RÉVOLTES
La révolte ne doit jamais être niée. D’où qu’elle vienne, quelle qu’en soit l’origine. Car elle naît d’un sentiment profond d’injustice qui ne s’estompe et ne s’efface que lorsqu’il reçoit des réponses qui ne resteront pas que des promesses.
Un sentiment d’injustice structurel et non pas éphémère.
La révolte n’est pas à confondre avec le coup de sang de la colère, sanguine par tempérament, ponctuelle par principe, et plus facile à traiter.
Les politiques manquent-ils de vision d’ensemble, eux qui ne peuvent se permettre d'en manquer ? Il convient d’entendre la révolte. De la cerner dans sa complexité. Dans le pluralisme de ses voix. Dans la multiplicité de ses canaux.
Mutinés. Si la mutinerie gagne la rue, ce n’est pas une nouvelle prise de la Bastille, c’est un grondement multi-social. C’est un tumulte qui peut mettre à bas nos institutions et toucher gravement la France.
Panorama d’une révolte au pluriel, avec un point unique de convergence : la perte de confiance en nos hommes politiques.
Sentiment d’injustice des couches les plus populaires si loin de leurs dirigeants, quoique des efforts sur la forme soient faits par ces derniers pour s’en rapprocher ; les forums participatifs peuvent même être perçus comme un effort sur le fond. La promesse d'un smic revalorisé à 1500 euros brut voulu par l'ensemble de la gauche, ou encore l'engagement à construire davantage de logements sociaux, ainsi que l'allocation d'études versée à leurs enfants, futurs étudiants, peuvent l'apaiser un temps.
Sentiment d’injustice - (peut-être le plus nié) - de(s) classe(s) moyenne(s) qui ne gagnent pas 4000 euros net par mois et par personne (comme abusivement présumé par le camp sortant), et passent entre les mailles de toutes les aides et gratuités. J'ai mis "classe moyenne" au pluriel car il est difficile d'en établir la fourchette. Disons que je parle de la petite-moyenne classe moyenne et ne considère pas que nos ministres puissent appartenir à cette catégorie. Elles n'accèdent pas aux logements sociaux et doivent se résoudre à déserter les villes, logeant en banlieues ou bien acceptant de payer un loyer astronomique, si toutefois le bailleur n'exige pas que ses revenus équivalent à 4 fois le loyer.
Le salaire moyen en France serait estimé à 1500 euros net.
Une petite classe moyenne qui finit par se tromper de cible, et se
montrer solidaire des vrais privilégiés, préférant mettre les difficultés qu'elle rencontre
sur le compte des moins aisés qu’elle et que l’on aide, plutôt que de
remettre en cause une société de plus en plus inégalitaire qui « marche
sur la tête ».
C’est là une attitude bien excusable. Quand se
paupérise le socle de notre population. Le « pauvre moyen » a besoin –
passez-moi l’emprunt- de son opium. De son laudanum. De se leurrer sur
son état. De faire « comme si ». Et de trouver plus misérable que lui,
plus asservi, pour accepter sa condition d’homme pauvre. Il jouera au
loto ou encore au Casino pour trouver une issue hors de lui à cet état
de fait. Il s’y est résigné. L’action molle, cauteleuse ou plus
agressive encore des hommes politiques investis de son vote ne le
dément pas.
Sentiment d’injustice des petits chefs d’entreprise de PME étranglés par
les charges. Ils assument tous les risques de l’entreprise, une charge
d’horaires souvent considérable, ne gagnent pas dix fois le salaire de
leurs employés, et ne veulent plus être considérés comme des
privilégiés suspects de tous les griefs : fraudes fiscales, absence de politique
sociale, etc. Ils ne supportent plus d'être diabolisés. Le Medef qui représente tous les patrons, eux y compris,
vend chèrement sa voix aux hommes politique de droite.
Ils sont
pourtant bien mal représentés par le Medef plus à même de défendre les
intérêts des entreprises du CAC 40 que les leurs. Les petits chefs
d’entreprise, au fond, ne sont représentés que par eux-mêmes. Ce paragraphe vaut pour les petits artisans. Et sans doute également pour les professions libérales, fortement taxées il est vrai, conduites à passer en frais professionnels (de représentation) des achats incontestablement personnels.
Sentiment d’injustice des « jeunes des banlieues », jeunes des cités phagocytés par la Cité, tous jetés ensemble dans une catégorie asphyxiante qui ne rend pas compte de leur diversité.
Sentiment d'injustice des surendettés qui ont cru à leur richesse virtuelle, accédant à la propriété en s'endettant, achetant à crédit (car facilité) quand leur pouvoir d'achat réel n'augmentait pas, leur salaire stagnant ou suivant à peine l'inflation.
Sentiment d’injustice des écologistes ,qui, après avoir longtemps prêché dans le désert ne récoltent pas le fruit de leur patient travail, de leurs propositions fondées, et ce pourtant dans un contexte d’urgence environnementale.
Sentiment d'injustice des intermittents du spectacle, qui, bien qu'abeilles vivrières, de la culture et de l'art esprit et coeur, âme d'une nation, ne sont pas reconnus et vivent à la marge, précarisés.
Et donc, sentiment d'injustice des professions culturelles, contraintes d'accepter que, dans une société matérialiste, leur rôle (mais aussi rémunération) soit dévalué, la culture étant traitée comme une marchandise. Sa révolte n'atteint pas la majorité pour qui la culture est perçue comme un passe-temps élitiste. Alors qu'elle nous fonde, alors qu'elle est notre moelle.
Sentiment d’injustice des chercheurs qui ne sont pas entendus dans
cette campagne – ou alors par une candidate, Ségolène Royal, qui
propose une augmentation substantielle du budget de la recherche et
prétend sortir l’université de la paupérisation - ni avant, pendant la
longue gouvernance chiraquienne. Ils ont le sentiment d’être pris pour
des privilégiés, confondus abusivement avec la France « d’en haut », la France arrogante des privilégiés, privée de parole, privée
d’audience dans le débat participatif précédant le scrutin présidentiel.
Au
point qu’Eric Darbieux, sociologue, professeur à l’université de
Bordeaux, signe une tribune dans Le Monde au titre explicite : « Peuple
« d’ en bas » contre « intellos d’en haut » avec ce sous-titre chargé
de cette révolte sans fards, conséquence de frustrations trop
longtemps contenues : « l’éviction des chercheurs des débats électoraux
est stupide et humiliante ».
Des chercheurs, qui, dans cette société où les faux-experts se proclament et où les vrais sont tenus à l’écart, ne parviennent à faire entendre leur voix qualifiée. En marge de l'agora politique car indésirés, leur travail est considérable, ainsi que leur impact économique dans les pôles scientifiques innovants, mais ils doivent composer avec des moyens très insuffisants et sont de plus en plus contraints à s’expatrier. La fuite des cerveaux dans un pays comme le nôtre, riche et puissant, est-ce tolérable ?
Sentiment d’injustice du « corps » fonctionnaire, "mammouth à dégraisser" qui coûterait (estimation) par tête de ruminant pour filer la métaphore…2 millions d’euros par personne (coût de la prise en charge d’un fonctionnaire sur toute une vie). Faisant ce calcul, l'UMP se propose d'alléger encore le corps fonctionnarial, d'affaiblir toujours les services publics. Mais quid des hauts-fonctionnaires dont le coût et parfois inefficience (faible pragmatisme de nos ministères, trop de ministères qui pourraient se recouper et trop de hauts-fonctionnaires à entretenir coûtant évidemment plus chers qu’un fonctionnaire lambda) ne sont pas remis en question par nos dirigeants. Au contraire, nos ministres sortants se sont augmentés. Ce fut l’une de leur première mesure en accédant au pouvoir. Non plus qu’ils ne remettent en question l’extrême confort des allocations versées à vie pour un mandat effectué (ministre, député, sénateur…) qui leur permettent d’être très flexibles et d’envisager avec optimisme la précarité de la vie politique. Une véritable flex-sécurité de luxe. Que savent-ils alors de la précarité qu’ils nous recommandent d’accepter ? Avalant des couleuvres aux couleurs abrégées, CNE ou de CPE heureusement bouté hors de la légalité suite aux massives manifestations de lycéens et d'étudiants soutenus par les forces syndicales CGT, FO.... Nos hommes politique préfèrent pontifier sur la valeur de l’effort et de la volonté. Saines valeurs par ailleurs.
Sentiment d’injustice des professeurs, qui, parce que leur temps de travail est difficilement mesurable, à cause de leurs vacances et de leurs horaires, et ce en dépit de maigres salaires et d’une véritable charge sociale stressante, passent pour des privilégiés et des feignants. Les classes sont trop chargées et pourtant eux aussi sont à dégraisser, en commençant par les vacataires. Le professeur-assistante sociale n’en peut plus. Il est essoré.
Sentiment d’injustice des salariés du privé qui dans les petites entreprises n’ont jamais bénéficié des 35 heures et ne sont protégés par aucun syndicat. Dans les petites structures, ces salariés font des heures supplémentaires en nombre mais qui ne sont pas comptabilisées. Ce n'est pas par choix, ils n'ont pas le sentiment de l'avoir. Trop de demandeurs d'emploi attendent aux portes.
Sentiment d’injustice des agriculteurs qui, sauf à posséder les hectares concentrés des céréaliers mènent une vie de labeur, sans congés, grevée par les lourds crédits pour financer un coûteux matériel agricole. Et quoiqu’elle soit plutôt favorable à la France, ils ne se retrouvent pas dans la PAC. Sans compter la suspicion qui pèse sur eux à chaque thriller éco-sanitaire. Ils nourrissent la France et gagnent souvent moins que le smic. Une vie d'efforts bien mal récompensée.
Sentiment d’injustice des chasseurs souvent stigmatisés alors qu’ils contribuent à l’entretien des forêts.
Sentiment d’injustice des intellectuels (traités avec mépris par ceux qui ne comprennent pas leur discours et encore moins à quel point par leur travail de veille et d’analyse ils nous sont indispensables) ; et, à leur suite, sentiment d’injustice des associations, qui, par exemple, sur le Darfour, ne sont plus entendues – pâtissant des modes médiatique.
Sentiment d’injustice des journalistes employés par un journal, lui-même dépendant d'un groupe de presse, dont le travail est confondu avec les puissants actionnaires que malgré eux ils servent. Accusés de « servir la soupe » quand « tout le monde » barbote dans le même potage. La nature même de leur travail - assurer la transmission de l'information le plus objectivement possible - les expose aux plus vives critiques. Leur travail est pourtant le plus souvent précaire. Pour quelques journalistes célèbres, combien dont vous ne connaîtrez jamais la signature ?
Sentiment d’injustice des petits candidats qui doivent admettre la fausse équité d’un temps de parole fondé sur une répartition par trop déséquilibrée et poussant au bipartisme.
Sentiment d’injustice, dans une certaine mesure, de ceux qui veulent
ou simplement le prétendent, dépasser le clivage, et rassembler la
droite et la gauche.
Exaspération de ceux qui ont compris que
l’affrontement binaire ne consistait plus en l’opposition de deux bords
politiques mais bien de deux visions irréconciliables : une vision sociale ou alors libérale de la société.
Sentiment d’injustice des élus locaux dont le travail de terrain irremplaçable, non seulement est insuffisamment reconnu mais est encore persiflé par notre Etat centraliste.
Sentiment d’injustice des plus européens d’entre nous qui voient l’Europe enterrée, et le projet d’une nécessaire révision d’une constitution décevante sans cesse ajournée.
Sentiment d’injustice collectif face à une école publique en déclin quand elle reste seule porteuse des valeurs de la République , et un système éducatif si peu égalitaire, les bourses et la politique des quotas des grandes écoles ne suffisant pas à ramener l’équité et à gommer le hasard de la naissance.
Sentiment bien sûr d’injustice vécu par des millions de chômeurs « statistique » comptabilisés ou niés, qui, quoique talentueux ne peuvent s'exprimer, noyés dans la masse des postulants. Avec des centaines de candidatures pour des postes, qui, dans leur offre, de plus indécents, ne devraient, si nous vivions dans une société raisonnable, n’en valoir une poignée. Des sans-emplois condamnés à se brader. Contraint - jeu pervers des "prétentions salariales" - d'estimer eux-mêmes leur valeur. De faire leur négoce. En réalité les plus précarisés ne prétendent à rien, si ce n'est à survivre.
Sentiment d'injustice des SDF ? Non, ils n'en sont plus à éprouver la révolte. Ces hommes-là sont brisés. Quand nous nous excipons de notre épaisse indifférence, nous l'éprouvons pour eux. Une révolte que grossit le sentiment d'impuissance. Il existe pourtant des moyens d'agir, de sortir de sa torpeur. Les associations, elles, se mobilisent. Nous, nous contentons le plus souvent de mettre la main au portefeuille sans aller plus loin.
Sentiment d’injustice vécu par cette jeunesse qui a fait l’effort d’acquérir des diplômes, et qui végète en attendant d’accéder au monde de l’entreprise. Acceptant le moindre stage négrier, qui bien sûr est non rémunéré. Jeunes diplômés, bénéficiant de convention de stage, ils forment un peuple d'esclaves recherchés. Quand ils vieillissent, on les fait patienter jusqu’au moment où leur énergie, leur enthousiasme, leur imagination, se gâtent. Le vieux-jeune est une marchandise de peu d'attrait. Une jeunesse qui ne sait si elle bénéficiera pour elle-même des retraites qu'elle aura à charge de financer pour ses ascendants qui n'ont pas toujours su responsabiliser le pouvoir politique dépensant dispendieusement, polluant la planète, et ont agi avec la légèreté et l'insouciance des babies boomers puis des soixante-huitards jouisseurs nous laissant un paysage morose et une dette sinistre. Mais il y a pire encore :
Sentiment d'injustice des seniors, marchandise usée, qui, après 20 ou 30 ans de bons et loyaux services se font licencier et ne retrouveront guère un travail à l'approche des 50 ans (et alors quand ils dépassent ce seuil...) dans un monde du travail qui vous considère comme sénior quand vous passez les 35 ans. Pourquoi ? Parce que le senior, plus expérimenté dans un monde du travail qui sans cesse dévalue l'expérience et la personnalité, coûte cher, tellement plus cher qu'un jeune en stage conventionné ou encore l'employé d'un pays en voie de développement, productif et malléable. Nicolas Sarkozy promet à ces séniors une longue vie de travail accru, s'ils le désirent. Encore faut-il qu'ils le gardent jusqu'au bout ce travail, ou à défaut, qu'ils en retrouvent. Mais la majorité des seniors ne souhaitent pas de ce "choix". De ce "non-choix" qui consiste à travailler plus longtemps pour financer une retraite indécente sinon. Les séniors souhaitent seulement pouvoir cotiser leurs quarante années de retraite et se retirer de la vie active en s'épanouissant dans une douce oisivité méritée ; ou bien décider de s'investir dans des activités qu'ils auront choisies ; pouvant dans les deux cas enfin jouir de la retraite décente qu'ils auront financé une vie durant.
Sentiment d’injustice des enfants d’immigrés niés dans le poids de leur citoyenneté. Elle n'a pas la même valeur que celle des autres. Des bien français. Leurs parents avant eux, quoique assumant les travaux ingrats que Marcel et Henriette ne veulent pas faire, ont été mis à la marge de la citoyenneté. Quand ils ont payé leur écot aux guerres de la France, et portent en héritage la souffrance du colonialisme en même temps qu’une profonde culture commune, le sentiment d’injustice est encore plus grand.
Immigration revalorisée à grand renfort de discrimination positive
(l’oxymore même est une tarfufferie, une antilogie qui ne se dépasse
pas) des quelques grandes entreprises et Grandes Ecoles qui travaillent leur
image.
Certains candidats menacent de la karcheriser ou de la tenir plus encore à la marge de la citoyenneté.
Demis-citoyens, sous-hommes ?
La pensée nietzschéenne dans toute son instrumentalisation détestable.
Sentiment très fort d’injustice qui peut légitimement être porté par la moitié de la société. C’est celui des femmes, qui, à compétences et responsabilités égales continuent de percevoir une rémunération plus faible que celles de leurs collègues hommes. Qui, continuent d’effectuer une double journée de travail. Qui continuent à voir leur vie professionnelle pénalisée par le fait que les entreprises et institutions politiques ne se sont pas adaptées, contrairement aux pays scandinaves, à leurs astreintes de mères (crèches à l’intérieur des entreprises) qu’elles assument souvent seules. Des femmes qui subissent le sexisme quand elles cherchent à conquérir le pouvoir au sein de l'entreprise comme au sein du sérail politique.
Et bien sûr sentiment d’injustice de tous les hommes politiques qui ont gardé la flamme. Qui font de la politique par vocation, par passion et non par ambition et vénalité. Ceux-là ont le sens de leur mission et sont affectés par le rejet unilatéral qui les frappe.
Non au corporatisme qui nous tient tous cloisonnés et nous empêche de comprendre la vie et les contraintes de chacun.
Pour terminer sur une note d'humour, sentiment d'injustice de Johnny Halliday, contraint de prendre la nationalité belge pour échapper à la fiscalité française et voir la vie en billets verts sur le rocher de Monaco.
La révolte, bien sûr, n’est pas la révolution. Mais c’est toujours elle qui a allumé le feu des plus durables insurrections.
La révolte est d’abord individuelle, et même personnelle, quand La Révolution est toujours collective, et par la suite, hélas, sempiternellement récupérée.
Même la révolte peut être récupérée sous la plume d’un Michel Onfray, dévoyant et caricaturant la philosophie vers des cieux commerciaux. Je suis prête à admettre auprès de ses plus indéfectibles supporters que j'exagère.
Passons sur les incarnations nombreuses et célèbres de la révolte, immortalisées par l’art. La révolte, force créatrice quand elle ne touche qu'un homme, l'artiste, et se voit canalisée par l'art.
La Révolte engagée, courageuse, solidaire, comme force de vie en temps de guerre et de France occupée. Mais la révolte destructrice en temps de paix quand elle fait sonner la rage d'être incompris dans tous les corps de métiers, dans toutes les couches sociales.
Concentrons-nous sur la plus symbolique.
La révolte se fait d’abord devant une entité qui dépasse le révolté.
C’est le foie de l’émissaire des hommes rogné par le bec de l’aigle,
allégorie de la foi révoltée. D’une foi éclairée éminemment séditieuse.
D’une foi qui met en doute l’ingestion aveugle du dogme religieux.
C’est le Prométhée châtié par Zeus.
La figure d’Eschyle vidée de
sa sobriété tragique pour prendre une emphase romantique sous la plume
de Lord Byron, puis de Shelley ou encore de Hugo, passée à la patine du
néo-baroque. Quand on travestit la révolte pour la folkloriser, la
rendre kitsch, avec ses trognes et ses lieux typés, on l’encalmine un
temps, mais on accroît sa grogne. On couve les pires tempêtes.
C’est quand on la nie trop longtemps, qu’à la révolte succède la révolution. Qu’à l’envie de construire fait place le chaos, lequel n’accouchera bien sûr d’aucune construction. Evitons cela. Nous sommes en démocratie ; laquelle pourrait devenir de plus en plus participative, sans nier la valeur et le rôle majeur que doivent conserver nos représentants. Il faut agir. Faire en sorte d'être entendus. Investir, s'il existe, celui de nos candidats, qui, nous regardant dans les yeux, pourra affirmer sans ciller : "je vous ai compris". Investir à la fois le plus pragmatique et ambitieux pour la France, soucieux de sa force humaine. Celui ou celle qui est conscient que la revalorisation du travail passe par la considération des hommes et non par leur réification, non par leur ravalement à l'état de marchandise qui servira un temps en CDD ou intérim avant d'être remplacée par une marchandise plus servile et moins chère.
Il nous faut investir le ou la plus probe.
Restaurer la probité et l'écoute, c'est, je le crois, résorber la révolte, et se donner les moyens de construire ensemble une société plus viable, plus humaine, qui nous ressemblera, enfin.
Mais pour cela, il nous faut sortir de notre attentisme, de notre désabusement, de notre renoncement. Il nous faut redonner un sens à notre vote. Cesser de contester sans construire. Dégager une cohérence dans nos révoltes et nous rassembler par-delà nos divisions pour ne plus laisser aux générations futures ce monde désespéré qui s'assèche de sa substance humaine. Ce monde privé de toute dimension morale, qui ne se réchauffe que climatiquement.
Il y a un temps pour la révolte et un temps pour construire. Nous valons mieux que notre colère. Nous sommes des bâtisseurs.



Bonjour Elise,
Excellent billet, d'autant qu'il est le reflet de ma pensée. Giono a écrit que pour celui qui est né en captivité la liberté n'est pas l'aliment. Comprendre la révolte nécessite d’avoir connu et su la colère, qui mieux que la victime et son cortège de douleurs peut en rendre témoignage !
La révolte n’est pas à prendre à la légère, car elle succède toujours à la colère, la révolte devenue pulsion est difficilement traitable. Si je puis me permettre, lorsque j’étais tout bébé, je fus victime de sévices corporels, jusqu’à l’âge de 2 ans et demi j’endurais les coups, ce qui m’a placé dans une colère, j’étais en colère, car la colère est légitime, on a le droit d’être en colère. Le trop plein de colère comme une destinée fatale m’a créé révolté, j’étais devenu révolte, révolte envers moi-même, envers les autres, ceux qui faisait tout pour me ré apprendre à vivre.
Combien de fois durant mon adolescence, j’ai entendu de la bouche de mes professeurs, mes instituteurs, de ceux qui furent chargés de mon éducation « Patrick est un écorché vif, il est révolté « donc si bien la révolte est décelable à fortiori elle peut être évitée ! La révolte n’est pas traitable, elle laisse au fond de celle ou de celui qui en est victime une trace indélébile, une marque au fer rouge.
Je crois que dans notre pays, les forces politiques ont trop longtemps ignorés ce phénomène psychanalytique, mais de toute évidence à cause du profit intellectuel qu’il apportait pour le pouvoir, je dirais les pouvoirs se succédant. On peut mater la révolte certes, mais pas le révolté. Il faut briser la colère, si l’on veut guérir de la révolte, il m’est avis que ces deux socialités là sont indissociables. J’ai compris que pour me guérir de ma révolte, il me fallait défendre mes convictions, sans pour autant haïr mes adversaires, j’ai compris à ce moment là que le chemin serait très long car j’interprétais en adversité tout ce qui n’était pas de mes convictions. On peut écraser la révolte, mais il y a un ennemi que l’on ne peut écraser, c’est la misère, or dans notre pays si riche de son CAC 40 et de ses droits et de suffrages universels cette situation de misère est une honte nationale. Aujourd’hui l’arrogance affichée des grands patrons jouant avec les mots des mal pensants comme j’ai pu encore le vivre hier avec le représentant de Total qui voudrait faire croire que gagner trop d’argents en France est tabou ! Voilà ce qui amplifie ma révolte, voilà la raison pour laquelle elle est difficilement soignable, voir pas du tout. Mentir aux gens est devenu l’alibi de contradiction. J’arrête là car la coupe est pleine… pat, révolté et heureux, mais fier quand même.
Rédigé par: patlesarthois | le 18/02/2007 à 12:36
Sentiment d'injustice de tes lecteurs blogers qui sont sans doute bien incapables d'en faire autant…
Reste qu'aucun(e) prétendant(e) ne peut prétendre sérieusement détenir la vérité à lui(elle) seul(e) et que la politique n'est malheureusemet plus aujourd'hui que l'art de promettre, puis de réaliser ce qui est possible pour essayer de durer ; tandis que Richelieu affirmait en son temps que la politique n'était pas l'art du possible, mais l'art de rendre possible ce qui est nécessaire.
C'était un autre temps qui ne manqua pas de grands serviteurs de l'État, puisque l'État ne commença pas en 1789.
Ainsi : Richelieu, Mazarin, Le Tellier (père et fils), Colbert, Vauban, et tant d'autres moins connus… Rien qu'à l'évocation de ces infatigables travailleurs au service de la France, je sens parfois renaître mes sentiments royalistes.
Rédigé par: marcus | le 19/02/2007 à 00:09
Marcus,
Il ne s'agit pas d'une question d'incapacité ou de capacité, mais tout simplement une réalité de justice dans un pays de droits et de suffrages universels, surtout cher ami quand le vote d'un pauvre vaut bien celui d'un prince du CAC 40,et quand bien même celui d'un raté ou d'un clochard. Non ce n'est pas une honte de réclamer la justice dans un pays qui se prétend pays des droits de l'homme. pat.
Rédigé par: patlesarthois | le 19/02/2007 à 07:57
Marcus,
J'ai oublié de dire que contrairement à vous, je n'ai jamais pu supporter les rois, les reines, les empereurs etc... la monarchie, tout ce monde de bons à riens qui vivaient aux crochets des pauvres ! Où a t'on vu çà de s'agenouiller devant un homme ou une femme ? pat.
Rédigé par: patlesarthois | le 19/02/2007 à 08:12
Merci Pat, oui la colère n'est pas la révolte.
Marcus, l'Etat non, bien sûr, la République, oui. Quant à l'Etat centraliste il naît véritablement avec Richelieu.
Que l'on ne croit pas à toutes les promesses du candidat qui aura notre préférence, Marcus, c'est une chose, mais je crois que nous avons toutefois les moyens d'influer davantage sur nos représentants et dans la campagne mais que nous ne nous en saisissons pas, nous préférons renoncer. Tu sais, je suis convaincue, que ces promesses ne sont faites que parce que l'électeur n'a pas su mettre le poing sur la table et eut la force d'affirmer : cessez la surenchère, ne proposez que du réalisable et je voterai quand même pour vous, et je voterai surtout pour vous.
Au lieu de cela, nous préférons contester jusqu'à la légitimité de nos représentants plutôt que de chercher à changer quoi que ce soit, plutôt que de tenter d'avoir une analyse sur notre présent ainsi qu'une vision de notre avenir. Plutôt même que de réfléchir aux conséquences de l'élection de tel ou telle. L'instauration d'une dose raisonnable de "participative" est une manière de remettre le citoyen électeur en phase avec ses dirigeants, un biais de réinvestir son vote. La seule façon peut-être de l'amener à se responsabiliser.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/02/2007 à 09:10
Bonjour Elise,
Le mot "responsabiliser" est lâché, car il est de ces mots qu'on évoque beaucoup et trop, à tous propos, et de plus en plus, un mot médiatique, un mot à la mode.
Méfiance avec ces mots-là, plus on en parle, moins on les "acte" !
Ainsi vont les principes de précaution, et la responsabilisation des... parents, des professeurs, des juges d'instruction, des citoyens, des professionnels et fournisseurs divers de ceci ou cela.
La liste est longue mais révélatrice d'une réalité présente où chacun fait mine d'oublier sa responsabilité d'agir, de vivre et d'exercer :
- en tant qu'être humain adulte et social
- et professionnel aux bonnes pratiques suivant un code éthique qui relève plus du bon sens que des hautes études,
et pas les cohortes de créature décérébrées, infantilisées, manipulables d'un côté ou arrongantes et gloutonnes à courte échéance de l'autre.
Ma responsabilité en ce monde peut paraître limitée, non dotée de travail actuellement ni d'enfant à jamais, mais si limitée soit-elle, elle se doit d'exister.
Il en va de même pour chacun de nous.
Elise m'est témoin que je doute péniblement depuis le début de cette campagne présidentielle. Avec un long historique centre-droite (difficile de couper le cordon et de dépasser ses tous petits intérêts personnels !), une immense méfiance vis-à-vis des gauches, un côté "brûlons tout" par ici, et "après moi le déluge", par là.
Ce soir, je serai devant mon écran pour la présentation de Ségolène Royal sur la Une.
Non pas pour compter les points (est-ce que la Une va la présenter sous son meilleur profil ? ce type de cogitations étant parfaitement inutiles, voire intoxicantes, car elles nous éloignent du VRAI débat de fond), mais pour l'ECOUTER et la voir OCCUPER l'espace.
Ah si j'avais une caméra pour tout enregistrer, mot et expressions du visage, sourire et émotion.
Afin de rappeler à Ségolène Royal, et à tous les autres, le moment venu : voici vos fondamentaux.
Qu'en avez-vous fait ?
Car moi, je vous ai fait confiance sur cette base là.
Etes-VOUS responsables de vos actes devant tout un pays qui vous a fait confiance ?
Ou alors, dites nous donc QUI est responsable ?
que nous puissions au moins "traiter" avec lui ou elle, personne 'physique' ou 'morale'.
Rédigé par: Cath | le 19/02/2007 à 12:06
Très juste, Cath.
Aussi limitée puisse-t-elle nous apparaître, notre responsabilité est autant une liberté qu'un devoir, et autant un devoir qu'une extraordinaire liberté. Elle fait de nous des hommes.
Il y a un tel hiatus dans le langage qui reflète et sans valoir pour acte FAIT acte entre "tenir pour responsable", trouver un, des responsables" et "responsabiliser", "être et devenir responsable(s)".
Je n'ai pas employé, tu le sais, ce mot au hasard et encore moins pour céder à une mode. Profondément sartrienne, j'y mets immodestement le poids d'un Sartre, et pourquoi pas, glissant vers l'éthique, d'un Spinoza.
Un peu du génie très partageur de ces hautes figures finit par rejaillir sur tous. :)
Moi aussi je suivrai SR ce soir. :)
Je sais que tu doutes, Cath, animée par ce doute éclairé des électeurs intelligents. :)
Toujours dans l'idée de s'informer et de se faire sa propre opinion pour mieux voter. C'est la plus saine démarche qui soit. :))
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/02/2007 à 12:27
J'entends bien, j'entends bien
@ Pat : La monarchie parlementaire ça a aussi du bon.
Regarde : l'Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège par exemple, on ne peut pas dire que ce sont des pays qui ne marchent pas et la vie politique y est très active, sans doute aussi plus sereine.
Elise a écrit : "cessez la surenchère, ne proposez que du réalisable et je voterai quand même pour vous, et je voterai surtout pour vous."
Hum ! vu sous cet angle, n'est-ce pas le candidat du centre (le galet vert… dixit Pat) qui semblerait le mieux correspondre à cette vision des choses ?
Si François Bayrou peut tenir ce discours, c'est précisément parce que Ségolène Royale (et Nicolas Sarkozy accessoirement) ne le peuvent pas.
Cela tient à mon avis principalement au positionnement politique du PS qui n'a pas su ou pas voulu assumer son évolution vers la sociale démocratie à la différence des autres partis socialistes européens. Ce n'est pourtant qu'un affichage qui ne trompe plus grand monde et qui ne permet plus d'occuper un espace politique à gauche suffisant pour rassembler et c'est bien ce qui est pathétique.
Peut-elle faire la différence sur sa personne, c-à-d son charisme et sa touche personnelle ? Je demande à voir.
Peut-être effectivement aurais-je un commencement de réponse ce soir devant mon téléviseur ?
Rédigé par: marcus | le 19/02/2007 à 16:55
Rapidement Marcus. Je comprends la tentation bayrousienne :), j'ai écrit une note quand balbutiait la précampagne pour rendre hommage à sa position iconoclaste. Mais si l'élection présidentielle est l'élection d'un(e) seul(e) qui nous représentera tous, j'aurais du mal à voter pour un homme qui incarne aussi les hommes de son parti, l'UDF, dans lesquels je ne me retrouve pas un instant et qui démentent la position universaliste de François Bayrou. De plus, SR dépasse davantage encore les clivages en incarnant une vision sociale contre une vision libérale, en mettant l'accent sur l'humain, en remettant au centre les hommes. une vision qui rejaillit sur tous les aspects de la gestion d'un Etat, et en premier lieu agit sur son coeur, l'économie. Une vision sociale que n'incarne pas selon moi François Bayrou.
Ce soir, Ségolène Royal nous a donné tous les éléments d'une politique tangible, responsable et non pas prometteuse par facilité et inconséquence.
Je l'ai trouvée plus solide que jamais. Pragmatique, efficace, responsable. refusant de promettre ce qu'elle ne pourrait pas tenir. le smic à 1500 euros brut se fera donc - non pas imémdiatement, ce serait parfaitement irresponsable - sur 5 ans et entraînera uen revalorisation globale des salaires de sorte à ce que "le pauvre moyen" de mon discours s'y retrouve en ne se sentant pas floué ; de sorte qu'une "hiérarchie salariale" soit respectée. Une façon sensée de relancer la croissance par le pouvoir d'achat sans que celui-ci soit fictif (incitation abusive au crédit). C'est un exemple. Il faudra revenir sur ses propositions essentielels et concrètes d'aides NON UNIFORMES d'aides aux entreprises.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/02/2007 à 23:34
Sans doute, elle n'a pas démérité.
Mais en matière de logement par exemple, le "service public de la caution" ???
Je suis perplexe. Les assurances privées sont tout à fait capable de gérer cela pour le compte des propriétaires. Cette alternative ne coûterait effectivement rien d'autre à l'état que le vote d'une loi et sa publication au JO.
Encore ne faut-il pas confondre caution et dépôt de garantie.
Où trouver l'encadrement militaire nécessaire pour les jeunes qui en auraient éventuellement besoin (sauf à les encaserner et recréer -de facto- l'ancien service national sous une forme sélective). Il est clair que les crédits militaires vont en prendre un coup et pâtir de ses priorités budgétaires alors même que l'armée française professionnelle est à la peine pour assurer ses relèves opérationnelles là où elle est engagée (Liban, Afghanistan, Afrique) ? Est-ce sa mission ? Ça part d'un bon sentiment mais plus j'y réfléchis, plus je crois que cela s'écarte un peu trop des réalités du terrain, à mon avis.
L'emploi subventionné, c'est hasardeux, mais tout le monde à gauche comme à droite le fait. Je croyais qu'on avait tout essayé dans ce domaine, apparemment non. Il semble bien, à ce que j'entends dire, là où je suis autour de moi, que l'exonération totale de charges patronales permettraient aux petites entreprises (artisans et commerçants notamment) d'embaucher.
Augmenter les retraites est souhaitable mais avec des actifs qui ne produiront plus de cotisations sociales ou dont les charges seront payées par l'État… est-ce durable ?
Précisément, pas beaucoup d'information sur la lutte contre la fraude fiscale et aux prestations sociales. On ne peut pas avoir un état garant qui est une passoire. J'aurais aimé des prises de position plus affirmées dans ce domaine.
Pour la protection des entreprises, elle s'en remet évidemment à l'Europe, forcément, puisque les taxes douanières ce n'est plus de notre compétence, sauf à violer le droit communautaire ce que propose implicitement les candidats souverainistes.
Comme toujours, il y aura eu le couplet sincère sur la lutte contre les délocalisations. Aucun candidat n'y échappe, mais à part récupérer les aides publiques, comment les empêcher et avec quel moyens ?
En revanche, l'idée de réduire le nombre de ministère me semble pertinente. Car c'est la haute administration qui est normative et produit de l'administration en aval. C'est bien de cela que l'on crève, un excès de textes au point que même les fonctionnaires nombreux et zélés finissent par les méconnaître, tant il sont trop complexes et surabondants.
Je ne suis franchement déçu par sa tiédeur à l'égard du référendum d'initiative populaire.
Elle s'est borné à réchauffer la proposition du projet de constitution européenne retoqué par les Français : 1 million de signature --> un débat au parlement. Ce n'est pas ça le référendum d'initiative populaire tel qu'il se pratique par exemple dans l'État de Genève.
Et puis va le trouver le million de signatures. Faudra-t-il aussi créer les emplois de fonctionnaires qui iront les vérifier ? Sur ce terrain-là elle pouvait mieux faire et apporter une vraie différence.
La Suisse n'est pas si loin, son expertise en la matière est universellement reconnue, je m'étonne que personne ne se saisisse jamais des exemples qui marchent.
Pour conclure, je ne te cache pas Elise que je fais partie de ces électeurs troublés.
Cette campagne n'est pas finie, mais elle est de loin la plus problématique à laquelle j'ai assisté sous la Ve République. Né en 1955, j'ai un avantage (tout relatif) sur toi : je les ai toutes vécues en live depuis 1965, première élection du Président de la République au suffrage universel.
Soyons clair quand même. Le dogme fiscal de Sarkosy est à mes yeux, dans le contexte actuel de la France, parfaitement rédhibitoire. Mais je ne doute pas qu'il séduise quelques dizaines de milliers de très gros contribuables et quelques millions d'autres qui auront l'espérance chimérique d'en bénéficier.
Bayrou de son côté reste fondamentalement un fédéraliste européen et je ne me suis pas encore fait à l'idée de devoir éventuellement remettre un jour les codes de tir de l'arme nucléaire à la Présidence tournante de l'Europe et laisser le siège au CS de l'ONU au ministre européen des affaires étrangères.
Donc je ne suis pas sorti des ronces.
Une précision tout de même, dans la logique de la Ve république (enfin de ce qu'il en reste) l'élection du président est la clé de voute du système. Le président échappe à son parti pour devenir le président des Français. Cette situation induit nécessairement une recomposition du paysage politique avec les législatives. Enfin, c'est comme ça que ça devrait se passer.
Rédigé par: Marcus | le 20/02/2007 à 01:17
Ha Marcus, j'adore, en voilà un électeur qui vote en conscience et qui met plus que jamais en éveil son esprit critique. :)
Sur la question du référendum d'initiative pouplaire et la difficulté à obtenir 1 million de signatures, tu sais bien Marcus, qui le peut. Ce n'est pas le citoyen seul, isolé, même le plus réseaufuté, agitant son réseau via le mailing. Non, ce sont d'abord les syndicats qui n'auront aucun mal à les trouver, et éventuellement les grosses associations.
Quant à empêcher les délocalisations, bien sûr qu'il existe des biais sans que l'on s'en remette exclusivement à l'Europe. Non seulement les amener à rembourser fonds publics et exonérations si ces entreprises en ont perçus, mais encore pour celles qui ont fait le choix de garder un siège en France et des unités de production où ça coûte moins cher, les taxer davantage.
dans le cas des très petites entreprises, et qui plus est, les petits artisans chefs d'entreprise, l'exonération totale des charges serait pertinente, mais je ne crois pas que SR l'envisage. Non, elle envisage une taxation plus importante du capital et une détaxation du travail pour créer de l'embauche. Pour que dans certains secteurs, la tentation ne soit pas de mettre une machine à la place d'un homme, quand c'est l'énergie humaine qui est au coeur de l'économie, qui travaille dignement puis consomme en partie le fruit de son travail et produit de la croissance, c'est l'homme non la machine qui finance notre système solidaire : la sécu et les retraites.
Elle ne veut pas une France d'assistés. On a assez reproché à "la gauche" de produire des assistés. Quel mot affreux et sale pour ceux qui le subissent. Avoir une telle vision de l'être humain, c'est l'aimer bien peu. Car plus que Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal croit au travail, mettant tout en oeuvre pour que le plus grand nombre puisse travailler, et non pour que certains travaillent plus encore narguant sans le vouloir et sans avoir vraiment le choix tous ceux qui ne travaillent plus ou pas encore (jeunes diplômés), et ce dans de bonnes conditions, avec une revalorisation globale des bas salaires, sans fausses promesses, une revalorisation qui sera rationnelle.
Elle envisage surtout une répartition plus intelligente des aides de l'Etat aux entreprises. Celles-ci seront attribuées sur critères et non uniformément. Actuellement, exonérations et fonds publics irriguent d'énormes entreprises qui n'en ont pas besoin et c'est indécent. Les critères seront clairs : aider en priorité celles qui créent de l'emploi, innovent, emploient des jeunes diplômés, sont en âpre concurrence internationale, réinvestissent leurs bénéfices dans l'entreprise pour conquérir des marchés et soucieux de valoriser le capital humain plutôt que de le reverser dans les fonds de pension américains, faisant des licenciements de confort pour flatter les actionnaires.
Elle a défendu le visage d'une France sociale qui est également une France qui entreprend,qui croit en la valeur ajoutée sociale, gagne des marchés à l'étranger.
mesure incitative. Elle encouragera par exemple la création d'entreprise, disons les initiatives individuelles, en mettant en place un prêt à taux zéro de 10 000 euros.
Elle a fait également une proposition de Flex-sécurité qui consiste en ce que l'Etat prenne le relais de l'entreprise pour financer le salaire du salarié mis en retrait (mais pas licencié?) en cas de crise grave que l'entreprise traverserait. Une façon de sécuriser les entreprises qui ont peut de recruter tout en sécurisant le salarié. Mais cette proposition est complexe dans sa mise en oeuvre, et doit être étayée.
Elle a insisté sur la priorité qu'il y a à traiter le chômage des jeunes avec beaucoup de bon sens, puisque c'est en effet la jeune génération qui a à financer le système des retraites. Elle n'est pas pour la dérégulation, mesure très droitière, des heures supplémentaires qui non seulement ne crée pas d'emploi mais le nécrose.
La fiscalité des éco-entreprises sera bien sûr avantageuse pour défendre une France de l'excellence gouvernementale.
les pôles de la recherche et de l'éducation ne seront plus, comme actuellement, mis à la traîne, ce qui est inexplicable pour un pays riche comme la France qui ne doit plus permettre la fuite de ses cerveaux vers des cieux plus prospères, non plus que négliger le poumon économique de l'innovation et laisser mourir l'école de la République mais en restaurer les objectifs d'excellence dans l'égalité quand l'école privée ne retient que l'objectif d'excellence et accroît les discriminations.
Elle a défendu une France de la santé et une égalité accrue dans l'accès aux services les plus pointus technologiquement. Il y a beaucoup à dire sur la paupérisation du budget de la santé et sa mauvaise gestion.
le service public de la caution sans nier la primauté du propriétaire, permet tout de même d'empêcher celui-ci d'avoir des exigences excessives (caution et critères de sélection du locataire) dans un marché immobilier devenu aberrant et où se loger se transforme en gageure et en lux, quand c'est là le préalable à toute vie sociale.
quant à l'encadrement militaire, le budget de la défense n'est pas ridicule, Marcus, mais peut-être les fonds sont-ils mal utilisés. je pense à ce porte-avion amianté qui pourrit quelque part.
Sa gouvernance sera placée sous le signe de la responsabilité et d'une meilleure gestion, intelligence et économe des deniers de l'Etat. Hier a été levé le doute qui couvait en moi. Elle ne promettra pas ce qu'elle ne pourra pas tenir. Ses propositions ne m'ont pas paru excessives. Au contraire, elles naissent d'une vision d'ensemble cohérente, pragmatique et profondément humaine.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 20/02/2007 à 09:22
Ah, au fait, je doute toujours :) arrrgggghhhhhhh.............
Rédigé par: Cath | le 26/02/2007 à 10:48
Doute jusqu'au bout, Cath, de ce doute constructif qui nous fonde, il en restera toujours en bulletin. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 27/02/2007 à 13:08