Symboles
C’est un cliché que j’ai pris en retrait du seul régnant de l’Egypte, sa majesté Le Sphinx.
Pourquoi traduire ce souvenir ? Pourquoi maintenant ? Peut-être parce qu'il me fallut du temps pour décanter le soleil. Et retenir la lumière plutôt que l'insolation, la fascination et le dépaysement faciles. C’était au mois le plus chaud, ou presque. Au point culminant du tourisme de masse. Il fallait se garder de trop fixer le ciel brûlant d’orangeries assiégées. L’Egypte. Dans cette Egypte touristique où les militaires, les chameliers, les conducteurs de carioles, les vendeurs, vous sollicitent sans cesse ; où les indigènes comprennent mieux l’euro que vous et cherchent à vous vendre l’invendable, à peu près partout derrière vos Ray-Ban. L'Egypte kitsch jusqu'à l'overdose. A nous la faute, mais. Ces deux garçons qui ne demandaient rien m’ont paru insolites. Une grille entre mon objectif Leica et eux. Une grille entre la Grande Pyramide et mon petit voyage dans le sentier balisé des autocars grégaires. Est-ce que j’ai su la voir, l’Egypte ? Est-ce que j’ai su prendre la pleine mesure de la densité de sa culture, au-delà des clichés ? Une culture inépuisable mais qu'épuise un business qui prend le pire des économies développées et de celles en développement. J’ai voulu prendre la tangente, c'est vrai. Fuir le monumental pour une perspective plus intime. Et à chaque fois, j’ai entraperçu le désarroi de son tissu social. L’enfermement d’un pays magique dans un schéma de l’hypertourisme archaïque, nuisible. Ses plus grands trésors, elle qui en regorge, demeurés cachés. Comme si nous n'en étions pas dignes.
Une remise en question qui me touche d’abord, moi, touriste occidentale. Est-ce que j’ai su aller à sa rencontre et dépasser la grille ? C’est la puissance du symbole que j’ai voulu fixer ici.
Autre symbole,
la course de cet enfant que je n'ai pas eu le temps de cadrer. L’avenir de l’Egypte, justement, hors cadre. Son espoir. Sa gloire. Et ce patrimoine époustouflant à lui transmettre.
Je vous propose de partager ensemble des instants qui nous ont semblé importants et que nous avons fixés sur la pellicule. Pour ce faire, envoyez-moi par mail la photo de votre choix assorti d’un commentaire qui la contextualise. J’indiquerai votre nom ou votre alias, votre pays ou ville, et votre blog. Il n’y a rien à gagner, juste à partager. A bientôt.




Heureusement que tu n'as pas eu le temps de cadrer la deuxième, elle est très bien comme cela.
Avec en "punctum" le truc qui sort de terre derrière le gosse.
Voilà un Leica bien employé.
J'aime bien les photos qui introduisent le décor autour de la star.
Rédigé par: franssoit | le 16/03/2007 à 21:15
Beau texte et belles photos.
Rédigé par: Michel | le 17/03/2007 à 08:15
Oui, et surtout s'il s'agit d'un reportage, le hors-cadre est souvent en effet vivement sollicité ! ;)
Merci Michel et merci Franssoit de t'y être prêté. Les photos de Bangalore sont en ligne. J'invite tous ceux qui ont envie de nous faire partager leurs meilleurs instants à faire de même. :))
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 19/03/2007 à 10:23
Superbe tes photos !
Le texte est excellent aussi.
Décidemment, quel blog de qualité!
Rédigé par: Thibault | le 20/03/2007 à 20:57
Quel reportage! et quelles photos!... Viens un jour en Roumanie, je te servirai de guide et te ferai découvrir un pays comme tu les aimes.
Rédigé par: ecaterina | le 20/03/2007 à 22:33
Bonjour et merci Thibault, et merci Ecaterina pour cette proposition fort sympathique et tentante. J'imagine que cette Roumanie qui oublie les jours sombres dans l'Europe recèle bien des trésors. :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 21/03/2007 à 10:38