Le match des audiences…
L’annonce largement battu, voire défait par ses prédécesseurs du PS et de l’UMP.
François Bayrou a beau se vouloir « the third man », ce tiers dans
l’ombre sous la plume de Graham Green, l’homme du rassemblement à
l’instar de glorieuses références (De Gaulle et Mendès France), les
audiences le démentent. Au plus fort de l’audience, c’est plus de deux
millions de téléspectateurs de moins que pour Ségolène Royal, grande
gagnante du match à l’audimat.
Cependant, qu’aujourd’hui la démocratie se fasse à grands coups de
sondages ou d’audimat, ce n’est pas une victoire quoique tous les
candidats y cèdent, et ceux qui se disent au-dessus de cela nous leurrent.
L’homme de l’alternative, du « ni gauche, ni droite », mais partisan de lui-même, avait accepté les règles du jeu télé qu’il contestait la veille dénonçant le bipartisme, et grignotant au passage une demie heure de plus que celle qui devait lui être initialement allouée. Fort de 17% d'intentions de vote, dût-il se renier, le candidat de l'UDF ne pouvait pas se dérober.
Il est apparu très vite moins à l’aise que ses concurrents. Le panel de la Sofres, très connotant, était pourtant flatteur. Des professeurs d’université, une ancienne directrice de recherche, une chargée d’anthropologie au CNRS, que des gens ordinaires…Sous-jacent, l’idée qu’être du centre c’est être éclairé et cultivé ? Allons !
Pour mieux rassembler (Où ? Dans l’isoloir?), François Bayrou pioche ses idées avec une belle générosité indivise, en effet, chez ses adversaires. On l’a également vu défendre des positions républicaines, lui qui est démocrate. Parler d’Europe tout en taisant son fédéralisme. L’électeur, quand le centre se décentre à ce point a besoin d’une boussole. Mais doit-on encore parler de centre ? Quel sens cela a-t-il ?
François Bayrou a défendu son contrat emploi formation qui ressemble fort à un stage déguisé et semble cibler les jeunes diplômés ; énième mauvaise bonne idée proposant aux entreprises de recruter à peu de frais une main d’œuvre très qualifiée ?
Comme Ségolène Royal, il a mis l’accent sur la recherche et l’innovation. Comme Ségolène Royal, il a voulu rassurer les enseignants. Sauf que sur cette position évidemment, le PS est
pleinement légitime.
Si croyant à son élection, il cherche à s'adjoindre un premier ministre de gauche qui ressemblerait à Delors en plus jeune, (sa fille, Martine Aubry, instigatrice des 35 h ?), il n'en assouplira pas moins les 35 heures... Rappelons que Martine Aubry fait désormais partie de l'équipe de campagne resserrée de Ségolène Royal.
Il a proposé enfin, mesure de son libéralisme social ou "social-économie" qui regarde du côté de l'Allemagne d'Angela Merkel, de permettre aux entreprises de créer deux emplois sans charge. Mesure qu’il n’a pas assorti de conditions - soit des garanties sociales - (exonération sous la condition d’un recrutement en CDI, par exemple), ni quant à la nature du contrat proposé, ni quant aux entreprises ciblées ; car les contraintes d’une petite entreprise ne sont pas celles d’un grand groupe international. Mais là encore aucune objection n'est levée. Ce n'est pas le lieu. L'émission "J'ai une question à vous poser", il est vrai, pousse au soliloque, à la déclaration de programme. François Bayrou n'y est pour rien. Il a fait avec. Comme les autres.
En définitive, Bayrou a fait quelques propositions mais les a peu étayées préférant se concentrer sur ce qui lui attire de la sympathie, sa position contestataire : le « ni PS, ni UMP », le rejet toujours payant des deux grands partis de gouvernance.
La position contestataire est une position de confort tout aussi bien que fragile quant on espère gouverner et il le sait. Alors il essaie de convaincre des personnalités compétentes de partis adverses de se rallier à lui pour construire et non pas se contenter de contester. Le spectateur critique apprécie.
Or, s’il « drague » ostensiblement les électeurs de droite ou de gauche, et surtout de gauche, le ralliement de personnalités politiques des deux partis forts n’a pas encore eu lieu. Il n'est pas factuel. Le rassemblement se borne à être postulé. Pour un candidat, qui, rappelant la dette, se veut le candidat raisonnable qui ne fera pas de promesse, c'en est une de taille.
Car comment élire à la tête de l'Etat un candidat qui, bien que président d'un parti, l'UDF, cherche à se sortir du carcan par trop modeste, pour être aujourd'hui élu à la plus haute fonction voulue par nos institutions, dans lequel cette appartenance l'enferme ; qui, à cet effet, promettant de concilier l'inconciliable, et de faire travailler ensemble de véritables adversaires défendant des visions différentes, n'a peut-être pas la capacité de former un gouvernement viable ? Un candidat qui ne peut affirmer qu'il aura, s'il est élu, les moyens de pratiquer sa politique se voulant exemplaire par le seul fait qu'elle serait dégagée des obédiences ? Ce qui bien sûr suppose que les obédiences ne soient pas fondées...Fondées sur un engagement politique fort. Motivées par une foi en un projet de société, une voie pour l'avenir, que reflète un parti de gouvernance avec son réseau de militants et ses propositions cohérentes.
Cette idée "apartiste "possiblement séduisante de prime abord dans son universalisme rencontre sans doute un électorat dépolitisé, apolitique ou désabusé qui s'imagine qu'un Etat se dirige comme une entreprise. Un PDG et des commerciaux-communicants compétents, on ne parle pas politique mais d'objectifs économiques, business is business. Ha bon...Ce n'est donc que cela ? Pourquoi ne pas élire plutôt Laurence Parisot ? Elle saurait diriger l'entreprise France.
Décryptons son positionnement original.
Au fond il est simple, et ne rallie pas les idées ou les compétences mais les personnalités compatibles. Son projet de rassemblement passerait outre, dans son « futur » gouvernement, les divisions de partis (et oubliant que celles-ci se fondent – sauf ambition personnelle - sur des visions sociétales extrêmement différentes). Ce rassemblement se ferait donc sur le principe d’une adhésion à sa personne. La porte est donc ouverte à tous ceux capables de composer avec lui et lui seul, et de suivre la ligne qu’il aura lui-même définie ; et une ligne qui pour l’instant, force est de constater, n’est pas lisible. Bref, c’est le régime vaillant du « qui m’aime me suive ». Et de citer De Gaulle ayant réussi à composer avec le parti communiste, alors parti héroïque de la libération. Mais c’est omettre tant le contexte exceptionnel que l’envergure de l’homme qu’il prend pour référence.
Interrogé sur la question épineuse de la majorité parlementaire dans le cas d’un gouvernement avec un premier ministre de gauche, sans doute une majorité de fidèles du centre droit, et quelques Umpistes repentis, il reste vague, confiant sur l’intelligence du peuple qui saura conforter son élection en rendant la France gouvernable. C'est ce qui s' appelle croire en la souveraineté nationale...Mais quel parti le peuple électeur peut-il choisir de rendre majoritaire quand un gouvernement est à ce point composite, de bric et de broc ? Le parti de François Bayrou, sans doute. Tout cela est bien vague. A moins que d’ici là des listes « Je crois en François Bayrou » ne se créent. Prévoyez l'eau bénite.
Les divisions de partis, quand on s’engage en politique avec sincérité, honnêteté, ne sont pas tant des geôles que d’incroyables libertés. Une dialectique au fond progressiste. Elargissons ce fait aux people engagés. On peut choisir de voir dans l’opposition d’un Gérard Miller et d’un Philippe Tesson sur les plateaux une complémentarité essentielle qui n’existerait pas si l’un et l’autre, pris d'affadissement, choisissaient de dépasser (et le verbe est flatteur) le clivage. De gommer leurs constructives différences en se mettant au centre.
Le débat, pour être constructif, et le paysage politique, pour ne pas accoucher d'une souris, doivent se nourrir d’oppositions, de confrontations. En un mot, de choix.
Qu'ensuite, au sein d'une même famille politique, il soit possible et même aisé de gouverner, l'histoire récente l'a prouvé. De même, le paysage médiatique, notre démocratie, ont autant besoin d’un Figaro tranché que d’un Libération sauvegardé bien assis à gauche.
Les trois autres candidats, Dominique Voynet, José Bové et enfin Arlette Laguiller, ont fait un passage éclair. Si les questions posées à José Bové eurent plus de consistance car elles s’élargissaient à l’international, Dominique Voynet n'a pas démérité et surtout n'a pas perdu son temps. Tonique, après une première question offensive d’un agriculteur, elle a fait montre d’une belle efficacité oratoire et défendu une « éducation moderne ».
POSTULER N’EST PAS JOUER. Rappelons enfin que ce "ni à droite, ni à gauche" de François Bayrou est récent, son parti ayant jusque là toujours marqué son ancrage à droite. Ainsi Le Monde rappelle les votes de l’UDF depuis 2002 :
« La plupart des réformes du gouvernement Raffarin ont été approuvées par les élus centristes.
2002 : Pour. François Bayrou soutient la loi Fillon sur les salaires et le temps de travail qui prévoit des exonérations de cotisations patronales.
2003 : Pour. Le groupe UDF vote pour la loi sur la réforme des retraites, tout en la jugeant "insuffisante". Le groupe UDF ne vote pas la motion de censure déposée par la gauche sur la politique sociale du gouvernement.
2004 : Pour. L'UDF vote la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié dans le cadre de la loi sur le handicap.
2006 : Ni pour, ni contre. Le groupe UDF s'oppose au contrat première embauche (CPE) et propose que la période d'essai, d'une durée de deux ans, soit ramenée à six mois. Le parti centriste dénonce l'utilisation de l'article 49-3 par Dominique de Villepin, affirmant qu'il aurait voté la loi sur l'égalité des chances si le CPE en avait été retiré. L'UDF ne vote pas la motion de censure déposée par le Parti socialiste... ni la confiance au gouvernement. » Source Le Monde.fr
François Bayrou parviendra-t-il à faire oublier aux électeurs (de gauche), comme à ses pairs en politique, que l'UDF a une histoire ? Au pouvoir, c'est le parti de Giscard. Peut-être devrait-il, pour plus de cohérence, fonder un autre parti. Se couper une fois pour toute de son socle et risquer de ne pas recueillir ses voix. Oser un nouveau parti de gouvernance, flambant neuf, sans passé ni passif, avec un appareil politique ni de gauche ni de droite, ni du centre, au fond. Un nouveau parti nanti d'une vision cernable et qui lui serait propre. Prendre ce risque. Un vrai risque.



Elise
Bayrou je n'y crois pas du tout, mais de ce qui est des sondages encore moins, tous à la solde de Sarko, n'a til pas acheté une socièté de produc dernièrement ?
Voici Elise, le site de mon amie anawenn, chanteuse, voyageuse de son état ... elle est la fille de mon ami Daniel...
( cliquez sur la photo des botte de foins)
http://www.patrick-delaplace-trinquet.fr/pageID_3722494.html
Rédigé par: patlesarthois | le 27/02/2007 à 15:11
16 mai 2006 11 députés UDF votent la motion de censure déposée par la gauche contre le gouvernement de Dominique de Villepin
23 novembre 2005-13 décembre 2005 15 députés UDF votent contre l'ensemble du projet de loi de finances pour 2006
14 juin 2005 François Bayrou suspend Gilles de Robien (ministre de l'Éducation nationale) des instances dirigeantes de l'UDF en raison de sa participation au gouvernement de Dominique de Villepin
8-9 juin 2005 l'UDF décide de ne pas participer au vote de confiance du gouvernement de Dominique de Villepin
Rédigé par: TEMOIN de gauche à décharge : | le 27/02/2007 à 18:05
Passionnante Elise "tu as écrit" :
"Comme Ségolène Royal, il a voulu rassurer les enseignants. Sauf que sur cette position évidemment, le PS est pleinement légitime."
Prudence, prudence… Le cliché d'une Education Nationale réserve de chasse gardée du parti socialiste est-il toujours d'actualité ? J'écoute autour de moi, je n'en suis plus aussi sûr que toi.
"Or, s’il « drague » ostensiblement les électeurs de droite ou de gauche, et surtout de gauche, le ralliement de personnalités politiques des deux partis forts n’a pas encore eu lieu".
Et encore heureux ! Tout procède de l'élection du Président au suffrage universel direct. Sauf à nier la signification du vote du peuple français, tu ne peux pas imaginer la situation politique de l'après élection en fonction des positions actuelles. Ton raisonnement, si besoin était, ne ferait que valider par l'absurde sa posture de candidat anti-système. Crois-moi tu sous-estimes en outre gravement la capacité d'adaptation du "monde" politique et celle de nos institutions qui en ont vu bien d'autres.
"Les divisions de partis, quand on s’engage en politique avec sincérité, honnêteté, ne sont pas tant des geôles que d’incroyables libertés."
Je suis totalement d'accord avec toi. Mais Bayrou n'a jamais proposé la fusion des partis démocratiques dans un parti unique et encore moins le reniement des sensibilités partisanes.
Est-ce aussi insupportable que cela de devoir imaginer de travailler ensemble sur des solutions intelligentes pour arriver à des réformes reposant sur un accord politique le plus large possible et donc le plus représentatif possible de l'éventail politique du pays réel.
Tu n'ignores pas que le scrutin majoritaire aux législatives conduit à sur-représenter la majorité et écarte de toute représentation politique une partie grandissante du paysage politique réel à l'Assemblée Nationale.
comment s'étonner que le système produise (à gauche ou à droite) une majorité arrogante et, symétriquement, une opposition stérile qui n'a d'autres ressources que de jouer l'obstruction parlementaire et la critique systématique de l'action du gouvernement ce qui ne conduit pas à sa propore crédibilité dans l'opinion.
Bayrou me semble proposer une porte de sortie à l'électeur qui veut sortir de cette situation. Elle m'apparaît autrement plus honorable que celle des extrêmismes que ce système, ajouté à la crise économique auquel il est incapable de répondre durablement, a produit.
Il propose également des pistes de réflexion pour une modernisation de notre vie publique qui mériteraient d'être étudiées.
"Il est apparu très vite moins à l’aise que ses concurrents."
C'est vrai, il lui faut en outre maîtriser un défaut d'élocution. Mais le temps des bateleurs est peut-être révolu ?
Sondage pour sondage Elise : 19% au premier tour !
François Bayrou a gagné deux points dans les sondages avant même son passage dans l'émission "J'ai une question à vous poser", sur TF1. Il atteindrait désormais le score de 19% d'intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle. Ce sondage Ifop, commandé par Paris Match a été rendu public aujourd'hui.
Nous verrons bien à l'ouverture de la campagne officielle s'il s'agit d'un feu de paille et si la politique des 28% PS + 28% UMP, triomphera finalement de cet homme de droite pour la gauche, de gauche pour la droite, au demeurant sans charisme et aux idées iconoclastes. Vu comme ça ce ne devrait pas être trop difficile. Pas de quoi t'inquiéter Elise. ;)
Rédigé par: marcus | le 27/02/2007 à 19:24
Bonsoir Marcus.
Tu sais que je n'ai rien contre l'homme, je crois qu'il doit aller plus loin pour être crédible et se mettre en cohérence avec ce qu'il postule. Se couper donc de son ancrage centre-droit. En l'absence, son positionnement me semble plus opportuniste qu'opportun pour la France. Par souci de cohérence et de fidélité à lui-même, il aurait dû décliner l'émission d'hier mais bien sûr c'eût été un choix courageux mais lourd quant on sait que c'est la visibilité qui dope les sondages et influence le vote.
Pourquoi donc des guillements à "tu as écrit"? Vois-tu une rédaction, un actionnaire majoritaire connu pour ses amitiés derrière moi ? Pour info, je n'ai pas (encore) de carte de parti nulle part.
Sur l'éducation et la gauche. Ce n'est pas un cliché, c'est mieux que cela. C'est un passé politique qui valide des propositions. Qui fait que ce ne sont pas des promesses mais des propositions crédibles.
Allons, allons, Marcus, tu sais ce que j'entends par draguer. Un candidat aux présidentielles doit certes rassembler au-delà de son camp mais n'en doit pas moins ressembler à son camp, avoir une identité propre (je n'en vois aucune à François Bayrou, non plus que je ne lui vois aucun programme en propre), un programme qui se démarque et ne contente pas de prendre ci-et-là dans les propositions des partis plus grands que le sien et de leurs électeurs. Ressembler à son camp permet au Président de la République en temps voulu de réunir un gouvernement cohérent capable de gouverner. Pour l'instant, François Bayrou se contente de l'appeler de ses voeux avec autant d'efficacité qu'un candidat pacifiste qui aurait pour solution aux conflits mondiaux les plus âpres que de déclarer : je suis pour la paix dans le monde.Peace and Love. On aimerait mais la vie politique ce n'est pas le Manège enchanté...
Quant aux sondages. C'est un goût récent, Marcus ? Je te croyais (et surtout ton candidat) au-dessus de cet outil, peu fiable, manipulable, manipulé, et populiste.
Je ne m'inquiète aucunement, Marcus, je me contente de recontextualiser. Enfin, si Bayrou est, j'en suis convaincue, un honnête homme, il manque passablement de charisme pour incarner la France. Quant au parti qu'il incarne... :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 27/02/2007 à 19:47
Les guillements sur "tu as écrit" ?
Pardon Élise, je voulais faire le parallèle avec les guillemets suivants sur tes citations en dessous juste pour dire précisément que c'est toi qui avait écrit. Ça ne s'imposait pas en effet et à la relecture je comprends que ça puisse prêter à confusion. Je suis trop spontané et direct, voir gaffeur pour me livrer à un quelconque procès d'intention. Trop fan aussi, car j'aime trop comme tu écris. :-)
Les sondages : Ils ont ceci d'intéressant qu'ils soulignent dans le cas de François Bayrou une dynamique que je trouve par ailleurs en phase avec ce que je vois, ce que je lis, ce que j'entends.
Sur le fond Élise, je persiste à penser qu'au regard du mouvement d'opinion qui se produit dans le pays, ton analyse politique, parfaitement conforme au demeurant au schéma politique de la bipolarisation, manque pour le coup d'audace et de pertinence. Ceci dit nous serons départagés bientôt.
Je viens de discuter avec des sympathisants UMP, par ailleurs élus locaux, acquis par avance à Sarkozy. Ils sont peu optimistes pour leur candidat, c'est rien de le dire, en cas de second tour contre Bayrou.
Rédigé par: Marcus | le 28/02/2007 à 12:39
Bonjour Marcus,
bien sûr je ne partage pas ton enthousiasme bayrousien, mais en revanche, je partage ta conclusion. En cas de de second tour Bayrou/Sarkozy - perspective pour moi passablement dégrisante mais je peux concevoir qu'elle t'apparaisse chaleureuse - l'électorat de gauche est tellement coalisé - et à raison - contre Nicolas Sarkozy qu'au lieu de s'abstenir ou de voter blanc il se reportera naturellement sur François Bayrou en oubliant tout soudain le parti que ce dernier préside ; du moins François Bayrou peut-il l'espérer des électeurs votant traditionnellement socialiste. Sa campagne vise du reste ostensiblement les électeurs centre-gauche qui ne se sont pas faits à la défaite de DSK (Bayrou ne séduirait sans doute pas tant la gauche du centre si DSK l'avait finalement emporté ; et ne crois pas, je me réjouis qu'il n'en fût rien) et les gaullistes accueillant tièdement Sarkozy. Il séduit aussi les électeurs les moins politisés en proposant (selon moi, improprement, une "autre voie"). En revanche, à force de s'ouvrir à tous les vents, il ne convainc plus son camp. On attend d'ici peu le soutien de Giscard, figure encore la plus probante de l'UDF, du moins de l'UDF au pouvoir, à Nicolas Sarkozy.
Mais c'est enterrer bien vite Ségolène Royal qui passera, j'en suis convaincue, le second tour. En revanche, si l'électeur de gauche/centre-gauche se reporterait sur Bayrou si celui-ci devait ultimement être son seul recours contre Nicolas Sarkozy, je n'imagine pas l'électorat traditionnel du président de l'UDf se reporter sur Ségolène Royal. Que les électeurs de gauche garde ce fait à l'esprit pour ne pas être plumés le jour de la Noël, voire de Thanksgiving en cas de coup de barre atlantiste.
Mais après tout, peut-être serons-nous tous les deux exaucés. Imaginons un final Bayrou/Royal ? Le report des sarkozistes sur Bayrou risquerait d'être pour le moins poreux pour le candidat du centre-droit. N'oublions pas non plus une donnée clef dans cette campagne, le vote réel (et non pas exprimé) des chiraquiens. Peut-être aurons-nous même la surprise de voir Jacques Chirac briguer un ultime mandat.
J'espère Le Pen définitvement écarté.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 28/02/2007 à 13:31
Au jeu de la politique fiction, nul ne peut avoir de certitude, mais c'est tellement grisant que de se laisser prendre.
Les dynamiques sont porteuses à cause du phénomène de suivisme qu'elles suscitent.
J'observe, je ressens un mouvement d'opinion en faveur de François Bayrou, par différents canaux d'information. Pour autant, et tu ne viendras pas me démentir sur ce point, les tendances lourdes de l'affrontement droite/gauche qu'il dénonce sont encore très profondément ancrées dans l'esprit des gens. Je crois maintenant possible sa présence au second tour en raison de cette dynamique. Mais elle n'est pas encore acquise évidemment.
Si FB y parvenait, les électeurs des partis non représentés au parlement pour cause de modalités de scrutin risquent d'être séduits par sa proposition de réforme de la vie politique assurant, à terme, leur représentation (je pense en particulier au FN mais pas seulement…) C'est un point important à considérer.
Sans doute FB grignote-t-il déjà à la marge sur le potentiel électoral du FN au moins pour la partie strictement protestataire, sans convictions nationalistes réelles).
Ainsi, Combattre le positionnement de FB dans le contexte actuel tiendrait de la quadrature du cercle - même lorsque l'entreprise est menée avec talent et conviction ;).
La formule la plus sage pour l'UMP comme pour le PS eut été probablement de l'ignorer superbement pour ne pas faire écho. C'est ce qui s'est passé au début. Mais au delà de 10-15 % d'intention de vote cela devient plus difficile. Difficile également de brûler des ponts qui n'existent pas en disant par avance que cela ne se fera pas.
FB en appelle au peuple français. Il est à poil avec l'UDF, mais c'est précisément cela (paradoxalement si tu préfères dans ta logique), qui ajoute à la crédibilité de son appel aux français et le démarque de l'appareil. Dès lors, toute réplique des tenants du "système" qu'il dénonce le met en valeur et ajoute au bruit de fond médiatique.
C'est machiavélique si c'est uniquement par calcul, pour capitaliser plus tard. C'est osé et politiquement juste dans le cas contraire (ce que je crois personnellement). Auquel cas, les conditions sont en place pour que se produise, selon la formule consacrée, cette "rencontre entre lui et le peuple" dépassant les clivages partisans.
Je te propose la lecture de la presse neutre (la Tribune de Genève) : Bayrou, le centriste qui bouleverse la campagne
C'est en écoutant Patrick Cohen interpréter Satie, que je t'adresse une amicale pensée en te souhaitant une très bonne soirée. A bientôt Élise.
Rédigé par: Marcus | le 28/02/2007 à 19:24
En tout cas, demain XXXX ! pour toi :)
Bonne soirée
Rédigé par: Cath | le 28/02/2007 à 20:40
Merci, Cath.
Marcus, ce n'est pas l'émission Envoyé Spécial programmée ce soir qui démentira un certain engouement pour le personnage atypique qui a ta préférence (plus que pour son programme). :) Et puis, conclure sur une sotie de Satie, pouvions-nous rêver meilleure conclusion ? Bonne journée à vous deux. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 01/03/2007 à 15:26