La pub, réponse aux conflits d’influence ? « On roule sur la tête. »
De la nécessité d’ouvrir Le Monde et d’en lire toutes les pages, y compris les pleines pages pub.
Dans l’édition de ce jeudi, une publicité m’interpelle. Son slogan : « on roule sur la tête », avec en photo une équipe cycliste roulant effectivement sur la tête dans une forêt brumeuse. La pub fait mouche. Je lis. Et découvre une équipe inconnue la veille. La formation belgo-suédoise Unibet.
Et que lis-je exactement ? Une pub commerciale pour le sponsor Unibet, société de paris en ligne ? Point du tout. Un éditorial à la Zola, un j’accuse l’ASO.
Je vous livre le texte avant de vous l’expliquer. Il tient en dix lignes, signé par toute l’équipe de Unibet.
« Nous sommes l’équipe cycliste Unibet et on nous interdit de porter
notre nom : c’est absurde, non ? Nous avons participé à 31 courses en
France au cours de la saison 2006. Nous avons une licence à l’Union
Cycliste Internationale. L’année dernière, nous avons remporté la
course La Marseillaise, grand prix d’ouverture de la saison. Mais,
hier, à cette même épreuve, on nous a empêchés de porter nos maillots
habituels pour des raisons qui n’ont rien avoir avec le sport.
Nos
sponsors ont investi plus de 40 millions d’euros pour soutenir notre
équipe. Plus de 50 familles dépendent de ce soutien. Pourtant, en
France, cet effort est brutalement mis à mal. Pour tous ceux qui aiment
vraiment le vélo, c’est une absurdité.
Les 26 coureurs et toute l’équipe cycliste UNIBET »
L’agence publicitaire qui a réalisé cette annonce, (et qui n’est pas citée) a bien travaillé. L’impression de lire une authentique lettre ouverte aux français signée par les coureurs cyclistes de UNIBET (qui non, non, n’ont pas de petite bicyclette dans la tête), est crédible. Le langage y est affectif, la stratégie de victimisation, manifeste.
L’explication, je la trouve sur sportifs.fr et vous la livre telle quelle. Cette brève est signée du 7 février dans la soirée :
« Tunique non grata la veille sur le Grand Prix La Marseillaise, le
maillot de la formation belgo-suédoise Unibet.com colorait le peloton
de la première étape de l'Etoile de Bessèges ce mercredi. Un flou
artistique né d'un conflit ouvert entre l'Union
cycliste internationale (UCI) et ASO, groupe en charge des principaux
événements cyclistes en France, pays où la société de paris sportifs en
ligne est désormais proscrite. Pour l'anecdote, le coureur du
Crédit Agricole Angelo Furlan s'est adjugé l'étape du jour au sprint
après avoir bravé la pluie et la grêle. »
Fin de citation.
Ce n’est pas l’UCI qui est en cause. L’UCI est souple. Trop souple ? Dans son communiqué du 24 janvier, rendant compte d'une réunion du Conseil de l'UCI Pro Tour, l'UCI désapprouvait la non-sélection d'Unibet pour Paris-Nice, rappelant que "[les] conditions de participation aux épreuves du calendrier UCI Pro Tour étaient de son ressort exclusif et non de la compétence des organisateurs. Le CUPT [Conseil de l'UCI Pro Tour] ne pourra tolérer une infraction au règlement."
Car en réalité, c’est la nature du sponsor, interdit par la loi française, qui est en cause. Une loi française de 1983 qui interdit toute publicité pour des paris, jugés eux-mêmes illégaux "outre-Quiévrain".
La
Française des Jeux, le PMU et les casinos restent en effet les seules
sociétés de paris à être autorisées sur le territoire français.
Afin de pouvoir s’aligner au GP La Marseillaise, les coureurs d’Unibet durent donc masquer le nom de leur sponsor, auquel ils substituèrent un point d’interrogation.
Après les affaires de dopage, le sport cycliste connaît un nouveau mystère sensiblement moins impénétrable.



La méthode, qui ne s'apparente en rien à celui du dopage est effectivement interdite en France, tous les clubs de sports en France, tous les sports sur la planète le savent, la France est exigente sur les sponsors, mais demeure intrangigeante sur l'interdiction des sponsors issus des cercles de paris, déjà qu'il est assez complexe de comprendre les financements des dits légaux ! mais question le dopage tient t'il sa survit de ces illégaux ? va savoir.... Pat...
( petit cadeau mes photos du Loir chez moi)
http://www.patrick-delaplace-trinquet.fr/pageID_3903423.html
Rédigé par: Patlesarthois | le 09/02/2007 à 08:40
Le sport: vocation, passion ou marketing et pub? parce que là on ne parle que de packaging non? C'est dommage de voir que le sport, qui est selon moi la plus saine des activité se voit réduit à de la pub!
Rédigé par: AnneCap | le 09/02/2007 à 09:24
Il y a eu un précédent, plus violent, dans le foot avec AS Monaco et Bwin.com autre société de paris. Là il y eu arrestation des dirigeants de la société pour infraction à la loi des jeux en France et par conséquence retrait des marques sur les maillots de l'équipe.
La France est en infraction avec les directives européennes sur le monopole des jeux.
Mais les sociétés Bwin, Unibet entre autres sont sous le coup de plaintes déposées par des club français et européens et des joueurs dont Zinédine Zidane, David Beekam pour usage sans contrepartie des marques, noms et images des clubs sans autorisation, ni compensation.
http://www.lequipe.fr/Football/20060916_112458Dev.htmlhttp://www.euro-paris.com/articles/clubs_L1_attaquent_bwin_unibet.htm
Rédigé par: YCA-Archigram | le 09/02/2007 à 11:03
Anne, merci pour ce premier commentaire et bienvenue sur ce blog. Ce qui est certain, c'est que nous sortons de ce que doit être le sport.
En cyclisme, une métaphore est souvent usitée et reflète la dérive du sport vers une simple vitrine de sponsoring. "Montrer le maillot". Où quand un coureur se lance dans une fausse échappée, non pour la gagner ou faire gagner son équipe mais faire de la pub à son sponsor ...Cependant, il existe une loi, une loi parfaitement intelligible et cohérente, et c'est sans surprise qu'elle s'applique.
Bwin, qui est une société britannique de paris et l'une des plus importantes, je crois ? merci pour ce lien, Archigram. Avec les sommes qui sont investies dans le foot nous passons à une dimension encore supérieure à l'affaire unibet.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 09/02/2007 à 14:12
Publicitaire je suis, publicitaire je reste... Depuis 3 ans j'assiste et je témoigne, et plusieurs fois même je recommande à mes clients d'avoir une vraie stratégie de "marketing sportif".
Pour deux raisons :
1/ dénicher de nouveaux talents et leur donner les moyens de "performer" (pardon pour cet argot) grâce à l'argent investi par le ou les sponsors.
2/ car une stratégie "gagnant-gagnant" passe par le long terme, et l'expression de valeur de marque peut se rejoindre dans les valeurs du sport, quand une entreprise ne se contente pas de faire un chèque en échange d'un logo, mais intègre dans toutes ses dimensions corporate, ressources humaines, discours produit, ces valeurs pour les faire partager en interne et avec les consommateurs.
Juste ceci, pour nuancer deux visions du marketing sportif :
L'investissement média et financier qui n'attend pas d'autres retours que médias et financiers.
L'investissement humain, financier et média, qui attend en retour un vrai projet d'entreprise, porté par un sportif (ou une équipe, ou...), fédéré par lui et qui rejaillisse d'abord en interne sur les qualités humaines développées en entreprise, puis en retombées médias et en création de valeur pour la ou les marques.
Dans le cas que tu exposes, nous sommes justement loin des vraies valeurs sportives dont la première est le respect des règles du jeu !!!
Donc Unibet ne cherche que des retombées médias... pas à développer le sport, sinon pour son propre profit. Et en terme de retombées médias... ils réussissent non ?
Leur coup, est calculé depuis longtemps tu penses bien !
Billedeclownment pas sportif pour autant !!!
NB : j'ai de trop grosses chaussures pour faire du vélo, et mon manteau me sert d'aérofrein ?!
Rédigé par: Billedeclown | le 09/02/2007 à 16:47
YCA-Archigram a écrit : La France est en infraction avec les directives européennes sur le monopole des jeux.
Au train où vont les choses, il ne restera plus grande marge de manoeuvre au(x) droit(s) internes des États membres de l'UE. Même les irréductibles gaulois viennent de se rendre.
"http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/02/le_conseil_deta.html"
"http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-865077@51-858659,0.html"
Le sport professionnel, c-à-d le sport spectacle, me consterne bien souvent par les excès de tous ordres (dopage récurent, droits de télé exorbitants), les passions déraisonnables et la violence qu'il suscite ou dont il est le prétexte.
Rédigé par: Marcus | le 09/02/2007 à 20:41
Et justement, Marcus, pour rebondir sur cette question de droit interne
et national en recul au sein pourtant d'une Europe qui est toujours souverainiste et non pas fédérale, vous ne trouvez pas que l'Europe s'est comme éclipsée des débats de la présidentielle ?
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 12/02/2007 à 11:27
De quelle europe parlez vous chère Elyse? celle statufiée à l'anglo saxonne, celle du Royaume Unis qui refusa son entrée dans l'€uro? de cette europe du fric et non des hommes, cette europe des passes droits, avec ses indéboullonnables élus vissés sur sur des sièges nons éjectables, celle des fonctionnaires inéligeables qui vous disent de quoi manger, de quoi boire ! comment vivre ! bon bin! si c'est cette europe là, alors trop peu pour moi.... Pat... finalement nous sommes devenus les citoyens bien conciliant des Etas Unis et du Royaume Unis dans une europe marketing, des actionnaires et j'en passe des meilleurs...
Rédigé par: Patlesarthois | le 12/02/2007 à 12:14
Le parler anglais et sa suprématie dans cette europe non choisie n'est il pas une raison suffisante de dénoncer, et on veut nous faire croire que le fédéralisme n'est pas de mise pour cette europe en construction, alors question pourquoi avoir imposé violement l'anglais !
Rédigé par: Patlesarthois | le 12/02/2007 à 12:17
Oui c'est vrai Elise, mais le feu couve…
Ce qui est pathétique pour le politique en France, c'est ce tour de piste électoral qui laisse à penser que le politique y tient toujours fermement le manche, alors qu'en réalité, ce n'est plus (totalement ?) exact.
Gageons que l'Élu(e) ne manquera pas de rappeler ensuite les limites de son action, en se dédouanant sur l'air de "ce n'est pas ma faute mais celle de nos partenaires européens qui ne nous ont pas suivis" (cf l'affaire de la TVA sur la restauration).
Et ce que je dis là pour la capacité politique et juridique des États membres vaut, selon moi, aussi pour l'UE qui loin de promouvoir et de faire rayonner à l'extérieur les valeurs de progrès économique et social rappelées dans le préambule du traité CEE de Rome - 1957 (1) se trouve aujourd'hui empêtrée dans et emportée par le courant libéral ambiant et qui se débat comme elle peut avec l'OMC ou un commissaire européen représente seul tous les états membres et leurs intérêts divergents dans un monde que les entreprises espèrent le moins régulé possible pour le droit social et le coût du travail.
Je pense que ce système économique et politique n'est pas viable et qu'il risque de contribuer à l'émergence, par exemple en France, d'un régime autoritaire sorti des urnes qui, comme toujours en pareil cas aura su surfer sur les peurs et les mécontentements (légitimes) suscités par la crise économique et le comportement de certaines entreprises internationales (lien ci-dessous : l'exemple d'Ikea) et la peur de l'étranger, bouc émissaire tout désigné.
"http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/BAILLY/14239"
----------------------------------------
(1) Dans le préambule du Traité (CEE), les Etats membres déclarent :
* "[être] déterminés à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ;
* [être] décidés à assurer par une action commune le progrès économique et social de leurs pays en éliminant les barrières qui divisent l'Europe ;
* avoir pour but essentiel l'amélioration constante des conditions de vie et d'emploi de leurs peuples ;
* reconnaître que l'élimination des obstacles existants appelle une action concertée en vue de garantir la stabilité dans l'expansion, l'équilibre dans les échanges et la loyauté dans la concurrence ;
* [être] soucieux de renforcer l'unité de leurs économies et d'en assurer le développement harmonieux, en réduisant l'écart entre les différentes régions et le retard des moins favorisées ;
* [être] désireux de contribuer, grâce à une politique commerciale commune, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux ;
* vouloir confirmer la solidarité qui lie l'Europe et les pays d'outre-mer, et assurer le développement de leur prospérité, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ;
* [être] résolus à affermir, par la constitution de cet ensemble de ressources, les sauvegardes de la paix et la liberté, et appel[er] les autres peuples d'Europe qui partagent leur idéal à s'associer à leur effort".
Rédigé par: Marcus | le 12/02/2007 à 12:39
Adresse URL :
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/BAILLY/14239
Archives — Décembre 2006
Derrière l’image d’une compagnie « éthique »
Ikea en Inde, un emploi démontable
Après avoir implanté des magasins en Russie et en Chine - des marchés prometteurs -, le géant suédois Ikea a fait savoir, en octobre, qu’il n’envisageait pas actuellement d’en ouvrir en Inde « en raison de la réglementation très contraignante pour les entreprises étrangères ». Le groupe se contente d’y faire fabriquer des produits, sans contraintes – et surtout pas celle de syndicats –, chaque salarié étant payé 1,60 euro par jour…
Par Olivier Bailly, Jean-Marc Caudron et Denis Lambert
Rédigé par: Marcus | le 12/02/2007 à 14:31
Bonjour, Pat et Marcus. Je vous lis tous les deux. Pat, tu me demandes de quelle Europe ou bien plutôt celle que je défends ? Une Europe concernée, une Europe de partenariats (économiques, culturels, éducatifs, scientifiques, éthiques, sociaux...), mais bien sûr une Europe des Etats. Et donc, une Europe politique puisque sans cesser d'affirmer la souverainenté des Etats qui la compose, elle doit continuer de s'imposer d'une voix de plus en plus forte et ferme.
Quant à l'anglais, langue de l'Europe... c'est la première langue de communication dans le monde, elle l'est donc aussi au sein de l'Europe. Cependant, le français et l'allemand, langues des pays fondateurs, continuent d'y conserver une place plus que centrale. L'Europe ne représente pas une menace pour la langue française et la culture francophone. En revanche, le rejet de la Constitution par le peuple français avalisait le rejet d'une Europe effectivement trop libérale, en somme sans identité et voix propres, facsimilé d'un leadership américain encore perçu comme modèle.
Si le candidat de l'UMP semble défendre cette Europe qui manque de personnalité et d'ambition, je pense en revanche que la candidate PS incarne la voie d'une Europe synthèse des synergies, forte économiquement et culturellement, sociale, respectant les droits de l'homme et en faisant la promotion. une Europe qui doit réinventer et distiller son propre modèle. Le vieux continent a pour lui l'histoire et doit retrouver la volonté de s'affirmer sans complexe en tant que force incontournable respectant les autres forces.
Reste que au-delà des candidats, la question de l'Europe et celle de l'Européanité, ne doivent pas être éludées, quoique complexe.
PS/ Merci Marcus pour ce lien vers M.D., toujours très fiable. Le cas Ikéa n'est pas isolé et des garde-fous doivent être trouvés ; mais il ne faut pas se voiler la face, le consommateur ne peut pas d'un côté réclamer des produits aussi compétitifs que le sont ceux d'Ikéa et s'imaginer que le groupe ne délocalise pas là où fait bon produire...
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 12/02/2007 à 17:47
Merci Elyse,
Je constate une parfaite symétrie de pensée avec toi, j'en suis heureux, mais l'inverse n'eut point de gène pour mes ideaux fondés sur le respect de tout individu, de toutes espèces vivantes, de la nature, de toutes les natures.... Oui une europe à l'anglo-saxonne, voilà le rejet de la Constitution, mais plus encore le rejet de son concepteur " Giscard " doué du don d'ubiquité, ici en Auvergne, à l'Académie Française, à Bruxelle, finalement les votants ne sont pas maléable, ce que l'on veut bien nous faire croire, moi j'ai voté non, surtout à cause de Giscard.... Pat...
Rédigé par: Patlesarthois | le 12/02/2007 à 19:17
le sport m'ennuie beaucoup. j'aime le pratiquer, pas le regarder. L'argent prend le dessus.
mais je suis attentif à ce que je lis. et j'admire les stratégies marketing que les gens inventent pour faire de la publicité.
je n'y adhère pas, mais je suis admiratif.
Rédigé par: objectif-plume | le 12/02/2007 à 20:31
Objectif-Plume, tu es dans le vrai. S'il faut choisir, il vaut mieux pratiquer un sport au bénéfice de sa santé en plus que sain loisir que se contenter de le suivre à la télé ou dans un stade. :)
Pat, la règle du non-cumul des mandats fait partie des propositions des candidats les plus probes. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 13/02/2007 à 13:41
Bonjour
Si vous avez aimé la pub, vous allez adorer la vidéo qui va avec : aah les coulisses du sport ;-)
http://www.dailymotion.com/video/x1ce1m_unibet-prive-de-maillot
Rédigé par: UnibetCycling | le 04/03/2007 à 11:32
Bonjour, je ne supprime pas votre commentaire, ni n'approuve ni ne réprouve votre combat mais ce site n'a pas vocation publicitaire.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 07/03/2007 à 18:18