Bleu blanc rouge ? Non ! Rosé – blanc – rouge !
Si je viens de publier ci-dessous, à la gloire de nos vins français et de l’apparente complexité de nos étiquettes, un billet au nez incontestablement patriotique …Un blogueur m’en a fait le reproche pour les lecteurs qui n’auraient pas suivi. Lui, défend sur son blog, la simplification de nos étiquettes – supprimant appellations et châteaux et ne gardant que le cépage - pour que le vin français se vende mieux à l’étranger. Je n’ai jamais dit qu’il n’existait pas d’excellents vins étrangers. Certainement pas.
Par contre, la France occupe une place prépondérante pour ne pas dire centrale dans le paysage viticole de par la durée et densité de son histoire viticole, la variété de son terroir, le nombre et la constance de ces grands crus ; reste qu’un bon Frascati (c’est un blanc) sur des pâtes aux cèpes frais avec une crème fermière et une envolée de Parmesan… Un Chianti quand il veut être bon sur du San Daniele, ou le même pour vous dessoifer de vos penne à l’arrabiata, ou encore une petite perle de Sicile …ou, ou, ou, un Lacrima Christi sur des aubergines grillées. Un Rioja avec un pain à la tomate et jambon Serrano. Ou même un Kurtaki (au choix en blanc, en rosé ou en retsina) sur une souris d’agneau grillée, mummm le bonheur. Et pourquoi pas une Cuvée du Président sur un tajine ? On peut également choisir de désassortir, de créer la surprise, de sortir un vin de sa région culinaire quand on est un bon cuisinier et un bon amateur.
Tenez, voilà un vin qui nargue l'hexagone : le vin de glace. L’autrichien pas le canadien. Il est issu de grains de raisins gelés. c'est une rareté, une merveille, qui n’appartient pas à la France mais qui est la production d'Eiswein en Allemagne et en Autriche. Ce vin, hélas n’est autorisé qu’une fois par an à s’écouler hors de ses frontières naturelles chez ses voisins européens. L'article 68 du règlement de l'OCM interdisant l'importation en Europe de vins titrant plus de 15° d'alcool, ce qui est son cas. Car une fois pressés, l'eau restant prisonnière de la glace, les grains libèrent un moût très concentré en sucre, ce qui donne au final un vin pouvant dépasser les 15°.
Récemment, pour rester dans les moelleux, j’ai découvert grâce à ma caviste, qui est aussi œnologue, un vin hongrois superbe sur le foie gras.
Tout ça pour dire que je ne fais pas dans le «côteaurico» mais si nous ne sommes pas les seuls à savoir faire du vin, il y a des pays plus exaltants que d’autres.
Même en Australie, le vin a plus de 200 ans ! Les premières vignes sont arrivées par la mer avec les premiers colons en 1788. John Mc Arthur y a inventé le vignoble commercial, qui produisit environ 90 000 litres de vin par an dès 1827. Même en Australie. Nous ne sommes pas les seuls, certes.
La réalité c’est aussi qu’un pays ne peut avoir de grands vins que s’il a une gastronomie digne de ce nom, qui le supporte ce cru goûtu. Comment s’étonner, donc, que les terroirs les plus variés aient tous la cuisine qui va avec !
En Californie, la légende veut que ce soit le Père Junipo Serra qui ait conduit les missionnaires espagnols depuis le Mexique jusqu’en Californie, plantant les premières vignes à la Mission Saint Gabriel en 1775. Le commerce du vin commence dès 1820 en Californie, c’est déjà pas mal. En France, où le cep remonte à l’antiquité, pas seulement au Moyen âge, Rabelais contait 500 ans plus tôt avec faconde les plaisirs du vin. Mais la cuisine californienne n’est pas la cuisine française, n’est pas la cuisine italienne, n’est pas la cuisine espagnole…







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