Inspiré par « For all our woes, blame the obese » paru dans le New York Times du 4 novembre.
Ce viatique-brûlot n’est évidemment pas de chez nous mais made in USA.
On peut ainsi lire sous la plume de Gina Kolata, journaliste au NYT, que les obèses (où ils sont nombreux) seraient maintenant devenus la bête noire de l’américain moyen (pas trop obèse). Plus stigmatisés, culpabilisés que…les fumeurs et les alcooliques. My god ! C’est possible, ça ?
La dernière accusation à la mode serait de les rendre responsables du … réchauffement de la planète ! Tablant mesquinement sur le fait qu’ils consomment plus de tout, produisent donc plus de déchets et brûlent plus d’énergies non renouvelables, utilisant davantage la voiture puisque moins mobiles. Ils augmentent donc les gaz à effet de serre…CQFD !
Leur surconsommation polluante a fait l’objet d’études chiffrées. Venant de la nation la plus puissante et irresponsable au monde quant à sa prédation environnementale, ça fait sourire…
Navrant mais pire que ça encore.
Atterrée par ce que je lisais sous cette plume très sérieuse et implacable, me sentant de plus en plus solidaire de ces nouveaux boucs-émissaires, je ne m’étonnais pas de la chute. A force de les culpabiliser, croyez-vous que l’obésité soit en régression ? Bien sûr que non ! La journaliste américaine fait un parallèle intéressant avec la cigarette. Il ne suffit pas d’arrêter de manger pour cesser d’être obèse. Car l’obésité répond grandement à un facteur génétique.
Pourtant la suspicion semble indélébile. On suspecte un manque de volonté. Et on fait de l’obèse un sans volonté, un loser.
L’obèse qui a déjà à lutter avec une maladie, et également avec son comportement alimentaire, certes, n’est plus représenté à l’écran sauf à être campé sur le registre comique, devenu objet de honte et de haine d’une société américaine qui l’enfante en masse mais le renie.
D’ailleurs à regarder leurs productions, on s’imagine la société américaine de plus en plus uniformément multi-ethnique (et fière de l’être…), belle et svelte. Un leurre, of course. Il me semble que quelques années en arrière, la société américaine cherchait peut-être moins à gommer le fruit de ses « bad habits » alimentaires. De son indigence culturelle - quand il s‘agit de gastronomie qui se conjugue à merveille avec cuisiner du bon, du varié, de l’équilibré – payant aussi son j’m’en foutisme patriote protectionniste in hell.
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