: EmilieG | le 26/10/2006 à 11:36
Un de mes profs de marketing à la fac organisait des simulations d'entretien également et à la fin, il m'avait juste dit : "vous avez de la chance : vous pouvez plaire à une femme recruteuse (sous-entendu, vous n'êtes pas trop belle) mais vous pouvez également plaire à un homme recruteur (vous n'êtes pas trop laide) ! Véridique !
Quant à notre Apollon, il est mignon avec ces déclarations naïves ! On voit bien qu'il n'a jamais travaillé dan sle privé en France... Aux USA, il est plus fréquent que les études suivies n'aient aucun rapport avec la profession : la personnalité compte plus qu'ici où tout est codé et balisé.
Rédigé par: Céline aka VPS | le 26/10/2006 à 12:03
je ne sais pas si on peut facilement passer de la restauration aux marchés financiers.
Mais pourtant Monsieur de villepin a raison : on passe facilement d'un diplome Bac+17 en gestion des options financières à équipier en Mac Do.
Rédigé par: Olivier Davoust | le 26/10/2006 à 12:47
Olivier, tu es un cynique (dans le bon sens) génial! :)
Hum, Céline, un peu limite ton prof de fac, tu l'as giflé j'espère ?
Emilie, consoeur de lettres, ce n'est même pas par manque de temps, c'est que ça a carrément failli m'échapper. ;)
Cath, merci, ton témoignage est très réconfortant. Avec une projection de la courbe de la formation, du potentiel et des expériences réussies bien plus inventive que les bonnes vieilles grilles RH. :))
Bien sûr que cette projection ne doit pas être tout à fait irréaliste mais elle doit avoir lieu et dans l'état des choses, la projection est inexistante. Nous sommes recrutés pour tel poste parce que nous avons déjà eu le même et si possible chez la concurrence.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 26/10/2006 à 12:58
Oui il y a une sacré distance entre les rêves des Politiques et la réalité. Je viens d'en vivre un exemple sur le salon professionnle auquel j'assite en ce moment. Un responsable de Biopôle et pôle de compértitivité s'est gaussé de réalisation et de viabilité de projets à l'image du veoux de notre premeir ministre. Le pire est que je me suis rendu compte qu'il ne connaissait pas trop la situation dans son propre département!!! trop!:)
Rédigé par: arnimaje | le 26/10/2006 à 17:50
Encore un imbécile, Arnimaje, qui élève la voix, pourquoi l'éduquer. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 26/10/2006 à 17:59
Je me prends à rêver...
Que les spécialistes des marchés financiers puissent devenir des spécialistes de Rabelais, de Klimt, de Schein... et pas seulement pour vendre les œuvres chez Sotheby’s !
Ah ! Je ne suis pas sérieux.
Bizzz ness, JB
Rédigé par: impolitis | le 26/10/2006 à 19:22
Mais oui, rêvons ! Une société où la culture et l'acculturation prendraient le pas sur la rentabilité. Une société où la culture serait prisée pour elle-même, parfaitement démocratique et les cotations obsolètes, indécentes ! Une civilisation de citoyens érudits !!!! :))
Hum, la proposition semble moins facilement réversible et l'inverse plus probable, JB ! ;)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 26/10/2006 à 19:29
Un cours sur l'emploi à la fac, monsieur de villepin ce n'est plus de l'utopie c'est de la surutopie. A la fac tout n'est que théorie même l'emploi! J'ai vécu les trois côté de la vie estudiantine.
1- A la fac d'histoire... Ah théorie quand tu tiens, on nous a meme rabaché que la plupart d'entrenous ne seraient jamais prof d'histoire pas manque de place et de réussite au capes! AVENIR ZERO!
2- A la fac mais en IUP ... Un peu plus pro, mais toujours beaucoup de théorie, et de la pratique grace aux stages!
3- A l'ecole de commerce... Quel changement, que du beau professionnel, que de la réalité du terrain, que de la pratique.
Moi je vois trop ça comme des cours avec des notes et un module à obtenir... Pourtant même avec un 20 en module de prépartaion à l'entretien d'embauche on n'est pas sur de trouver.
Rédigé par: hanen dechaux | le 27/10/2006 à 16:24
Il serait enfin temps qu'on se préoccupe des débouchés professionnels en fac ! Parce qu'en tant qu'ancienne universitaire, je suis bien placée pour savoir ô combien nous sommes mal informés de la suite... Finalement la fac, c'est un engrenage pour toute personne qui ne sait pas réellement dans quel métier il veut s'engager... On continue dans les matières que l'on apprécie, oui, mais après ? Cela n'a jamais été abordé dans ma filière...
Rédigé par: marouschka | le 27/10/2006 à 19:00
La question demeure : comment avoir les trucs pour trouver un bon boulot, intéressant, dans lequel on peut donner sa mesure, avec des équipiers relativement buvables et un patron relativement brillant ? ou plus simplement, comment trouver du boulot ? Moi, qui est tout essayé depuis le début des années 80, et qui me considère comme la parfaite autodidacte, j'en retire les éléments suivants : quand il y a une économie qui roule bien et des jobs à la clefs dans des entreprises en croissance, faut le faire exprès pour rester sur la touche. Au jour d'aujourd'hui, les diplômes = zéro, les pas diplômes = morts-vivants, les relations = sauve qui peut, le canapé = faut être sûre d'avoir fait signer le contrat avant (!!), le bénévolat "histoire de se faire bien voir" = double zéro (ce qui est gratuit est par essence sans valeur). L'économie pédale dans un fric sans précédent qui n'est pas réinvesti dans le développement humain (formation, emploi, suivi de carrières, reclassement) mais dans le "toujours plus de puissance". Ca ne va pas rester ainsi indéfiniment, ça ne peut pas rester ainsi indéfiniment, plutôt. Mais bon, pour l'heure, nos générations en prenne plein la tronche... Alors quoi ? >> déjà, devenir égoïste au bon sens du terme et prendre bien soin de soi, acquérir et garder la pêche et un teint de pêche. Facile à dire, mais c'est important car c'est ce petit supplément d'âme, de sincérité et d'humour qui va accrocher une ligne qui peut en amener à d'autres... Les blogs sont un espace inégalé d'opportunités pour sortir la tête de la mélée. Déjà on respire mieux et on peut enfin dire qui on est. Après, c'est la sélection naturelle, les c... n'y comprennent rien et tu n'as de toutes façons pas envie de bosser pour eux, et les autres, et bien les autres, ils sont là... Je peux vous paraitre un peu utopiste, mais je crois que la chance, on se la construit. Bon long dimanche à toutes et tous et biz biz Elise !
Rédigé par: Cath | le 29/10/2006 à 08:49
Absolutely right fabulous, la chance on la construit brindille par brindille - ce qui ne se confond pas avec l'opportunisme, d'ailleurs - je partage le même constat, Catherine. Oui, il y a urgence à réinvestir dans le développement, à revaloriser le bénévolat, développer les réseaux solidaires, les réseaux d'échanges de compétences, à sortir du système des stages masquant et empêchant de vrais jobs et nouvelles embauches tout en professionnalisant le savoir théorique acquis à l'université.
Réfléchir à la décroissance (allez faire un tour sur le blog d'Impolitis).
Bises et belle semaine à tous ! :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 30/10/2006 à 13:59
L'orientation, Marouschka est au problème ce que "big" est à apple ... big big problem et des années encore à plancher pour l'Onisep. Bien s'orienter, c'est faire le bon choix - quand on n'est pas en mesure de les faire ! nos parents les font donc pour nous - c'est à dire dès le collège. Franchement ! Plus de passerelles entre les diplômes, plus de formations transversales, c'est une partie de la solution...
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 30/10/2006 à 14:03
Ainsi que plus d'informations sur les débouchés, sur les métiers réellement existants en sortie de filière, plus d'expériences en entreprise pour ne plus sortir des études avec 6 mois/un an de stage seulement, plus d'interventions de professionnels lors des cours, plus de solutions de rattrapage en cas de mauvaise orientation, plus de contacts avec le marché de l'emploi... Bref beaucoup de choses à changer ou du moins à améliorer...
Rédigé par: Marouschka | le 30/10/2006 à 14:52