Par une journée urbaine, guidée par des pas étranges. De ces strange feet jaillirent une mélodie.
Strange Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Ceux qui ne connaissent pas l’immense « Strange fruit » de Billie Holiday ne comprendront peut-être pas mon clin d’œil à ce chant splendide et vibrant écrit en mémoire aux victimes du Ku Klux Klan. Le fruit étrange qui se balance au-dessus de nous métaphorise le corps d’un noir pendu au bout d‘une corde. Rien de complaisamment morbide, juste une immense souffrance qui a besoin de s'exprimer. Une page sombre de notre histoire - par "notre", j'entends l'Histoire commune de l'Occident - qui ne doit pas être oubliée. Chantée par Billie Holiday, la chanson étreint et bouleverse, elle sera reprise plus tard par Robert Wyatt.
Dans mon environnement, pas de fruit étrange. Pas de milices sanglantes dans un Sud américain rongé par la haine, mais la mélodie « gracile » de ces pas étranges, nombreux, multicolores, surgis dans un lieu inattendu. Je les suivis.





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