Femmes, aux armes et caetera, brève défense de la sororité
Aujourd’hui, nul ne peut l’ignorer, même l’irrécupérable misogyne qui sommeille sûrement jusqu’en le cerveau reptilien de nous, femelles, c’est la journée de la femme. On peut discuter de l’impact symbolique d’une telle commémoration une fois l’an. Commémoration funéraire, signe, que dans le monde, nos droits sont loin d’être acquis, assis ?
Cette célébration ressemble par trop à une béquille. Sauf que le convalescent n’est pas la femme mais le corps social à l’échelle mondiale. Réflexions.
Commençons par cette annonce. Dans le champ politique, Simone Veil, figure phare du parti centriste
au pouvoir, haute figure rescapée des camps, et à qui, à jamais, la
femme française devra cet ultime droit lui donnant accès à une
réappropriation légitime de son corps prévalant sur des principes tant religieux que natalistes, la légalisation de l’IVG, a annoncé
aujourd’hui son soutien à Nicolas Sarkozy. Elle présidera son comité
national de soutien. Un ralliement solide qui reflète le flottement des
cadres de l’UDF depuis que François Bayrou a achevé de décentrer le
centre-droit – du moins dans son postulat de campagne. Simone Veil a
justifié son choix par cette phrase qui ciblait François Bayrou : « il
ne représente pas le centre, il ne représente que lui-même. »
Sur la question de l’existence d’une approche féminine du pouvoir, je
vous conseille de lire l’article de Sylvie Kauffmann : « Femmes et
pouvoirs », dans l’édition du Monde en date d’aujourd’hui.
Un article qui se propose d’examiner quelques idées reçues.
Poser une telle question, n’est pas sans incidences, car
c’est admettre une fois pour toute le différentialisme, lequel est souvent posé en des termes abrupts et caricaturaux.
Cependant. Oui, il existe sans doute une approche féminine du pouvoir. Celle-ci découle d’une longue et interminable mise entre parenthèses de la femme dans l'Histoire. Exclusion de la vie politique, minoration de son influence économique et sociale ; c’est-à-dire plus généralement qu’elle a eu à subir une exclusion patente de toutes les sphères du pouvoir.
Tous les moyens d’exercer une responsabilité autre que maternelle lui furent avec acharnement refusés. Non qu’elle ne fut pas apte, mais il fallait à tout prix qu’elle demeurât à sa place, confinée, stagnante. Dominée.
A ce sujet, les dogmes religieux ont fortement contribué à normaliser
cette discrimination évidente en l’attribuant à une volonté fort
difficile à convoquer, l’essence divine.
Une façon habile de dégager en touche. Le sexe mâle ne pouvait être
tenu pour responsable de cette mise en esclavage social de la femme,
puisque seul Dieu avait décidé...
Une telle utilisation des croyances, un tel détournement de la foi
eussent pu détourner les femmes de toute pratique religieuse, à tout le
moins de toute adhésion en leur cœur. Ce ne fut pas le cas. Au contraire,
cette stratégie pour le moins mesquine les conduisit au fatalisme, à un
très certain renoncement, qui, dans le christianisme, a pour nom
: abnégation.
Dans tous les pays, les cultures, les communautés, la femme devait continuer à se tenir au pôle passif du Yin, laissant l’action, le mouvement trépidant, la décision, au Yang. La raison en est simple, l’être humain où qu’il vive a besoin d’esclaves. Les plus riches ont les pauvres. Le pauvre, quand il n’a pas l’étranger encore plus pauvre et marginalisé, a au moins sa femme.
A priori désavantagées par un physique moins résistant – ce fait même est étiologiquement démenti par une anthropologue dans une récente enquête du Monde 2, les femmes ne furent pas toujours, semble-t-il, caractérisées par une force physique débilitante – le sexe « faible » (ça en dit déjà long) dut accepter une très longue succession d’outrages qui se perpétuèrent avec une belle constance : excision, mariage de force, violences conjugales, viol, prostitution, infantilisation, aucune maîtrise de sa sexualité et refus de la laisser décider de ce fabuleux pouvoir qui est sien : donner la vie.
Car c’est bien ce pouvoir exclusif, qui, partout, en tous points du
globe, peut suffire à lui seul à expliquer cet acharnement à donner le
moins de place possible aux femmes dans nos sociétés.
Elles ne devaient pas pouvoir décider de donner la vie ou de ne pas le faire.
L’être humain, contrairement à l’animal, a conscience de sa finitude.
Le pouvoir de mettre au monde revient donc à posséder un pouvoir de vie
et de mort ; l’incroyable pouvoir de suspendre la mort en faisant se
prolonger le cycle de la vie.
On ne s’étonne pas qu’un tel pouvoir ait pu susciter l'envie, voire effrayer.
Ne pouvant supprimer ce fait biologique invariable, le sexe mâle eut ce dernier recours d’empêcher le sexe femelle de l’exercer.
Flattées en tant que mères car canalisées, affaiblies et dépendantes enceinte, coquettes pour se distraire autant que pour plaire dans les milieux aisés, et ne voyant le jour que pour discuter avec d’autres mères ; flattées encore en tant que femmes appétissantes quand le monde devint civilisé et qu’il ne s’agit plus de prendre femme de force (avec un pic de pseudo égalité par le canal du plaisir et du libre jouir au XVIIIEs) ; et encore était-ce tant qu’elles ne succombaient pas et restaient à séduire ; couvertes de cadeaux quand elles sont belles, tenues d'ailleurs de l'être, mais ne devant pas l'être de trop au risque d'être traitées en catins ou femmes-objets ; méprisées pour tout le reste. Son intelligence et épaisseur politique constamment mises en doute.
Décidément tenues à être coquettes, belles, séduisantes, pour qu'on puisse tout autant les juger "glamour" que trancher, sans appel, de leur incompétence à exercer le pouvoir ; convaincus de leur frivolité, de leur superficialité, si éloignées des responsabilités inhérentes au pouvoir et du sérieux qu'il faut pour l'exercer.
Ce fait change bien sûr.
Nous sommes entrés dans une ère de la communication - verbale et visuelle - où l’intelligence,
la diplomatie, censément, ont pris le dessus sur la force. La
contraception a permis aux femmes de maîtriser enfin leur sexualité et
de ne pas voir leur vie réduite à une vie de couches.
Dans le même temps, les hommes ont été touchés à leur tour par une société qui met exagérément l'accent sur l'image, l'apparence. Sur ce terrain qu'ils ont tenu à nous confier, on peut même affirmer qu'ils accusent du retard. A présent, eux aussi doivent être beaux. Ils sont gagnés par le lisse et le jeunisme que l'on croyait dévolus aux femmes. De moins en moins on tolère qu'ils vieillissent. Les acteurs qui vieillissent ne montrent plus leurs rides. Elles sont devenues obscènes. Cette société qui produit de plus en plus de nonagénaires ne veut pas que cela se voit. Le quinqua d'aujourd'hui est bien plus rassuré sur lui-même et sa capacité à séduire (comprendre, à ne pas vieillir) par une piqûre de botox que par une aventure avec une petite jeune de vingt ans.
Ce glissement vers le diktat de l'image n'est pas du fait des femmes. Je ne crois pas qu'il réponde à leur aspiration. C'est le produit d'une évolution. C'est le produit d'une société de consommmation développant de plus en plus frénétiquement le culte de l'image qui n'a cessé de se renforcer des siècles durant, et dont les femmes ne se sont pas dégagés.
En revanche.
Les femmes n’ont plus à pâtir de leur moindre préparation et appétence
pour des affrontements rugueux, dits « virils », quoique certaines
puissent les goûter.
Alors y-a-t-il pour autant une approche féminine du pouvoir ?
Le fait que les femmes en aient été privées si longtemps induit
nécessairement qu’elles en ont gardé collectivement une trace
mémorielle qui dépasse les clivages de cultures, de religions et de
nationalités. Elles ont le sentiment d’accéder à des fonctions qu’elles
n’ont pas encore banalisées. A priori, c’est avec un respect véritable
qu’elles abordent la charge du pouvoir ; qui plus est la plus
haute charge, le plus haut mandat électif, consistant à conduire la politique d'un Etat et son peuple.
La responsabilité d'un enfant est une charge authentique, mais jusqu'à présent elle n'a jamais été valorisée comme elle le devait. Le fait que Ségolène Royal, dans cette campagne, n'hésite pas à mettre en avant son expérience de mère est un indice de changement.
Autre point. Au quotidien, elles ont encore communément à se battre pour l’égalité des salaires (à compétences égales bien sûr…quand elles accèdent à des postes de pouvoir) qui n’est toujours pas acquise ; ou simplement pour ne pas rester confinées à la précarité d’un temps partiel. Le temps partiel reste plus largement proposé – et imposé - aux femmes qu’aux hommes. Elles ont encore à jongler, quand elles en ont (et fait le choix d’en avoir, car avec la contracepion, ce choix leur est devenu possible), avec les astreintes liées au fait d’avoir un ou des enfants à élever. Continuent à effectuer une double journée de travail (bureau, cuisine, ménage, courriers administratifs…). Bref, et même si cette situation évolue significativement, elles ne sont globalement pas assez secondées par leur conjoint ou époux, et ne sont pas assez aidées par des structures de gardes intelligentes (garderies) intégrées à leur entreprise, ou lieux d’exercice du pouvoir (Assemblée Nationale, Elysée, Sénat, Institutions…).
Le fait qu’elles puissent vouloir s’épanouir dans leur vie
professionnelle sans pour autant sacrifier leur vie de mère, continue,
dans un monde de l’entreprise qui ne s’est pas assez adapté à elles, à les
couper des postes les plus prenants. Une femme qui se présente à un
poste de cadre sup’ et de dirigeant reste une mère en puissance
soupçonnée de pouvoir poser un congé maternité dès après l’embauche.
Le service RH n’hésitera alors pas, pour s’assurer du contraire, à lui
poser les questions les plus indiscrètes, et au fond peu admissibles, sur
sa vie privée. De même que le recruteur partira du principe que s’il y
a enfants, le père ne partagera pas cette charge avec la mère.
Embaucher un homme, c’est donc prendre un risque moindre. Une discrimination à l’embauche que continue à vivre les femmes.
Ce passif admis, l’ardoise n’est pas sans apporter à la femme compétitrice, qu’il s’agisse d’un poste de dirigeant économique ou de dirigeant politique, un avantage sur ses concurrents masculins. Cette vie quotidienne bien remplie et chargée d’astreintes leur confère, outre une éventuelle combativité accrue, un sens, autant inconscient qu'empirique, de la solidarité, de l'efficacité organisationnelle, de l'endurance, du pragmatisme.
Encore une fois, les faibles occurrences de plein exercice des plus hautes responsabilités laissées aux mains des femmes, les conduit, de prime abord, à nourrir un rapport éthique plus exigeant quant aux charges qu’elles reçoivent. Un plus grand respect des responsabilités et volonté inflexible de ne pas s’en laisser détourner, de ne pas se laisser corrompre.
Autre vecteur discriminant : le langage. Combien d’expressions, de
mots, d’usages qui renvoient à une histoire de la domination masculine.
Combien peu de titres de prestige se mettent au féminin. La langue
française prend le pli mais l’évolution est lente. Patience, l’Académie
se féminise !
Malgré ces conclusions, générales et génériques, qui découlent d’observations historiques de bon sens, chacune d’entre nous, quoiqu’appartenant à une histoire collective où les femmes, négligées, ont à s’approprier le pouvoir, reste singulière. Aucune femme et candidate n’est le clone d’aucune autre, heureusement.
Chez certaines sans doute, le goût de la revanche peut l’emporter sur
une certaine bonté et un grand respect pour la charge confiée.
La dame de fer appartint peut-être à cette génération de femmes
paradoxalement misogynes, qui voulurent, comme complexées, agir à
l’égal, et strictement à l’égal, singeant pour ce faire tous les
systématismes de l’homme au pouvoir.
J’espère que nous en sommes sorties.
La possibilité d’avoir à notre tête une femme pour la première fois de
notre destin commun est un moment historique, un événement dont la portée symbolique reste encore difficilement
mesurable. Peu importe alors de fixer si, oui ou non, sa manière de gouverner pourra être qualifiée de "féminine". A toute société, pour progresser, il faut des modèles. Des modèles universels. Or, à l'heure actuelle, l'universalité semble se borner au seul "universel", substantif de genre masculin.
En Europe, nous ne sommes pas les meilleurs élèves. La parité en
politique est loin d’être convaincante, sans compter que ce n’est pas seulement le nombre qui fait le progrès mais la nature des fonctions
conquises.
Alors au vu de ces constats, au-delà d’un simple effet de
communication, quand Ségolène Royal déclare : « liberté, égalité,
sororité », elle s’inclut dans une lignée féministe, qui, apaisée, sereine, sans esprit de revanche, veut contribuer à ce qu’aucun sexe ne
s’affirme au détriment d’un autre, mais que chacun soit reconnu et
s’épanouisse jusqu'au jour glorieux où nous n'aurons plus à débattre de nos mérites génériques, préférant mettre l'accent sur l'individu, la personne et la personnalité qui lui est propre. Ce jour là, évidemment, la journée de la femme n'aura plus de raison d'être et ce sera tant mieux.
Mais il y a encore tant à faire. Message à la génération dont je suis. Nous avons de la chance et ne devons pas rejeter le féminisme comme un archaïsme. Je constate que les jeunes hommes sont souvent plus féministes que les jeunes femmes. Nous devons saluer le courage de celles qui nous ont précédées, nous souvenir, et soutenir quand il y a lieu. D'autant que si en France, du chemin a été parcouru, le statut de la femme dans le monde reste peu enviable. Selon un rapport du Bureau Internationale du Travail (BIT), daté de mars 2007, « il n'y a jamais eu autant de femmes sur le marché du travail mais elles continuent de souffrir des disparités de statut, de sécurité de l'emploi, de salaires et d'éducation entre hommes et femmes, selon un rapport du Bureau international du travail ». 60% des travailleurs pauvres sont des femmes. A lire cet article du Monde, « Les femmes qui travaillent sont plus nombreuses, mais plus discriminées. »
Terminons sur ces chiffres. Un sinistre bilan qui date de 2000. (source : http://fraternet.com/femmes/chiffres.htm).
La République française a pour visage une femme. Ira-t-elle jusqu'à
rendre concret, effectif, le choix symbolique de sa Marianne ? L'osera-t-elle ?
L’émergence d’une prise de pouvoir politique par les femmes dans les pays occidentaux qui pèsent sur l’économie mondiale, (Allemagne, et bientôt Etats-Unis, France), peut faire espérer à des millions de femmes un rééquilibrage, une représentation puissante. Enfin !



Bonjour, tu n'aurais pas juste un peu confondu avec Simone Weil avec Simone Veil ?
Trop de culture tue la culture ...
Franssoit
Rédigé par: franssoit | le 08/03/2007 à 16:59
Et trop d'"avec" ???
Rédigé par: franssoit | le 08/03/2007 à 17:00
Quel travail de veille :D, Franssoit ! Je devrais t'engager comme correcteur. Blague à part, c'est le signe, soit d'une intense fatigue, soit simplement vous signifie que je prise davantage la philosophe qui elle prend un -W (je suppose que tu la connais) que la figure politique de l'UDF. Je te laisse relever d'autres éventuellles coquilles et réagir sur le fond, si tu le souhaites, je dois partir.
Bonne soirée.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 08/03/2007 à 17:10
Elise, Elise, Mais qu'attends-tu pour la rejoindre ?
le ralliement de Simone Veil traduit plus sûrement le feu à l'État-Major de l'UMP qu'autre chose. A 80 ans que vient-elle donc faire dans cette galère ? Je me le demande. Je l'ai connue plus inspirée en effet quand il lui a fallu lutter contre Michel Debré notamment et la droite la plus conservatrice pour faire passer la loi relative à l'IVG dépénalisant l'avortement.
Rédigé par: Marcus | le 08/03/2007 à 21:44
J'avoue que je suis très sceptique par rapport au fond pour une raison assez simple, tu as tendance à généraliser beaucoup trop systématiquement.
Tout au long de ton article tu utilise "les femmes" comme si elle étaient toutes identiques, subissant les mêmes contraintes, faisant les mêmes choix, visant les mêmes buts.
Les femmes n'accèderont pas au pouvoir avec (éventuellement) Ségolène Royal. L'une d'entre elles seulement y aura droit.
Je pense que les femmes (et là je peux généraliser) sont des individus, les hommes aussi d'ailleurs. La seule chose que les femmes ont en commun et que n'ont pas les hommes, c'est un sexe de femme. Mais même la possibilité d'enfanter n'est pas une différence. Autant un homme ne le fera jamais (au sens ou "une femme" le fait), autant toutes les femmes n'ont pas cette possibilité. Cela voudrait-il dire qu'une femme stérile n'est pas une femme ?
A côté de cela il reste une approche statistique qui fait que les individus femme sont en effet moins souvent aux postes de "commandes" que les hommes. C'est vrai. Mais je ne pense pas que ça suffise à réduire les individus à leur genre.
Tu reconnais toi-même l'aspect trop général de ton article, mais ça n'empèche qu'il est là comme ça. Et tu maitrises trop la langue (à part les W) pour que ce soit un hasard.
Un point ou je suis par contre d'accord avec toi c'est sur le langage, je me demande d'ailleurs d'où vient cette "sexualisation" des mots, avec les deux genres masculin et féminin associés à homme et femme ?
Rédigé par: franssoit | le 08/03/2007 à 21:50
Voter Ségolène où plutôt ne la lâchez pas parce que c'est une femme, c'est vraiment la dernière ligne de défense. Pas sûr que ça suffise, même et peut être surtout d'ailleurs pour l'électorat féminin. A mon avis.
Rédigé par: Marcus | le 08/03/2007 à 21:57
C'est que tu me lis mal, Franssoit, ou dans un esprit partisan. :) Je crois avoir écrit assez intelligiblement que nous devons sortir des mérites génériques pour valoriser l'individu et non pas un sexe, mais pour ce faire, encore faut-il qu'un sexe ne soit pas, partout sur la planète, toujours et encore à la marge de l'autre quand il n'est pas menacé. Suis-je claire ?
C'est parce que je crois que nous ne sommes pas identiques, pas des clones les unes les autres, comme toi tu n'es pas le clone d'une entité mâle clairement identifiée, que je préfère parler des femme-S que de la femme.
Marcus, elle est en effet la première candidate à être en position d'être élue Présidente de la République française, mais rassure-toi, ce sont à ses idées que je me rallie. Jamais je n'aurais soutenu, allez, au hasard, Alliot-Marie.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 09/03/2007 à 08:40
Merci de me mettre le nez dans le caca de mes capacités déplorables de lecteur, ... Tu as peut-être bien raison sur ce point.
Par contre j'ai un esprit certainement très subjectif (d'ailleurs je ne vois pas comment il pourrait en être autrement) mais je ne pense pas partisan ?
Tu es très claire dans ta réponse à mon commentaire, oui. Dans ton article, moins ;-)
Rédigé par: franssoit | le 09/03/2007 à 10:51
Frannsoit, c'est sans doute parce que ma réponse est synthétique, quand mon analyse nécessairement fut longue, et que ton attention a fléchi, car tout ce qui te paraît clair y est, les limites (du différentialisme, limites de l'approche féminine du pouvoir...), les nuances. :) Merci pour tes réflexions et bon week-end.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 09/03/2007 à 10:58
Il est clair, à la lumière du sort fait à Ingrid Betancourt et Aung San Suu Kyi, que la vie des femmes en politique est trop souvent un long chemin de croix. Ces deux là, Élise, je les vénère. Mais sans vouloir enfoncer le clou, ce n'est pas à proprement parler le parcours politique de ma Présidente de Région. Je ne veux pas être trop sévère, mais le charme et la séduction de la bataille pour le PS à laquelle j'ai été sensible ne semble plus opérer. Je sens tout cela bien loin du désir d'avenir initial.
Dès lors, je pense que le risque est grand pour elle et le PS de voir son score dévisser dans les urnes. Tu ne peux nier à cet égard que le doute s'est installé à gauche et pas seulement au PS et qu'il est plus profond, en tout cas moins bien contenu, qu'à droite.
Les sondages de second tour entre les deux candidats "qualifés" d'avance auront certainement produit, à cet égard, un effet dévastateur.
"La République française a pour visage une femme. Ira-t-elle jusqu'à rendre concret, effectif, le choix symbolique de sa Marianne ? L'osera-t-elle ?"
C'était bien essayé Élise, mais je crois que cette mayonnaise là ne prendra pas, y compris et peut-être même surtout dans l'électorat féminin. Je ne crois pas que cela puisse devenir l'ultima ratio de cette élection. Mais bon, l'élection est encore loin.
Rédigé par: Marcus | le 09/03/2007 à 11:24
Il me serait facile, Marcus, de te répondre en soulignant le défaut de la cuirasse patent du candidat "centriste" que tu promeus, le confort, la spéciosité, le non-choix de son positionnement, mais il se trouve que je viens de le faire sur ton blog.
Tu cites deux femmes exemplaires que tu opposes à SR. Allons ! Puisqu'il faut comparer, François Bayrou a-t-il la densité historique et le charisme d'un de Gaulle, l'intelligence et la culture d'un François Mitterrand, et même la finesse d'un Mendès. Est-il une figure héroïque que l'on vénère, nouveau Che Guevara pour le centre. Et pourquoi pas un Hugo ! Mais les héros sont rarement du centre, car ils font des choix, ils s'engagent clairement.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 09/03/2007 à 11:32
Que dire, Élise ?
Rédigé par: Marcus | le 12/03/2007 à 11:46
Que ces réactions sont effondrantes ? Qu'instruire un procès en incompétence à qui, énarque plusieurs fois ministre, présidente de région, connaissant tous les rouages de l'appareil d'Etat, a déjà plus que fait les preuves de sa compétence, et à qui au fond l'on ne reproche que d'être une femme en situation d'être présidentiable, est intolérable. Que cette animosité est manifeste dans l'acharnement à la vouloir incompétente mais aussi dans l'utilisation indigne du sobriquet "Marie-Ségolène", constant, sempiternel, qui, s'il amuse très certainement celui qui y a recourt discrédite le contenu et l'objectivité du discours de celui qui en use. Que personne ne reproche au candidat que tu soutiens d'être incompétent alors même que depuis le début de la campagne son programme est une énigme, séduisante arlésienne pour ceux, sans doute, qui prisent plus la forme que le fond, mais tellement triste pour ceux qui ont plus d'ambition, l'ambition d'aimer et de savoir l'importance qu'a la politique quand on la laisse exprimer toute son excellence et qu'on ne la réduit pas au pathétique spectacle d'une révolte médiatique, certes, et touchante qui plus est, mais peu crédible, commode très certainement, et surtout hors-sujet. Ne perdons plus de temps avec les nouveaux béni ni-ni, parlons de la France et d'orientations concrètes, crédibles, appuyées par un passé et, par, et oui, un parti, quand bien même celui-ci devra être dépassé (ce qui suppose préalablement de l'avoir avec soi) pour que le ou la future présidente élu(e) incarne toute la France. Personne n'a encore à reprocher à François Bayrou de notables boulettes mais c'est parce qu'il ne s'exprime pas sur des questions politiques, il zappe le fond, préférant miser sur la forme, comment juger dans ses conditions de sa compétence à être ce qu'il voudrait incarner ? Parlons de qu'il affectionne et de ce qui fait son succès, la forme. Il se cantonne à être un Zapata de la droite, Bové du Béarn version conservateur, prenant la pose sur son tracteur en terre natale. La position est nouvelle, cela encore une fois peut séduire, et surtout c'est moins casse-gueule. Pas de rencontres à l'étranger (pour un futur président, ça la fout mal), pas de risque d'erreur, le calendrier lui aussi est plus light comme le discours, on branche le disque du ni gauche ni droite et on avance dans les sondages. C'est ça la politique ? C'est ça une élection présidentielle dans un pays comme la France ? L'on nous propose donc de jouer à la roulette russe quand il s'agit d'élire le chef d'Etat de la cinquième puissance mondiale ? A fortiori au sein d'une cinquième république qui lui donne presque tous les pouvoirs ? Quand son élection aura un impact véritable sur nos vies à tous mais encore un impact sur la politique mondiale, sur la place de la France dans le monde, sur son action et volonté de s'investir dans des chantiers "justes", sur la définition des priorités ? Je veux croire que cette parenthèse distrayante du fond primant sur la forme sera bientôt refermée. Retrouvons le goût des enjeux et de leur juste nature, ne nous trompons pas sur eux, retrouvons notre ambition.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 12/03/2007 à 18:10
François Bayrou n'était pas mon propos Élise.
Ceci étant puisque tu en parles, le Monde de l'Éducation du mois de mars propose une analyse, à mon avis intéressante, de "la tentation du centre". A Lire ICI
S'agissant de la déclaration de Ségolère Royale au journal Le Monde du 11.03.07, n'était-il pas évident que ses propos allaient susciter un tollé chez les militants et sympathisants de son propre camp.
Encore heureux que la télé ne les a pas repris.
A ce stade de la campagne, étaient-ils opportuns et utiles au fond du débat politique que tu appelles de tes voeux ?
Les choses ne sont donc pas si simples Élise.
Rédigé par: Marcus | le 13/03/2007 à 00:47
La "tentation", tout est contenu dans le titre. Pas si simple, en effet, Marcus, je te rejoins. Et c'est en raison du faible intérêt du propos que tu cites en proportion du reste, quoique parfaitement exact dans l'absolu, que les médias ne s'y sont pas arrêtés outre mesure. Sans compter qu'aucun contexte ne nous en est donné. Il est si facile de tronquer. Si "tentant", aussi.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 13/03/2007 à 19:28