Bio Habitat : un promoteur immobilier montre la voie à Courbevoie
Un grand vent frais d’innovation souffle sur Courbevoie. Quand la banlieue se met au vert, elle en remontre, sans mal, à Paris.
Gestion de l’eau (robinets thermostatiques à temporisation, mise en place de deux réseaux distincts, potable mais aussi non-potable par recyclage de l’eau de pluie), économie d’énergies (panneaux photovoltaïques, VMC double flux collectif…), confort et santé des matériaux (revêtements de sol en fibre végétale, peintures sans solvants), et tri sélectif intégré au sein même de l’appartement.
Voilà en quelques lignes le programme ambitieux que se propose de remplir le premier immeuble collectif « Bio Habitat ».
Une réalisation qui va bien au-delà des seules maisons bioclimatiques, aussi louables que réduites au faible poids des initiatives individuelles et isolées.
Ce sont donc 99 appartements, allant du studio au 5 pièces, qui ont été mis en vente dès mars 2004. Aujourd’hui, le promoteur a rempli son contrat et l’immeuble est « livré ».
Commercialisé par Nexity Seeri », ce programme conçu par l’architecte Jean-Paul Viguier*, incarne une vision concrète et avant-gardiste du développement durable. Un concept intelligent en harmonie avec l’environnement qui associe respect écologique et amélioration de la qualité de vie et de l'habitat.
Curieusement, lors du lancement de la commercialisation de cet immeuble en mars 2004, le promoteur n'a bénéficié d’aucun engouement éco-citoyen. Au point, pour ne pas effrayer le public, de devoir retirer le panneau publicitaire "bio habitat" sur le site de l'opération de promotion. En outre, il a dû réaliser un effort sur le prix de sa commercialisation et prendre en charge le surcoût inhérent à ce type de construction.
Jean-Luc Poidevin, directeur général délégué au logement, déclarait aux Echos : " Pour cette opération de promotion, le choix de ces équipements expérimentaux a entraîné un surcoût du prix de revient d'environ 10% ".
Les 99 logements se sont vendus entre 5.500 et 6.000 euros le mètre carré et les heureux acheteurs se sont donc vu offert la prise en charge du surcoût.
En l’occurrence, la réaction du promoteur a été exemplaire ; mais doit-on éduquer les consommateurs à accepter un surcoût pour ne pas dissuader les promoteurs de multiplier les initiatives de bio-constructions, ou est-ce à l’Etat à les faciliter plus encore ?
* Jean-Paul Viguier à qui l’on doit par exemple le pavillon de la France à l'Exposition Universelle de Séville, le Tour Cœur Défense, à La Défense, ou encore le siège de France Télévisions.



Comme dans toute logique de production, ce sont les premiers exemplaires qui coûtent cher... une fois les process adoptés, une fois les quantités de "bio matériaux" suffisamment importantes... je pense honnêtement que les coûts de construction s'équivaudront.
Entre temps, l'Etat a je crois un rôle de "promoteur", sous forme peut-être d'abattement fiscal comme il le fait pour d'autres produits immobiliers, pour rendre en fait l'addition attractive pour le particulier acquéreur.
Mais en même temps, notre cher Etat providence a-t-il vocation à cela ?
En l'occurrence, vus les enjeux... peut-être que oui.
Billedeclownment pas facile encore d'être "eco-responsable" tous les jours.
Rédigé par: Billedeclown | le 07/02/2007 à 15:41
Non, je ne lirais pas ce billet et me cache les yeux en postant ce commentaire car je souffre trop ............. cf race de promoteurs de m....
Rédigé par: Cath | le 07/02/2007 à 16:32
Alors retourne sur ton blog et répond à mes questions non mais !!!
Pardon Elise mais nous sommes en train de nous chamailler a propos de coussins ideux...
Billedeclownment content de la gronder un peu.
Rédigé par: Billedeclown | le 07/02/2007 à 16:39
Tu as résolu toi-même la question, BDC. L'urgence écologique réclame que l'Etat excède son rôle.:)
Oui, Cath, je connais ton passif avec les promoteurs. Celui-ci, que cela soit dû ou non à une tiédeur du marché, paraît plus fréquentable que ceux qui te coalisent à juste titre.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 07/02/2007 à 18:03
Vraiment ils sont heureux? entassés certe, mais avec un toit sur la tête... bon! ici il fait beau vivre, pas de SDF (sans domicile fixe) pas non plus de SDF (sans difficultés financière) au passage il y a quelques temps je postais sur le blog de l'excellent Laurent Bazin et je me suis retrouvé SBF (sans blog fixe) aussi sur les chemins de google j'ai découvert le blog de Elyse Mark-Walter, il y a ici comme un air frais que j'aime beaucoup... je sais bien que j'y reviendrais... Pat.
Rédigé par: Patlesarthois | le 07/02/2007 à 20:23
Elyse, j'arrive à l'instant du monde magique de vos photos du Vercors, endroit de lumière et de courage, je me dis que vous pourriez vous délasser chez moi dans ma commune, notre fleuve le Loir, les moissons au bord du Loir... recueillies avec un petit appareil 4 millions de pixels, mais maintenant je dispose d'un 11 millions de pixels et vraiment je n'ai pas le courage pour l'instant,j'irais promis.... Pat.
http://patrick-delaplacetrinquet.magix.net/
Rédigé par: Patlesarthois | le 07/02/2007 à 20:39
C'est une belle réalisation éco en copropriété qui commence à inspirer les architectes; quelques maisons individuelles ont été réalisées en intégrant de plus la géothermie, du béton & des fibres...
Malgré la sensibilisation actuelle peu de candidats à la propriété sont près à investir dans l'éco, l'état se doit de soutenir fiscalement - TVA réduite sur les matériaux, équipements & honoraires des architectes, déductions d'impôts / revenus & immobilier, etc..- par ailleurs les études d'économie d'énergie, d'amortissement dans les technologies éco (écologie-économies) devraient être largement et fortement diffusées, la prise de conscience est tellement longue et les lobbys conservateurs si puissants.
Rédigé par: YCA-Archigram | le 07/02/2007 à 23:40
Gestion de l’eau
Ce matin je me suis replongé dans ma collection de Planéte (revue de Louis Pauwels parue entre 61 et 70) et j'ai, à nouveau, été frappé par un article de Jacques Bergier "vous vivrez comme cela en 1984 " sous le chapeau "La bataille de l'eau sera gagnée":
...Le monde de 1964 commence déjà à manquer d'eau potable. Celui de 1984 en manquera encore plus et devra avoir recours à de nombreuses techniques pour le recyclage et surtout pour la transformation de l'eau de mer, principalement par "électromembrane" mais celles-ci sont grandes consomatrices d'électricité....
dans le § énergie "...les ensembles réacteur nucléaire + générateur magneto-hydro-dynamique seront les principales sources d'énergie....les appariels électriques ne seront plus au bout 'un fil et fonctionnerons à partir d'une source d'énergie indépendante,. Le nouvel appareillage produira sa propre électricité, pile à combustible, convertisseur Klein...et contiendra un accumulateur cadmium-nickel ...et produira lui même l'électricité à partir du soleil (photopile).
Ce fut une exprapolation pour 20 ans.
Où en sommes nous 20 ans plus tard encore?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pauwels
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bergier
Rédigé par: YCA-Archigram | le 08/02/2007 à 00:35
Bonjour Pat, merci pour vos commentaires. Je ne manquerai pas de vous suivre et invite les blogueurs à découvrir votre charmant petit coin de Loir.;)
Le jazz et la collection Planète à présent,(que je lisais avec gourmandise dans la très belle bibliothèque de mon grand-père), régulièrement des analyses communes, Yves, décidément, nous nous retrouvons souvent. :) La bataille de l'eau est une ancienne ...antienne plus que jamais vivace - l'écologie censément un enjeu politique quoique encore plus servant plus un programme de campagne, hélas, qu'un engagement réel - et force est de reconnaître que les progrès sont minces. Nous continuons à utiliser le réseau potable pour des tâches qui ne le requiert pas. L'eau traitée comme une marchandise quand il s'agit de la donnée irréductible au développement de la vie ne fait toujours pas l'objet d'une gestion consciencieuse et scrupuleuse à l'échelle mondiale ; et ce sont les pays acculés à l'économiser (zones désertiques) qui donnent l'exemple aux pays gaspilleurs que nous sommes. Sans parler de Las Vegas, une ville parangon du scandale écologique tant dans son gaspillage massif de l'eau que de l'électricité (gaspillage de l'électricité qui peut lui être afférent).
Entièrement d'accord sur le rôle de partenariat accru qu'a à jouer l'Etat pour tous les projets de bioconstructions. Là encore, la vision doit être globale et l'accès à une propriété saine facilitée.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 08/02/2007 à 12:16
C'est l'abondance et la facilité qui fait le gaspillage.
C'était au tout début des années soixante. Dans le village de ma grand-mère, en Charente-Maritime (au fin fond de l'arrondissement de Saint-Jean D'Angély), la question cruciale des adductions d'eau était toujours à l'ordre du jour.
Pour se laver les mains, il fallait utiliser une "cassotte" sorte de casserole munie d'un long manche tubulaire à sa base qui allait en se rétrécissant. Il convenait déjà de la remplir dans le sceau posé près de l'évier, la poser sur le sceau (sceau qu'il fallait régulièrement remplir à la fontaine dans le chai attenant à l'habitation). Un très mince filet d'eau coulait alors par gravité et on se lavait les mains juste avec ça : 1/2 ou 3/4 de litre d'eau au grand maximum.
Il a du m'en rester quelque chose. Aujourd'hui je râle après mes filles quand je vois les mitigeurs levés à fond (on dirait qu'ils sont conçus exprès d'ailleurs) et c'est facile cinq fois plus d'eau pour faire la même chose.
Idem pour la récupération des eaux de pluie. A quoi bon en effet alimenter les chasses d'eau avec de l'eau potable. Effectivement il conviendrait d'encourager davantage les technologies qui favorisent les économies d'eau et d'énergie. Le confort ne doit pas être synonyme de gaspillage.
C'est aussi une question de respect à l'égard de ceux qui sont privés de l'accès à ces ressources vitales.
Rédigé par: Marcus | le 08/02/2007 à 19:59
Merci pour ce beau témoignage, Marcus, qui réintroduit la dimension fondamentale de "respect" dans un papier (et une société) qui ne parle que d'urgence. Je crois comme toi que notre attitude ne peut-être dictée que par un seul réflexe reptilien de self-defense, mais doit s'élever, en effet, au vivre ensemble, qui, bien sûr ne se limite pas à l'Hexagone.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 09/02/2007 à 14:03
Amusant de retrouver sur le net un bâtiment que j'ai visité il y a une semaine !
Il existe donc un lien entre le monde virtuel et le réel !
Donc je confirme tous les points techniques évoqués plus haut : production photovoltaïque, VMC à double flux avec récupération de la chaleur, etc...
Même si cette construction à couté plus cher, même si le promoteur a offre, ofreu, auffrre, ofr, ptu, ptu, offert (pas facile à dire promoteur-offert)le surcout, ce promoteur a gagné un savoir faire qui vont valoir de l'or lorsque ce type d'ouvrage va devenir populaire. Une sorte d'investissement.
Ainsi, les futures tours de La Défense seront équipées d'éoliennes, de production photovoltaïque, de production de glace pendant les heures creuses, etc...
Ça progresse !
Rédigé par: Phinebacker | le 09/02/2007 à 22:33
Oui ça progresse et l'on peut tous souhaiter que cela progresse plsu vite avec une politique de partenariats plus active. Je réalise justement en ce moment un reportage sur l'architecture verte et les innovations que l'on peut en attendre demain, Phinebacker. Par curiosité, tu le visitais en tant que potentiel acheteur d'un appartement ou bien en tant que professionnel ?
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 12/02/2007 à 11:24
Je le visitais en tant que professionnel (production photovoltaïque). L'achat de ce type de logement, dans les hauts de seine à un jet de pierre de Neuilly est une utopie ou un projet sur plusieurs génération !
Rédigé par: Phinebacker | le 19/02/2007 à 17:22