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Interview Blog emploi Challenge

  • Le Blog Emploi Challenge
    En cliquant sur ce lien, vous vous ferez une idée de mon parcours, de ma recherche, de mes projets, sans doute + précise qu'à travers la lettre de motivation qui figure sur mon blog. Merci à Bertrand Duperrin qui a réalisé cette interview.

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De palimpsestes en Shalimar

  • Edward Whymper: Escalades dans les Alpes

    Edward Whymper: Escalades dans les Alpes
    Bien loin de nos ascensions rendues périlleuses par la témérité et la recherche de l'exploit pour l'exploit, les escalades de Whymper qui brava - entre autres - le Cervin, se faisaient avec de mauvaises de corde en chanvre. Elles appartiennent à un temps où l'exploration des sommets était l'aventure la plus fascinante qui soit et les sommets à conquérir des déités vengeresses à se concilier à force de respect, de courage et... de prudence. Elles appartiennent à cette culture, à cette mémoire européenne qui nous est commune.

  • T. S. Eliot: The Waste Land and Other Writings

    T. S. Eliot: The Waste Land and Other Writings
    A lire en langue. Toute traduction serait inégociable...

  • Olivier Pétré-Grenouilleau: Les traites négrières - essai d'histoire globale

    Olivier Pétré-Grenouilleau: Les traites négrières - essai d'histoire globale
    Prix du Sénat du livre d'histoire Chateaubriand de la Vallée-aux-loups de l'essai de l'Académie Française 2005. Pour comprendre comment cette infamie a pu durer aussi longtemps. Qui a dit que le Sénat ne servait à rien ?

  • Ezekiel Nissim: Collected Poems

    Ezekiel Nissim: Collected Poems
    Professeur d'anglais, critique, dramaturge mais surtout poète, c'est là un beau florilège pour découvrir cette grande voix de la poésie indienne. Nissim Ezekiel nous a quitté le 9 mars 2004 à l'âge de 79 ans.

  • Jeremy Rifkin: La fin du travail

    Jeremy Rifkin: La fin du travail
    L'essai incontournable d'un économiste américain qui perçoit déjà les limites de la voie anglo-saxonne.

  • Alexandre de Lur Saluces : La Morale d'Yquem - Entretiens avec Jean-paul Kauffmann

    Alexandre de Lur Saluces : La Morale d'Yquem - Entretiens avec Jean-paul Kauffmann
    On n'obtient pas le plus grand vin liquoreux au monde sans une morale, une éthique absolument exceptionnelle dans le monde viticole. On ne travaille pas à Yquem, on vit pour Yquem, on se voue à Yquem. C'est cette exigence et les astreintes nobles pour parvenir à élaborer un vin ineffable que nous retrace ce livre ; dialogue passionnant entre Jean-Paul Kauffmann, journaliste tombé sous le charme et sortilège d'Yquem, et celui qui mène l'héritage avec amour et abnégation, Alexandre de Lur Saluces.

  • Borges: Enquêtes

    Borges: Enquêtes
    L'enquête est ici - pas étonnant vous lisez Borges - philologique. Sans s'en rendre compte, tant le bougre a de talent, on glisse d'un auteur, d'une époque, d'un pays à l'autre, subjugués.

  • la Pléiade: Marivaux

    la Pléiade: Marivaux
    Du jeu de l'amour et du hasard à L'ile des esclaves, Marivaux n'est pas si léger qu'on croit, il y a de la sociologie, beaucoup de sociologie et de la politique dans toutes ses pièces. Là encore, à lire en La Pléiade, car tout tout se déguste quand on se pique de lire l'immense Marivaux. Un théatre aussi délectable, au fond, lu que joué. Badin et fin comportementaliste à la fois, chacune des pièces de Marivaux est enlevée, un tour de force !

  • Marguerite Yourcenar: Les mémoires d'Hadrien

    Marguerite Yourcenar: Les mémoires d'Hadrien
    Hadriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien !!! Adrienne est très loin de l'empereur brossé avec succulence par Marguerite Yourcenar, première académicienne, envers et contre tous les phallocrates que compte cette institution...

  • La Pléiade: Ernest Hemingway

    La Pléiade: Ernest Hemingway
    Eh bien oui, Ernest Hemingway vaut bien mieux que tous les clichés que l'on peut avoir sur lui. Au point que lorsque l'on commence, on dévore très vite ses oeuvres complètes en La Pléiade.

  • revue Europe: Littératures de l'Inde

    revue Europe: Littératures de l'Inde
    C'est un numéro d'Europe (la revue littéraire par excellence) qui date quand même d'Avril 2001 mais quelle révélation ! Un numéro fantastique qui met enfin en lumière les littératures extraordinairement riches de ce continent. Sur www.europe-revue.info vous pourrez encore le commander

  • D'Holbac: Histoire critique de Jésus-Christ
    Ce n'est pas une posologie de l'athéisme façon Onfray, philosophe qui n'a pas le centième du talent du baron d'Holbac. C'est un raisonnement réinventé, plus rigoureux, une méthodologie critique extraordinairement facile qui s'applique ici aux miracles de la foi chrétienne par l'un des plus grands penseurs et inventeur du matérialisme philosophique.
  • Spinoza: L'éthique

    Spinoza: L'éthique
    Sur une île déserte, allez, c'est l'opus cogitendi que j'emporterais.

  • James Joyce: Ulysse

    James Joyce: Ulysse
    Un livre tout smplement inépuisable. D'une complexité narrative délicieuse. Il a tout réinventé, cet homme. Lire aussi Dedalus, et si vous avez le cerveau en forme, Finnegans wake, of course.

  • Jack Kerouac: Les clochards célestes
    Jack Kerouac, le plus grand écrivain de la Beat generation. Plus grand encore que Ginsberg ! Bien moins connu que "Sur la Route", c'est pour moi son chef d'oeuvre avec le new-yorkais "Big Sur". A lire en grand format, NRF gallimard.
  • : Le guide Hachette des vins

    Le guide Hachette des vins
    La référence pour les amateurs de vins.

  • Brigitte Aubert: La mort des bois

    Brigitte Aubert: La mort des bois
    Amateurs de polar, c'est son meilleur ! Dans cette série, tout se passe depuis le point de vue de l'héroïne paralytique et muette. Brigitte Aubert dont tous les polars sont un régal exploite fructueusement le procédé narratif du monologue intérieur. La mort des neiges a suivi. Belle réussite également.

  • Ernesto de Martino: Le Monde magique

    Ernesto de Martino: Le Monde magique
    Une référence ! Ce professeur d'histoire des religions à l'université de Cagliari, particulièrement attentif à l'ethnographie sicilienne a aidé à penser autrement "l'alternative entre magie et rationalité" qui a construit notre civilisation moderne. Le Monde Magique paru en 1948 peut sembler aride mais sa lecture est fascinante et la pensée de De Martino, presque soixante ans après, toujours vivante.

  • La Pléiade (Textes traduits, présentés et annotés par Paule Charles-Dominique): Voyageurs arabes

    La Pléiade (Textes traduits, présentés et annotés par Paule Charles-Dominique): Voyageurs arabes
    En ce temps de communication ultra-rapide, et parfois agressive, facilitant les amalgames ; d'almagame, par exemple, entre Islam et fondamentalisme, en ce temps encore d'affrontements communautaires, de vitriols (oui, au pluriel) racistes, découvrez réunis tout récemment par la Pléiade les récits des chroniqueurs Ibn Fadlân, Ibn Jubayr, Ibn Battuta et un auteur anonyme qui vous introduiront à un Islam voyageur curieux du monde (XIVes et antérieur) que nous connaissons encore plus mal.

sentes sonores

  • Billie Holiday - I'm a fool to want you

    I'm a fool to want you
    Billie Holiday: Lady in satin

    Sans doute la voix la plus bouleversante du jazz. Ce n'est pas seulement cet album, celui du magnifique "I'm a fool to want you", mais toute sa discographie qui est à (re)découvrir. Ne passez pas non plus à côté de l'album élégant : "Songs for distingue lovers."

  • Nicole Willis -

    Nicole Willis: Keep Reachin'up
    La nouvelle âme de la soul. Une voix superbe. Des arrangements virtuoses. Divinement swinguant.

  • Natacha Atlas -

    Natacha Atlas: Mish Maoul
    Toujours cette ligne de partage entre Orient et Occident au coeur des albums de Natacha Atlas, et plus que jamais le mariage entre musiques traditionnelles et électro. Intense. Sublime. La réconciliation le temps d'un album. Une invitation à la paix.

  • Jean-Louis Murat -

    Jean-Louis Murat: Taormina
    Murat n'en finit pas de produire mais, cette fois-ci, c'est un album aux accents blues. Une bonne cuvée !

  • Katie Melua - Spider's web

    Spider's web
    Katie Melua: Piece by piece

    Un joli disque de ballades blues-jazz-pop emmené par la voix chantilly de Katie Melua. Offrez-vous un peu de douceur.

  • Bia - Comme une vague. Como uma onda

    Comme une vague. Como uma onda
    Bia: Coeur vagabond// coraçao vagabundo

    L'album prenant et réversible (vous allez comprendre) de Bia, artiste brésilienne francophile et francophone, qui, après avoir parcouru le monde a décidé de poser ses valises en France. Elle a voulu nous faire partager ses titres coups de coeur dans les deux cultures en choisissant d'interpréter en français des chansons brésiliennes et de chanter en brésilien les titres français, allant de Belle-île-en-mer à l'étonnante La mauvaise réputation de Brassens. Une réussite. Toutes les traductions sont de Bia, parfaitement bilingue.

  • Gérard Manset - "Ne les réveillez pas"

    "Ne les réveillez pas"
    Gérard Manset: Obok

    Le dernier opus inspiré du plus énigmatique, incernable chanteur, parolier et compositeur français. Il paraît même qu'il accepterait de sortir de son invisibilité pour une tournée. Un événement !

  • Hubert Félix Thiéfaine - Les jardins sauvages

    Les jardins sauvages
    Hubert Félix Thiéfaine: Scandale mélancolique

    Musicalement rien de chavirant, titre composé par le chanteur de Mickey 3d, mais texte très inspiré, d'une sensualité vénéneuse que HFT sait porter.

  • Paul McCartney -

    Paul McCartney: Ram
    L'album "pastoral", entièrement acoustique, simple et dépouillé du grand mélodiste, ex Beatles. Son meilleur cru qui vieillit excellemment.

  • Robert Wyatt - Beware

    Beware
    Robert Wyatt: Cuckooland

    Forêt électronique animée par la voix séraphique de Robert Wyatt tant elle plane (un oiseau ou un ange ?) et maîtrise les aigus. Mais c'est toute la discographie du grand maître du rock progressif (Rock Botton) et de la fusion de la pop et du jazz qui est à découvrir !

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Bullez en amoureux

Grd2865 Voilà une idée Champagne pour...- comment, vous ne devinez pas ?- la Saint Valentin ! Le Blanc de Blancs millésimé 98 de la maison Deutz.

Régal pour les yeux avec sa robe d’or pâle et ses bulles d’une extrême finesse.
Pur Chardonnay, comme tous les Blancs de Blancs, il accompagnera votre repas de l’apéritif jusqu’au dessert. Ce champagne sec au bouquet parfumé "riz et fleurs" vous charmera. Une envolée de basmati sur un socle minéral.
En deuxième bouche, une note miellée de reinette, gourmande d’amandes et de noisettes, musquée par le poivre de Séchuan et la coriandre fraîche.

Il peut se marier avec du poisson et des crustacés, mais aussi avec un poulet de Bresse cuisiné à la coriandre.

En le dégustant, j’ai imaginé ce mariage : un foie gras poêlé aux asperges sauvages fini au Deutz. Du sur mesure ? Les bons champagnes rendent audacieux.

Prix : variable selon que vous l’achetez en ligne ou en magasin (49 euros au Repaire de Bacchus). Affiché à 37 euros sur ce site qui semble être le plus compétitif, il vous en coûtera néanmoins 12 euros de frais de port. Acheté à l’unité, il vous reviendra donc au même prix.

Terres d’apéritifs, « apéritivement vôtre ! »

Terres_dapritifs
« Apéritivement vôtre », c’est la devise que défendent ces trois mousquetaires raffinés de l’happy hours, Maha, Marie et Fred.
Leur parcours est atypique. Fred était informaticien tandis que Maha et Marie se sont connues à l’ancienne Fnac service où elles travaillaient. Plus encore que la bosse du commerce, ils ont la bosse du goût !
Ouvert depuis six mois, Terres d’Apéritifs est une terra nova à Paris où accosteront avec délice les gourmets. Dans cette petite boutique avenante située près de la Porte de St-Cloud à Paris,  c’est la seule du genre à être dédiée exclusivement à l’apéritif et à tout ce qui l’accompagne.
Ecoutez plutôt quelques uns de leurs trésors : « Pistaches grillées et épicées de Beyrouth, rhum de Jamaïque, piments farcis de Calabre, jus de fruits frais, tapas d'Espagne, Whiskies d'Ecosse, du Tennessee ou du Japon, Craquelins de Bretagne, terrines du Pays Basque mais aussi bières du monde et liqueurs du terroir... »

Lire la suite "Terres d’apéritifs, « apéritivement vôtre ! »" »

La guerre des monocépages

2004_sauvignon_blanc_1
Mono quoi ? Monocépage. Mono comme kini. Cépage comme cep de vigne. Les monocépages inondent nos rayons (grands distributeurs de vins et supermarchés).  Leur étiquette est riante, les couleurs flashies et sans chichis. Ni appellation ni parcelle. Ni millésime. Et un domaine discret. Affichant sans complexe un 100% cabernet-sauvignon, chardonnay, merlot, grenache…Plus facile à reconnaître pour le consommateur étranger que nos appellations dans l’appellation. Bordeaux contrôlé. Appellation Médoc, Haut-Médoc. « Villages », « Premier cru », « Grand cru ». Bourgogne AOC. Puligny-Montrachet. Montrachet. Domaine de la Romanée-Conti. Grand cru La Tâche…

Fini les Kramer contre Kramer. La guerre des palais ne se réduit plus à un Bourgogne contre Bordeaux. A un pinot noir-chardonnay contre cabernet-sauvignon, sauvignon et merlot.

Fi de l'intensité "à courre" sauvage et incernable, des baies et de l'Hermès paysan du Bourgogne contre la rondeur mozartienne du Bordeaux. Fi de la guerre des terroirs. Fi des grandes appellations, des plus prestigieux domaines façonnés par l'histoire et de leurs méthodes. De leurs belles vendanges à la main. De leurs fûts séculaires taillés dans le meilleur chêne. Fi des millésimes. Place à la guerre des cépages ! Une vraie guerre mondiale.

Phénomène consubstantiel à la montée des vins du monde, le tout cépage règnera-t-il un jour en maître ?

Parti d’Europe, le cep et ce qu’il a engendré le cépage, s’affirme au point de prendre le pas sur le terroir. Il ouvre ainsi la porte à l’implantation de la vigne là où la culture du vin était faible mais où le soleil brille toute l’année ; avec pour pendant, un  arrosage artificiel et un vin coupé avec de l’eau (ce qui est interdit en France) pour réduire le degré d’alcool. L’Australie en est un exemple frappant. Signalons au passage que ce pays souffle la première place à la France dans les importations de la Grande-Bretagne pourtant amatrice de vieux millésimes plus que de vins jeunes.

« Les vins du monde » ont presque tous en commun de mettre en avant un cépage et un seul. Il s’agit toujours des mêmes cépages, des plus connus. Le site vins du monde vous permettra d'accéder à un vaste choix par continent et pays.

Ce nouveau totalitarisme du « grand » cépage fait dire à un journaliste du Monde, Jean-Claude Ribaut, dans l’édition du 19 octobre, que « Les Cabernet-sauvignon, Chardonnay, Merlot et Sauvignon blanc sont presque devenus des marques ».

Regions_viticoles_franaises_1 Alors face à ces monos turbulents, faire un nouveau point sur les cépages n’était pas superflu.
Et une carte d’orientation moins encore. Sur viniflhor, le site de l’office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l’horticulture, je trouvais cette carte des cépages. Je vous invite à cliquer.

Si nous n’en connaissons que quelques-uns, plus de six mille cépages existent dans le monde. Dont une cinquantaine de principaux en France.
Cépage veut tout simplement dire variété de vigne. Cabernet_sauvignon_1
Chaque cépage donne un raisin (de table ou de cuve) à la robe et au goût différent. Il est donc intéressant de les connaître.

Les bons et grands vins sont rarement des monocépages mais bien des vins d’assemblage ; c’est-à-dire issus de cépages différents dans des proportions qui varient.
Si certains cépages ne se retrouvent que dans quelques régions, d’autres ont essaimé plus largement en France et dans le monde. Mais chaque grande région en France a ses préférences et habitudes de cépages. Une carte des cépages par grandes régions dont rend compte l’AOC.
Le tanique mais subtil (et propre à un long vieillissement) cabernet-sauvignon, par exemple, associé au chaleureux merlot est la marque de fabrique du Bordeaux.

Chaque cépage interagit bien sûr différemment avec une terre, un climat (hygrométrie) et une gastronomie selon la région où il s’implante.
Le pinot noir giboyeux en Bourgogne, indispensable au Champagne tout comme un autre cépage fort de la Bourgogne, le Chardonnay, compose bellement avec le terroir alsacien. Rien à voir avec le pinot, si ce n’est l’homonymie, le Pineau charentais se décline superbement en noir et en blanc à côté des cognacs et des armagnacs. Le château de Beaulon propose- une gamme très convaincante.

Mais pourquoi cet engouement soudain pour des vins de monocépages quand l’une des subtilités du métier de vigneron récoltant – avant l’élevage et après les soins apportés aux vendanges – réside dans l’assemblage ?
Par facilité ? Pour éduquer et éveiller le goût à la différence des cépages ? Alors pourquoi ne fait-on pas la promotion des cépages peu connus, oubliés et à tort ? Il faut savoir qu’un domaine pour se réclamer d’un AOC n’a pas le droit d’assembler n’importe quel cépage, il se doit d’assembler les cépages propres à sa région…En cas de rébellion, il se verra refuser l’AOC ou sera déclassé et devra se contenter de l’appellation « vin de pays » moins vendeuse (on n’ose plus parler de prestige tant l’AOC s’est banalisé) et assorti généralement de prix bas. Pour avoir plus de liberté, quelques irréductibles ont décidé de délaisser l’AOC pour vendre un vin de pays classieux allant jusqu’à…70 euros. Des vins prisés à l’étranger et connus des meilleurs sommeliers. Les meilleurs vins de pays ne sont plus à consommer « dans le pays », ils s’exportent !

Revenons à nos monos, pourquoi séduisent-ils ?
Avant toute chose, les monocépages sont lisibles. Ils simplifient l’étiquette en  mettant en avant un cépage (et un cépage connu) que l’on peut identifier immédiatement, ainsi qu’une provenance vague (pays) à la préférence d’une appellation, d’un millésime ou d’un domaine.
Ensuite, en bouche, en blanc un pur Chardonnay ou en rouge un pur Cabernet-Sauvignon sont facilement reconnaissables.

Attention toutefois - pour revenir aux vins du monde - il en existe d’excellents mais ce ne sont pas les meilleurs crus, par exemple, argentins – monocépages ou assemblages – "patronnés" par des viticulteurs français ou un financier du vin comme Bernard Arnault - que vous trouverez dans les supermarchés. Ces crus élévés par des maîtres de chais bien de chez nous, vous les retrouverez chez Lavinia, place de la Madeleine. Les cépages s’exportent, nos savoir-faire aussi.

Quand le Bourgogne renarde, il faut le boire !

Domaine_maillard_pre_et_fils

A l’honneur de « Pas piqué des verres de vin » un grand cru  Corton Renardes réputé du domaine Maillard Père et fils 1999.
99 est un bon millésime.

Le terroir de Corton appelé aussi la "montagne", sur le vignoble de la Côte de Beaune dans sa large partie nord, se situe à l’intérieur d’Aloxe-Corton. Corton fournit une belle quantité de grands crus en Bourgogne.

L’appellation Corton-Renardes en rouge en est la quintessence.
Tandis que le Corton-Charlemagne rivalise en blanc avec le Montrachet et le Meursault. Le  Puligny-Montachet restant une somptuosité. 1300 ans plus tôt, l’empereur Charlemagne aurait possédé des vignes sur les parcelles du Corton-Charlemagne.

Parler du vin, c’est toujours un voyage.

Les appelations Corton-Renardes, Corton-Charlemagne au sommet de "la montagne" sont classées grands crus tandis que l’appelation Aloxe-Corton contrôlé ou premier cru est prodigue en bons vins mais de "moindre" excellence. Plus abordables également et à boire plus vite.

Mais revenons à nos renardes...à notre dégustation :

Une robe pourpre sombre, rubis-venaison, trouble et qui justement trouble l’amateur. Plus il vieillira, plus il s'assombrira.

En remuant le verre, on remarque les coulures qui commencent à être grasses, signe que vous pouvez déjà le boire même si ce Corton arriverait probablement à maturité de sa dégustation en 2010/2015 et plus encore dégusté selon le goût anglais.
Sachez que s’il peut commencer à se déguster à partir de sept ans, (c'est son âge quand nous le dégustons) il peut se garder … 30 ans.

Mais pour les amateurs pressés il tient bien des promesses.

Une merveille d’équilibre. Aromatique et subtil, des tanins « confortables qui tapissent le palais sans tapisser la langue. En première bouche,  grillé noisetier, il est étonnamment souple pour un Bourgogne, signe peut-être de sa jeunesse (année 99 mais c’est un vin de garde).

Presque « fresco », pétillant quand on le mâche. Il rappelle, et c’est aussi surprenant qu’agréable, le Lambrusco, ce vin blanc pétillant que l’on boit en vacances sur fond de vespa et de ma Dolce Vita sur la côte ligure italienne. En deuxième bouche, il exprime son corps, le sous-bois sauvage du Corton, laisse entrevoir un peu de sa puissance musquée en libérant un arôme exquis de pruneau confit.

A déguster sur un gibier quand reviendra la saison, un salmis de bécasse si vous êtes bénis des dieux ayant une bécasse au frigo et sachant la préparer, ou plus simplement, sur une terrine de campagne au Cognac (par exemple celle d’Albert Ménès). Suggestion fromagère : une rigotte bien sèche de chèvre assez doux. Et bien sûr : seul. On reproche parfois au Bourgogne de se marier plus malaisément que le Bordeaux, on oublie que les plus grands crus se suffisent à eux-mêmes !

En attendant de le boire, pour vous mettre en bouche et le commander, faîtes un tour sur le site de cet excellent domaine encore abordable tenu par les deux fils de Daniel Maillard, Alain et Pascal.

Te quiero à mort mojito !

A_rafrachit_non

Clin d’œil au visuel, ça rafraîchit, non ? Dans ce climat chaud, lourd, pénible. Dans ce climat de guerre, de JT à faire sombrer l’humeur du plus gai des pinsons et vaciller l’été dans la morosité, voilà pour vous rafraîchir, à l’ombre d’une tonnelle ou d’un saule généreux, la recette du meilleur des cocktails made in Cuba : le Mojito ! Le cocktail préféré du grand Ernest Hemingway avec le Daiquiri. Le mien aussi ! Pas trop sucré, rafraîchissant à souhait... A consommer avec modération mais sans modérer le plaisir que vous en retirerez ; lequel, Madame Irma si vous suivez quelques conseils, sera grand, très grand ! J

  • La base à réinterpréter donnée par le site 1001 cocktails. Recette pour une personne à préparer directement dans le verre.

« - 6 cl de rhum cubain (havana club, bacardi, etc)

- 2 cl de citrons verts

- 1 cuillère à café de sucre

- 4 feuilles de menthe

- eau gazeuse (perrier)

«Servir dans un verre de type "old fashioned » Décor: Décorer de feuilles de menthe fraîches Beaucoup aiment y ajouter un peu d'angostura qui relèvera les arômes. »

N’hésitez pas à faire un tour sur 1001 cocktails qui fait remonter l’histoire de ce cocktail au célébrissime pirate, Francis Drake. Le nom premier du Mojito aurait alors été Draquecito.

  • Astuces :

Que ses feuilles de menthe soient entières (vous pourrez toujours les piler avec une cuillère ensuite et y gagnerez il faut que la menthe se sente) ou pilées, le citron vert (pas jaune !), quelques invariants s’imposent pour un bon mojito réussi : oubliez la base ci-dessus uniquement utile pour les quantités et préférez le sirop de sucre de canne au sucre en poudre, le rhum blanc, toujours, au rhum ambré et le Perrier en adjonction plutôt que la limonade. Servez avec beaucoup de glaçons et consommez… pas tout de suite, pas trop de vite, ou par cette chaleur l’esprit de flibuste de ce diable d’alcool qu’est le rhum vous montera vite à la tête…

  • Le meilleur mojito de Paris

Vous pourrez le consommer (info 100% vérifiée :D) au restaurant mauricien le King Créole dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Chef d’œuvre d’équilibre, je n’ai pas trouvé l’équivalent ailleurs sauf à le préparer moi-même.

13, Rue Joseph De Maistre 75018 Paris

Tel : 01 53 41 69 03

Autre bon plan, si vous passez un peu plus de temps au King Créole que pour y consommer un cocktail, goûtez les croquettes de poulet en entrée, c’est du poulet fermier et ça se sent ! Quant aux acras qui font en plus partie du menu, une merveille !

Evitez peut-être en revanche les crevettes chaudes en plat principal, sauf si vous en êtes un fervent adepte…

Le vin "au" féminin, réalité, concept marketing ou bien fronde ?

Le_guide_du_vin_au_fminin_un_peu_marketi

Et si Bacchus était une femme ? ... Contactée par le service presse de Chez Valentine, je découvrais, en même temps que leur site que je ne connaissais pas, une rubrique consacrée au vin pour nous les femmes…

Un piège marketing, ou, au contraire, une autre approche du vin, complémentaire, voire révolutionnaire ?

  • Concept

Le grand axe de leur argumentaire : « Le vin au féminin un concept innovant destiné à séduire les consommatrices »

Il s’agit donc d’un concept.

« Viniphile », amoureuse du vin et en particulier du vin rouge, consommatrice attentive, j’entends de plus en plus souvent des vins déclarés féminins (pour faire court, plus légers, et fruités) et d’autres plus propres à emballer un palais masculin : charpentés, boisés, bien tanniques. Car nous n’en sommes plus au : les femmes préfèrent le Champagne ou le vin blanc et rosé et les hommes le vin rouge. Les femmes consomment à présent du vin rouge. L’argument défendu par des œnologues sérieux serait que l’odorat et le palais féminins étant plus subtils et plus à même de discerner des arômes différents, les vins trop tanniques satureraient nos papilles, quand nos amis les hommes auraient au contraire besoin que le tanin accroche les leurs, faute de quoi ils ont l’impression de boire du jus de raisin...

·        Un marché porteur

Partant de ce postulat, « ChezValentine.com, « la boutique en ligne qui cible les femmes, a choisi de devenir le premier site marchand européen à l'écoute de celles qui aiment le vin. »

Pourquoi ?

Parce qu’il existe un marché ! Un marché très porteur. Et de citer à nouveau leur communiqué de presse : « Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se passionner pour le vin, à avoir envie de découvrir cet univers avec leur sensibilité féminine. Aujourd'hui, les consommatrices représentent 75% des achats vins, elles prennent plaisir à l'acheter sans snobisme et sans idées reçues. »

·        Des consommatrices moins exigeantes ou sans a priori ?

75%, mais le handicap à rattraper d’une culture oenologique placée dans l’histoire du côté des hommes, du pouvoir. Le vin, qui, dans une double métaphore paradoxale et licencieuse connote le sang du Christ tout comme le chemin bachique vers le plaisir…

Ce plaisir et ce savoir déguster cadenassés si longtemps par les hommes, les femmes y viennent donc sur le tard et s’imposent peu à peu avec succès dans le milieu du vin - davantage en tant qu’œnologues qu’en tant que récoltantes. Mais pour le consommateur moyen qui n’est pas un professionnel, peut-être en effet que les femmes connaissent aujourd’hui encore moins le vin que ne le connaissent (ou croient le connaître) les hommes. Il a déjà fallu sortir de l’inconscient collectif qu’une femme qui déguste un verre de vin, traduit par les sexistes en « une femme qui boit », c’est suspect.

Désormais décomplexées, les femmes achètent sans se soucier des appellations, des renommées, et souvent des guides, (ou alors thématiques plus que le guide Hachette des vins ou le Parker) et font donc pleinement le bonheur des distributeurs de vin en France et ailleurs, je pense à l’Asie.

·        Argument fort, Isabelle Forêt : ChezValentine.com a su s’entourer d’ Isabelle Forêt comme « partenaire pour mettre en place et animer sa rubrique des vins au féminin. »

Un choix judicieux ! Cette journaliste est spécialisée en oenologie et auteure d’un guide du vin au féminin « Fémivin », publié chez Michel Lafon, s’impose aujourd’hui  comme l'ambassadrice du vin au féminin.

·        Particularité de la rubrique

Une sélection de vins disponibles à la vente 24h/24, 7j/7, qui ne sera pas classée en « rouge/blanc/rosé/pétillant/liquoreux » ni par régions de production mais par « occasions » de consommation. Occasions de consommation c’est beaucoup plus vaste qu’un classement plus précis en accord mets/vins. Mais justement à l’intérieur des catégories, on vous proposera d’accorder le vin choisi avec un met. Lacune suspectée et comblée aussitôt.

Le critère de classement est original - on a envie de dire « frais » - léger, un brin futile, très … « sac de filles ». Ici, on achète une bouteille de vin comme on a envie de changer de tenue en fonction de l’occasion. Pourquoi pas…Et puis, grand soulagement, on a échappé au classement par cépage !

·        Délicieusement futile ?

Fini la mine grave de l’homme qui choisit le vin à la carte cherchant l’approbation du sommelier, avant de le décrire pesamment pour épater Madame. Ici les « filles » ont le pouvoir, et le vin n’est plus une affaire sérieuse mais un coup de cœur, un moment de plaisir, de détente. On trouve donc des vins pour les « dîners de fille », le « pot au bureau », le « plateau TV » ou encore « l'apéro », le « tête-à-tête amoureux », les vins « after-câlins ».

Leur but ? Que « la femme s'approprie le monde du vin avec une approche moins immédiate, plus sensuelle et symbolique. »

·        Du contenu néanmoins

« Nous avons cherché à proposer notre sélection de vins de façon moderne, plus proche de la vie au quotidien et des émotions de l'instant » déclare Cécile FELON, directrice de ChezValentine.com. « Nous mettons un point d'honneur à bien informer notre clientèle par le biais de fiches détaillées par produit, de conseils, de suggestions d'accords mets/vins, de reportages sur comment déguster le vin, le servir à table. Grâce à ces informations, la femme pourra parler de son vin. L'image de la femme qui s'y connaît est positive et valorisante ».

  • Informations pratiques

« L'achat des vins se fait en ligne par paiement sécurisé avec la garantie d'être satisfait(e) ou remboursé(e). Les prix des vins se situent entre 5 euros et 15 euros, la commande peut porter sur une seule bouteille ou par lots de 3, de 6 et de 12. Expéditions dans toute l'Europe, Etats-Unis et Canada. Disponibilité des vins au féminin sur www.ChezValentine.com dès le 15 septembre 2006. »

  • Conclusion :

Une fourchette de prix très bon marché. J’attends le 15 septembre pour vous parler de leur qualité et de leur pertinence.

Si l’on considère ces niches, concepts, comme une alternative, une façon de consommer autrement du vin qui ne s’impose pas en parangon, modèle unique de consommation du vin à l’usage de la moitié de la population, les femmes, cette initiative est à promouvoir.

Mais à condition que les femmes ne s’y enferment pas et puissent consommer un Pommard vieilli au goût anglais si elles en ont envie !

  • Révolutionnaire ?

On peut voir dans le travail d’Isabelle Forêt, un travail de défricheuse. Une tentative de renverser le diktat de Parker, l’américain qui fait la loi dans nos vignobles. C’est son guide qui a le plus d’autorité à l’international. Or on sait à quel point il est important pour un producteur récoltant de bien vendre ses vins à l’étranger, dans les pays anglophones et maintenant en Asie. Mais un guide partisan qui écarte d'emblée des vins qui méritent d'être découverts. Son goût affirmé pour les vins boisés a conduit, on le sait, certains producteurs, notamment du Bordelais, à dénaturer la typicité de leur vin pour l’adapter au goût de Parker et être bien notés.

Le vin au féminin serait alors, non un ghetto, mais une manière de rééquilibrer la perception que nous avons du vin.

VOTRE réaction de femme (hommes ne pas s'abstenir) : que pensez-vous de cette féminisation du vin ? Avez-vous observé une consommation différente en fonction du sexe ? (non, messieurs, je ne parle pas en quantité...). Etes-vous séduites par le concept que développe ChezValentine et prêtes à y acheter ? Quels vins appréciez-vous et dans quelles circonstances ? Parlez-moi tout simplement de votre relation au vin. :)

Ainsi va la vigne

Champagne_jeanpierre_fleury

Juste pour la bonne bouche, un petit champagne de producteur. Encore une découverte que je dois à ma caviste de la rue Saint Maur, « Au nouveau nez ».

Le champagne brut de Jean-Pierre Fleury.

Ce n’est pas un Champagne d’assemblage et ce n’est pas non plus un pur Chardonnay mais un pur pinot noir. Ce n’est pas non plus un champagne millésimé, c’est juste un champagne atypique qui se démarque plaisamment. Très plaisamment. Pour la modique somme de 23 €, c’est peu pour un champagne, votre regard va d’abord se gorger de reflets mordorés presque roses, très pâles – ce n’est pas un champagne rosé. Puis le nez surprend, il est aromatique, pas de bois vert. Il est affirmé, c’est loin d’être une typicité du champagne, en particulier d’un champagne brut non millésimé. Et en bouche…ce que le sens de l’odorat vous avait fait soupçonner. Beaucoup de fruit et un goût qui se détache, celui de la pomme. Et quelle pomme ! La seule qui devrait régner sur nos palais : la reine des reinettes. Un goût champêtre, authentique que l’on ne s’attend pas à trouver dans un champagne. Long en bouche, l’on y revient jusqu’au moment où…y’a plus. Un champagne qui méritait de figurer dans la rubrique « bons plans ». Alors n'attendez pas d'avoir quelque chose à fêter pour en acheter, découvrez-le!

Dans les kiosques !

Petrus Que les amateurs de grands crus ou simplement de bons vins se précipitent. 130 pages de vins français contre seulement 10 pages de vins étrangers et uniquement italiens, l'on comprendra le titre patriotique  - « Nos meilleurs vins » - du hors-série du magazine Le Point, daté d’avril-mai, qui regroupe les dernières sélections de Jacques Dupont, grand goûteur de crus et de mots. Il faut dire que le secteur viticole est une vitrine tant culturelle qu'économique (mais quand même surtout culturelle) pour la France. Je précise que n’ayant pas participé à ce numéro ni à aucun autre du Point, hélas, il ne s’agit pas d’autopromotion...

L’îlot gourmand parigot

Berthillon_lrgLa perle du jour est une perle qui se mange, et si possible vite de peur qu'elle ne fonde, les beaux jours revenant. Même si en réalité ce n'est pas tant la perle qui menace de fondre que celui qui la mange... Vous me suivez ? L’île-aux-gourmands-parigots, mieux connue sous le nom d’île Saint Louis, draine chaque année des milliers d’autochtones et touristes attirés par la perfection de ce petit îlot ensoleillé sis entre deux quais de Seine ; nef insolente de façades en pierres de taille, d’hôtels particuliers au charme suranné, de boutiques choisies, regardant par le bord le plus fréquenté de son vaisseau insulaire l’hugolienne Notre Dame. Cette île célèbre et célébrée du centre de Paris abrite un bijou de gourmandise : le glacier Berthillon, son salon de thé, sa boutique rue-Saint-Louis-en-l’île, et tous ceux in situ et autres arrondissements qu’il dessert.

On ne fait pas de la pub à Berthillon, on se contente d’en parler, avec une très certaine religion, confits de l’envie d’en déguster aussi souvent que l’on le peut.

Un glacier qui ne doit pas son succès à la mode mais tout simplement à sa qualité, à l’exceptionnelle saveur de ses parfums. Aucun colorant ni conservateur n’entra jamais dans les glaces Berthillon et n’est pas prêt d’y entrer ! Car ce glacier, véritable institution parisienne, ne laisse rien au hasard. Les meilleures matières premières sont choisies, avec des surcoûts d’exportation s’il le faut, le lait pasteurisé fermier et extra frais est issu de la traite de la veille et livré chaque matin pour être utilisé dans la journée. Tout est fabriqué sur place.

Et de « fée », la première fois que l’on goûte une glace Berthillon, tandis que l’on l’attend, soupçonnant quelque snobisme derrière le battage qu’on nous en a fait, devinant une glace certes bonne mais pas aussi inoubliable qu’on cherche à nous le faire croire… tu parles ! A l’issue de la première bouchée glacée, le pire sceptique est bien vite converti à la féerie Berthillon pour devenir un « Berthillonmaniac ». Jamais on n’aurait soupçonné un glacier capable de pouvoir être non seulement fidèle à la typicité unique de la fraise des bois mais encore de la sublimer !

A chaque gourmand, son coup de cœur. Mais aucun parfum ne déçoit sauf à détester la réglisse et de se piquer d’en prendre pour suivre la préférence de Georges Moustaki. Une fois séduit, on a envie de les goûter tous, du ganduja noisettes en passant par la classique mais très efficace vanille, la myrtille qui vaut les meilleures tartes, la framboise qui vous en met plein la bouche – parfum, paraît-il, préféré de Jodie Foster. Bref, le rêve ! Et c’est encore mieux dans un vrai cornet qui se mange, pas de ceux dégueu qui se jettent une fois la glace finie.

Dans la vitrine de leur salon de thé toujours bondé, une tarte tatin à faire se pâmer de jalousie les meilleures pâtissières…

En revanche, si la faim vous pousse à poursuivre vos agapes plus tard que 20H, heure de fermeture du salon de thé et boutique Berthillon, évitez A nos ancêtres les gaulois, un concept bonne franquette bruyant avec buffet charcutier à volonté qui ne se retrouve pas dans la note - beaucoup trop chère pour le peu de plaisir que l’on y prend. Seul intérêt, en y venant aux alentours de 23h30, il était encore possible d’y être servis. Préférez, dans le même esprit pantagruélique le buffet en moins, le deuxième service (à partir de 22h30) de la Tour de Montléry, un bistrot parisien succulent quoique peu intime dans le quartier des Halles - rue des prouvaires. A condition que vous ayez réservé, sinon n’espérez pas. Le haricot de mouton et son petit vin frais épicé vous passera sous le nez ! Alors, dépité, les papilles en berne, vous finirez devant de délicieuses frites surgelées arrosé d’un cola cuvée 2006. And last but not least, le bouquet final, l'ice cream si sucrée que même le cola en devient fade…

L’idée à Litz

Clafoutis 

Un avant-goût d’été ? Le printemps commence à peine et déjà le goût de la cerise manque au palais. Avouons-le tout de suite, la recette qui suit n’est pas de mon cru. Voici l’une des recettes parmi tant de variantes du clafoutis aux cerises, celle d’Astrid Collet mise en ligne sur linternaute.fr. Pour cette internaute au nom musical,  Jane Litz, dont le seul patronyme méritait qu’on s’y arrête, quel rêve que cette recette succulente «pas prise de tête», miraculeuse tant dans sa vie privée que professionnelle. Car Jane est « auxiliaire de vie à domicile » et ses « malades qui ne veulent plus se nourrir mangent (son) clafoutis avec plaisir.».

Difficulté ? Facile !
Préparation : 20 mn
Cuisson : 45 mn
Repos/RTT : aucunes
Temps total : 65 mn

« Pour 4 personnes :
- 750 g de cerises bien mûres
- 100 g de farine
- 1/2 sachet de levure en poudre
- 4 oeufs
- 125 g de sucre
- 2 pincée de sel
- 25 g de beurre
- 25 cl de lait
- 1 sachet de sucre vanillé

1/ Préchauffer le four à 180°C.
Laver, équeuter et éventuellement dénoyauter les cerises. Réserver.

2/ Dans un saladier, battre les oeufs en omelette. Ajouter le sucre et le sel, et fouetter 5 minutes. Verser la farine et la levure. Mélanger délicatement à la spatule en bois. Ajouter progressivement 25 g de beurre fondu et le lait.

3/ Beurrer un plat à gratin. Disposer les cerises dans le plat et verser l'appareil dessus.
Enfourner et cuire 45 mn à 180°C.

4/ saupoudrer de sucre vanillé à la sortie du four


Servir tel quel ce clafoutis. Ne se démoule pas.» Fin de citation. Place à la glose.

LA GLOSE : Sa créatrice le mange légèrement tiède, et c’est vrai que tiède ses saveurs sont sublimées. Par contre elle dénoyaute tout en signalant que c’est se priver de saveur ; et là, c’est vraiment un sacrilège. On peut mettre moins de lait et un peu de crème. Bien sûr si vous avez du lait cru il se suffira à lui-même. Choisissez également un beurre gastronomique. Quant aux cerises, elle ne vous précise pas lesquelles. Eh bien, soit vous optez pour les belles et charnues Burlat, soit, vous êtes chanceux et possédez un merisier dans votre verger. Car, mon conseil : préférez  les merises aux cerises. Et de grâce, n’enlevez pas le noyau ! Non seulement vous y perdrez en goût mais en plus la cerise n’étant plus tenue par le noyau a tendance à rendre la pâte « mouillatrue ». Mais revenons à nos merises. La merise est une cerise sauvage qui fait la moitié du diamètre de la cerise, moins charnue mais plus juteuse, musquée, moins sucrée, légèrement amère même, choisissez-les mûres c’est un vertige !

LE VIN : Cherchant à marier ce dessert délicieux mais peu complaisant avec le vin, alors que j’allais opter pour un petit Champagne rosé de producteur, je tombais sur ce conseil d’un professionnel qui me fit me ressouvenir de ce vin de Savoie si particulier, le Cordon du Bugey. Il conseillait celui de Murielle Galmiche. Ce vin effervescent faiblement alcoolisé (8 degrés) est très proche d’un demi-sec avec des notes acidulées. C’est un vin sans complexe que l’on aime ou… que l’on déteste. A tenter.

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