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Interview Blog emploi Challenge

  • Le Blog Emploi Challenge
    En cliquant sur ce lien, vous vous ferez une idée de mon parcours, de ma recherche, de mes projets, sans doute + précise qu'à travers la lettre de motivation qui figure sur mon blog. Merci à Bertrand Duperrin qui a réalisé cette interview.

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    Marguerite Yourcenar: Les mémoires d'Hadrien
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    revue Europe: Littératures de l'Inde
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  • D'Holbac: Histoire critique de Jésus-Christ
    Ce n'est pas une posologie de l'athéisme façon Onfray, philosophe qui n'a pas le centième du talent du baron d'Holbac. C'est un raisonnement réinventé, plus rigoureux, une méthodologie critique extraordinairement facile qui s'applique ici aux miracles de la foi chrétienne par l'un des plus grands penseurs et inventeur du matérialisme philosophique.
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    Spinoza: L'éthique
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  • James Joyce: Ulysse

    James Joyce: Ulysse
    Un livre tout smplement inépuisable. D'une complexité narrative délicieuse. Il a tout réinventé, cet homme. Lire aussi Dedalus, et si vous avez le cerveau en forme, Finnegans wake, of course.

  • Jack Kerouac: Les clochards célestes
    Jack Kerouac, le plus grand écrivain de la Beat generation. Plus grand encore que Ginsberg ! Bien moins connu que "Sur la Route", c'est pour moi son chef d'oeuvre avec le new-yorkais "Big Sur". A lire en grand format, NRF gallimard.
  • : Le guide Hachette des vins

    Le guide Hachette des vins
    La référence pour les amateurs de vins.

  • Brigitte Aubert: La mort des bois

    Brigitte Aubert: La mort des bois
    Amateurs de polar, c'est son meilleur ! Dans cette série, tout se passe depuis le point de vue de l'héroïne paralytique et muette. Brigitte Aubert dont tous les polars sont un régal exploite fructueusement le procédé narratif du monologue intérieur. La mort des neiges a suivi. Belle réussite également.

  • Ernesto de Martino: Le Monde magique

    Ernesto de Martino: Le Monde magique
    Une référence ! Ce professeur d'histoire des religions à l'université de Cagliari, particulièrement attentif à l'ethnographie sicilienne a aidé à penser autrement "l'alternative entre magie et rationalité" qui a construit notre civilisation moderne. Le Monde Magique paru en 1948 peut sembler aride mais sa lecture est fascinante et la pensée de De Martino, presque soixante ans après, toujours vivante.

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    La Pléiade (Textes traduits, présentés et annotés par Paule Charles-Dominique): Voyageurs arabes
    En ce temps de communication ultra-rapide, et parfois agressive, facilitant les amalgames ; d'almagame, par exemple, entre Islam et fondamentalisme, en ce temps encore d'affrontements communautaires, de vitriols (oui, au pluriel) racistes, découvrez réunis tout récemment par la Pléiade les récits des chroniqueurs Ibn Fadlân, Ibn Jubayr, Ibn Battuta et un auteur anonyme qui vous introduiront à un Islam voyageur curieux du monde (XIVes et antérieur) que nous connaissons encore plus mal.

sentes sonores

  • Billie Holiday - I'm a fool to want you

    I'm a fool to want you
    Billie Holiday: Lady in satin

    Sans doute la voix la plus bouleversante du jazz. Ce n'est pas seulement cet album, celui du magnifique "I'm a fool to want you", mais toute sa discographie qui est à (re)découvrir. Ne passez pas non plus à côté de l'album élégant : "Songs for distingue lovers."

  • Nicole Willis -

    Nicole Willis: Keep Reachin'up
    La nouvelle âme de la soul. Une voix superbe. Des arrangements virtuoses. Divinement swinguant.

  • Natacha Atlas -

    Natacha Atlas: Mish Maoul
    Toujours cette ligne de partage entre Orient et Occident au coeur des albums de Natacha Atlas, et plus que jamais le mariage entre musiques traditionnelles et électro. Intense. Sublime. La réconciliation le temps d'un album. Une invitation à la paix.

  • Jean-Louis Murat -

    Jean-Louis Murat: Taormina
    Murat n'en finit pas de produire mais, cette fois-ci, c'est un album aux accents blues. Une bonne cuvée !

  • Katie Melua - Spider's web

    Spider's web
    Katie Melua: Piece by piece

    Un joli disque de ballades blues-jazz-pop emmené par la voix chantilly de Katie Melua. Offrez-vous un peu de douceur.

  • Bia - Comme une vague. Como uma onda

    Comme une vague. Como uma onda
    Bia: Coeur vagabond// coraçao vagabundo

    L'album prenant et réversible (vous allez comprendre) de Bia, artiste brésilienne francophile et francophone, qui, après avoir parcouru le monde a décidé de poser ses valises en France. Elle a voulu nous faire partager ses titres coups de coeur dans les deux cultures en choisissant d'interpréter en français des chansons brésiliennes et de chanter en brésilien les titres français, allant de Belle-île-en-mer à l'étonnante La mauvaise réputation de Brassens. Une réussite. Toutes les traductions sont de Bia, parfaitement bilingue.

  • Gérard Manset - "Ne les réveillez pas"

    "Ne les réveillez pas"
    Gérard Manset: Obok

    Le dernier opus inspiré du plus énigmatique, incernable chanteur, parolier et compositeur français. Il paraît même qu'il accepterait de sortir de son invisibilité pour une tournée. Un événement !

  • Hubert Félix Thiéfaine - Les jardins sauvages

    Les jardins sauvages
    Hubert Félix Thiéfaine: Scandale mélancolique

    Musicalement rien de chavirant, titre composé par le chanteur de Mickey 3d, mais texte très inspiré, d'une sensualité vénéneuse que HFT sait porter.

  • Paul McCartney -

    Paul McCartney: Ram
    L'album "pastoral", entièrement acoustique, simple et dépouillé du grand mélodiste, ex Beatles. Son meilleur cru qui vieillit excellemment.

  • Robert Wyatt - Beware

    Beware
    Robert Wyatt: Cuckooland

    Forêt électronique animée par la voix séraphique de Robert Wyatt tant elle plane (un oiseau ou un ange ?) et maîtrise les aigus. Mais c'est toute la discographie du grand maître du rock progressif (Rock Botton) et de la fusion de la pop et du jazz qui est à découvrir !

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Vendeur et client, ne cherchez plus le pigeon, c'est vous ! - La vérité sur Cell Wireless

Logo_cell_wireless

La vérité sur un prestataire de téléphonie en voIP (pour téléphoner ou envoyer des sms depuis un pc à un autre pc ou d’un pc à un téléphone), fournisseur de cartes SIM et adresses internet, inconnu du grand public, le titre peut faire sourire. Pourtant…

Pourtant,

Créée en 1997 en Australie, cette société se développe silencieusement, et aujourd’hui, ce sont 230 pays qui peuvent se connecter à son réseau. Présents en Asie, en Chine, en Inde, au Brésil, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Portugal et bien sûr en France.

200 000 vendeurs supputés  (et 159 144 membres déclarés sur le site) travaillent dans l’ombre pour elle. Le silence est d’or, la pub proscrite, ou alors via des forums vous proposant de vous enrôler quand ce n’est pas l’un des vendeurs de cette société qui vous contacte directement par email le plus mystérieusement du monde. Alors, Cell Wireless, c’est quoi, c’est qui ?

Discours

Leur discours  dont on peut encore trouver une trace sur ce forum dans une note postée par l’un des « actionnaires-développeurs » prêchant pour la paroisse devenue sienne.

Qui est Cellwireless : « Cellwireless est une compagnie de télécommunications, leader mondial en matière de Téléphonie Mobile Internationale, fusionnant avec des partenaires industriels comme Cisco Système, MCI, AT&T, SPRINT, et d’autres sociétés de plateformes téléphoniques. Elle est cotée sur marché OTC interne au NASDAQ, sous le Cigle CLWLE. »

Quelle est la stratégie de développement de Cell Wireless ?

On vous répond, mécanique : « Par le Marketing de réseau, notre compagnie a recruté plus de 200 000 actionnaires développeurs de son réseau d’adhérents et distributeurs. »

Ces « actionnaires développeurs » sont évidemment les vendeurs-acheteurs.

Prise de contact

Suite à un pseudo entretien d’embauche (voir précédente note dans cette même rubrique "enquête") où mon interlocuteur ne savait pas que j’étais journaliste mais à l’issue duquel je le lui appris, je reçus dans ma boîte e-mail le fameux dossier de presse promis par le « recruteur » et censé conférer à la société une véritable aura de respectabilité. Mon contact m’avait affirmé que des journalistes avaient déjà été séduits par Cell Wireless et que la presse économique ne tarissait pas d’éloges sur la société, ou peu s’en fallait…

Je cliquais donc sur les liens envoyés. En guise de dossier de presse, trois pauvres coupures de la presse économique provenant, certes, du site des Echos, de l’Express ou encore de L'Entreprise, mais qui ne portaient pas sur Cell Wireless mais sur la vente directe ; laquelle dénomination ne correspond à Cell Wireless que dans la mesure où Cell Wireless n’a ni distributeurs ni ne passe jamais par des agences de pub ou de communication.

Direct

Une petite mise au point sur la terminologie de vente qui se décline en « direct ».

Direct, c’est-à-dire directement de vous à eux, sans distributeurs.

Le marketing direct, c’est lorsque, par exemple, vous recevez catalogues et flyers de différentes marques de VPC dans votre boîte aux lettres ou e-mails. Que cette pollution publicitaire vous agace ou vous convienne, vous restez libre d’y répondre, de feuilleter les promotions comme de les jeter à la poubelle. Rien à redire.

La vente directe, c’est le plus souvent, la vente au porte-à-porte. Un vendeur indépendant, entièrement rétribué à la commission et payé en fiches de paie trimensuelle (conditions de travail remarquablement souples pour l’employeur…), vous fait l’article de marques parfaitement inconnues, qu’il s’agisse de tupperwares, de vins, de linge de maison, et que sais-je encore, semblant sortir tout droit de la maison du seigneur Oliveira (les tintinophiles comprendront). Ce type de vente peut paraître agressif (pas facile de mettre à la porte un vendeur affable) et efficace en dépit de la qualité ou pertinence du produit à l’achat : se retrouver à acheter pour 300 euros de tupperwares (c’est arrivé) ce n’est pas tout à fait raisonnable, le tupperware en question fût-il d’une extraordinaire qualité/longévité et le vendeur particulièrement sympathique. N’empêche que la vente directe est légale et que les règles du jeu (de la vente et de la rémunération) sont lisibles.

Personnes visées par la vente directe ? Les plus vulnérables, bien sûr. Les personnes âgées, qui, esseulées, veulent bien acheter pour des centaines d’euros de brosses à chaussures à ce gentil vendeur qui met de la vie dans leur journée. Passons sur le principe qui peut braquer, au moins dans la vente directe à l’ancienne (porte-à-porte) le vendeur n’est-il pas obligé de consommer les produits qu’il vend. Eh bien avec Cell Wirelless… si !

La vraie arnaque : à la fois vendeur et client

Achat de licence obligatoire (prétendument pour couvrir des frais de dossier), achat d’un nom de domaine Cell Wireless sur le web, coût mensuel de FAI qui lui est lié, et achat d’unités prépayées de communication téléphonique internationale en VOI valable 6 mois (coût 200 livres, et oui, on parle en livres). Le total est salé (500 livres ?). On vous explique à quel point vous allez faire des économies, c’est tellement moins cher qu’Orange ou n’importe quel FAI proposant de la téléphonie par internet. Et ce discours peut marcher sur des esprits moins vigilants, d’autant que le secteur et la technicité des produits l’encourage. Au fur à mesure de l’entretien, le vendeur recruteur vous embrume l’esprit sur le fonctionnement réel de l’entreprise. Plus c’est confus, plus ça marche. Enfin, en théorie. 

Brouillard stratégique et incohérences

Le « manager » qui m’a reçue, ancien animateur de radio qui a la foi en son aventure. Son but : monter sa propre radio. Il vous a expliqué avant que 80% des entreprises qui se créaient en chambre de commerce faisaient faillite et ne s’aperçut pas de son incohérence…En effet, pourquoi économiser les gains amenés par Cell Wireless dans une création d’entreprise si cette voie est stérile ?


Si vous acceptez de vous rallier à Cell Wireless, ou plutôt lorsqu’on vous fera croire, après que vous ayez démontré votre motivation à les rejoindre, qu’à l’issue de l’entretien d’embauche c’est vous qui avez été choisi au milieu d’un grand panel de candidats, vous allez devoir convaincre à votre tour. Convaincre le réseau de futurs partenaires dont vous devrez bientôt vous entourer de faire comme vous. Recruter d’autres vendeurs zélés pour Cell Wireless. Donc avoir besoin de les contacter en consommant de la téléphonie chez Cell Wireless. Vous avez donc besoin de Cell Wireless…

Sophisme que cela ! Et sophisme rentable pour « eux ».

Car en réalité, bien sûr, c’est surtout Cell Wireless qui a besoin de vous. Vous. La  perle rare. A la fois commercial et client.

Plus je soulevais la spéciosité d’un tel système,  plus mon interlocuteur se liquéfiait.

Votre réseau leur appartient

Plus vos « associés » ou partenaires (les gens que vous avez réussi à convaincre, pour ne pas dire embobiner) sont à leur tour efficaces et génèrent du réseau, plus vous « touchez » par un système de rétribution au % façon poupées russes. Et au passage, ce sont vos proches ou relations que vous allez tenter d’embrigader qui trinqueront. Au final, plus votre réseau est grand plus grande sera la satisfaction de Cell Wireless.

« Le meilleur moyen de s’enrichir »…

Bien sûr lors du rdv avec le pigeon (traduire futur vendeur alias, chez CW, développeur-«actionnaire»), on cherchera à vous faire croire que devenir un élu de Cell Wireless (parce que vous subissez un fumeux test de personnalité, un entretien d’embauche, etc.) est une véritable chance. Une opportunité unique de vous enrichir. Un discours qui s’adresse plus particulièrement à des personnes vulnérables : sans diplôme, femmes au foyer, chômeurs de longue durée, rmistes.

D’abord l’on vous expose les voies de la réussite. Puis l’on vous dissuade de l’une des plus probantes pourvu que l’on soit doué pour ça : créer une entreprise, en vous donnant soi-disant les « vrais chiffres » de la création d’entreprise que la chambre de commerce ne communique jamais. A ce moment-là, faisant appel à je ne sais quel sentiment d’injustice sociale le représentant de CW en rajoute une couche avec la dissymétrie de rémunérations qui existe entre les employés les moins bien payés (il me prend l’exemple ouvrier) et les dirigeants d’une société. Pour achever de ne pas lui casser la baraque, je lui rétorque qu’au moins cette chaîne-là est une chaîne cohérente de responsabilités.

Néanmoins, ne voulant pas dévier de la rhétorique apprise, après avoir écarté la voie de la réussite, il en vient à la voie de la fortune. Si toutefois vous faisiez partie des joueurs ou de ceux qui placent leur bonheur dans la chance plutôt que dans leur intelligence, on vous dissuade donc de jouer au loto ! Pourtant la voie de la fortune, vous assure-t-on, existe, avec …AVEC ? Cell Wireless, bingo ! Et tous les frais qui seront à votre charge (ça, ça vient à la toute fin) si vous acceptez de vous « engager » sont bien moins chers que ce qui existe ailleurs, bien sûr !

Pas une entreprise pyramidale …

On a cherché avant à vous persuader longuement qu’il ne s’agit pas d’une entreprise pyramidale où tout le monde – je cite mon interlocuteur - « pique de l’argent à l’autre sur le mode du « donne-moi 100 euros et demande les à quelqu’un à ton tour ».  Dans cette logique, l’argent donné doit « faire des petits ». C’est du moins ce que l’on vous promet.  Et cependant, seuls, au bout de la chaîne, quelques escrocs auront plumé tous les autres. Les pyramides sont pourtant légales aux USA mais illégales en France. Il est donc important pour Cell Wireless d’insister sur le caractère légal de leur entreprise qui repose, vous martèle-t-on, sur le « marketing relationnel ».

Qu’on ne se rassure pas, Cell Wireless, c’est guère mieux !

Pas une secte. Pas le Groupement.

Mais peut-être bien Herbalife, notre manager en herbe l’a d’ailleurs cité comme caution avec beaucoup d’à propos…

Théorie du complot

A ce moment-là de l’entretien, mon interlocuteur étant déstabilisé par le fait que j’étais journaliste, sort de sa manche Herbalife et cherche à me convaincre de la théorie du complot. Des pharmaciens jaloux du succès d’Herbalife et de ses produits minceurs et compléments alimentaires distribués en vente directe auraient accusé Herbalife de dissimuler une secte pour retrouver leur chasse gardée. Ben voyons ! Des pharmaciens, vraiment ? Ou des laboratoires ? Notre « manager » est jeune et manque d’étoffe pour faire un bon escroc. Au passage, signalons qu’Herbalife vend toujours ses produits.

A l’aune d’Herbalife …

Comment fonctionne Herbalife ? Un « superviseur » touche 5% des gains de ceux qu'il a recrutés comme vendeurs (chez Cell Wireless, on parlerait d’associés ou d’actionnaires développeurs, c’est plus flatteur…). Pour réussir à en vivre, il ne faut bien sûr pas être le dernier de la chaîne et donc recruter activement à son tour.

Mais plus que le système de rémunération par chaîne, c’est la qualité des produits qui a été attaquée. Les promesses mensongères qui étaient liées aux produits en même temps que leur prix élevé.

Rendez-vous chez l’habitant…

Bien sûr, le fait qu’il vous reçoive chez lui plutôt que dans un bureau n’arrange pas sa crédibilité, mais sur certains, ça doit marcher. Celle qui me précédait quittait le jeune homme avec le sourire. Je le quittais moi en lui promettant de creuser et en serrant vigoureusement la main molle et moite qu’il me tendait.

Pas de traces

Introuvable sur Infogreffe, cette multinationale australienne qui commence à s’installer en France n’a pas été enregistrée sous son nom à la chambre du commerce mais peut-être sous une kyrielle d’autres en « Wireless » associés à la téléphonie.

Voilà pour Cell Wireless, une arnaque légale. Faîtes passer le message. Ce ne sont sûrement pas les seuls.

Au secours, j’ai rendez-vous avec une secte !

Arnaque_1 "Maman, j'ai rétréci les gosses ?" Non ! Maman, j'ai eu rendez-vous avec une secte ! Cette fin de journée fut en effet riche d'un nouveau sujet d'enquête à creuser – si toutefois il s’avère que cela le mérite. Car oui, je rentre d'un pseudo entretien d'embauche...avec l'un des relais de ce qui ressemble fortement à une secte économique ou entreprise pyramidale mais sous une forme légale, les « pyramides », légales aux Etats-Unis, étant poursuivies en France. Je n'étais pas dupe, je savais où je mettais les pieds mais ne connaissais pas cette société. C'était l'occasion de tester leur discours. Mon interlocuteur, un jeune homme au speech aussi rôdé (il vous démontre que sa société est le seul vrai moyen de s’enrichir) que maladroit quand on l’en fait sortir. Il ne savait pas que j'étais journaliste, et dès qu'il le sut, n'eut de cesse de me convaincre de la parfaite honorabilité de ceux qu'ils représentaient. J’ai déjà reçu par e-mail un "dossier de presse" allant dans ce sens.

Le fait qu’il voulut finir l’entretien que je décidais de conclure sur un parallèle avec Herbalife acheva de me convaincre que cette multinationale, aussi légale fût-elle, avait des choses à cacher.

C’est peut-être le prélude d’une enquête sur le marketing relationnel. Des multinationales ont compris comment économiser de l’argent en ne faisant ni pub ni com. Juste des employés (indépendants) qui sont à la fois vos commerciaux et vos propres consommateurs et clients.  ça marche en circuit fermé. Un principe aussi légal que pervers.

Mais un phénomène qui n’a rien de nouveau. Sauf qu'il ne cesse de raffiner sa couverture pour se développer. Il ne s'agit plus de vendre des produits ménagers mais des produits high-tech! Les vendeurs sont d’ailleurs appelés « développeurs » plutôt que vendeurs. A défaut de crier au loup, à la secte économique, c’est de toute évidence une belle arnaque.

La suite plus tard.

Bon week-end à tous !

Desperate Housewives - Croquerez-vous la pomme de M6 ?

4_2  Ce soir, c’est le grand lancement par M6 à 20h50 des deux premiers épisodes de la série Desperate Housewives programmée l’an dernier par Canal+. Une très bonne série. Je profite de cette actualité pour vous faire partager un dossier que j'ai réalisé, déjà paru dans DVD Home. Je vous le propose sous une forme partielle, c’est-à-dire sans les encadrés techniques et critiques qui tentaient de disséquer synthétiquement neuf séries en édition ou réédition DVD. Bonne lecture ! Et n'hésitez pas à me faire partager votre regard sur la place des femmes, mais aussi des hommes, dans les séries télé.

WONDER TV GIRLS : les femmes ont-elles pris le pouvoir du petit écran ?

Ouverture_1

Puissant média, quoi de moins innocent qu’une héroïne télé ?

De Wonder Woman à L World en passant par Sex and The city, Buffy, Ally McBeal et Alias, les séries télévisées centrées autour de personnages féminins forts, ont à première vue considérablement évolué, et pourtant à y regarder de plus près, plus de prudence s’impose avant de trancher en faveur d'une révolution suivant scrupuleusement l’émancipation sociale des femmes. Alors que le pouvoir semble reconnu aux héroïnes au sein de leur milieu professionnel ainsi que l’admiration et le désir qu’elles recueillent dans leur vie privée, on guette les signes de fragilité, le mimétisme qui les conduit à être agressives pour réussir comme des hommes, et tous les excès, toutes les démonstrations de force pour nous prouver que la vieille ménagère n’existe plus. A voir …surtout quand les héroïnes sont sexy, trop sexy.

Vraies et fausses ménagères

1_2 Sortie en 64 avant Woodstock, Ma sorcière bien aimée ne pouvait espérer bénéficier du vent hippie contestant toutes les formes de propagandes, guerres, société de consommation, conformisme religieux, artistique, le modèle familial, la sexualité, les relations entre hommes et femmes. Samantha Stevens (l’actrice Elisabeth Montgomery) contient donc son originalité et sa  révolution (c’est une sorcière) à remuer son nez pour s’épargner des tâches ménagères. Série gentiment sexiste vue avec le recul et un semblant d’anachronisme.

5 Desperate Housewives ? Voilà un anti-Samantha Stevens ! Série tour à tour satiriste, parodique, policière, légère et grave, elle mêle les genres, multiplie les références, les mises en abyme, octroie une belle profondeur aux personnages sans cesser de sembler «facile» - signe ici du talent de toute l’équipe. Vraie bonne surprise de l’année 2005, cette série américaine, diffusée chez nous sur Canal+ et M6, met en scène quatre femmes au foyer très éloignées de Samantha Stevens. L’ancienne mannequin Gabrielle Solis trompe son mari avec le jardinier et l’abuse avec un aplomb réjouissant tout en dépensant son argent - elle est également capable de gagner l’argent du ménage quand son mari est assigné à résidence avant de purger sa peine de prison. L’ancienne financière, Lynette, est propulsée dans un rôle héroïque empêtrée de jumeaux infatigables mais continue à  faire entendre sa voix. Bree Van de Kamp, la rousse stricte, dans son carcan de républicaine dévote, est capable d’actions déconcertantes ; et enfin, dans le rôle de Susan, l’actrice principale Teri Hatcher (que l’on a découvert dans Lois et Clark), écrit pour les enfants tout en demandant conseil à sa fille pour toutes les décisions importantes auxquelles elle se trouve confrontée. Toutes sont drôles et intelligentes, toutes sont libres à leur manière, toutes s’entraident et toutes sont attachantes.

Le moral des troupes…

9 Vous souvenez-vous du costume de notre super héroïne ? Créée en 1941 par William Moulton Martson et interprétée successivement par Ellie Wood Walker, Cathy Lee Crosby et Linda Carter...elle traverse les scènes d’action peu ou prou en maillot de bain stretch, possède un lasso magique et des bracelets sur lesquels les balles des méchants ricochent…

«Pin-up déguisée en super héroïne, Wonder Woman soutient le moral des troupes, cherchant à faire oublier la blessure faisandée du Vietnam».

Tout le monde a vu au moins un épisode de Wonder Woman. Cette série n’est pas «gratuite». Oubliez l’art pour l’art (de toute façon nous sommes dans une série télé), toute pionnière qu’elle fut et délicieusement kitsch qu’elle nous apparaisse, cette super héroïne délivre un message au téléspectateur, un message patriote. Située pendant la seconde guerre mondiale, Wonder Woman soutient l’action de l’armée américaine aidée par le Major Steve Trevor.
Mais à partir de la deuxième saison et après un changement de chaîne de ABC vers CBS, l'action se déroule dans les années 70. Pin-up déguisée en super héroïne, elle soutient le moral des troupes, cherchant à faire oublier la blessure faisandée du Vietnam. Cette guerre qui a ébranlé le patriotisme américain s’est arrêtée en effet la première année de diffusion de la série sur ABC, soit en 75, et s’est achevée en 79, année de la sortie du magistral Apocalypse Now. On instrumentalise le paradigme féminin dans cette série prétendument progressiste qui met en avant une femme aux super pouvoirs en qui aucune femme ne peut s’identifier – comme tous les super héros se rattachant au genre du fantastique et qui plus est impulsés par la bande-dessinée, elle n’est pas réaliste mais peut faire rêver ou sourire selon le sexe. Bref, nous baignons dans un fantastique de propagande.

Or, soixante ans après sa création, et alors que l’occupation de l’Irak par les américains s’enlise, Hollywod, dans la foulée des X Men et des 4 fantastiques veut ressusciter sur grand écran cette héroïne culte du petit écran.

Possible échéance, l’été 2006. Joel Silver, producteur du film (à qui l’on doit Matrix, Arme Fatale, etc.), a confié l'écriture et la réalisation à Joss Whedon, le créateur de la série Buffy contre les vampires. Les célébrités se pressent au casting : Sarah Michelle Gellar, justement, l’héroïne de Buffy. Angelina Jolie, Sandra Bullock, Téa Léoni, Lucy Lawless, Salma Hayek, Ashley Scott, Catherine Zeta Jones, et même Kim Bassinger ! Liste non close. Linda Carter a accepté de jouer le rôle de la reine des amazones, Hippolyta.

Mais qu’on se rassure, le mini costume étoilé de notre superhéroïne patriote sera passablement redessiné pour le film…

Mouvance Ado

Dark Angel, Buffy …quoique d’essence fantastique et centrées autour d’héroïnes, ces séries canalisent les fantasmes de l’ado pubescent. Outre que le fantastique permet de mettre entre parenthèses le magnétisme que ces héroïnes dégagent, on ne les perçoit pas comme des femmes mais comme des (épi)phénomènes qui ne sauraient représenter un modèle ou à la rigueur pour des ados croyant aux vampires et à la fin du monde. Tandis que 11 Buffy est occupée à combattre les vampires - quand elle ne les embrasse pas - Max, (jouée par Jessica Alba que l’on retrouve au cinéma dans Les 4 fantastiques prouvant encore à quel point les séries télé sont devenus des rampes de lancement vers le cinéma), une mutante au physique très humain moulé dans une combinaison n’a de masculin que son prénom. En 2009, des enfants génétiquement modifiés pour devenir des super combattants s'échappent de Manticore, une base militaire du Wyoming. Max Guevara, dite aussi X5-452, fait partie de ces créations transgéniques et possède des superpouvoirs.
A Seattle, 10 ans plus tard, dans une atmosphère de fin du monde, Max, coursier le jour, cambrioleuse la nuit, est à la recherche de ses frères et sœurs d’éprouvette et d’évasion. Manticore est toujours à ses trousses. Un jour elle croise le chemin du «Veilleur», sorte de Clark Kent qui ne se transforme jamais en superman, se contentant de faire le bien par ses articles. Ils s’aideront mutuellement. Cette série à la fois adolescente et sombre produite par Monsieur Alien et Titanic, James Cameron, a fait long feu n’ayant couru que sur trois saisons de 2000 à 2002. Le scénario ajouté à la plastique latine de l’actrice avait pourtant de quoi accrocher.

Les supercompétentes

Suivant un semblant d’émancipation sociale qui place les femmes un peu plus à égalité, les supercompétentes sont crédibles en ce qu’elles sont réalistes. Mais si cette génération d’héroïnes brillantes est émancipée de l’autorité d’un père, d’un mari, d’un chef… cette émancipation est acceptée car individuelle et figurant l’exception qui ne confirme aucune règle. C'est le temps de la prise du pouvoir (individuel et non collectif) par l’héroïne, grâce à des compétences sans égal chez ses confrères. Dans Chapeau melon et bottes de cuir, Chapeaumelonetbottesdecuir c’est l’opposition et la complémentarité de Mme Peel et de Steed qui signe la réussite de cette série. Première occurrence télévisuelle où un couple homme-femme rivalise de compétence, d’intelligence et d’élégance. C’était en 1961. Ensuite vinrent Drôles de Dames, X-files, Profiler, Ally McBeal,  Alias, toutes les séries policières, et même le personnage de la "méchante" dans Le Caméléon.

Dans cette catégorie des supercompétentes qui prennent des risques, nous avons les détectives des Drôles de Dames et la médecin agent du FBI Scully dans X-Files. L’héroïne de Profiler rentre également dans cette catégorie ainsi que toute la génération de femmes flics (Julie Lescaut est commissaire) qui a envahi le petit écran jusqu’à devenir prédominante depuis la fin des années 90. D’autres ne s’exposent pas physiquement mais jouent la vie de leur client (personnage d’Ally McBeal, avec tant d’autres héroïnes du Barreau, série Avocats et Associés, Le juge est une femme…). Offre pléthorique de séries féminines d’inégale qualité. Drôle, craquante, femme-enfant objet de fantasmes autant que sujet de ses fantasmes (longues scènes chez le psy), Ally McBeal est-elle convaincante en super avocate remportant ses procès, présentée comme submergée par ses névroses, ses histoires d’amour et son éternelle immaturité ?

16 Très différent, le personnage de Scully interprétée par Gillian Anderson dans X-Files. Au début simple contrepoint scientifique et rationnel  au héros, Mulder, (David Duchovny) mystique et passionné, le triomphe de sa personnalité dans la série passe néanmoins par l’idylle très longtemps platonique qu’elle noue avec Mulder et qui s’étalera sur neuf saisons denses en rebondissements et s’achevant d’ailleurs sur un épilogue digne d’une affaire non classée. Toute la compétence de Scully n’a pas suffi à désépaissir le labyrinthe des conspirations gouvernementales, des extraterrestres envahisseurs, non plus qu’à démêler l’ontologie et l’esthétique abstraite de l’effrayante «huile noire» ; Chris Carter étant presque parvenu à tuer le mystère à force de mystères, justement, et de péripéties clownesques, de surenchère parodique pour masquer la course aux salaires que se menaient Duchovny et Gillian Anderson. L’héroïne gagnait moins, évidemment.  

De la poudre au poudrier

19 Quant à Alias, cinq saisons, des guest stars et une actrice, Jennifer Garner, qui convainc Hollywood et convole avec Ben Affleck, autre Marvel boy. Une intrigue sur fond de CIA, guerre des services et espionnage en famille, avec une idylle, une demande de mariage, et une héroïne capable de prendre mille personnalités pour les besoins d’une mission. Belle, intelligente et forte, Sydney est capable de scanner l’œil d’un homme énucléé avec un naturel glaçant mais travaille sous l’œil de son père et dépend du regard amoureux de Vaughn.

Les héroïnes télé ne peuvent pas plagier la force brute, alors elles compensent par des techniques de combat, par la précision de leur tir, leur intelligence stratégique et un peu trop souvent par leur plastique avantageuse. C’est le syndrome Tomb Raider, plus l’héroïne entoure sa beauté de flingues, plus le sexe sent la poudre, plus les téléspectateurs se massent devant l’écran. Avec cette nouvelle génération d’héroïne, le porte-jarretelles se confond avec le holster. Se servent-elles de leur beauté pour asservir les personnages masculins ou sont-elles asservies au téléspectateur ? Est-ce qu’on est toujours dans le «sois belle et tais-toi» ? S’est-on vraiment affranchis du sexisme ?

Peau mature libérée

20 Paradoxalement, c’est dans la série Arabesque que l’on trouve l’exemple le plus abouti d’héroïne crédible et compétente qui ne se restreint pas à un catalyseur de fantasmes et possède ainsi une voix propre. Murder she wrote (titre original), a connu un succès de longue haleine de  84 à 96, soit 12 saisons pour 263 épisodes. C’est Angela Lansbury qui incarne Jessica B. Fletcher, une ancienne professeure d’anglais et écrivaine établie à Cabot Cove un petit port du Maine ; notre héroïne est une sorte de Miss Marple que le crime poursuit. C’est à croire qu’il faut atteindre l’âge de la retraite pour s’affranchir du fantasme, pour que les producteurs d’Hollywood cessent de voir dans l’héroïne l’objet de tous les désirs plutôt que la vraie matrice et sujet de l’action.

Huis-clos avec vue sur mer

21 Un crash. Des survivants amenés à cohabiter sur une île en attendant d’être sauvés. L’idée de départ était de refaire un Seul au monde au pluriel. JJ Abrams, scénariste d’Alias, avait refusé cette idée, n’acceptant d’écrire le scénario de Lost que s’il pouvait se rapprocher d’une cosmologie Jules Vernienne, l’île se faisant «mystérieuse» et franchement angoissante, personnage à part entière. Diffusée pour la première fois en septembre 2004 sur la chaîne américaine ABC, Lost vient chez nous en juin 2005 et s’achève au mois d’août, au plus fort de l’humeur estivale. L’audimat indiqua cependant un franc succès. Si Mattew Fox (Jack, le médecin de l’île) semble avoir le rôle vedette - c’est sur lui que la caméra se braque dès la première scène du pilote - Josh Holloway (Sawyer, le marginal misanthrope) lui fait concurrence. Pourquoi ? Parce que le vrai héros est une femme, une Jane à conquérir qui porte le nom de Kate, au passé trouble, que la saison 1 nous révèle progressivement capable de monter un hold-up pour récupérer un objet sans valeur financière appartenant à un homme qu’elle a tué. Kate est la seule à savoir parfaitement dissimuler ses émotions, à l’exception peut-être du personnage de Locke, le chasseur baroudeur, ancien paralytique que l’Ile a rendu au monde «bipédique».

Etrange série qui s’achève (en attendant la saison 2) sur un curieux objet ressemblant à un sous-marin enterré et fermé de l’intérieur ne dévoilant qu’une lucarne opaque (pertuis de l’Inconscient ?) péniblement mise à nue par les survivants. La dernière image plonge à l’intérieur et révèle un puit interminable dont le téléspectateur ne verra pas le fond. Ce monolithe à la Kubrick captive tellement – c’est lui l’embrayeur de fantasmes, c’est lui qui caresse, emballe l’imagination, lui qui suggère - qu’on en oublie les rapports entre hommes et femmes, héros et héroïnes, même si la situation scénaristique de huis-clos amène forcément à une confrontation intéressante.

Sans les hommes - in the Ghetto ?

4hrones_desex_and_the_city De 98 à 2004, six saisons de Sex and the city ont sévi sur nos écrans. Au centre de cette première série (pseudo) féministe, Carrie, une journaliste, spécialisée dans la rubrique sexe. Cette femme futile n’en est pas moins à la recherche de l’homme idéal …aussi nombriliste qu’Ally McBeal, tous ses articles partent d’elle-même. Elle se sert de ses expériences pour chaque article. Pour aider l’héroïne qui est aussi la narratrice à ne pas endormir le téléspectateur qui ne lit pas «Cosmo’», trois autres personnages féminins, trois amies au profil différent : une avocate cartésienne, une romantique mièvre rêvant du prince charmant, et enfin une séductrice collectionnant les amants. Les femmes de Sex and the City sont actives, ont des responsabilités dans leur travail et veulent se comporter en prédatrices, parler de leur sexualité entre elles, et néanmoins apparaissent bien moins colorées et finalement moins indépendantes que les héroïnes ménagères de Desperate Housewives. Les hommes sont présents dans cette série exclusivement centrée sur le point de vue féminin, à la fois individuel et collectif, mais hélas fade et cherchant la voie de l’émancipation dans une parole centrée sur le sexe voulant faire comme les hommes ; c’est là que le bât blesse, quand on est dans l’imitation où est l’émancipation ?

Elvis chantait «in the ghetto». Et en effet, coupées des hommes, vivant en complète autarcie, nous trouvons les séries pénitentiaires made in USA Bad Girls ainsi que la série anglaise, Les condamnées construites sur le modèle de OZ. Aucune de ces séries n’a été diffusée chez nous et aucune n’existe en zone 2.  Ces séries partent d’une idée originale et fonctionnent mais dans le cadre d’une observation du degré d’indépendance des héroïnes télé, ces héroïnes incarcérées, privées de liberté, sont affranchies de tout rapport de force avec des personnages masculins uniquement parce que la situation ne se pose pas. Pas d’hommes, uniquement des femmes dans ces pénitenciers unisexes. Les rapports de force se déplacent alors, ainsi que les schémas de séduction/prédation. Ces séries ne prétendent en aucun cas être représentatives, sinon du milieu incroyablement exceptionnel qu’elle donne à voir, pour ne pas dire qu’elles créent.

Dernier cas de figure, le plus extrême, L WORLD. Ces femmes n’ont pas été emprisonnées, elles ont fait le choix de vivre sans les hommes, et qu’une hétérosexuelle s’avise d’arriver dans le champ de la caméra, elle est à conquérir. Là encore la femme, personnage secondaire ou héroïne, se mue en objet à séduire, la seule différence étant que ce ne sont pas les héros mais les héroïnes, pas les mâles mais les femelles qui se partagent la proie.

Dans ce ghetto où tout le monde a couché avec tout le monde, avec plus de violence encore qu’ailleurs, c’est la loi de la jungle qui régit des rapports humains faussement civilisés.

Sous la caméra, ces héroïnes racolent plus qu’elles ne véhiculent des messages de progrès social. Le sexe y est si omniprésent qu’il occulte les valeurs de liberté et de tolérance censées fonder cette série.

Sans zapper la conclusion

A l’intérieur comme à l’extérieur du ghetto, le fantasme n’a-t-il fait que se déplacer de la cuisine au bureau, de l’intérieur à l’extérieur, de ce que l’on cache à ce que l’on exhibe ? Des héroïnes ni mères ni amantes restent à inventer ; encore faut-il que l’égalité des sexes ne souffre pas d’autant d’entorses, et que le sexy à tout crin cesse d’être à la mode, les séries télé ne faisant que refléter un état des lieux déjà existant, mettant en lumière avec réalisme ou en la caricaturant, notre société.

Bref, la petite lucarne n’est qu’une interface même si elle peut et a largement servi dans l'Histoire d'instrument de propagande. Cependant, la télé-fiction, la télé-divertissement et sa dernière invention la télé-réalité (si elle y tend) ne se substituera pas à la réalité dont elle se nourrit, même si dans nos pires scénarios, la télé influence, la téloche bouloche sur notre réalité. Changeons notre société et nous changerons la télé.

Au jeu de la vie et de la mort…quand Total débauche Toyal

Total 

L’information a percé, il faut dire qu’il y a matière. La grève de la faim d’un député pour faire barrage à une délocalisation déguisée et opaque n’est pas un fait banal. Le groupe Total est mis en cause. Mais au fait, qu’apporterait à Total la délocalisation de Toyal sur son site de Lacq ? Lumière sur cette affaire. Ce que l’on en dit et ce que l’on en tait.

Avertissement : Un sujet d’actualité ne cessant d’évoluer et l’affaire Toyal ayant connu de nombreux rebondissements, cette enquête a été réalisée en plusieurs strates. C’est celle que j’évoquais dans ma blog-note « DLUO de la Presse ». Au moment où nous reprenions cet article, le 10 avril 2006, le député Jean Lassalle en était à son 35° jour de grève de la faim. Il avait déjà perdu 21 kilos mais sa volonté, elle, ne fléchissait pas. Aujourd’hui, 14 avril une issue pourrait être trouvée. Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont contacté Jean Lassalle tandis que Nicolas Sarkozy – l’homme « providentiable » -s’apprête à rencontrer le numéro 2 de Toyal.

Toyal plus qu’une usine, un groupe international :

Entre Total et Toyota, il y a … Toyal. Qui connaissait Toyal jusqu’alors ? Avouons-le, pas grand monde, avant la médiatisation de la grève de la faim d’un député basque, Jean Lassalle, également maire de Lourdios-Ichère dans les Pyrénées-Atlantiques.

Par cet acte exemplaire, d’aucuns disent disproportionné et suicidaire, Jean Lassalle espère sauver les emplois de l’usine de Toyal Europe située à Accous. Le service commercial est lui implanté en région parisienne. Et pourtant il s’agit d’un groupe. Toyal Europe, filiale de Toyal Aluminium KK au Japon, a des usines dans le monde entier : Amérique du Nord (Toyal America Inc), Asie et Pacifique, bien sûr avec Toyal Japon. L’usine d’Accous Toyal_accous(voir photo) est l’unique usine de Toyal dans la zone Europe et dessert non seulement l’Europe mais également l’Afrique et le Moyen-Orient. Que produit ce groupe ? Des poudres et pigments d’aluminium qui finiront en pâtes pelliculantes, matière première indispensable aux industries de peintures anti-corrosion, ces fameuses peintures métallisées qui embellissent nos voitures. Pâtes pelliculantes que l’on retrouve encore dans la hi-fi, la téléphonie mobile, les cosmétiques, le can coating et le coil coating.

Nouvelle unité de production ou délocalisation ?

Pourquoi ce député-maire UDF a-t-il entrepris une grève de la faim ? Parce que cette usine du Pays basque qui fait vivre plus d’une centaine de salariés, loin de devoir fermer pour cause de mort économique - le secteur étant viable, les produits que nous utilisons réclamant des revêtements « sexy » - a le projet de se délocaliser. Interrogé par des journalistes de TFI, le directeur se défendait d’un telle tentation mais ne convainquait pas l’ouvrier qui, passant dans le champ, était invité à s’exprimer.

En réalité, ce n’est jamais, selon Toyal Europe, qu’une nouvelle «unité de production » qui va s’ouvrir à Lacq à seulement 65 km. Mais Jean Lassalle n’est pas dupe. Pour lui derrière le -Y- de Toyal il y a un –T-. Pour ce courageux député-maire, c’est Total qui est à l’origine de cette délocalisation. Car il s’agit en effet de délocaliser l’usine sur le site de Total à Lacq. Sur le site – web, cette fois - de Toyal, silence radio. Accueiltoyal A la rubrique news, aucune mention n’est faite de l’usine qui doit s’ouvrir à Lacq. C’est de l’usine d’Accous, et seulement d’elle, que l’on continue à parler en se félicitant de sa propreté écologique, des normes iso venant récompenser sa parfaite intégration au paysage de la vallée d’Aspe. Cependant, après le battage médiatique qu'a connu cette affaire quoique traitée partiellement, l'accueil du site France avertit ses lecteurs dans un communiqué qui sent l'agacement : "nous ne délocalisons pas".

Selon un communiqué, la grève de la faim « offusque » 33 salariés de l’usine Toyal à Accous. 

Encore plus surprenant, ce communiqué – manipulé ? Ou sincère ? – daté du 13 mars 2006, par le biais duquel les employés de Toyal Europe demandaient l’arrêt de la grève de la faim du député-maire, qui, selon eux, non seulement nuit à sa santé mais nuit aux employés de Toyal. Le comble ! Ce sont donc trente-trois salariés  de l’usine d’Accous qui ont signé une pétition pour demander au député de «cesser sa démarche et de laisser la société Toyal Europe et ses salariés vivre et se développer» - nous citons le communiqué diffusé par les employés. Une grève de la faim qui « offusque » - ce sont leurs mots – les pétitionnaires…
Pour ces 33 bons élèves, (ils sont 166 au total),  à soutenir la version de la Direction de Toyal Europe : «Il ne s'agit pas de supprimer les emplois, mais de développer des productions pour alimenter de nouveaux marchés».

« Je ne suis pas candidat au suicide » - Jean Lassalle

Jean_lassalle Cependant Jean Lassalle ne veut pas céder avant d’avoir obtenu l’assurance que l’usine d’Accous ne fermera pas. «Je ne suis pas un candidat au suicide – pouvait-on lire sur le site de l’UDF - mais plutôt quelqu’un qui se jette à l’eau pour sauver quelqu’un qui se noie. Je pose un acte d’espoir. Une chose est certaine, je ne cèderai jamais ».

Sa volonté semble inflexible, il en est à sa cinquième semaine sans rien avaler que l’eau vitale à sa survie.

Thierry Breton fut d'abord en ambassade mais son intervention en dépit de la couverture médiatique que reçut cette affaire ne fit rien bouger. Puis la presse délaissa "l'affaire", le CPE la préoccupant davantage que la santé de Jean Lassalle. Aujourd'hui sorti du CPE, celui-ci ayant été "remplacé", l'affaire Toyal réapparaît et pourrait être débloquée.

Les 33 pétitionnaires soucieux de leur image, la confondant avec celle de leur Direction, se déclareront-ils offusqués pour eux-mêmes si personne, malgré les derniers rebondissements, ne devait céder que le corps devant la faim ? Jean Lassalle a employé cette voie extrême parce que le champ politique lui semblait ne pas devoir suffire à garantir le maintien de cette usine. Un idéalisme qui est loin d’être salué par l’ensemble de ses pairs politiques. Le Y de Toyal deviendra-t-il célèbre ad mortem, masque funéraire de la firme Total ?

A qui profite cette délocalisation ?

Mais la question demeure, d’autant qu’elle n’a été soulevée à aucun moment par les médias. Qu’est-ce que ça rapporte à Total ? On sait que l’avantage pour Toyal est de bénéficier d’un site déjà sécurisé par Total, le site actuel d’Accous posant de vraies contraintes d’environnement, même si Toyal, sur son site web, est fière de les dépasser.

Mais à Total ?

« Le désert industriel de Total »

Site_scuris_total_lacq (site sécurisé de Total à Lacq). Selon Saturnin Garcia, délégué CGT sur le site Total de Lacq que nous avons interviewé : «La plateforme industrielle de Total est née dans les années 50-60. Elle employait 2500 salariés. Aujourd’hui Total a baissé son activité de moitié, 900 personnes dans la pétrochimie et 300 employés dans la chimie.» Mais pour le spectateur profane des jeux économiques le mystère n’est pas dissipé. Il poursuit : « cette baisse d’emplois génère des tensions. On accuse Total d’avoir soutiré la matière première gazière et d’avoir laissé derrière lui un « désert industriel ». »

Total veut soigner son image

Pour pallier aux critiques, le groupe Total aurait ainsi « arrosé » pour attirer dans la région toute sortes d’activités extérieures sans en créer lui-même directement, n’étant « pas toujours très regardant sur les entreprises qu’il attirait».

Attirer Toyal à Lacq participerait de cette politique de palliation de Total qui « cherche à se faire de la pub quant à la création d’emplois » poursuit encore ce syndicaliste de la division chimique de Total, Arkéma. Car aujourd’hui Total doit redorer son blason. Total qui cherche à se débarrasser d’Arkéma, « pas très proprement » selon les salariés d’Arkéma, cherche donc à compenser les critiques par quelques coups de pubs judicieux. Mais en attirant Toyal à Lacq, Total, bien sûr, ne crée pas des emplois qui n’existaient nulle part mais délocalise ce qui existe déjà ailleurs. Le discours tendant à faire croire que Toyal se développe en créant une unité de production supplémentaire tout en maintenant son usine à Accous est une vérité avec une date de péremption dans 5 ans. L’usine ne fermera pas tout de suite mais elle fermera. Le problème, c’est que si à Lacq le bassin de l’emploi est déjà actif, à Accous la situation est différente. Très différente.

Indélocalisables

Indlocalisables Dans ce microcosme rural, il n’y a rien d’autre que Toyal pour faire vivre des salariés indélocalisables, en double-emploi. Salariés à Toyal pour faire vivre des exploitations agricoles sinon condamnées. 65km ce n’est rien sur le papier mais pour les employés d’Accous c’est infranchissable et ne permettrait pas le maintien de leur activité agricole. En outre, d’ici là, l’usine de Lacq aura déjà engagé des locaux, et les salariés d’Accous, une fois l’usine fermée, devront renoncer à leur exploitation. Les syndicats de l’usine d’Accous demandent donc à sa direction des investissement lourds qui fixeraient de façon certaines la production à Accous. Eux ne se reconnaissent pas dans le discours des pétitionnaires de leur usine.

« Total a plus de pouvoir qu’un préfet dans la région » - Saturnin Garcia

Jean Lassalle ne veut pas mettre en cause trop frontalement Total, qui, toujours selon Saturnin Garcia « a plus de pouvoir qu’un préfet dans la région ». Ce député UDF, héros de sa région car héroïquement dévoué à elle, s’est donc contenté de déclarer que Total n’avait pas besoin de Toyal, et donc, de ce coup de pub pour développer l’emploi à Lacq. En clair, Total n’a pas besoin de débaucher pour embaucher.

Epilogue

10 avril 2006, ce communiqué discret dans les colonnes de Libération :

« Sarkozy a écrit une lettre au PDG de Toyo Aluminium, maison mère de l'usine Toyal d'Accous (Pyrénées-Atlantiques), dans lequel il s'engage à «apporter toute l'aide nécessaire pour rendre le projet d'implantation [...] plus compétitif à Accous que sur tout autre lieu d'implantation à l'étranger». Le député UDF Jean Lassalle observe depuis le 7 mars une grève de la faim pour protester contre la «délocalisation à terme» de l'usine en question. »

Une nouvelle question doit alors être soulevée. Quelle délocalisation à l’étranger ? Cette délocalisation sur le site de Lacq n’était-elle qu’une étape vers une délocalisation de l’unique usine de Toyal Europe ailleurs qu’en France ?

Un communiqué qui brouille les cartes, avec l’immixtion dans cette affaire, qui concernait jusque là le ministre de l’économie Thierry Breton, d’un ministre de l’intérieur sur tous les fronts, que d’aucuns risquent de trouver décidément très polyvalent…

Oui_sarkommence_le_bonhomme_narrte_mais_ L’intervention du « providentiable » Nicolas Sarkozy qui doit obtenir du n°2 de Toyal Japon la garantie que l’usine d’Accous ne fermera pas et enterrer les projets de délocalisation va-t-elle refermer le chapitre de l’action héroïque du Député-maire Jean Lassalle ?

Pour Toyal il s’agit de « pressions inadmissibles » mais il semblerait qu’elles aboutissent.

Cependant, dans sa lettre du 6 avril adressée au pdg de Toyal Japon, Nicolas Sarkozy ne souhaitait entraver aucune délocalisation : « J’espère en tout état de cause que votre projet pourra se réaliser dans les meilleures conditions à Lacq ou à Accous.». La prudence doit donc être de rigueur.

Dans ce thriller social où l’information est partiellement relayée et la vérité aussi neigeuse qu’un écran télé par temps de mauvaise transmission, certains ne jouent que l’Elysée, d’autres leur emploi et leur ferme, et Jean Lassalle aura joué sa vie ou à défaut sa santé. Dans un dernier bulletin d’information, Jean Lassalle, au bord de la victoire, a dû être hospitalisé.

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