Un, deux, trois...promesses ?
Promesses électorales, chômage, sondages, bilan inassumé, chantage aux chiffres et filtres de la Presse. L'électeur est parfois las d'un jeu qui lui échappe ou lui paraît faussé. Il souhaite néanmoins participer. Devenir ce fameux "force de proposition" tant convoité par les employeurs et les Ressources Humaines. Mais voilà qu'on lui agite le spectre culpabilisant du populisme...C'est pourtant lui, l'employeur, le décisionnaire. La démocratie participative, il y a droit.
Trouvez-vous la presse partisane ? Les débats télévisés pipés ou manquant de contradicteurs et les temps d'audience déséquilibrés dans la visibilité qu’ils offrent aux : 109 candidats à la présidentielle décomptés par l’AFP ? Croyez-vous aux sondages ? Croyez-vous aux promesses ? Qu'attendez-vous des candidats ? Voterez-vous ?
Il y a pire que les promesses électorales non tenues. C'est de ne plus croire en la politique. C'est de renvoyer les partis dos à dos. C'est de se laisser gagner par la désillusion et de l'entretenir. Les hommes politiques ont bien sûr leur part dans ce désamour, et, les candidats, leurs recettes pour y pallier, plus ou moins sincères. Quoi qu'il en soit, gardons-nous du cynisme. Et, mieux informés, parce que critiques mais pas désabusés, restons fermes sur nos exigences. Ne plions pas sur nos idéaux. Avec réalisme.
A gauche et à droite de l’échiquier politique, deux poids (lourds), deux mesures ? A l’une le « pacte présidentiel », emprunt DSKien, un "pacte d'honneur" consistant en cent propositions qui ont le mérite d’être cohérentes et clairement exprimées. La proposition du smic à 1500 euros n’a pas manqué d’attirer l’attention ; Cependant, c’est la totalité du pacte qu’il nous faut lire. Le Monde les publie intégralement dans son édition d’ajourd’hui. N'hésitez pas à les consulter. Faîtes-vous VOTRE idée. Seul un électeur informé peut voter en conscience.
A droite - passons sur les ralliements suspects - les références de gauche ironiques (récupération de Jaurès, Blum, Mitterrand, ou encore d'un lieu : la Mutualité), mais qui présentent l'indéniable avantage d’éviter d’aller chercher chez soi. Dans cette droite, jadis gaullienne, le rejet de ce programme socialiste qui s’assume, et l’emploi de la raillerie, du persiflage.
En guise de pacte, il s’agirait plutôt d’un « catalogue », a-t-on pu entendre comme lire dans Le Monde, quotidien de référence s’acquittant pour l’heure d’une double page consacrée au « pacte présidentiel » plus partisane, m’a-t-il semblé, qu’objective ; et relayant une critique de l’UMP : à quand le « chiffrage » du programme de Ségolène Royal qui leur sembla dispendieux ?
Le PS, obéissant à une exigence de transparence qui a toujours été sienne et qui nous valut les Primaires, a décidé de se prêter de bonne grâce à cette demande de chantage aux chiffres exercé par son principal adversaire politique. Ségolène Royal a du reste commencé son discours en évoquant l'état alarmant de la dette publique, question peu populaire, peu populiste, s'il en est.
Le programme de l’UMP, comme de tout grand parti en lice, ne semble pourtant pas un modèle de parcimonie budgétaire. Et dans la presse, bien peu pour réclamer le chiffrage du programme de Nicolas Sarkozy.
Il n'empêche que quand le PS y aura souscrit – et gageons qu’il ne se dérobera pas – ce sera au tour de Nicolas Sarkozy de chiffrer ses promesses.
Dans la presse encore, l’idée que Ségolène Royal a rallié son parti mais n’a pas rallié au-delà après la présentation dimanche 11 février de ses 100 propositions.
Les émissions de radios à micros ouverts suggèrent pourtant le contraire. Si le candidat UMP peut compter sur les deux ralliements de deux people notoirement de gauche, c’est la partie émergée de l’iceberg. Car dans le peuple français, les reports du centre droit, voire de la droite (Ump) vers la gauche, ont lieu, quoique moins médiatiques. Hier soir sur Europe 1, des auditeurs de droite qui appartenaient à cette « France qui se lève tôt » témoignaient qu’ils ne voteraient pas UMP mais PS. La raison ? Le programme de Ségolène Royal leur était apparu plus « ambitieux », car sans oublier d’être pragmatique et économique, il était plus social, plus à leur écoute.
Le clivage entre social et économie est une dangereuse billevesée dont nous avons à sortir. L’économie peut tout à fait être performante et ne pas négliger l’humain. C'est un choix de société mais pas un choix qui se fait contre l'économie et la croissance. La candidate socialiste semble l’avoir compris. Reste cette question : aura-t-elle les moyens d’en faire la preuve ?
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy est crédité de 54% d’intentions de vote, résultat du dernier sondage CSA réalisé après l'intervention de Ségolène Royal.
Force est de reconnaître que Nicolas Sarkozy ne manque pas de coffre pour interpréter les discours chantants que lui confectionne Henri Gouaino, son nègre de luxe.
Le personnage, maire de Neuilly, ministre de l'intérieur, chef de son propre parti et candidat aux présidentielles, est influent. Hyperactif, homme-orchestre, volontaire, son style peut plaire. Son exposition médiatique, particulièrement forte depuis le début de l’année, suffit peut-être à expliquer ce renversement de tendance.
Une tendance n’est cependant pas un vote exprimé. Notre
prochain(e) président(e) sera celui ou celle qui aura le plus de
souffle, et : d’honneur, pour franchir sans fléchir victorieu(se)la ligne
du seul scrutin qui mérite d’être qualifié de marathon. Les surprises
ne sont pas non plus à exclure. Un affontement par trop bipartiste dans les
médias peut lasser l’électeur. Gardons à l'esprit le 21 avril 2002. Faisons en sorte de ne pas réchauffer ce mauvais scénario.



Et l'insécurité n'a pas encore fait irruption dans le débat !
Il suffirait de quelques autobus en flammes, de policiers sauvagement agressés, d'une personne âgée brutalisée pour que tout bascule. Mais il est vrai que, cette fois, ce n'est pas la gauche qui tient la place Beauvau.
Une élection ne se gagne pas avec les convaincus, mais, à la marge et dans le dernier quart d'heure, avec les quelques x % du dernier carré des indécis. Cette élection, plus que toute autre, n'échappera probablement pas à la règle.
Il semble bien que François Bayrou fasse une excellente campagne et entraîne derrière lui un mouvement d'adhésion populaire, prenant le contre-pied mais sur un tout autre terrain le Front National et les souverainistes. L'ampleur de ce mouvement est-il durable ? Bien malin qui peut le dire.
Et voilà que l'Europe, que tu attendais Elise, s'invite au débat.
J'apprécie de cet Européen convaincu (F Bayrou) son affirmation de la nécessité de retourner devant le peuple souverain pour une constitution européenne lisible et plus conforme aux aspirations sociales des Français.
Car sur la question Européenne, les ratifications parlementaires n'ont aucun sens en termes d'adhésion populaire. Souvenons-nous que 80% de nos parlementaires (sénateurs et députés confondus) étaient favorables au projet de constitution européenne rejeté par 54,67 % des Français. Opposer une liste des pays ayant ratifié par voie parlementaire (le référendum est plutôt rare dans les constitutions de régimes parlementaires) pour prétendre marginaliser le rejet par les Français et justifier de passer outre par la voie parlementaire est une escroquerie intellectuelle.
Je pense que le "pragmatisme" de Nicolas Sarkozy, qui propose la voie ratification parlementaire confine véritablement à la faute politique.
Comme toujours pour le scrutin majoritaire, au premier tour l'électeur choisira, au deuxième tour il éliminera.
Je voudrais conclure en revenant sur le dénigrement de l'impôt auquel on assiste actuellement car je crois que c'est profondément dommageable pour la démocratie et la considération due à l'État, à nos institutions, et aux gens qui les servent.
Il y a un article 13 dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui dit ceci : "Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés."
Il serait dangereux de perdre de vue ce caractère vertueux de l’impôt car il est aussi un pilier de notre démocratie.
(http://www.justice.gouv.fr/textfond/ddhc.htm)
Je suis évidemment partisan d'une meilleure gestion de l'État, d'un retour à l'équilibre et d'une réduction de la dette.
Encore faut-il que l'exemple vienne d'en haut, au plus haut niveau de l’État. Cette responsabilité est bien celle du politique. Fallait-il, par exemple, revaloriser à ce point la rémunération des membres du gouvernement ? Personnellement, dans ce contexte, je ne le crois pas. A mes yeux, le paroxysme du cynisme a été atteint avec l'affaire de l'appartement du Ministre Gaymard.
Il faudra bien faire le bilan du mandat présidentiel qui s'achève, un bilan dont Nicolas Sarkosy, candidat porté par l'UMP, est, pour ce qui me concerne, comptable aux yeux des Français.
Rédigé par: Marcus | le 13/02/2007 à 15:42
La presse écrite peut se permettre d'être partisane car n'étant pas soumise par dérogation, contrairement à la radio et à la télévision, au régime du "temps de parole".
Chose que j'ai apprise récemment c'est les calcul de ce fameux temps de parole... qui me laisse plus que perplexe si j'ai bien tout compris ce que Gérard Bonos (directeur de la rédaction de Radio Classique) a tenté de m'expliquer...
30% du temps parole est attribué à chacun des deux leader de la chasse à l'hôtel d'Evreux...
40% restant à répartir entre tous les autres candidats.
Les 2 leader sont désignés par les scores obtenus lors des dernières élections (régionales ou législatives mais les dernières).
Donc comme toujours, le PS et l'UMP semblent voués à se partager le gâteau.
Je crois qu'il y a une échelle de valeur dans les 40% restant... Du style 20% pour le parti arrivé 3e et 20% à diviser de façon "équitable" (çà me fait rire !) entre les autres candidats.
C'est à vérifier, mais si ma mémoire ne me joue pas trop de tour... nous ne sommes pas loin de la vérité.
Donc le jeu sur les temps de parole est pipé d'avance.
Nous devrions à mon sens, et si je me laisse guidé par l'équité, avoir un processus en plusieurs étapes :
1/ équité parfaite des temps de parole entre tous les candidats déclarés jusqu'à clôture des obtentions de signature*.
... remise des compteurs à zéro...
2/ équité parfaite des temps de parole entre tous les candidats ayant obtenus lors signatures jusqu'au premier tour.
... remise des compteurs à zéro...
3/ équité parfaite entre les candidats du second tour.
Mais je ne vois quel "grand" parti oserait cette réforme qui lui faucherait l'herbe grasse de l'hégémonie sous le pied.
*Bien-sûr se pose la question des signatures !!! Autre débat !!!
Voilà-voilà...
Billedeclownment idéaliste, un peu rêveur, comme toujours ?!
Rédigé par: Billedeclown | le 13/02/2007 à 16:10
"Il y a pire que les promesses électorales non tenues. C'est de ne plus croire en la politique" dis tu.
le pire c'est justement d'y croire. encore faut-il préciser ce que " croire en la politique" signifie.
Croire qu'une personne aussi sincère soit elle va ME permettre de changer ma vie dans un contexte donné.
le problème est que nous avons les politiques que nous méritons. ils ne disent que ce qu'on a finalement envie d'entendre.
que l'emploi des jeunes ça va pas, alors on va faire telle mesure, donner des sous.
que les retraites , pardon, les "petites retraites", chacun appréciera la définition du mot petit, au passage bonjour le chiffrage avec de telles approximations.
et oui, le catalogue de mesure sera la. une pour chaque niche électorale, avec quelques valeurs pour donner un semblant de cohérence à tout cela.
Dans le cas de leurs promesses, j'espère franchement qu'ils ne tiendront pas parole. Parce que soit on les applique et on va dans un mur certain qui fera dire apres une certaine période qu'on change de cap, soit on a l'intelligence de ne pas les appliquer tout de suite.
on peut verser des larmes sur le logement et son droit opposable. 120000 logements sociaux en plus ne serviront à rien tant qu'entrera sur le territoire des centaines de milliers d'immigrés illégaux qu'il faudra bien, bon gré mal gré, de solutions temporaires en chambre d'hôtel, "traiter".
on pourra donner toutes les bourses qu'on veut a des étudiants qui étudient 5, 6, 8 ans, 10 ans dans des formations qui ne trouveront jamais de débouchés.
on peut crier sur les délocalisations mais quand on approuve l'ex traité constitutionnel européen, qu'on a permis l'adhésion des nouveaux pays - et je ne parle même pas de la folie turque - sans en avoir chiffré ni même pensé le financement - plutôt si en leur offrant le seul dumping fiscal comme moyen de développement - on ne peut pas être crédible.
on ne peut défendre la valeur travail, les pactes ecologiques et leurs taxes comme notre seul fardeau et laisser entrer dans l'union europeenne sans aucun droit de douane et laisser entrer par containers entiers les produits des pays qui s'en moquent comme de leur première chemise ...
franchement, les 100 propositions de segolene ou le programme de sarkozy, on va s'amuser à les chiffrer.
sachant que personne n'arrive deja a comptabiliser 300 manifestants dans une rue, que les chiffres du chomage avec une foultitude ( tres segolenien au passage) d'experts varient entre 2 et 5 millions, que la croissance mondiale est une inconnue de taille, je n'y accorderai qu'une importance toute relative.
reste pour ceux qui veulent choisir a trouver le programme général, les idées, la philosophie politique, le plus en phase avec ce qu'on pense être bon pour soi et/ou pour les autres.
Rédigé par: Olivier Davoust | le 13/02/2007 à 18:37
Bonjour,
et merci à tous les trois pour vos commentaires très riches, mettant en lumière chacun un problème (presque une aporie) différent.
Marcus, tu nous parles de l'Europe et de l'impôt. De la position franche de François Bayrou qui veut remettre la constitution européenne sur l'ouvrage, l'améliorer et non l'enterrer, répondant aux aspirations des français. Je trouve que c'est là la position d'un honnête homme.
Sur la question des impôts, ô combien j'abonde dans ton sens. Prenons l'impôt sur le revenu. Il est le pilier de notre République qui a voulu, après la liberté, pour deuxième fondement : l'égalité.
Chacun l'honore donc à la mesure de ses revenus. Et chercher par des biais divers à ne pas l'acquitter quand on le peut, voilà une conduite bien peu citoyenne. On ne peut prétendre vouloir un Etat protecteur, un Etat rayonnant au plan international et ne pas accepter de contribuer à remplir ses caisses. Les candidats qui souhaitent gagner des voix en promettant de le baisser sont irresponsables ou ont une vision passablement inégalitaire de la société.
Bille de Clown, tu nous permets de voir plus clair dans le système d'attribution du temps d'antenne. les dés sont en effet pipés. Et imaginons que la règle eût été de répartir du 30+30 entre les deux derniers candidats en lice au second tour des dernières présidentielles. Nous aurions dû subir Jean-marie Le Pen sans relâche...
Olivier, ce n'est pas UNE personne qui va TE permettre de changer quoi que ce soit dans ta vie. Mais ce qu'il incarne pour TOUT un peuple ; une certaine vision de la France qu'il aura également à charge d'incarner à l'étranger. Si je ne partage pas ton désabusement, peut-être ton individualisme et sans doute ton apolitisme, je comprends très bien ton discours. Tu mets le doigt sur certaines incohérences, notamment sur la dérégulation à tout crin. La révision du projet de Constitution européenne permettrait justement de poser des garde-fous, d'établir un meilleur équilibre entre libéralisme et protection.
Quant au chiffrage. Voilà les chiffres et bien malins ceux - sauf les plus avertis - qui pourront les contester. 35 milliards d'euros, coût estimé du programme de Ségolène Royal et 30 milliards d'euros pour celui de Sarkozy (s'est-il aligné à la baisse après avoir eu connaissance de l'estimation?). Un marchandage de haut vol ?
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 14/02/2007 à 09:30
Bien sur que la Presse est partisane, quand Sarko devient patron de presse par l'achat d'un maison de publicité !
Le sondages je n'y crois pas, mais ils me font peur...
Les promesses ah! on promet beaucoup pour se dispenser de donner bien peu, finalement c'est là le coeur de la politique politicienne...
Il y a plusieurs sortes de journalistes ! ceux qui sont de la presse écrite, les meilleurs à mon sens, ceux de la radio, des excellents, ceux de la télé et là attention poubelle maison, entre les nantis liseurs de prompteurs et ceux issus généalogiquement des familles indéboulonnables, il est vrai que l'on y perd son latin à défaut d'avoir encore son Missel républicain sous l'aisselle...
L'homme de Neully me fait peur car un homme qui fait plus de mal par son vocabulaire de snobinard que par ses propres mérites doit attirer notre attention, finalement quoi en 5 ans ? que dalle, rien, à peine 2 de croissance pour 2006, un chomage trusqué par un chiffrage truqué, des pauvres salariés mal payés, une délinquance toujours aussi incontrolable, il est vrai qu'il vaut mieux de pratiquer un ADN pour retrouver le scooter du fiston ! Par contre une économie actionariale de plus en plus friquée... je n'ai jamais voté à droite et ne le ferais jamais, mais je dois bien vous l'avouer en 2002 je n'avais pas voté au premier tour et j'ai dû voter Chirac au deuxième, tout un programme ! alors pour avril?
Quand j'entends le voleur Balkany qui demande à son Conseil Minicipal de prend en charge ses frais judiciaires, je me dis mon petit Pat que ce passe t'il?
Ce matin Béa une amie dont la famille a émmigrée en France il y a plus de 100 ans, Béa en recherche d'emploi me dit dans son courriel, hier lors d'un entretien d'embauche, le fonctionnaire bien huilé lui demande depuis combien de temps elle est en France, je me dis pourvu que nous ne retrouvions des situation à la Vychichoise, en fin tout ceci est écoeurant, çà me fait vomir, j'ai honte pour mon pays, que va t'il falloir faire bientôt ? avoir son extrait ADN pour justifier sa présence en France ? Comment se fait il qu'un simple fonctionnaire recruteur dont le statut n'est pas celui d'un magistrat de la police puisse hautainement vous demander l'indemandable ?.
Bayrou, c'est un galet vert, de ceux qu'on trouve sur les plages, çà ressemble à de l'émeraude, çà en a la couleur, mais c'est du toque, tout juste bon à placer sur un meuble pour faire beau pat.
Rédigé par: Patlesarthois | le 14/02/2007 à 10:02
Mon amie Béa vous l'aurez compris a un nom bien polonais... Pat.
Rédigé par: Patlesarthois | le 14/02/2007 à 10:05
Bien d'accord avec toi, Elise, le cynisme et le rejet du tout-politique ne font pas avancer le débat !
Par contre, comment ne pas regretter le niveau consternant de ce début de campagne électorale ! Vu l'importance des enjeux, on aurait franchement pu s'attendre à mieux !
Peut-on l'imputer aux candidats ? Peut-être en partie, car le choix de Royal de différer son entrée dans la bataille au 11 février - lancement de son pacte ("pack" ?) présidentiel -, a généré un flagrant déséquilibre : Sarkozy a eu le champ libre pendant plusieurs mois pour commencer à expliciter son programme et les médias, équité oblige, n'avaient rien à lui opposer côté PS, puisque la candidate n'avait encore rien dévoilé de ses propositions.
Sarkozy n'a pas - loin s'en faut - l'allure de la tortue proverbiale, mais il faut bien admettre qu'il tisse sa toile (et ses réseaux) depuis bien plus longtemps que Royal, longtemps engluée dans la primaire socialiste puis ses forums participatifs.
Le lièvre du Poitou saura-t-il rattraper son retard. Dopé au Chabichou, qui sait ?
Ce départ longtemps retardé explique en tout cas, à mon sens, le décalage observé dans les sondages...
Mais que dire du traitement de la campagne par les médias ? Comme Bille de clown, je crois qu'il est temps de revoir le partage d'antenne accordé aux candidats. La bipolarisation forcée (gavée) depuis des mois aggrave, il me semble, le sentiment des Français qu'on cherche à les manipuler. Et quand on pense au fiasco de 2002, je crains que plusieurs ne soient tentés de se prononcer pour l'un des "petits" candidats, histoire de briser le carcan qui semble imposé par les élites.
Il est encore temps de se reprendre. D'amener chaque candidat à étayer ses propositions. La publication du catalogue Royal est sûrement une bonne chose mais, pour que le débat avance, ne faudrait-il pas que chacun puisse y participer ? Si les "petits" candidats n'ont pas droit au chapitre, un grand nombre de Français risque de se sentir lésés, hélas...
Rédigé par: Titus | le 14/02/2007 à 10:47
Pat, ce qui est tout de même rassurant, c'est que vivant dans un Etat de droit, quand il est prouvé qu'un employeur fait de la discrimination à l'embauche, la loi le sanctionne. Comme récemment, ce chômeur qui a porté plainte conte un employeur qui spécifiait dans son annonce un critère d'âge. Il a gagné. Evidemment dans le cas que tu nous exposes, l'employeur n'a pas écrit noir sur blanc "enfant d'immigrés s'abstenir" dans son annonce ; non, il fait jouer la discrimination, ici d'ordre racial dans un entretien oral et donc intraçable. Que cette sorte d'employeur réprime cependant ses bas instincts, car les contrôles anti-discriminations deviendront de plus en plus fréquents. Et le candidat de l'UMP ne se présente-t-il pas lui-même comme un "enfant au sang mêlé". C'est intéressant de noter qu'il a refusé de voir apparaître dans l'un de ses discours, l'expression "enfant d'immigré", lui préférant donc celle de "sang mêlé".
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 14/02/2007 à 10:48
Bonjour Titus, entre le pack etle fromage tu m'as beaucoup amusée.
Ha le dopage au Chabichou... parfaitement légal, peut nous valoir une remontée spectaculairement durable ! ;)
Le temps de la digestion des forums participatifs étant passé, je pense SR sur de meilleures bases que son adversaire quoique les sondages ne le reflètent pas. Nicolas Sarkozy, sans parler de ses réseaux (travail de plus longue haleine mais davantage propre à convaincre une élite qu'un peuple d'électeurs), a abattu un travail payant de com' mais une com' au moindre contenu ou du moins au contenu biaisé (pour peu que de vrais contradicteurs se confrontent à lui) s'effondre facilement.
La sous-exposition des candidats qui ne sont pas définis comme leaders pose et continuera à poser problème tant que les règles d'attribution du temps de parole ne se rééquilibreront pas ; et il ne s'agit pas bien sûr pour autant de mettre sur un pied d'égalité un candidat au programme d'évidence farfelu avec celui d'un parti fort. Mais où commence et où s'arrête l'incongruité, les candidats des extrêmes-extrêmes ne dégagent pas, par leur programme, de sentiment de responsabilité, je veux dire de pragmatisme.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 14/02/2007 à 11:00
@Patlesarthois : Politique et probité
Tu sais, je crois qu'il y a un réel problème de tolérance excessive des français à l'égard de leur personnel politique, surtout à l'échelon local.
J'entends dire que, dans les pays nordiques, de tels comportements signifiraient la mort politique de l'élu peu scrupuleux. Au contraire, chez nous une affaire judiciaire, ce n'est qu'un mauvais moment à passer, qui aboutit rarement à des condamnations souvent trop tardives, quand celles-ci ne sont pas amnistiées à titre individuel. C'est rare mais c'est aussi arrivé.
Tout cela est bien vite oublié et bien souvent même minimisé par l'électeur qui attend quoi de son maire : souvent des faveurs, des coups de pouces, de la bienveillance…
Encore une fois, ce pays a la classe politique qu'il mérite.
L'état de ses institutions (je pense notamment à une décentralisation en roue libre (1)) et le niveau d'implication des citoyens - car il n'y a un grand vide citoyen entre la très large majorité de ceux qui s'en foutent carrément d'une part, et les contestataires règlementaires et patentés d'autre part - expliquent en grande partie à mon avis cet état des choses.
Je suis même agréablement surpris qu'il n'y aient pas plus de tordus aux affaires publiques. C'est vrai aussi qu'avant de se faire épingler au pénal pour des indélicatesses, un élu doit vraiment tirer fort sur la corde.
Je crois que la loi devrait régler la question par des inéligibilités à vie. Dura lex sed lex. Et par un nombre limité de mandats en nombre (c'est déjà le cas) et dans la durée (cela reste à réaliser).
En même temps, il ne faudrait pas que l'arène judiciaire devienne le champ clos des règlements de comptes politiques d'où probablement une certaine mesure de la justice mais ce n'est pas la seule raison.
Difficile en effet de juger des élus que l'on reçoit et avec qui l'on trinque après l'audience de rentrée solennelle du tribunal où avec qui l'on dine en ville.
(1) Le rôle des chambres régionales des comptes et le contrôle de légalité par le préfet ont été considérablement réduit pas le législateur.
Rédigé par: Marcus | le 14/02/2007 à 11:35
Bonjour Elise
Un petit tour sur ton blog et bien sûr je ne résiste pas à l'envie de répondre argumenter etc.
En ce qui concerne ton post, je trouve que cette fois un changement est en train de s'opérer: il y a une vraie prise de conscience tout azimut (sauf peut êter des candidats!) de la surpromesse politique. De fait,un grand nombre d'outils de référence (écrits, web, etc) sont mis en place de manière à responsabiliser celui ou celle qui sera en place. Et ce ne sera pas facile pour lui ou elle car la surenchère va bon train. Pour moi c'est l'élément positif de la campagne.
Bien à toi:)))
Rédigé par: arnimaje | le 14/02/2007 à 19:22
Sur les engagements je vous soumets une réflexion que j'ai déjà postée chez Cath :
Total 13 milliards d'€ de bénéfices pour 1 année (2006)...
Promesses des candidats 30/35 milliards d'€ pour 5 ans...
A vous de remettre les chiffres en perspectives.
Rédigé par: YCA-Archigram | le 15/02/2007 à 11:35
Oui, Arnimaje, je crois comme toi que les "sur-promesses" ne passent plus. Tu ne crois pas Marcus que cette tolérance de l'électeur est en recul ? Voilà une excellente chose. il était plus que temps que l'électorat dans sa disparité mais aussi dans sa paradoxale cohésion retrouve la voie de la conscientisation politique, de la citoyenneté, du goût de participer activement à l'agora politique, de retrouver toute la puissance de son vote.
Archigram, ces chiffres sont en effet éloquents. En 5 ans Total génère donc plus de bénéfices qu'un Etat comme la France n'en dépenserait en 5 ans pour se remettre à flot et (re)trouver la voie de la prospérité économique, cad sociale, sociale, cad écononomique !
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 15/02/2007 à 19:37
Non Elise, je crois que l'électeur citoyen fait toujours un distingo très net entre l'élu de proximité, son maire par exemple, pour lequel il a à la fois une grande considération et beaucoup d'indulgence et les élus de la nation qui sont regardés avec beaucoup plus de suspicion et qu'il met souvent dans le même sac.
C'est limite hors sujet mais au fond pas tant que ça.
Pour comprendre la sociologie du pouvoir municipal dans les petites communes, il faut aussi comprendre les conséquences de l'institution telle qu'elle fonctionne. Je te recommande la lecture de cette excellente analyse par Robert CUQ (Robert Cuq est professeur de psychologie sociale à l’Université René-Descartes - Paris-V) publiée dans le Monde en 1995 et reprise avec son autorisation sur mon blog (en exclusivité je crois bien). C'est un bijou, un collector.
du gouvernement des villages
Rédigé par: Marcus | le 15/02/2007 à 23:10
Merci Marcus, je viens de cliquer sur cet excellent article de Cuq que tu as reproduit. Bien sûr, ça me parle. Enfant, je poussais chaque semaine la porte du bureau de maire de mon grand-père, j'ouvrais de grands yeux en découvrant la salle du conseil et je sais aussi comment fonctionne un scrutin municipal. Quels en sont les enjeux, et effectivement que le lien des électeurs est bien plus fort avec un maire qu'il peut croiser sur le marché, qui est accessible, qui ne vient pas nécessairement d'un sérail politique, qui a un métier enraciné dans l'économie locale, qui partage la même ville ou village depuis des années, le même quotidien, qu'avec son député.
Aujourd'hui encore, je reste admirative du travail qu'a abattu mon grand-père avec beaucoup de conviction, d'énergie et une certaine dose d'abnégation (il en faut pour assumer un mandat local que d'aucuns sans conviction pourraient trouver plus fastidieux que doré). Car il faut donner de sa personne dans un mandat local (sauf quand on est maire de Neuilly pour la forme, cumulant les mandats?), ce qu'oublient parfois nos parlementaires quand ils sèchent l'Assemblée Nationale, ou même quand un président de région délègue par trop et finit par n'être jamais dans sa région.
Et je veux faire une remarque,dans les communes où l'élu n'est pas parachuté, où l'élu est "l'un des nôtres", il est difficile, oui périlleux dans un scrutin local, quelle que soit la force de ses convictions de se revendiquer d'une obédience. Précisément parce qu'il faut rallier le plus largement posssible, parce qu'il faut que la liste ressemble à tous, quitte ensuite à ce que le conseil soit moins disparate que ladite liste.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 16/02/2007 à 09:10
Myspace Comments
Rédigé par: Cath allume la mèche | le 16/02/2007 à 10:22
Grand-Père t'aurait-il transmis le gène de la politique, Chère Elise ?
Politique et génétique, un beau sujet d'étude pour Marouschka !
Rédigé par: marcus | le 16/02/2007 à 15:25
C'est à craindre, Marcus. ;) Bon fin de week-end. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 18/02/2007 à 11:05