Vingt mille lieues sous l'Egypte
Au plus profond de nos rêves d’enfants, surgi de la baie d’Aboukir, un butin fabuleux.
Un trésor archéologique émouvant, fait de statues remarquablement préservées,
de naos et de plus menus objets - témoignage d’un quotidien englouti par les
sables de l’histoire. L'Egypte, sous l'influence grecque, ressucite alors sous nos yeux...
* Tête de pharaon en diorite de la 26e Dynastie.
EXPO : LES TRÉSORS ENGLOUTIS DE L'EGYPTE AU GRAND PALAIS :
Franck Goddio, fondateur de l’Institut européen d’archéologie sous-marine, a permis, avec l’autorisation de l’Etat égyptien à qui ces trésors appartiennent, que soit organisée cette exposition égyptologique de première importance. C'est tout un pan de l'Egypte, dans un état de conservation extraordinaire, qui se découvre à nous après avoir été oublié sous les eaux. Le caractère sous-marin de l'exhumation de ces trésors renforce encore l'émerveillement.
L'exposition se tient sous les verrières du Grand Palais. C’est dire que vous en aurez plein les yeux.
L’installation est idéale. Les grandes salles sont baignées de lumière
et
alternent
avec des salles plus intimes lorsque les collections nécessitent la pénombre.
Animations ou ambiances sous-marines.
Photos.
Vidéos. Jeux de miroirs.
Bruitages. C’est le résultat de dix ans de fouilles. Statues de roi et de reines. Bustes. cartes anciennes. Pièces de monnaie, cimier (coiffe en bronze surmontant le casque), ustensiles de cuisine...
Mon butin à moi, modeste, est en images.
Purement indicatif, sans flash, il n'a pas d'autre prétention que de vous donner un aperçu.
Plongez dans le rêve, partez à la découverte des cités englouties!
Un trésor qui témoigne de l'Egypte sous influence grecque. Vous y découvrirez des statues de l'ère ptolémaïque ou des pièces de la Dynastie saïte (645-525 av. J-C), vestiges des premières relations commerciales et politiques entre la Grèce et l'Egypte. Ou bien encore contemporaines du conquérant grec Alexandre le Grand, dont le premier Ptolémée, fils de Lagos - fondateur de la dynastie des Lagides - n'était que l'un des généraux. A sa mort, en 323 av. J-C, Ptolémée gouvernera l'Egypte.
D'Arsinoé (IIIes av. JC) à Cléopâtre.
Cette "Reine vêtue en Isis" en granit noir, retrouvée à Canope trois
siècles avant notre ère, témoigne dans sa pose et par le travail du drapé
"mouillé" l'intéraction réussie de l'art égyptien et grec. Il s'agirait d'Arsinoé.
Datant également du troisième siècle avant notre ère, cette tête de femme en granit gris à la coiffe typiquement hellène "appartiendrait" à Bérénice II. Si le motif et la manière sont grecques, la pierre utilisée - diorite - atteste d'un travail égyptien.
La troisième et dernière représenterait non pas "notre Cléopâtre", Cléopâtre VII, la reine habile, l'amante de César et Marc-Antoine (Ier s ap. JC) mais Cléopâtre III.
Naos. On appelle "Naos", le saint des saints des temples égyptiens et grecs qui renferme la statue du dieu adoré. Je regrette de ne pas vous avoir photographié le splendide "naos des décades" ainsi que le charismatique Dieu du Nil.
Ce brûleur à encens est la pièce la plus ancienne retrouvée sur le site du temple d'Héracléion. Suit le Ptolémée-Hermés sculpté dans le marbre, et donc sans conteste grec, les égyptiens ne sculptant pas cette matière, lui préférant, entre autres, le granit.
Vrai et faux : Canope. Vous vous imaginez savoir ce que c’est. Soit un vase empli des viscères qui auront été prélevées sur le corps au moment de la momification. C’est en effet le nom qui fut abusivement attribué aux réceptacles à viscères sous l’impulsion des antiquaires du XVIIIes. Mais c’est un nom donné par extension, passablement impropre. Avant cela, « Canope » est une ville, et tous les vases à viscères n’en sont pas issus. Ci-dessous, l’époustouflant visage de Sérapis, la représentation ptolémaïque de Zeus, vient de Canope ainsi que la plupart des plus belles pièces de l'exposition.
Un canal reliait Canope à Héracléion. Ci-après, un authentique vase canopique retrouvé, donc, à Canope, qui nous raconte une bien terrible histoire...
Seth, après avoir dépecé son frère Osiris, éparpilla ses membres afin qu’il ne pût ressuciter. Isis, son épouse et sœur, entreprit alors un voyage à travers tout le royaume pour les retrouver. Elle les rassemblera dans un vase. Il manquait toutefois un membre et pas n'importe lequel : le sexe d’Osiris qu’elle finira par retrouver à Canope. Après qu'Isis eut rempli le vase d’eau du Nil, Osiris put ressuciter.
De là, la ville de Canope consacrera un culte particulier au dieu Osiris, représenté dans le corps d’une jarre. Dans l’Antiquité, commerce sera fait de ces jarres cultuelles à l’effigie d’Osiris ; lesquelles seront vendues au pèlerin.
Ce vase, authentiquement canopien, datant du 1e et 2e siècles, en atteste. Il figure à l'entrée de l'exposition.
Nous arrivons maintenant à ce qui est peut-être ma pièce préférée. "Prêtre portant un vase" (1er siècle de notre ère) retrouvé sur le site d'Alexandrie, la ville portuaire fondée en 331 av. J-C par Alexandre le Grand. Entre ses bras, le vase canopien.
L'exposition "Les trésors engloutis de l'Egypte" se tient au Grand Palais jusqu'au 16 mars 2007. Elle est ouverte exceptionnellement tous les jours de 9h à 20h du 23 décembre 2006 au 7 janvier 2007. Plus d'informations sur le site de l'exposition.





Cher Elise, il est été un moment ! Rendez- visite www.flickr.com/greatglobalist pour plus de mes potraits et images de mes créations artistiques modernes
Rédigé par: greatglobalist | 03/11/2007 at 02:03