Trafic d’os
On connaissait les trafics d’ivoire. Signature blanche du colonialisme en terre d’Afrique ou indienne, aujourd’hui interdits. Les cimetières d'éléphants retrouvant la paix du sépulcre. La défense d'abattre la bête à défenses. En principe.
On connaît moins les trafics de T.Rex, d’ours des cavernes ou de mammouths préhistoriques. Du moins, les profanes les découvrent-ils. Car les spécialistes en sont, eux, familiers.
Ces trafics sont légaux. Ils ont lieu en amont des expositions que vous pouvez admirer dans les plus grands muséums du monde entier, où il s’agit pour un musée, de négocier le prix des squelettes et fossiles à leurs découvreurs ou passeurs. Ces négociations s’étalent aujourd’hui de plus en plus fréquemment en salles des ventes. L’os de mammouth est tendance… Pire, design ! Imaginez cette architecture biologique vous toiser du haut de ses presque 4 mètres...
Christie’s se lance dans cette envie déco d’un nouveau genre qui ne contamine plus que les vrais passionnés, les puristes, les amoureux de la science. Evidemment, les paléontologues s’en inquiètent. Ils peuvent perdre la possibilité d’accéder aux spécimens les plus rares. 50 à 80 000 euros pour un fossile de poisson-ange de l'ère tertiaire - il n'en a été découverts que cinq dans le monde. Car mis à prix, un trésor pour les sciences naturelles, peut fort bien, au mieux, pour un paléontologue européen, se retrouver à l’issue de la vente, dans un musée de Tokyo, comme il peut être acquis par un enchérisseur privé qui taira son nom et demeurera introuvable. Black-out pour la science. La science ne devrait pas avoir un prix, pourtant elle en a un !
Le visiteur peut ainsi admirer chez Christie’s, avenue Matignon, un Rhinocéros laineux de l’âge de glace de 4m10 de long. Sa mise à prix ? 55 000 euros. Le mammouth est estimé lui entre 150 000 et 180 000 euros. La vente aura lieu le 16 avril 2007. Elle réunira « Mobilier et Objets d'Art, Tableaux Anciens et du 19ème siècle, Orfèvrerie, Céramiques Européennes et Verre, et un ensemble d'Objets d'Histoire Naturelle »
Pour information, un spécimen de Tyrannosaurus Rex avait atteint, il y
a bientôt dix ans (4 octobre 1997), dans une vente organisée par
Sotheby’s, à New York, et qualifiée d’historique, le chiffre-mastodonte
de 8 362 500 dollars.
Décidément, oui, la science a un prix.
Comment alors garantir un droit de préemption par les musées, meilleurs garants de la protection, mise en valeur et exploitation scientifique mais aussi, mise à disposition du public de ces pièces de collection, de cette mémoire de la Terre qui nous appartient à tous ? Doit-on et peut-on réguler le marché de l'art pour qu'il conserve un sens, et au-delà de la redistribution marchande, une mission ?
Source, cet article du Monde.



Et le pire, c'est qu'il n'y a rien à grignoter, c'est tout propre...
Rédigé par: franssoit | le 22/03/2007 à 10:34
L'éléphantus Solférinos, un animal qui vend chèrement sa peau. :-)
Peut être que, d'ici quelques milliers d'années, le squelette vaudra quelque chose.
Rédigé par: marcus | le 22/03/2007 à 14:00
Farceurs que vous êtes ;), oui, si nous avons assez de souffle pour enchérir dans un millier d'années! :)
Rédigé par: Elise Mark-Walter | le 30/03/2007 à 12:10
Bonjour
je refais surface après une bien longue absence....
J'ai entendu parler de la mise à prix à 260 000 euros pour le squelette de mamouth...
un peu fou
A bientôt
Bises
Rédigé par: jean-charles | le 23/04/2007 à 17:17