"Comme dans une kermesse de village en Bretagne" - Les femmes de Bangalore
C'est au tour François (alias Franssoit dans la blogosphère, cliquez sur son "blog en tranches", drôle, varié, caustique, jamais méchant) de nous faire partager un souvenir, un moment inattendu, mais aussi sa philosophie du voyage, à travers trois instantanés. Trois photos comme trois fenêtres sur les autres. Le vrai voyage dans le voyage.
Ecoutons-le :
" Il y a deux ans, j'étais en Inde, à Bangalore, pour mon boulot.
Impossible de décoller du quartier touristique où les chauffeurs de l'hôtel nous déposaient systématiquement devant les commerces qui les payaient pour. Et difficile d'éviter les collègues, ...
Alors le dernier jour, j'ai choisi le temple le moins spectaculaire, le moins demandé, pour être certain de ne pas être accompagné, et je m'y suis fait déposer. J'ai réussi à fausser compagnie à mon chauffeur et je me suis volontairement perdu dans des quartiers ordinaires, avec des gens qui vivent leur vie tout simplement. J'étais à peine regardé, pas de mendiants sauf une bande de gamins. Et de la vie partout.
Des magasins, des ateliers, des gosses avec leurs parents, un tournage de film, une très très jolie lycéenne morte de rire que je lui demande un renseignement. Des vaches, bien sur, des motos "usées", des étalages de fruit.
En passant devant un porche, je vois une foule réunie dans une cour, une oratrice à une tribune. Je m'avance timidement en tendant le cou pour voir ce qui se passe, un homme me fait signe d'entrer, je montre mon appareil l'air interrogateur, il me fait signe que oui, je peux. J'entre, je fais quelques photos, je demande de quoi il s'agit à une femme qui m'emmène vers deux autres plus agées dans une petite pièce sur l'arrière. Elles m'expliquent, j'en ai retenu qu'il s'agissait de la fête d'une association dédiée à l'éducation des femmes. Tout le monde était très gai, comme dans une kermesse de village en bretagne...
La dame "la plus volumineuse" à gauche sur la photo est la
présidente de l'association. Elle veut bien que je les photographie et
elles prennent un air sérieux. Je remercie et je m'en vais.
Ce n'est pas grand chose, ce n'est pas un évènement, mais moi j'ai passé un moment exceptionnel, parce que j'étais seul, totalement disponible, que j'avais mon appareil photo (mal réglé d'ailleurs à cause du temple bien sombre que j'avais visité avant).
J'ai pris un rickshaw pour rentrer, retrouvé mes collègues à leurs achats et négociations.
A chaque voyage, j'essaie comme ça de m'échapper. C'est toujours très court mais souvent de grands moment de bonheur très simple."
Si vous aussi vous voulez participer à cet album ouvert sans frontières pour nous faire partager le parfum d'un instant, ici ou ailleurs, votre échappée belle, l'arrimage à une culture, le fragment d'un photo-reportage improvisé, le goût d'une rencontre, merci de me faire parvenir vos photos légendées (maximum 3) par e-mail. A bientôt !



Merci de cet affichage.
Rédigé par: franssoit | le 19/03/2007 à 20:53
Merci à toi de nous avoir permis de partager ces instants photographiques. J'ai une affection particulière pour la dernière photo que j'ai reprise en vignette en titre. L'une regarde ailleurs mais tant de choses passent dans le regard de la première : une sagesse un peu lasse mais de cette sagesse qui n'est pas amère.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 20/03/2007 à 08:31
Je viens juste de m'apercevoir que je dis dans le commentaire "tout le monde était très gai" et sur les photos tout le monde fait la gueule ?
Le souvenir est-il faussé ou le hasard de l'instant de déclenchement et du choix des photos a-t-il mis sa marque ? Il n'y a pas de hasard.
Rédigé par: franssoit | le 20/03/2007 à 10:38
Rien n'est hasard ou si peu, mais est-ce que ce n'est pas le fameux figé qu'introduit l'appareil photo, le fait que certains d'entre nous, par instinct, ont une réaction de recul devant l'objectif, qui donne l'illusion que l'assemblée était peu souriante ? :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 20/03/2007 à 11:43