Entre tigres et ashrams, l’INDE incernable – Mille pays en un seul
La presse magazine converge cette semaine autour de deux sujets, l’environnement et l’Egypte ; et dans une certaine mesure l'Inde (Le Monde 2 et Géo).
Avant de faire un point environnemental et de partager avec vous « ma
version » de l’Egypte, j’ai choisi de mettre moi aussi en lumière l’Inde, pays-continent fascinant.
Sur ce blog, donc, un article que j’ai déjà fait paraître dans la
presse magazine. Je vous souhaite une bonne lecture, qui ne vous dispensera pas de vous
offrir le superbe hors-série que Géo lui consacre.
Pour Jean-Claude Carrière, amoureux de l’Inde autant que de la Grèce, «
l’amour de l’Inde est difficile. Il peut être anéanti dès le premier
contact. » Ô combien vrai ! J'ai vu des enthousiastes, qui, croyant à la carte postale, déchantèrent et ne virent que conditions de vie âpres : inconfort, misère, hommes déféquant au bord des routes. L'Inde ce n'est pas le Club Med. Vous n'y transporterez pas votre bulle. Le premier contact pourra vous inspirer un malaise contaminant l'envie de découvrir, face à l'évidence de l'extrême pauvreté impossible à nier et mis face à une promiscuité oppressante. Ou au contraire, si vous y êtes prêts, l'Inde vous aura envoûtés et vous transformera. Cet amour exige d’aimer les hommes et d’avoir la
capacité de laisser la rationalité pour un temps au vestiaire afin de
mieux pénétrer l’extraordinaire sens sacré qui infuse une myriade
d’instants en Inde. Avec, au coeur, ce continuum entre le sacré et la tradition qui tisse cinq millénaires d'une histoire assimilée et se mêle sans mal à la
modernité.
Laquelle modernité peut être économique et sociale. Avec l’attribution cette
année du prix Nobel de la paix au fondateur de la Grameen Bank, le
bengalais Mohamed Yunus, qui fait suite à l’année internationale du
microcrédit décrétée en 2005 par l’ONU. Quoique des voix divergentes
se fassent entendre, criant à la consécration du néolibéralisme.
Si vous êtes sages et seulement si vous êtes très sages, je vous raconterai dans une autre note l’incroyable histoire de Phoolan Devi : reine des brigands, puis députée, puis mythe assasiné. Une figure mythologique quoique parfaitement réelle, comme seule peut en produire l'Inde.
* Photo en titre : vie foisonnante sur les berges du Gange sacré.
Entre tigres et ashrams, l’Inde incernable – Mille pays en un seul
L’Inde. Pays aux milles visages. Aussi insaisissable que Shiva.
C’est un poncif que de l’exprimer, et pourtant, l’Inde ne peut laisser personne indifférent tant « le sous-continent » - continent culturel - impressionne. Riche de traditions, de croyances, de saveurs, de senteurs, de couleurs, de dialectes différents ; imposante à travers ses jungles à la Kipling. Ses beautés himalayennes. Ses vestiges manifestant de sa munificence royale.
Les amateurs de treks peuvent approcher cet immense pays sous l’angle exclusif de la diversité géographique. Passant des anciens comptoirs britanniques au Bengale, puis gagnant le montagneux Ladak, en finissant leur voyage dans les vallées fertiles du Cachemire.
Les plus curieux seront fascinés par sa culture, et bien sûr, par sa spiritualité à la fois rituelle et intime qui imprègne chaque geste et chaque pensée au quotidien. Ils puiseront alors avec délice dans la shakti (énergie) de l’Inde. Les derniers, enfin, ne verront que la misère indéniable, partout dans ce pays gigantesque qui compte plus d’un milliard d’habitants.
** en photo, peut-être au fond le moyen le plus naturel de vous convoyer de l'ashram au tigre du Bengale, l'éléphant taxi.
Plus qu’un pays
Tout au nord le Cachemire, tout au sud, l’état du Kerala. L’Inde n’est pas un pays ordinaire, c’est un sous-continent dessiné par la mer, le désert et les hautes altitudes de l’Himalaya. Sa superficie de 3 287 263 km², (six fois et demi la France), en fait le 7° pays le plus grand au monde. Et avec plus d’un milliard d’habitants, un homme sur cinq dans le monde vit en Inde. Comment s’étonner dans ces conditions que le seul pays à résister à la tyrannie cinématographique de Hollywood soit l’Inde qui a créé le contre-modèle industriel de Bollywood.
Mille-feuille
L’Inde, c’est aussi un millefeuille de religions, de langues et de régions.
18 langues officielles ont été reconnues par la Constitution indienne : Le hindi (la langue dominante), l'ourdou, le bengali, le népalais, le télougou, le marathi, le tamoul, le gujarati, le malayalam,le kannada, l'oriya, le penjabi, l'assamais, le cachemiri, le sindhi, le manipuri, le konkani et le sanskrit. Mais au-delà de ces langues, il existe encore 1600 dialectes.
Aux langues natives, il faut ajouter l’anglais, vestige de la colonisation britannique qui demeure la langue la plus utilisée avec l’hindi.
L’indépendance sans la violence
Le 12 mars 1930, Gandhi entame une "marche du sel" pour obtenir l'indépendance de son pays. Il parcourt 300 km à pied à la seule fin d’accomplir un geste symbolique. Puiser du sel dans l'océan Indien. L’empire britannique interdisait en effet aux indiens de récolter eux-mêmes le sel, régissait sa distribution et imposait une pénible gabelle. 60 000 contrevenants seront arrêtés et Gandhi purgera 9 mois de prison. Le 15/08/47 : Le Royaume-Uni accorde l'indépendance à l'Empire des Indes. Le 30/01/48, le Mahatma Gandhi est assassiné par un fanatique hindou alors qu'il se rend à la prière. Ce grand homme incarnait la force de son pays, une volonté qui ne cède ni à ni devant la violence. La violence dans ce pays est ailleurs. Elle réside dans l’extrême misère, dans le statut des femmes, dans le système des castes. Aujourd'hui encore, nous pouvons croiser des manifestants pacifistes brandissant un portrait du Mahatma.
Entre dharma et destruction
80 % de la population indienne est hindoue. Juste après l’hindouisme vient l’Islam avec 120 millions de fidèles, soit 12% de la population. L’Inde est le 3° pays musulman après l’Indonésie et le Pakistan. Les chrétiens représentent encore 2,4%, de la population et les sikhs, 2%. Viennent enfin, les bouddhistes, les jaïns, les parsis rassemblant pêle-mêle 2,6% de la population.
Mais si l’Inde est majoritairement hindoue et que l’on ne saurait résumer une religion qui a plus de trois millénaires, une multitude de dieux, de courants et de cultes avec des typicités régionales et des fêtes religieuses pour rendre compte de cette diversité, on peut tout de même dire qu’au sein de l’hindouisme deux grands cultes s’affrontent. Celui de Vishnou qui induit la soumission à l’ordre universel (dharma). Et enfin son contraire, le shivaïsme ou culte de Shiva, dieu de la destruction qui se révolte contre ce même Ordre. S’il existe un nombre considérable de divinités représentées dans les lieux sacrés indiens et les campagnes, trois sont à retenir. A l’origine de toute chose, Brahma le créateur, l’âme universelle. Vient ensuite Vishnou le conservateur qui veille à ce que le dharma ne soit pas ébranlé. C’est un peu le garde-fou des traditions. Et enfin, Shiva, le dieu à la fois destructeur et régénérateur qui fait tout le contraire. Car quand on croit en la réincarnation, il n’y a pas une vie mais un cycle (Samsara) de vies. A lui seul, Shiva n’a pas moins de 1008 noms différents. Représenté avec un œil au milieu du front, il devient l’ascète divin, le mahayogi (le grand yogi). Au centre d’un cercle représentant le «Samsara», c’est le dieu exécutant la danse cosmique de la vie et de la mort. Qu’il tienne le linga, objet phallique représentant le principe masculin dit «Purusha», sa figure n’en est pas moins androgyne. Cette insaisissabilité de Shiva en fait l’une des divinités les plus fascinantes parmi toutes les religions humaines.
Misère et puissance
44% des indiens vivent avec moins de 1 $ par jour. En Inde, la mendicité n’est évidemment pas prohibée par la loi comme à Monaco. On ne cache pas les pauvres en Inde. On ne le pourrait d'ailleurs pas, il sont trop nombreux. La pauvreté s’exhibe comme une évidence chiffrée. Infirmes, lépreux condamnés à la mendicité, ou femmes répudiées et veuves, se plient à leur vie présente et tendent la main pour survivre. Pour certains même, l’extrême pauvreté est un choix de vie, un dépouillement total. Ce sont là des saddhus, des saints hommes. L’indien ne s’offusque pas de voir des pauvres dans la rue, il n’a pas honte de lui-même en les voyant et il met souvent la main à la poche pour faire une bonne action et flatter son karma.
L’Uttar Pradesh est l’Etat le plus peuplé de l’Inde.
Pourtant l’Inde a le deuxième PIB d’Asie derrière la Chine. Elle possède l'arme nucléaire et aspire à devenir – tout comme la France, les Etats-unis, la Grande Bretagne, la fédération de Russie et la Chine - membre permanant du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle joue déjà un rôle important dans les instances internationales, et notamment à l'OMC dans le cadre des négociations de Doha. Si le micro-crédit représente l'une des voies d'accès au confort (bien relatif) des plus pauvres. L'Inde vit parallèlement l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie qui compte 60 millions d'indiens aisés ( Le Monde consacre un supplément à ce sujet). Enfin, Lakshmi Mittal, l’homme le plus riche d’Inde, a été classé par le magazine financier américain Forbes au cinquième rang des fortunes mondiales. Lakshmi Mittal a fait fortune dans l’acier. Surmédiatidsé après le raid
lancé sur son concurrent européen Arcelor, il pèserait à 55 ans pas moins de 23,5 milliards de dollars.
*** Mendiants à Bodhgaya (Bihar).
La plus grande démocratie du monde
Dans cette immense République fédérale, laïque et multireligieuse, dénommée Union Indienne, fondée par la Constitution du 26 janvier 1950, pas moins de 28 états ainsi que sept territoires de l’Union dont Delhi et Pondichéry. Le président de la République est élu au suffrage indirect par les membres du parlement et des assemblées de chaque état pendant 5 ans. Il nomme un premier ministre, qui est le chef du parti majoritaire de la Chambre du Peuple, le Lok Sabha. Il détient le pouvoir exécutif. Il choisit lui même ses ministres parmi les parlementaires pour constituer le Conseil des ministres. Le pouvoir législatif est partagé entre les deux chambres du Parlement : la Chambre du Peuple (suffrage direct) et la Chambre des Etats (suffrage indirect).
Mumbai
Bombay, devenue Mumbai en 1995, est la capitale de l’état du Maharashtra, un état de l’Inde occidentale. Cette ville côtière avec ses 18,1 millions d’habitants est la plus grande ville de l’Inde. Mais si Mumbai est bien la capitale économique de l’Inde, siège entre autres de Bollywood, c’est New Delhi****
la capitale administrative et politique de l’Inde.
Si l’Inde est le premier producteur de thés, on sait moins qu’elle est aussi le deuxième exportateur de logiciels au monde.
****L'une des mosquées de New Delhi.
Un nom qui fait rugir les tigres, le Bengale !
Le Bengale Occidental, celui du Livre de la Jungle, se trouve à l'est de l'Inde. Cet Etat compte 75 millions d'habitants pour une superficie de 87853 km2. Sa capitale est Calcutta, la deuxième ville la plus importante de l’Inde après Mumbai. Depuis 1999, son nom aurait officiellement mué en Kolkata mais ce changement a si peu convaincu les indiens que c’est encore Calcutta qui s’impose. On y parle le bengali. Le Bengale est un extrait de l’Inde, il en concentre bien des attraits : l'imposante chaîne himalayenne au Nord s’oppose aux plaines fertiles du Sud. C’est aussi l’un des états les plus humides de l’Inde, les fleuves du Gange et du Brahmapoutre formant un gigantesque delta avant de se jeter dans le Golfe du Bengale. Il y tombe entre 200 et 800 mm d'eau pendant les mois de mousson. C’est le poumon culturel de l'Inde.
Le Bengale a vu naître le poète Rabendranath Tagore, le cinéaste Satyajit Ray. Tagore*****, fils d’une fameuse famille indienne. Ce propriétaire terrien cosmopolite fut touché par la misère des paysans du Bengale et voulut engager l’Inde vers la voie double de l’équité et du développement international. La profonde humanité de Tagore transparaît dans Galpaguccha.
Le Bengale est également le principal producteur de jute. Mais cet état est surtout célèbre pour son beau félin redoutable, ses saris de soie et son darjeeling.
Le Bengale fut coupé en deux à l'Indépendance en 1947. L'ouest devenant le Bengale Occidental sous domination hindoue, l'est devenant le Pakistan Oriental sous domination musulmane. Ce dernier deviendra le Bangladesh en 1971.
*****Portrait de Rabendranath Tagore.
Pour y partir :
Voyages organisés dans « l’Inde des tigres » et autres circuits possibles.
Choix de voyages sur mesure et safaris photographiques comme «safaris tigres et hauts lieux de l’Inde du Nord», 15j, 2620 €.
Avant de partir, consultez ce site, c'est une véritable mine d’informations.
Le Rajasthan ou l’Inde des maharadjahs
Cet Etat de l’Inde-Ouest est le berceau de l’Inde royale. Rajasthan signifie du reste «terre des rois». Contrairement au Bengale et ses moussons abondantes, toute la région du Rajasthan est sèche. Il peut même s’écouler plusieurs années sans pluie. Ces années-là, la culture du millet est impossible. Une catastrophe car le millet est à la base du «Chapati», l’un des éléments centraux de l’alimentation.
Pendant des siècles le Rajasthan a été sous la férule des Rajpoutes, race guerrière et fière. Aujourd’hui villes et villages portent la trace de cette occupation à travers de nombreux forts, la somptuosité de l’architecture moghole, le faste des palais des maharadjahs, ainsi que de très beaux lieux de culte. C’est aujourd’hui l’une des premières destinations touristiques en Inde.
Jaipur, ville du Rajasthan proche de la capitale New Delhi plus au nord, est célèbre pour sa joaillerie très recherchée en Asie. Plus au sud-est, la ville de Jodhpur qui a laissé son nom à ce vêtement so british que vous affectionnez.
******En photo, palais de l’actuel Maharadjah de Bikaner qui y vit toujours – Rajasthan
Paradis terrestre
Au sud de l’état du Cachemire sommeille dans son écrin himalayen l’une des merveilles de l’Inde inscrite au patrimoine de l’Unesco, le parc national de Nanda Devi et de la Vallée des fleurs. C’est un site naturel parmi les plus spectaculaires de l’Himalaya. Dominé par le pic du Nanda Devi
qui culmine à 7 817 m, le Parc national de Nanda Devi a été remarquablement préservé. Pourquoi ? Parce qu’il est presque inaccessible ! Abritant plus de bêtes sauvages, dont des espèces menacées, que d’hommes. Y vivent le chevrotin porte-musc, l’ours noir d’Asie, le léopard des neiges
, et le bharal. Peut-être même, allez savoir, à la frontière du Népal, le redoutable Yéti …la flore n’en est pas moins exceptionnelle.
Le Parc national de la Vallée des fleurs, célèbre pour ses prairies de fleurs alpines endémiques, émerveille les voyageurs privilégiés. La diversité des espèces menacées de plantes médicinales est plus élevée que celle de toute autre région. Ce parc est le paradis des botanistes mais aussi des alpinistes, tandis que la mythologie hindoue chante sa beauté depuis des siècles ! (Photo sans trucage en lumière réelle). En tête de chapitre, léopard des neiges.
Musique indienne
Riche de millénaires, la musique en Inde ne se conçoit pas sans la danse. Une danse à la chorégraphie codifiée et sacrée. Des chorégraphies complexes pour le profane qui sont réadaptées à la sauce mi- tandoori mi-Britney Spears dans le cinéma de Bollywood. On trouve de tout maintenant dans les bacs de nos distributeurs : musique classique indienne, compilations de Bollywood, et même kirtans, ces chant sacrés pratiqué dans les ashrams et les temples à certaines heures de la journée. Le kirtan scande la vie du sannyasin. Transmis en occident par des maîtres de renom comme Swami Satyananda Saraswati, le kirtan permet d'éprouver par un chant choral, la puissance des mantras.
L’Inde, dans sa musique classique ou moderne, a largement inspiré la nôtre depuis les sixties. Essentiellement la pop, introduisant des boucles récurrentes et le son si particulier de la cithare. On se souvient de la retraite des Beatles auprès de Ravi Shankar, l’un des musiciens les plus célèbres de l’Inde qui marquera profondément George Harrison.
Poèmes épiques
Ainsi que les dieux se mêlent aux hommes en s’incarnant successivement dans plusieurs avatars, littérature, histoire et spiritualité se confondent en Inde. Les deux textes fondateurs de la littérature en sanskrit sont donc deux poèmes épiques cosmogoniques. Le Mahabharata, qui relate «la grande guerre menée par le clan des Bharatas», et le Ramayana de Valkimi qui nous conte l’Odyssée de l’Homère indien, Rama. Le style lyrique séduit immédiatement. Quant à en pénétrer la signification, absconse pour le profane, il faut s’attacher aux notes en bas de page et ne pas en manquer une…
Ashrams
L’ashram est un lieu de retraite méditative. Plus ouvert que nos monastères. Connectant bien davantage entre eux ses hôtes qui y font halte, cherchant à ressourcer leur spiritualité - avec cette spécificité que chacun se voit attribuer une tâche : épluchage des légumes, jardinage, entretien de l’ashram, etc. Un lieu qui développe la conscience de soi, socialement et non seulement individuellement, et qui permet de s’ouvrir à l’amour universel et au champ infini de la conscience ; à la foi humble dépouillée de l’orgueil. Un lieu de brassages socio-culturels où le patron et l’employé se côtoient et dorment dans le même dortoir. Des lieux multiethniques et multilingues. Ainsi dans les ashrams se côtoient indiens, bien sûr, et occidentaux attirés par le paradoxe de l’Inde : derrière une immense pauvreté, une profonde sérénité, une spiritualité d’une richesse sans égale.
Si vous êtes curieux de découvrir une Inde authentiquement différente, vous pouvez partir visiter l’Inde du Sud en faisant étape dans les ashrams du Kerala. La Croisée des Chemins vous propose un voyage en Inde du Sud alternant hôtel et ashrams de 22 jours à 2790 €. Renseignements ici.
Une étape est prévue à l’ashram de Ma Amritananda Mayi, surnommée Amma. Un être dit «réalisé». Une sainte indienne qui reçut le prix Nobel de la paix en 2002 ; ce prix Nobel récompensait le travail humanitaire de cette femme exceptionnelle, qui, lors des cérémonies de Darshan (étreinte), peut serrer dans ses bras des milliers de personnes 24 heures d’affilée. L’argent que collecte Amma sur son nom dans le monde entier a permis de construire de nombreux hôpitaux et orphelinats en Inde. Le film Darshan de Yann Kounen lui a récemment rendu hommage. Le site d’Amma.
Voir aussi l'article que j'ai consacré à son dernier passage en région parisienne.
L’épice de l’esprit
L’Inde est ainsi partagée entre deux sortes d’épices. Celles, culinaires, sublimes avec le riz, l’agneau et le poulet, qui participent au mélange des curry, tandoori et curcuma. Et enfin, l’épice de l’âme, préoccupation constante de millions d’indiens. Une Inde qui a tant à nous apprendre.
COMPLÉMENTS
Beau et …méchant ?
Le tigre du Bengale, ou panthera tigris tigris, est la sous-espèce de tigre la plus répandue. Loin devant le tigre de Sibérie, de Sumatra, de Chine, le tigre Blanc et le tigre de l’amour.
On estime sa population entre 3100 et 4700 tigres du Bengale sauvages et 333 vivants en captivité. L'Inde concentre donc la moitié de ces félins en voie d’extinction. Il ne reste en effet plus que 6500 tigres sur la planète.
Après le constat que 3 sous-espèces de tigres s’étaient éteintes (Tigres de la Caspienne, de Java et de Bali), le WWF a réagi en lançant en 1972 le projet "tigre", une grande opération de sauvetage. Cependant la chasse désormais interdite se poursuit en braconnage. Le tigre est avant tout recherché pour sa peau, il est alors dépecé.
Mais également pour ses parties génitales mises en poudre car passant pour aphrodisiaques en Asie. Il peut au mieux finir dans un zoo ou chez un riche particulier un peu fantasque. On voit peu à peu apparaître des réserves où la protection des tigres est renforcée.
Les tigres du Bengale se trouvent essentiellement en Inde mais également au Népal, au Bhoutan, dans l’ouest de Manama et au Bangladesh.
Le tigre du Bengale supporte plusieurs habitats, y compris les hautes altitudes, le froid, les forêts sèches et de conifères, les marécages…Il est donc à l’aise dans la géographie disparate de l’Inde.
Certains spécimens arborent un pelage blanc avec des yeux bleus et des rayures noires.
Les mâles peuvent mesurer jusqu’à 2,9 mètres de long et peser jusqu’à 220 kg. Les femelles, plus petites, jusqu’à 2,5 mètres pour 140 kg.
Mâle et femelle ont besoin chacun d’un grand territoire. De 30 à 105 km² pour les mâles. De 10 à 39 km² pour les femelles.
Au moment de l’accouplement les tigres qui aiment faire tanière à part et territoire séparé se retrouvent. La femelle n'est fertile que pendant 3 à 7 jours. Après l'accouplement, le mâle se retire, laissant, 15 semaines plus tard, la tigresse mettre au monde de 2 à 4 petits, aveugles pendant les dix premiers jours. Elle les délaisse dans la tanière pour chasser, ils n’ont pas encore l’âge de l’accompagner. A 11 mois, ils sont assez forts pour s'attaquer à de grandes proies. C’est là un long accompagnement, et dans un élan d’anthropocentrisme, on a envie de parler d’éducation. Les jeunes tigres
restent 2 à 3 ans avec leur mère, puis elle s'accouple de nouveau.
Le reste du temps, le tigre du Bengale est solitaire. Pour décourager les autres de pénétrer sur son territoire, ce grand fauve le marque de son urine. Parfois aussi il déchiquette l'écorce des arbres. Tout comme les chats, il recouvre ses excréments de terre, cache sa proie sous les feuilles pour s’en ressaisir plus tard. Il chasse la nuit et seul, gaur et buffle. Faisant l’affût, car rapide et puissant sprinter, sur une longue distance les cervidés le sèment. Il se tapit donc dans l’obscurité pour bondir, choisissant la proie la plus jeune ou la plus vieille, la plus affaiblie, l’attaquant par derrière ou sur le côté. Les plus petites proies succombent d’une sa morsure à la nuque tandis qu’il étouffe les plus grosses. Pourtant ce félin dangereux a un prédateur encore plus dangereux, l’homme.
Pour les anglophones, cliquez sur le site de l’association de défense des tigres.
« Tu seras un homme, mon fils »
Monstre sacrée de la littérature britannique, Rudyard Kipling naquit à Bombay mais fut éduqué en Angleterre. Cependant Kipling ne cessera de s’inspirer de l’Inde – il y est revenu à l'âge de dix-sept ans en tant que rédacteur de la gazette civile et militaire de Lahore, en Inde. En 1910, il donne au monde son poème le plus célèbre : «If». Sorte de Bhagavad Gita moderne qui résume la sagesse de l’Inde que cet homme a su faire sienne. C’est un père et non Krishna qui vient guider un fils dans la bataille de la vie. Pour lire IF en intégralité, vous retrouverez ici le texte original et quatre traductions.
J'ai choisi de vous donner dans ces pages un extrait de la traduction d’André Maurois. Une traduction datée de 1918. Elle demeure sans doute l’une des plus belles.
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
(…)
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
(…)
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
(…)
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
(…)
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils. »
Le beau gosse de Bollywood
Si vous êtes «trendy» à défaut de bien connaître l’Inde, vous connaissez sans doute Baadshah, le "roi" de Bollywood, l’acteur Shah Rukh Khan !
Entre autres récompenses, il a reçu en janvier 2005 la distinction gouvernementale du " Padma Shri Award" pour sa contribution au cinéma indien.
Son parcours est insolite. Alors que beaucoup à Bollywood sont issus de dynasties d’acteurs, ce n’est pas son cas. Sa carrière décolle en 92 avec le film Deewana. Aujourd’hui, Shahruk est à la tête d’une société de production.
Il aura 40 ans, le 2 novembre prochain, et sa carrière est au zénith. Il ne poursuit plus les récompenses, souhaitant avant tout "divertir son public tout en s'amusant". Marié et père de deux enfants, le beau gosse de Bollywood affirme être détaché des prix et des médailles, car dit-il, " dans la vie, rien n'est permanent ".
Voir aussi mon article sur le 'phénomène' Bollywood et "Shakti, the power".
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- Livres : Un essai :
Le Défi indien : Pourquoi le XXIe siècle sera le siècle de l'Inde de Pavan-K Varma, André Lewin
Un album :
«Les Tigres», photos de François Savigny et texte de Pascal Picq
Une revue Littéraire : Revue Europe : littératures de l’Inde
- Musique :
L’album pop qui alterne titres en anglais, en tamul, en sanskrit…"Salt Rain" de l’anglaise d’origine indienne Susheela Raman.
Mais aussi la compilation « Kirtans, chants sacrés ». Un CD en édition limitée à commander sur ce site .
Pour vous initier à la musique classique indienne et écouter des extraits, le site de la chanteuse et danseuse indienne Vasumathi Badrinathanhttp.
- Pour faire son marché :
votre comptoir des épices et des saveurs indiennes à Paris, c’est bien sûr le «Passage Brady » dans le dixième arrondissement. Ouvert tous les jours sans interruption. Dès 1970, avec ses restaurants et boutiques, ce passage est devenu une enclave indo-pakistanaise incontournable.
- Spectacle :
"Bharati" se joue jusqu'au 24 décembre 2006 au Palais des Congrès.
- Et enfin, indeaparis.com, site qui regroupe toute l’actualité de l’Inde et de ses restaurants à Paris.
Osez relever le défi indien !





Eh bien, pourvu que l'Inde reste longtemps un pays incernable, mais c'est mal parti... mondialisation oblige.
Tagore, Kipling, Bengale, que du bonheur !
Bizzz JB
PS : vu le dernier James Bond... mwouaif ! Daniel Craig, pas le meilleur des James, en revanche côté James Bond's girls, Eva Green m'a laissé sur une faim... de loup ! je te la croquerai bien cette girl là. Superbe et splendide !
Rédigé par: impolitis | le 18/12/2006 à 19:53
Ne sois pas si pessimiste, cinq mille ans d'histoire ne se laissent pas un uniformiser aussi brutalement. L'Inde digèrera la mondialisation comme elle a digéré et détourné en faisant sienne le produit de la colonisation britannique. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/12/2006 à 09:06
Quelle inspiration ! Tu es prete a me rejoindre !
Rédigé par: Celine en Inde | le 20/12/2006 à 07:52
Absolument, Céline !!! Je bondis sur mon éléphant-taxi et je te rejoins. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 20/12/2006 à 08:58
"SRK" (alias Shah Ruhk Khan), les femmes en sont folles, il danse, il chante, et c'est malheureusement l'un des pires acteurs que je n'ai jamais vu : il ne sait faire que 3 mimiques de visage... néanmoins il a un côté sympa,... ma préférée reste Ayshwarah Raj (sorry pour la prononciation) - quand la femme a un visage, elle a le sien :-)
Rédigé par: john figth | le 05/01/2007 à 21:28
Bonjour.Je m'appelle Laura et j'ai 13 ans.Je voulai savoir commen je pourai un jour devenir photographe mais seulement de Tigres.Car c'est monanimal préféré.N'auriez-vous pas des personnes qui son photographe de Tigres ou qui on des parc animalier rien que de Tigres.J'aimerai s'il vous plait avoir une réponse à ce petit mot.Merci d'avance. Laura
Rédigé par: Fourcroy Laura | le 17/01/2007 à 12:51
Quelle inspiration ! Tu es prete a me rejoindre !
Rédigé par: digital stock footage | le 06/08/2007 à 14:30