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Interview Blog emploi Challenge

  • Le Blog Emploi Challenge
    En cliquant sur ce lien, vous vous ferez une idée de mon parcours, de ma recherche, de mes projets, sans doute + précise qu'à travers la lettre de motivation qui figure sur mon blog. Merci à Bertrand Duperrin qui a réalisé cette interview.

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De palimpsestes en Shalimar

  • Edward Whymper: Escalades dans les Alpes

    Edward Whymper: Escalades dans les Alpes
    Bien loin de nos ascensions rendues périlleuses par la témérité et la recherche de l'exploit pour l'exploit, les escalades de Whymper qui brava - entre autres - le Cervin, se faisaient avec de mauvaises de corde en chanvre. Elles appartiennent à un temps où l'exploration des sommets était l'aventure la plus fascinante qui soit et les sommets à conquérir des déités vengeresses à se concilier à force de respect, de courage et... de prudence. Elles appartiennent à cette culture, à cette mémoire européenne qui nous est commune.

  • T. S. Eliot: The Waste Land and Other Writings

    T. S. Eliot: The Waste Land and Other Writings
    A lire en langue. Toute traduction serait inégociable...

  • Olivier Pétré-Grenouilleau: Les traites négrières - essai d'histoire globale

    Olivier Pétré-Grenouilleau: Les traites négrières - essai d'histoire globale
    Prix du Sénat du livre d'histoire Chateaubriand de la Vallée-aux-loups de l'essai de l'Académie Française 2005. Pour comprendre comment cette infamie a pu durer aussi longtemps. Qui a dit que le Sénat ne servait à rien ?

  • Ezekiel Nissim: Collected Poems

    Ezekiel Nissim: Collected Poems
    Professeur d'anglais, critique, dramaturge mais surtout poète, c'est là un beau florilège pour découvrir cette grande voix de la poésie indienne. Nissim Ezekiel nous a quitté le 9 mars 2004 à l'âge de 79 ans.

  • Jeremy Rifkin: La fin du travail

    Jeremy Rifkin: La fin du travail
    L'essai incontournable d'un économiste américain qui perçoit déjà les limites de la voie anglo-saxonne.

  • Alexandre de Lur Saluces : La Morale d'Yquem - Entretiens avec Jean-paul Kauffmann

    Alexandre de Lur Saluces : La Morale d'Yquem - Entretiens avec Jean-paul Kauffmann
    On n'obtient pas le plus grand vin liquoreux au monde sans une morale, une éthique absolument exceptionnelle dans le monde viticole. On ne travaille pas à Yquem, on vit pour Yquem, on se voue à Yquem. C'est cette exigence et les astreintes nobles pour parvenir à élaborer un vin ineffable que nous retrace ce livre ; dialogue passionnant entre Jean-Paul Kauffmann, journaliste tombé sous le charme et sortilège d'Yquem, et celui qui mène l'héritage avec amour et abnégation, Alexandre de Lur Saluces.

  • Borges: Enquêtes

    Borges: Enquêtes
    L'enquête est ici - pas étonnant vous lisez Borges - philologique. Sans s'en rendre compte, tant le bougre a de talent, on glisse d'un auteur, d'une époque, d'un pays à l'autre, subjugués.

  • la Pléiade: Marivaux

    la Pléiade: Marivaux
    Du jeu de l'amour et du hasard à L'ile des esclaves, Marivaux n'est pas si léger qu'on croit, il y a de la sociologie, beaucoup de sociologie et de la politique dans toutes ses pièces. Là encore, à lire en La Pléiade, car tout tout se déguste quand on se pique de lire l'immense Marivaux. Un théatre aussi délectable, au fond, lu que joué. Badin et fin comportementaliste à la fois, chacune des pièces de Marivaux est enlevée, un tour de force !

  • Marguerite Yourcenar: Les mémoires d'Hadrien

    Marguerite Yourcenar: Les mémoires d'Hadrien
    Hadriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien !!! Adrienne est très loin de l'empereur brossé avec succulence par Marguerite Yourcenar, première académicienne, envers et contre tous les phallocrates que compte cette institution...

  • La Pléiade: Ernest Hemingway

    La Pléiade: Ernest Hemingway
    Eh bien oui, Ernest Hemingway vaut bien mieux que tous les clichés que l'on peut avoir sur lui. Au point que lorsque l'on commence, on dévore très vite ses oeuvres complètes en La Pléiade.

  • revue Europe: Littératures de l'Inde

    revue Europe: Littératures de l'Inde
    C'est un numéro d'Europe (la revue littéraire par excellence) qui date quand même d'Avril 2001 mais quelle révélation ! Un numéro fantastique qui met enfin en lumière les littératures extraordinairement riches de ce continent. Sur www.europe-revue.info vous pourrez encore le commander

  • D'Holbac: Histoire critique de Jésus-Christ
    Ce n'est pas une posologie de l'athéisme façon Onfray, philosophe qui n'a pas le centième du talent du baron d'Holbac. C'est un raisonnement réinventé, plus rigoureux, une méthodologie critique extraordinairement facile qui s'applique ici aux miracles de la foi chrétienne par l'un des plus grands penseurs et inventeur du matérialisme philosophique.
  • Spinoza: L'éthique

    Spinoza: L'éthique
    Sur une île déserte, allez, c'est l'opus cogitendi que j'emporterais.

  • James Joyce: Ulysse

    James Joyce: Ulysse
    Un livre tout smplement inépuisable. D'une complexité narrative délicieuse. Il a tout réinventé, cet homme. Lire aussi Dedalus, et si vous avez le cerveau en forme, Finnegans wake, of course.

  • Jack Kerouac: Les clochards célestes
    Jack Kerouac, le plus grand écrivain de la Beat generation. Plus grand encore que Ginsberg ! Bien moins connu que "Sur la Route", c'est pour moi son chef d'oeuvre avec le new-yorkais "Big Sur". A lire en grand format, NRF gallimard.
  • : Le guide Hachette des vins

    Le guide Hachette des vins
    La référence pour les amateurs de vins.

  • Brigitte Aubert: La mort des bois

    Brigitte Aubert: La mort des bois
    Amateurs de polar, c'est son meilleur ! Dans cette série, tout se passe depuis le point de vue de l'héroïne paralytique et muette. Brigitte Aubert dont tous les polars sont un régal exploite fructueusement le procédé narratif du monologue intérieur. La mort des neiges a suivi. Belle réussite également.

  • Ernesto de Martino: Le Monde magique

    Ernesto de Martino: Le Monde magique
    Une référence ! Ce professeur d'histoire des religions à l'université de Cagliari, particulièrement attentif à l'ethnographie sicilienne a aidé à penser autrement "l'alternative entre magie et rationalité" qui a construit notre civilisation moderne. Le Monde Magique paru en 1948 peut sembler aride mais sa lecture est fascinante et la pensée de De Martino, presque soixante ans après, toujours vivante.

  • La Pléiade (Textes traduits, présentés et annotés par Paule Charles-Dominique): Voyageurs arabes

    La Pléiade (Textes traduits, présentés et annotés par Paule Charles-Dominique): Voyageurs arabes
    En ce temps de communication ultra-rapide, et parfois agressive, facilitant les amalgames ; d'almagame, par exemple, entre Islam et fondamentalisme, en ce temps encore d'affrontements communautaires, de vitriols (oui, au pluriel) racistes, découvrez réunis tout récemment par la Pléiade les récits des chroniqueurs Ibn Fadlân, Ibn Jubayr, Ibn Battuta et un auteur anonyme qui vous introduiront à un Islam voyageur curieux du monde (XIVes et antérieur) que nous connaissons encore plus mal.

sentes sonores

  • Billie Holiday - I'm a fool to want you

    I'm a fool to want you
    Billie Holiday: Lady in satin

    Sans doute la voix la plus bouleversante du jazz. Ce n'est pas seulement cet album, celui du magnifique "I'm a fool to want you", mais toute sa discographie qui est à (re)découvrir. Ne passez pas non plus à côté de l'album élégant : "Songs for distingue lovers."

  • Nicole Willis -

    Nicole Willis: Keep Reachin'up
    La nouvelle âme de la soul. Une voix superbe. Des arrangements virtuoses. Divinement swinguant.

  • Natacha Atlas -

    Natacha Atlas: Mish Maoul
    Toujours cette ligne de partage entre Orient et Occident au coeur des albums de Natacha Atlas, et plus que jamais le mariage entre musiques traditionnelles et électro. Intense. Sublime. La réconciliation le temps d'un album. Une invitation à la paix.

  • Jean-Louis Murat -

    Jean-Louis Murat: Taormina
    Murat n'en finit pas de produire mais, cette fois-ci, c'est un album aux accents blues. Une bonne cuvée !

  • Katie Melua - Spider's web

    Spider's web
    Katie Melua: Piece by piece

    Un joli disque de ballades blues-jazz-pop emmené par la voix chantilly de Katie Melua. Offrez-vous un peu de douceur.

  • Bia - Comme une vague. Como uma onda

    Comme une vague. Como uma onda
    Bia: Coeur vagabond// coraçao vagabundo

    L'album prenant et réversible (vous allez comprendre) de Bia, artiste brésilienne francophile et francophone, qui, après avoir parcouru le monde a décidé de poser ses valises en France. Elle a voulu nous faire partager ses titres coups de coeur dans les deux cultures en choisissant d'interpréter en français des chansons brésiliennes et de chanter en brésilien les titres français, allant de Belle-île-en-mer à l'étonnante La mauvaise réputation de Brassens. Une réussite. Toutes les traductions sont de Bia, parfaitement bilingue.

  • Gérard Manset - "Ne les réveillez pas"

    "Ne les réveillez pas"
    Gérard Manset: Obok

    Le dernier opus inspiré du plus énigmatique, incernable chanteur, parolier et compositeur français. Il paraît même qu'il accepterait de sortir de son invisibilité pour une tournée. Un événement !

  • Hubert Félix Thiéfaine - Les jardins sauvages

    Les jardins sauvages
    Hubert Félix Thiéfaine: Scandale mélancolique

    Musicalement rien de chavirant, titre composé par le chanteur de Mickey 3d, mais texte très inspiré, d'une sensualité vénéneuse que HFT sait porter.

  • Paul McCartney -

    Paul McCartney: Ram
    L'album "pastoral", entièrement acoustique, simple et dépouillé du grand mélodiste, ex Beatles. Son meilleur cru qui vieillit excellemment.

  • Robert Wyatt - Beware

    Beware
    Robert Wyatt: Cuckooland

    Forêt électronique animée par la voix séraphique de Robert Wyatt tant elle plane (un oiseau ou un ange ?) et maîtrise les aigus. Mais c'est toute la discographie du grand maître du rock progressif (Rock Botton) et de la fusion de la pop et du jazz qui est à découvrir !

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L’Ecosse en Afrique

Le_dernier_roi_decosse_2 L’Afrique est à l’honneur. L’Afrique dans sa réalité la plus sombre. Après Blood Diamond, fiction hollywoodienne engagée (ce qui n'est pas si fréquent) et réussie, sur fond de pillage de l’Afrique.
Pillage de ses ressources naturelles,(ici, diamants bruts du Botswana) ; Régime sanglant de guérilla  et trafic de diamants avec la complicité de l’Occident, et réalité d’épouvante des enfants-soldats. Voici un film plus resserré, sans pathos, ne jouant pas avec la fibre du spectaculaire. Si Blood Diamond, avec ses grosses ficelles et son casting très efficace, des acteurs au meilleur, un Di Caprio oscarisable, m’avait convaincue, révoltée et même bouleversée. Le Dernier Roi d’Ecosse me fait crier au chef d’œuvre.

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« Hors-jeu » ou l’IRAN autrement. Hors-champ.

Horsjeu_1
Le cinéma iranien est une bénédiction. Une bénédiction pour tous ceux qui cherchent à percer la vérité de l’Iran en dépassant la couche épaisse, écailleuse, des préjugés qui nous en en éloignent.

Hors-champ de nos caméras partisanes, ours d'argent à Berlin en 2006, Hors-Jeu, film de Jafar Panahi, ancien assistant d’Abbas Kiarostami, représente l’une de ces tentatives de montrer au monde l’Iran autrement.

Gooooooal ! La tentative est "transformée", pour changer de registre.
Car Hors-jeu met en scène un match au stade en Iran. Une rencontre footbalistique quasi mythologique entre le Bahrein et l'Iran dont l’issue déterminera la qualification pour la coupe du monde 2006.

Dans cette marée virile, quelques spectatrices tentent de gagner leur liberté. Des femmes qui ne veulent plus rester hors-jeu et des hommes qui les écoutent.

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De l’inutilité naît le crime. Vies nouvelles à Iwahig.

Une_vie_nouvelle Il y a quelques jours, je vous ai présenté le festival international du film d’environnement. Je vous livre à présent son palmarès final. Mais avant cela, je souhaite revenir sur le documentaire « Hors les murs », prix spécial du jury amplement mérité. Un documentaire remarquable qui donne foi en l’homme. Dans cette prison des Phillipines, à Iwahig sur l’île de Palawan, les murs n’existent pas et l’homme s’y sent utile. Bravo aux réalisateurs Alexandre Leborgne et Pierre Barougier.

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Quand "la Terre fait son cinéma"

Affichele_festival_internationnal_du_fil_1 Parce qu’il n’y a pas qu’Al Gore qui sache parler d’environnement, et surtout, le filmer, ne manquez pas cet événement qui se déroule à La Pagode, l’un des plus beaux cinémas de Paris !
Je vous l’annonce avec un peu de retard, ayant failli passer à côté.
La programmation est très dense. Découvrez-la sur le site du festival.
Ce lien vous renvoie uniquement à la programmation documentaire. Donc prenez le temps de tout découvrir.
Car il y en a pour tous les goûts, pour tous les continents. Docus, fictions, longs et courts-métrages, rencontres, débats. Et des traverses politiques, sociales, économiques qui font comprendre aux plus débonnaires d'entre nous à quel point parler d’« environnement » ne se limite pas au tri sélectif ou à la gestion des espaces verts dans sa commune. A vouloir plus de fleurs dans les ronds-points, de squares arborées et de jolies plantes vertes chez soi.
Gage supplémentaire de qualité, le photographe Yann Arthus-Bertrand, acteur engagé du combat écologique, est le parrain de ce festival, et le réalisateur, Jean Becker, le président du jury.
Hors les murs de notre cannibalisme environnemental, le septième art aime la nature.

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"Casino Royale", faîtes vos jeux !

Casino_royale James Bond, c’est un peu le british paradoxe. C’est bourré de clichés, et depuis le départ, évidemment sexiste. Mais l’excès parodique, les belles Aston Martin pleines de gogos gadgets, les décors de rêve, sauve cette saga de spy aventures, de virile romance-action, de l’indigestion. Le regard de braise de son premier interprète aurait pu faire passer n’importe quel nanar de toute façon. Vous n’êtes pas d’accord ? Alors c’est que vous êtes un mâle !

Quel est votre Bond et épisode préférés ? Goldfinger ? Les diamants sont éternels ? Vivre et laisser mourir ?

Quel est votre coefficient de Bondmania sur une échelle de 0 à 7?

Si vous avez acheté le stylo « James Bond », série spéciale luxueuse éditée par Dupont, pas de doute c’est que vous êtes atteint…et plus accessoirement, que vous avez les moyens. Le nouveau James Bond, Daniel Craig, sera-t-il à la hauteur de cette machine du Box-Office ou simple double zéro... ?

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Al Gore, le géant vert : et l’Amérique se réveille !

Al_gore



Enfin de la politique mondiale responsable et désintéressée ! Bien sûr, ce début est excessif. Mais quand Al Gore « algorithme » le climat de notre planète, c’est pour nous renvoyer tous à notre responsabilité. Nous livrer des chiffres et des images sans fard. Sans excès d’optimisme (quant à l’affaissement de nos réserves énergétiques, quant à l’altération du climat...) qui enraye tout action de fond écologique et décisions budgétaires en conséquence. Nous sommes tous embarqués sur la même planète et quand celle-ci va mal, « chaque geste compte ».

Aussi, demain à 8h20 sur Europe 1, ne manquez pas si vous en avez la possibilité, l’interview d’Elkabach. Le directeur d’Europe 1 interviewe Al Gore, « le futur ex-président des Etats-Unis » comme il aime à se présenter faisant preuve d’une autodérision rare à ce niveau d’influence, alliée à une causticité certaine.

Al Gore qui avait pourtant devancé en nombre de suffrages George W. Bush lors de sa première élection passablement douteuse en 2000, s’est retiré de la politique pour se consacrer aux médias et au cinéma. Il s’est refait une santé financière digne d’un futur candidat aux élections présidentielles. Ce n’est cependant pas sa préoccupation. Du moins pas la plus pressante. Il veut que son combat porte, soit entendu, plutôt que les honneurs sans agir.

Car son engagement s’est déplacé (ou plutôt renforcé) du politique à l’écologique. Les deux pourtant se rejoignent. L’écologie, face au constat d’une déprédation de la planète toujours plus grande, devant être, rappelons-le, non pas une préoccupation pré-électorale mais bien un axe majeur et durable engagé par  la lice politique.

L’ex-vice-président américain et sénateur fait aujourd’hui campagne de la manière la plus intelligente qui soit. Il a tourné un documentaire pour le cinéma destiné à mobiliser populations et dirigeants des pays du monde entier pour prendre conscience du réchauffement de la planète et de la nécessité à agir contre. Quand on sait l’impact global et populaire que peut avoir le cinéma, allié à la personnalité d’Al Gore, on se dit que cet ex-homme politique qui pourrait faire son « come back » en politique, poussé dans son parti par les anti-Clinton, a tout compris.

Si ce n’est pas son ambition affichée, il pourrait être en lice dans le camp démocrate pour les prochaines présidentielles. Hillary Clinton étant pour l’instant la favorite.
Mais il faut se garder de voir ce documentaire comme un habile marche-pied personnel. Sa position est courageuse. La politique environnementale des Etats-Unis, considérable gaspilleur d’énergie fossile et électrique, étant nulle et non avenue. Est-il nécessaire de redire que les Etats-Unis sont aujourd'hui responsables de l’émission du quart des gaz à effet de serre dans le monde  ; et que George W.Bush n’a toujours pas ratifié le traité de Kyoto.

Al Gore qui ne mâche plus ses mots (ni les mesures qu'il préconise) aurait déjà convaincu le milliardaire Richard Branson de se joindre à son combat. Dans le camp démocrate, on murmure que cet homme politique taillé comme un joueur de football américain aurait encore pris de la carrure.

Verite Son documentaire, « une vérité qui dérange », sort aujourd’hui en salles.
Voir le site français qui lui est lié.

En France, le gouvernement vient de rendre publique une étude rapportant que l’Hexagone pourra diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. A la condition de s’y atteler avec plus de constance plutôt que par à-coups électoralistes. Dès aujourd’hui !

Duel gagnant : Le diable s’habille en Prada vs Little Miss Sunshine.

Face à face, deux comédies américaines très différentes. Toutes deux enthousiasmantes. Deux films, deux regards sur l ‘Amérique.

DIABLEMENT EFFICACE

Meryl_streep Tout d’abord, Le diable s’habille en Prada de David Frankel, réalisateur de Sex and the city. Une diablerie diablement divertissante tirée d'un best-seller qui convainc à l'écran grâce à la remarquable prestation de Meryl Streep ; très crédible et pour tout dire magistrale en diabolique « Miranda » régnant sur la mode. C’est elle, le « diable » visionnaire et tyrannique. La rédaction du magazine de mode dont elle a la charge, le fictif Runway, s’inspire probablement du magazine américain Vogue. Mais traquer les similitudes est de peu d’intérêt.

La jubilation est ailleurs.

Pour lui donner la réplique, une jeune actrice, Anne Hathaway, épouse délaissée du cowboy dans Le secret de Brodeback mountain, campe ici le rôle de l’assistante du « diable », Andrea. Un rôle empreint de détermination, de loyauté, de romantisme et de féminité qui lui vaudra la sympathie du public.

La comédie fonctionne sur leur opposition. Une opposition sociale, comportementale, générationnelle et psychologique, plus dramaturgique que cinématographique. Les deux femmes en –a, Miranda et Andrea, gagneront en densité au fur et à mesure qu’elles joueront de cette opposition mâtinée de rapprochements qui tient le spectateur en haleine.

Le Diable s’habille en Prada, c’est également bien sûr, un beau défilé haute-couture. Les fashion victims adoreront et jalouseront peut-être Andrea tout en lui laissant les tâches harassantes, herculéennes, qu'elle doit accomplir pour «  le diable ».

Une comédie à gros budget qui n’est pourtant pas totalement exempte de charge satirique. Un coup de griffe aimable à ceux qui font la mode et… les griffes. Une admiration distanciée à l’égard d’un microcosme qui « vogue » entre le futile  et le Beau. Toujours ce paradoxe du luxe tiraillé entre art et money.

SOLIDAIRES D'UN RÊVE

Little_miss_sunshine A l’opposé, moins trendy, moins tapageuse, une comédie au budget modeste mais qui rassemble unanimement la presse et le public, ce qui est rare. Il s’agit de Little Miss Sunshine, une perle des presque inconnus Jonathan Dayton et Valerie Faris.

Le spectateur suit le roadmovie attachant d’une famille américaine ordinaire. Ordinairement "au bord de la crise de nerfs" comme la présente le sous-titre ? Une comédie subtile qui ne gomme pas les coups du sorts, esquisse la dureté de la société américaine tout en mettant en avant des scènes d’une revigorante humanité.

Une comédie à la fois profonde et légère, comme la vie, sans glamour ni pathos, qui offre de beaux moments d’humour. Les Hoover, père, mère, enfants, grand-père et frère, oublient leurs problèmes pour partir ensemble dans un vieux minibus, solidaires du rêve d'une petite fille. Le moyen de transport lui-même sera au cœur de scènes très drôles, signifiant autre chose que quatre roues et un moteur, incroyable embrayeur de poésie, vous verrez.

Ce qui les transcende ces américains ordinaires tous un peu "frappés" à leur manière dans une société qui l'est plus encore ? Le rêve de la petite Olive, 7 ans. « Little Miss Sunshine », c’est le nom du concours de beauté qu’Olive rêve de remporter. Mais pour y participer, il faudra parvenir à destination ! Direction : Redondo Beach en Californie, à plus de mille kilomètres ! Un voyage picaresque plein de contretemps qui leur permettra de mieux se connaître et s’aimer.

A voir de toute urgence. A la fin de la séance, dans une salle bondée du Forum des Halles à Paris, la salle applaudissait. J’en étais. Solidaires du rêve d'une petite fille, nous l'étions tous.

Derniers empereurs de la chaleur humaine ?

Chaleurhumaineversionchat


(en photo : chaleur humaine du point de vue félin)

Connaissez un sentiment, une réalité plus forte que la chaleur humaine ?
L’amour, dîtes-vous ? L’amour en est une forme. L’amitié, une autre. Le respect, la solidarité, la générosité, la compassion y contribuent.

Maintenant fermez les yeux. Quelle image en avez-vous ? Une étreinte, un feu de cheminée, un repas partagé ?
Un film ?

Le dernier film du réalisateur-acteur-scénariste belge Lucas Belvaux, (qui, en 2002, avait déjà signé une trilogie étonnante composée de Un couple épatant, Cavale et Après la vie, 3 films se déroulant dans l’agglomération grenobloise ) est pour moi l’occasion de vous parler de cette chaleur qui ne doit rien au soleil ni à EDF, qui n'est pas un concept mais bien une valeur ; une nécessaire aspiration, une belle réalité quand elle existe. Présenté à Cannes et actuellement sur les écrans, "La Raison du plus faible"", titre du film, a convaincu des acteurs de la presse aussi différents que Les Cahiers du Cinéma, Première, Télérama, Libération mais aussi Elle, Le Nouvel Obs, L’Humanité, Les Inrockuptibles ou Paris Match.

LA RAISON DU PLUS FAIBLE
Laraisonduplusfaible
Lièges. Belgique. En l’an de notre modernité. Et un film, « la raison du plus faible » qui proclame tout le contraire : ce ne sont jamais les plus faibles qui gagnent. Charge satirique contre notre société qui casse l’espoir des « plus faibles » pour sélectionner « les plus forts ». Classes sociales irrémédiablement adverses. Les plus forts d’un côté, les faibles de l’autre. Des plus « forts » arbitraires. Leur force, c’est leur conformisme. Leur mérite, d'avoir suivi la voie consensuelle de la "réussite". De prendre l’argent et de se taire.

Ce film est entièrement bâti du point de vue des plus faibles. Sans aménité. Pas de scénario hollywoodien, rien que du réalisme. Rien que la vérité. Un film noir mais un film généreux car d’une justesse remarquable.

Le jeu des acteurs sidère d’exactitude. On sort du film ébranlés mais heureux qu’un film soit enfin sans compromis sur ce(s) sujet(s) rugueux : l’injustice sociale, le chômage, et la question de l’avenir « des prolos », des friches industrielles.

Deux anciens métallos, un ancien braqueur en liberté surveillée qui essaie de se "ranger" joué par le réalisateur, et enfin un jeune père de famille qui ne trouve pas de travail malgré ses nombreux diplômes et qui se sent humilié de devoir compter sur le maigre salaire que ramène sa femme, ouvrière, pour eux et leur enfant. Ces personnages partagent la même absence d’avenir. Ce sont des exclus de la société ; leur avenir est égal au néant multiplié à l’infini par la puissance de l’impossible.

Le film s’ouvre sur un premier acteur : l’usine. Plan fort au cœur de l’action sous la palette d’une grue. Des spectateurs qui assistent derrière une barrière au démontage de l’usine. Un homme qui lui a tout donné y compris ses jambes jusqu’à finir dans un fauteuil regarde, impuissant, son usine débitée en morceaux qui valent de l’or. A ses côtés, son collègue qui connaît le même destin, une retraite anticipée de misère. Lui a sombré dans l’alcoolisme. Le plus jeune a beaucoup donné à la société, des années d’études, de diplômes, pour finir par être trop diplômé et n’être « recrutable » par aucune entreprise. Il a cherché assidûment puis a renoncé. Se retirant, Candide résigné, dans son jardin ouvrier, habile à faire pousser ses légumes, s’occupant de son fils, de la maison, en attendant le retour de sa femme. Quand il n’a plus rien à faire, il rejoint ses copains de fortune au bar Pmu du village pour jouer aux cartes. C’est là que la bande rencontre « le quatrième », l’ancien bandit.

QUAND LE DESTIN TIENT À UNE MOBYLETTE...

Unemobyletteenpanneettoutbascule Tout bascule quand la jeune épouse jouée par Natacha Régnier perd son moyen de locomotion ; sa mobylette est tombée en panne, ses journées sont suffisamment dures et le travail est loin, il faut lui en racheter une.
Les copains sont vite mis au courant cette difficulté. Ils ont l’idée de jouer ensemble au loto. Bien sûr ils perdent.

Le couple n’a pas les moyens, le père oui, il offre un scooter à sa fille, son beau-fils le prend comme un affront. Humilié socialement, incapable vivant ce qu’il vit d’accepter qu’il n’a pas à s’interposer entre son épouse et de son beau-père, se sentant entretenu et subissant sans doute le contrecoup d’une société qui a longtemps fabriqué des « chefs de famille » devant subvenir aux besoins de la famille, ce qu’il ne peut pas faire, il culpabilise, souffre, rongé par la honte. Il fait alors subir un chantage à son épouse : c’est le scooter ou lui ; il lui en offrira un autre, plus tard. Plus tard…

Elle choisit de ne pas accroître des conditions de travail déjà plus que pénibles et choisit le scooter en même temps que sa liberté de choix, il quitte le domicile. Son chantage peut paraître absurde, ridicule voire révoltant du point de vue de l’épouse mais il est compréhensible. Entre temps les copains ont réuni assez d’argent. Mais c’est trop tard le scooter est déjà là, avec l’argent, ils achèteront autre chose. Ils n’ont plus rien à perdre. Ils achèteront des armes.

C’est alors que se monte le plus invraisemblable des projets de braquage. Braquer l’argent des démonteurs de l’usine qui la vendent en morceaux. Braquer pour se faire justice quand il n’y a pas de justice. Braquer pour en finir avec le désespoir. Quand la vie est devenue une prison, s’y retrouver ne fait plus peur.

Lebraqueurcontemplantlusine Ce choix scénaristique peut sembler excessif. Surtout quand on vit à la ville et que notre quotidien, notre environnement, notre cursus nous ont coupé de cette classe sociale. Excessif, il ne l’est pas. Au contraire Lucas Belvaux a su capter la détresse d’êtres humains « en bout de chaîne ».

Que le destin puisse tenir à une mobylette qui tombe en panne... là encore on se récrie, un oeil sur notre iPod, on y croit pas, on ne comprend pas. Une mobylette ça se remplace...comme le reste.
Question de contexte.

EN DÉCALAGE

Car excessif ce film ne l’est que lorsque l’on est tout à fait coupé de la vie de ces laissés-pour -compte que fabrique notre société libérale qui a tout misé sur les services, les e-services, les talents commerciaux, les développeurs, la communication. Les laissés-pour-compte ce sont alors les prolétaires mais aussi tous les cursus humanistes ! Lettres, arts, sciences sociales, les philosophes, les historiens, les encyclopédistes ont été remplacés par les « marchands ». Il faut savoir vendre plutôt que produire – produire nous laissons ce soin aux pays sous-développés. Quant à la connaissance, au royaume flagrant de l’ignorance, connaître devient un talent d’Achille que l’on vous fait payer.

L’addition est encore plus âpre pour ces prolos qui ont passé plus de trente ans à l’usine et n’ont pas grandi comme nous avec l’idée que ce serait dur, très dur, qu’après des études longues il faudrait faire avec le chômage au début au milieu à la fin de notre vie professionnelle, s’adapter, changer d’entreprise et même de métier. Que nos retraites nous n’en verrions la couleur qu’à conditions de cotiser dans une caisse privée.
Eux peuvent plus difficilement se reconvertir. A plus de 50 ans, pas le bac mais un métier qu’ils connaissent sur le bout des doigts, un métier difficile et dans lequel ils excellent. Ces virtuoses de l’acier sont congédiés sans golden parachute, sans stock options permettant de vivre le chômage comme une retraite dorée. Eux quand l’usine ferme, leur vie part avec.

BRAQUER L'ESPOIR

Alors quand ils décident de braquer ceux qui font de l’argent , beaucoup d’argent avec cette usine à qui ils ont tout sacrifié, ils ont l’impression de reprendre ce qui leur appartient et on se dit que ce braquage n’a rien de « romanesque ». Il est parfaitement crédible dans la vie réelle. Ce braquage est leur projet, leur baroud d'honneur. Ils retrouvent l'espoir.Chaleurhumaine

Que le jeune interprété par Eric Caravaca se soit joint à l’entreprise, malgré sa famille, ses diplômes, paraît plus discutable mais pas impossible car le film pose également la question de l’avenir des « intellos précaires ». Ces surdiplômés voués au chômage car orientés vers la recherche qui recrute peu, faute de moyens et forts de connaissances pures mais plus difficilement applicables en entreprises. C’est un choix de société. Nous ne mettons pas assez d’argent dans la recherche.
Les intellectuels, les vrais intellectuels sont voués à régresser et les chercheurs à s’expatrier.

Entre l’interprétation, la maîtrise des lumières et du sujet, Lucas Belvaux aussi habile réalisateur qu’acteur puissant réussit un film étourdissant de justesse. Dur, implacable, vrai parce que n’ayant pas cherché à séduire, à arrondir les angles. Affadir, ce serait trahir. Ce film leur est dédié. Un film pour dire « assez ! » Un film au fond pas si noir. Grâce à la chaleur humaine. Cette fraternité ne rompt pas sous le poids des lois. Elle ne peut pas être cassée par un système injuste. La chaleur humaine est plus forte que le désespoir. Pus forte que l’espoir. Car la chaleur humaine ne s’attend pas, elle se prouve, elle existe, elle tient debout et ne déçoit pas quoi qu’il advienne.

Allez-y !  Courez voir ces derniers empereurs de la chaleur humaine. A +30 ou + 40, peu importe, les salles sont climatisées. Un film comme celui-ci est rare.

Envie de vous dépayser ? "Shakti, the Power", la puissance de Bollywood

Shakti_affiche
UNE HISTOIRE DE TIGRES, DE VENGEANCE

Sur les écrans, « Shakti the power » vous garantira ce dépaysement immobile par l’image qu’autorise parfois le cinéma. Direction l’état du Rajasthan en Inde. Nous voilà au pays du « Raja » qui veut dire « tigre » sauf que les tigres n’ont rien de félins. Les tigres, ce sont les hommes. Cruels, excessifs, passionnés, pris en tenaille entre leur libre-arbitre, les traditions, les castes, l'héritage de la vengeance et entre les mains le destin de centaines de familles...clause non résiliable quand on est un seigneur… parmi les pauvres. Tigre, c’est aussi le nom de « baptême » de l’enfant que l’on se disputera.

SHAKTI

Dans la spiritualité hindoue, la shakti est la force la plus puissante. Le serpent lové au bas de la colonne vertébrale qui, éveillée à force de pratiques spirituelles, embrase et purifie les chakras en les perçant un à un. Lorsque la shakti transperce le dernier chakra  nommé « Muladhara », l’éveil suprême, l’état de Boudha est alors atteint.

On craint donc la shakti, on la respecte. Pourtant point de spiritualité dans le film Shakti, vrai produit bollywoodien mixant action, amour, drame, contextualité indienne et aventures indo-occidentales.

PRESQUE 3h…

Ceux qui ne connaissent pas Bollywood risquent d’être désorientés, voire de sortir avant la fin de ce film fleuve.

TU CLIPES ?

Pourtant Shakti vaut que vous fassiez l’effort. L’effort de surmonter une musique assourdissante poussée à fond, (vu au Forum des Halles à Paris où je n’avais jamais constaté un volume pareil, c’est donc un parti pris du réalisateur). L’effort d’avaler des scènes miévro-romantiques montées comme un clip et qui s’égrènent au début du film pendant de longues minutes, assénant le bonheur du couple de vivre ensemble au Canada. Dialogues de série B quand le clip s’interrompt.  De quoi se demander, tu « clip » ou tu  « clip » pas ? Eh bien… j’ai fini par clipper.

DU SUSPENS

Mais tout devient plus palpitant lorsqu’un attentat fait craindre au héros (Shekhar)Lpoux pour la vie de sa mère (Ma). Il emmène alors avec lui femme et enfant et le pire commence. Le Canada est loin. L’époux n’avait pas révélé le secret de sa naissance à son épouse aux yeux bleuets. Les yeux bleuets qui ont un nom, Nandini. Vous aurez le temps d’en scruter la couleur. Gros plan sur les yeux de l’héroïne dès que l’émotion monte : l’amour ou la peur et même la haine.  Et l’amour, la peur et la haine sont omniprésents.`On apprend que Shekhar s'était expatrié parce qu'il refusait l'héritage de la haine, de la vengeance que voulait pour lui son père.

LA RÉUSSITE DANS L’EXCÈS

Scènes fortes, poignantes, violentes. Du suspens. Des caractères stéréotypés à souhait mais avec une telle volonté dans le kitsch que ça en est délectable. Saris splendides.
Beaucoup de situations qui n’ont rien de vraisemblable, et  qui pourtant, ensemble, constituent la fresque parfaitement crédible d’une Inde picaresque sillonnée par les pilleurs et les conflits fratricides entre les seigneurs de guerre.
L’excès, on le retrouve encore lors de chorégraphies impressionnantes – c’est le point fort de Bollywood.

LE HÉROS EST UNE FEMME
Lhrone
Nandini, amoureuse de son Shekhar, devra affronter un beau-père aussi inculte et violent que puissant, Narsimha, qui incarne le visage effrayant  d’une Inde tribale que l’héroïne découvre. Rapidement esseulée et peu armée à rencontrer le pire, Nandini saura néanmoins faire face au travers de péripéties sans fin mais qui vous tiendront en haleine.

Au final une réflexion féministe sur le statut de la femme aujourd’hui en Inde avec une belle opposition entre une indienne expatriée et son beau-père désireux de récupérer un héritier, son unique héritier qu’il entend façonner. Le méchant beau-père Le_beaupre_1 (qui a dit que c’était toujours les belles-mères les pires ?...),Narsimha, mettra tout en œuvre pour arracher son petit-fils au nom de tigre, « Raja », à sa mère. Et Nandini osera se dresser contre le terrible Narsimha.



QUAND S’EXPATRIER FAIT RÊVER
Americandream
La situation de départ présentait également une réalité de l’Inde, celle qui s’expatrie en direction des pays anglo-saxons. L'Angleterre, histoire oblige, loin devant les Etats-Unis également derrière le Canada. Ce n'est pas tout à fait le green card Dream. L'Inde a son industrie, Bollywood, elle n'a aucune raison de subir directement la propagande hollywoodienne qui nous distille perfidement sa mélodie du bonheur patriote. C'est donc la vie au Canada qui y est présentée comme idyllique. Une carte postale pour nous mais c’est ainsi que les indiens la perçoivent avec d’autres destinations anglophones idéales. De même que les acteurs vedettes ont des traits européens, exotiques, qui font rêver les spectateurs indiens.

L’ « OPIUM » de BOLLYWOOD

En Inde,  ce sont pas moins de 150 millions d’indiens qui fréquentent chaque semaine les quelques 15 000 salles que compte le pays.  Soit deux milliards et demi de tickets vendus sur l’année.

Les acteurs plus encore que chez nous sont starisés, pour ne pas dire déifiés.
Ils doivent bien sûr être beaux, faire rêver ou se contenter d’être acteurs et avoir la gueule (de méchant, de lâche, de sage) de leurs rôles.

Bollywood fonctionne exactement comme Hollywood. Sur un principe et un seul : faire vibrer les masses. Faire en sorte que les spectateurs s’identifient, puissent retrouver à l’écran la réalité de leur quotidien et beaucoup de leurs aspirations (à l’écran concrétisées) sans cesser de rêver. En Inde, le marché intérieur compte maintenant plus d’1 milliard d’habitants (1 080 264 388.). Pourtant Bollywood s’exporte et pas seulement dans les pays où est bien implantée une communauté indienne. Bollywood se vend très bien dans les pays du Maghreb, en Asie du sud  et du sud-ouest où elle met une pâtée à Hollywood.

Détail, l’affiche, insérée en début d’article, met sans doute en avant des acteurs fétiches de Bollywood mais ce ne sont pas les héros de Shakti.

PATCHWORK

Histoires d’amour impossible, scènes d’action musclées, héros européanisés côtoyant des indiens plus typés, LA bonne recette. Bollywood qui dans ses productions emprunte à tout le monde et à tous les genres. A la comédie, au jeu de Buster Keaton (qui a dit qu’il ne plaisait qu’aux intellos ?), au drame, à Autant en emporte le vent, au film d’action, au western spaghetti, aux films de kung-fu, liste non exhaustive. La marque de fabrique de Bollywood est ailleurs …

DRAME D’AVENTURES OU COMÉDIE MUSICALE  GIGANTESQUE ?

Le spectateur est surtout frappé et ébloui par la présence constante de la musique indienne qui devient pleinement actrice sur les scènes chorégraphiées faisant basculer un film rythmé par des péripéties incessantes dans la comédie musicale. Ces scènes-là rendent caduques nos meilleures comédies musicales. La danse, tout en s’insérant sans effet d’incongruité dans la dramatique du film, y prend une envergure monumentale. Ça se traduit par exemple sur ce plan large où après l'éxécution de la veangeance dans uen scène atroce, le palais est recouvert de pétales multicolores. Les héros doublés chantent au milieu de bandits, de pauvres armés jusqu’aux dents. Danse du deuxième héros (celui de l’affiche), trafiquant de gnole attachant qui rêve à une vie meilleure faite d’argent et de volupté. Drôle mais … costaud faut pas trop qu’on le touche…

HÉROÏCO-BURLESQUE

Plus l’héroïne est malmenée, plus la caméra la traque et plus la démonstration de pathos semble ne jamais devoir finir mais ça marche ! Un excès en efface un autre comme le kitsch n’est acceptable que lorsque l’on sent une volonté déterminée d’y persévérer. Nandini trouve donc à la fin une aide dans un second héros de fortune (celui donc qui figure sur l’affiche) aussi héroïque que burlesque ; sorte de rambo-ninja au grand cœur qui aurait croisé Buster Keaton et Cary Grant avec pour finir un peu de la gomina dansante de John Travoltya. Rien que ça ! Bollywood ne ressemble qu’à Bollywood.

LA PUISSANCE DE BOLLYWOOD

Peu à peu on se prend au jeu et « Shakti, the power », titre du film devient Bollywood, the power, la puissance de Bollywood.

A l’issue de ce film inclassable comme sait en faire Bollywood,  vous vous surprendrez peut-être à verser une larme si votre nature vous y prédispose. Mais surtout ,vous aurez dépassé la carte postale et quitterez la salle la tête pleine de couleurs, de musiques, et d’affrontements en forme de chocs mythologiques au plein cœur de notre modernité.

Vous comprendrez alors pourquoi Bollywood est la seule industrie cinématographique au monde à pouvoir défier le monstre Hollywoodien.

DEUX SALLES SEULEMENT

La salle était bondée et à majorité par des spectateurs d’origine indienne qui ont pu apprécier la VO. Moi aussi ! La langue indienne, en l’occurrence la langue dominante en Inde, l’hindi, (il en existe 22 sans compter l’anglais) est très mélodieuse. Il faut dire que Shakti bénéficie d’une diffusion pour le moins modeste : deux salles seulement à Paris. Une salle en plein centre aux Halles et une autre sur les Champs Elysées  et aucune en France. Aucune en dehors de Paris...

Certes, vous n’approcherez que très partiellement la réalité sociale et culturelle de ce sous-continent fascinant, multi-confessionnel et multilinguistique qu’est l’Inde. Mais vous l’approcherez.

« La colline a des yeux »…pour pleurer

Affiche_la_colline_a_des_yeux 

Il y a des après-midi, franchement, qui manquent d’inspiration.

J’aurais pu choisir de m’envoler lyriquement vers l’exposition susnommée du Musée du Luxembourg.

J’aurais pu visiter le Musée Branly récemment inauguré.

J’aurais pu saluer Agnès Varda à la Fondation Cartier.

J’aurais dû me précipiter vers l’un des quatre films qui m’emballaient : Le dernier Guédiguian. Le film franco-algérien « Bled Number One ». L’excellent documentaire anglais « The Road to Guantanamo ». Ou encore, le film franco-israelo-américain « Watermarks » qui se déroule dans le microcosme des nageuses viennoises juives menacées par la montée de l’hitlérisme. Eh bien, non !

Partie pour voir tout à fait autre chose, le film « Nos jours heureux », comédie fraîche programmée surtout au bon endroit et censée satisfaire tous les nostalgiques de la colo dont je suis…par un coup du sort, un hasard incident, un horaire coïncidant, une salle qui le diffusait, poussée poissarde par une irréflexion qui m’eût valu avec raison d’être traitée, moi l’alpine, de crétine des Alpes…j’allais voir le remake gore d’un classique de l’horreur. « La colline a des yeux. ». Je ne savais pas, bien sûr, qu’il me faudrait sortir les mouchoirs.

Car « La colline a des yeux » cuvée 2006, commise par le réalisateur français, Alexandre Aja, fils d'Alexandre Arcady, n’est pas la cuvée 1977 de Wes Craven ; Wes Craven, LE grand maître de l’horreur, à qui l’on doit, entre autres,  « Les griffes de la nuit » et la trilogie des « Scream », s’est d’ailleurs associé à la production du film d’Aja. Une déroute dont on ne lui tiendra pas rigueur.

Mais là où Craven avait été salué par la presse internationale, Aja ne réussit qu’un mauvais film gore complaisant.

Rappelons que « La colline a des yeux » s’inspirait de documentaires sur la guerre du Vietnam. Un film d’horreur clairement pacifiste et courageux dans un contexte où la réalité de l’horreur dépassait toutes les fictions qu’un réalisateur pouvait porter à l’écran.

Dommage, initialement, Aja semble respecter la source, et ce, dès dans son générique. Samplant des images d’archives de bombes nucléaires américaines crevant le ciel et la terre d’un abcès irradié déformant les visages, faisant tomber les membres, marquant à jamais des êtres cobayes d’une lèpre infâme car voulue par l’homme. On se dit alors, voilà qui est bien. Un film d’horreur engagé avec un propos, un métatexte, et un scénario pour l’asseoir. Une phrase s’affiche dénonçant les essais nucléaires américains et campe l’histoire dans une partie du Nouveau Mexique qui aurait été irradiée. L’horreur sera le fait de l’homme, les monstres psychopathes des produits de l’aberration nucléaire.

Au début, quoique l’image n’a pas la pâte d’un photographe, d’un magicien du cadrage et de la lumière mais semble bien plutôt sortir d’un clip, tous les ingrédients de la peur sont là et prêts à s’enclencher. Une gentille famille américaine avec papa flic et maman on ne sait pas, qui, accompagnés de leurs enfants et de leur beau-fils, fêtent leurs noces d’argent en traversant les grands espaces américains dans leur caravane dernier cri. Les enfants s’ennuient ferme mais n’osent trop le montrer. Arrivés à une station essence crasseuse du Nouveau Mexique, ils demandent à un pompiste douteux le chemin le plus rapide vers l’autoroute. C’est alors que le pire commence.

Ça aurait pu, ça aurait dû marcher. Remake justifié - croyait-on - par un renouvellement du propos contestataire : menace nucléaire qui demeure, et guerres et prisons américaines violant le droit international.

Adaptation, dans le film source de Craven, de l'histoire vraie d'une famille écossaise anthropophage qui tendait des embuscades aux voyageurs de la région, nous avons dans le remake toujours des anthropophages et toujours une embuscade.

Sauf que le gore dans ce film est si gore que la presse cinéma fantastique a vu dans la reprise d’Aja un film surpassant « Massacre à la tronçonneuse »… si déjà ça ne vous met pas en garde…

Les monstres, on les voit. La violence, on ne voit que ça. On pourrait choisir de s’en amuser, et parfois c’est ce qui se passe lorsque la nausée vous quitte. C’est en effet le rire las du « trop c’est trop » qui vous vient. Pourtant ce gore n’est pas kitsch puisque son parti est d’être crédible, partant, comme Craven, d’une histoire vraie avec moults faciès déformés par les effets de l’irradiation encore une fois crédibles.

C’est la scène du viol qui vous fait décrocher. Ça sent l’acharnement. D’ailleurs, dans ce film, la seule femme qui survit est celle qui a été violée. Autant dire qu’elle ne survit pas tout à fait.

La bave coule bien entendu du menton des créatures fétides. Les perroquets sont décapsulés aussi facilement que les capuchons de bière par des outres avinées chevauchant des bécanes hurlantes.

La musique agace. On se croit chez Carpenter, le talent du réalisateur en moins.

Les haches se plantent sempiternellement dans la chair. Les chaînes acérées lacèrent. Les monstres tardent à mourir. Et pour faire durer le déplaisir, les instruments de torture dérapent. Les frigos regorgent de membres humains dépecés. Le spectateur est au supplice. D’ailleurs, dans la salle, un nombre conséquent de spectateurs a très vite choisi de partir, écoeuré par tant de gore dépourvu de tout recul, de toute autodérision que possède parfois ce genre, dérangé par cette mostration aussi sérieuse que gratuite de l’horreur. La fin n’est pas amène. Amen. Oubliez ce film et passez votre chemin. Même le confort d’une salle climatisée en pleine canicule ne justifie pas de s’infliger un pareil navet.

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