Déjeunez sur l’herbe !
Et si vous pique-niquiez aux portes des musées ? L’offre muséale parisienne est, en ce moment, particulièrement attrayante.
Quand Le Louvre propose un jeu de piste fascinant sur les traces du
sculpteur grec Praxitèle, Le Grand Palais réplique par une exposition
envoûtante consacrée à l’Inde Classique. Le Musée du Luxembourg tente
une sortie en F2, avançant son pion de cristal, le cristallier Lalique.
Mais c’est D’Orsay, qui, en ce début de printemps où il fait bon paresser
en terrasse remporte, semble-t-il, la mise. Respirez à pleins poumons,
D’Orsay nous offre un grand bol d’air....en plein Paris. Comment résister
à son exposition temporaire (6 mars-13 mai) « La forêt de
Fontainebleau, un atelier grandeur nature.» Prenez vos pinceaux et transportez-vous dans un haut lieu symbolique.
De Corot à Picasso, D’Orsay, tout au long d’une multitude de salles comme autant d’huiles au trésor…nous ouvre sa haute futaie.
Nous effeuillons les maîtres (Manet - Le Déjeuner Sur L’Herbe prenait bien sûr pour décor la forêt de Fontainebleau-, Monet, Courbet, Corot, Millet…), redécouvrons le sculpteur animalier Antoine-Louis-Barye aussi à l’aise avec un pinceau qu’armé d’un burin. Célébrons le talent du barbizonien parangon,Théodore Rousseau. Saluons le charme agreste toujours élégant d’un Paul Huet. Applaudissons à la maîtrise du clair-obscur d’un Narcisse Diaz de la Pena. Découvrons les clichés de Cuvelier, Gustave Le Gray. Fondons devant la neige fondante d’un Cézanne !
Demeurons ébaubis par l’inclassable Odilon Redon dominant lui aussi son Barbizon.
Bref, tous ont été séduits par l’ancienne forêt royale de Fontainebleau.Tous. Peintres comme écrivains, trouvant aux abords de Paris un lieu métaphorique si vaste, si divers, si magnétique, qu’il pouvait à satiété figurer n’importe quel endroit du monde au gré des fantasmes de l’artiste du XIXe, réunissant dans la même adoration rêveuse, romantiques et réalistes ; que ceux-ci y vissent l'Italie, la Suisse ou encore les rivages sablonneux de l'Orient. Les chaos rocheux de Fontainebleau, ou au contraire la douceur du Pavé de Chailly, puis l’air nomade de son sol silicieux planté de chênes puis de bouleaux, ses grottes soudaines, son relief changeant et sa lumière unique, les y attachèrent, les y enracinèrent.
Le philtre est si puissant, qu’à peine sortis du musée d’Orsay, vous ne songez qu’à vous abreuver, vous aussi, à la fontaine bleue de Fontainebleau. In vivo.
A mon tour donc de vous livrer mon petit portfolio dédié à Fontainebleau.
722 - quelque part à la naissance de la douce gorge d'Avranche.
Puis photo en triptyque d'une souche inspirée par la toile de Félix-Hippolyte Lanoué, «Fontainebleau, tronc d’arbre dans une clairière ».
Etude à la française, puis à l'italienne. Je termine sur un oiseau très emblématique de Paris. ;)





Bonjour Élise (avec un i)
Cette fois c'est sûr les beaux jours sont là.
Ton article est charmant comme le retour des hirondelles.
Toutefois, Pour la peinture, la peinture italienne a toujours ma préférence.
Je m'étais déplacé pour l'expo Titien au Palais du Luxembourg.
Toujours sur la peinture, un site très documenté que j'aime beaucoup : web Gallery Of Art
Rédigé par:Marcus | le 12/04/2007 à 21:39
Bonjour Marcus, le romain. :)
Marcus, par peinture italienne j'imagine que tu fais référence au quattrocento italien, mais tous les goûts sont... dans la peinture. La palette est si dense que l'on peut rester dans une admiration, une fascination qui ne se dément pas pour les grands maîtres de l'école italienne, et s'émerveiller d'autres couleurs, d'autres techniques, d'autres écoles, d'autres attractions séculaires, d'autres thèmes, d'autres sensibiltés, d'autres génies, tenter de saisir d'autres papillons de gouaches, du figuratif à l'abstrait en passant par l'étonnante abstraction lyrique. :)
Merci pour ce lien. :)
Rédigé par:Elise Mark-Walter | le 13/04/2007 à 18:44
Tu as raison Élise, chacun peut trouver son bonheur.
Mais effectivement, le mouvement artistique qui s'est développé en Italie au XVe siècle, en particulier à Florence (une ville à visiter absolument) me touche beaucoup. Les liens étroits entretenus par notre pays avec les Medicis font que cette peinture ne nous est pas totalement étrangère non plus.
Et au final, quand on pense également à la peinture espagnole, flamande, russe et scandinave, et à l'école française aussi… je crois que nous pouvons être fiers d'être européens, tout simplement.
Rédigé par:Marcus | le 14/04/2007 à 09:16
Bonjour Elise, merci pour ce dejeuner délicieux!
Et, Marcus, avec ça tu ne nous dis pas ce que tu as pensé de l'expo Titien. Moi aussi j'étais venue à Paris la voir en décembre. Alors, tu l'a trouvée comment?
Rédigé par:ecaterina | le 16/04/2007 à 10:15
J'ai été très impressionné par les portraits de femme, plus que par ceux des princes où des prélats italiens.
Je suis assez d'accord avec toi en ce qui concerne l'éclairage qui n'était pas top (tu m'en a parlé dans ton message).
La présence de toiles relevant de collections privés me laisse pantois. J'imagine le (la) propriétaire en train de dire : "venez voir mes tableaux de Titien… Ah et j'ai aussi quelques Botticelli à l'étage…
Rédigé par:Marcus | le 17/04/2007 à 17:02
Super ta rematque sur les collectionneurs privés!... "...oui, et un petit Sisley dans la chambre du bébé, ses couleurs l'apaisent".... Blague à part, ça doit être génial.
à bientôt
Rédigé par:ecaterina | le 19/04/2007 à 11:45